Chapitre 18
En rentrant chez lui, Léo remarqua que l'étrange sensation sur son ventre était devenue moins présente.
Il posa son sac dans l'entrée et rejoignit ses parents.
— Maman… Papa ?
Fiona et Armand se tournèrent vers lui.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Fiona.
Léo posa une main sur son ventre.
— Je sais pas… Depuis tout à l'heure, je sens quelque chose de bizarre ici. Comme quelque chose de dur contre mon ventre.
Il porta ensuite sa main vers sa poitrine, puis vers son cou.
— Et aussi là… et là.
Armand s'approcha aussitôt.
— Tu as mal ?
Léo secoua la tête.
— Non.
Fiona posa délicatement sa main sur son ventre et l'examina avec attention. Armand fit de même quelques instants plus tard, vérifiant également sa poitrine et son cou. Rien ne semblait anormal.
— Tu as peut-être reçu un petit choc sans t'en rendre compte, supposa Armand.
— Je ne me souviens pas m'être cogné, répondit Léo.
Ses parents essayèrent alors de le soigner, mais rien ne changea.
— Toujours pareil ? demanda Fiona.
Léo réfléchit quelques secondes.
— Un peu moins qu'avant.
Armand fronça les sourcils.
— Et ça fait mal ?
— Non.
Léila, qui observait la scène depuis quelques instants, croisa les bras.
— Mais t'es qu'une fiotte, toi ! Même quand t'as rien, tu viens te plaindre !
— Léila ! s'exclama Fiona.
— Bah quoi ? Il vient de dire que ça fait même pas mal !
Léo soupira.
— Je me plains pas…
Léila lui adressa un grand sourire avant de repartir .
Fiona échangea un regard avec Armand.
— Au moins, ce n'est pas douloureux, dit-elle.
Léo baissa les yeux vers son ventre.
La sensation était toujours là, mais elle était beaucoup moins présente.
***
Le lendemain matin, Léo se réveilla.
Il resta quelques instants dans son lit.
La sensation était toujours là.
Elle était exactement comme la veille au soir : faible, mais perceptible au niveau de son ventre, de sa poitrine et de son cou.
Léo posa une main sur son ventre.
Toujours là…
Il se leva, s'habilla puis descendit prendre son petit-déjeuner.
La sensation ne changea pas.
Après avoir terminé, Léo prit son sac.
Comme tous les matins, Armand l'accompagna jusqu'à l'école.
Ils quittèrent la maison et commencèrent à marcher.
Au début, la sensation resta faible, exactement comme lorsqu'il était chez lui.
Puis, au fur et à mesure qu'ils avançaient, Léo commença à la ressentir davantage.
Il posa discrètement une main sur son ventre.
— Papa…
Armand tourna la tête vers lui.
— Oui ?
— La sensation… Elle est plus forte maintenant.
Armand observa son fils.
— Tu as mal ?
Léo secoua la tête.
— Non. Ça ne fait toujours pas mal.
Il reprit sa marche aux côtés de son père.
Pourtant, à mesure qu'ils se rapprochaient de l'école, la sensation continuait d'augmenter.
Léo pouvait maintenant la ressentir clairement au niveau de son ventre, de sa poitrine et de son cou.
Arrivés devant l'école, Armand s'arrêta.
— Bon, à ce soir, Léo.
— À ce soir, papa.
Léo entra dans l'école tandis qu'Armand partait en direction de la clinique.
Une fois à l'intérieur, Léo rejoignit la salle de classe.
Théor était déjà présent.
— Bonjour, Léo.
— Bonjour, Théor.
Léo posa son sac à sa place, puis s'assit.
Théor remarqua rapidement que Léo semblait préoccupé.
— Quelque chose ne va pas ?
Léo hésita quelques secondes.
— Je ressens une sensation étrange.
Théor le regarda.
— Une sensation étrange ?
— Oui. Je ressens quelque chose de dur au niveau du ventre, de la poitrine et de l'avant du cou.
Théor se rapprocha.
— Tu as mal ?
— Non, mais la sensation devient de plus en plus forte.
— Depuis quand ?
— Depuis hier. Quand je suis rentré chez moi, c'était déjà là, mais c'était moins fort.
Théor réfléchit.
— Tes parents ont essayé de te soigner ?
— Oui, mais leur magie n'a rien changé.
Théor resta silencieux quelques instants.
Il observa Léo avec attention, puis sembla réfléchir à plusieurs possibilités.
— Je ne sais pas ce que tu as…
Léo baissa les yeux vers son ventre.
La sensation était toujours présente.
Théor resta pensif.
À ce moment-là, Kaël entra dans la salle avec plusieurs grimoires sous le bras.
— J'ai fini de recopier les grimoires !
Théor les regarda rapidement.
— Parfait. Pose-les là.
Kaël les déposa sur le bureau.
— On vérifiera ça plus tard.
Kaël pâlit légèrement.
Quelques élèves rirent.
Théor se tourna vers le tableau.
— Bien. Passons maintenant au cours du jour.
Il écrivit au tableau :
LUMITON
— Le Lumiton est une particule active et rapide.
Il se retourna vers les élèves.
— Le principal effet du Lumiton est de produire de la lumière.
Théor dessina un petit cercle lumineux au tableau.
— Cette lumière est produite grâce aux ondes générées par les particules de Lumiton. Ces ondes peuvent également agir sur certaines autres particules.
— Le Lumiton possède notamment une propriété particulière avec le Ténébron. Ses ondes peuvent désassembler les particules de Ténébron partiellement fusionnées.
Théor entoura le mot désassembler.
— Les ondes du Lumiton peuvent donc agir sur cette fusion partielle et séparer à nouveau les particules de Ténébron.
Théor ouvrit alors le grimoire de Lumiton.
— Mais ce n'est pas tout. Comme les autres particules, le Lumiton peut entrer en combinaison avec différentes particules. Chaque combinaison produit un résultat précis et possède un effet particulier.
Il posa le grimoire sur son bureau.
— Nous allons maintenant étudier les différentes combinaisons du Lumiton:

En pleine analyse du grimoire, dans le bureau de Théor, le lombric blanc était toujours dans son récipient.
Un rat apparut soudainement dans la pièce.
Il s'approcha lentement du récipient, attiré par l'odeur du lombric.
Le rat grimpa sur le bord, puis se pencha vers le ver.
Au même instant, dans la salle de classe, Léo se crispa brutalement.
— AAAAAH !
Il porta ses mains à son ventre et tomba à genoux.
Tous les élèves sursautèrent.
— Léo ! s'écria Théor.
Il se précipita vers lui.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Léo avait le visage crispé par la douleur.
— Ça fait mal !
Les élèves commencèrent à paniquer.
— Qu'est-ce qui lui arrive ?
— Il était pourtant bien juste avant !
Théor examina rapidement Léo.
Rien.
Aucune blessure. Aucun choc. Rien d'anormal n'était visible.
— Je ne vois rien…
Gareth, qui se trouvait dans la salle pour assurer la protection de Naëlys, se plaça immédiatement devant la princesse.
Il dégaina son arme et regarda autour de lui.
— UNE ATTAQUE !
Les élèves se turent.
Gareth scruta la salle avec méfiance.
— MONTRE-TOI, VIL GREDIN D'HOMME INVISIBLE !
Il se plaça devant Naëlys, prêt à la protéger.
— JE SAIS QUE TU ES LA !
Théor regarda Gareth, puis Léo, toujours à terre.
— Gareth, il n'y a personne ici !
Gareth continua de regarder autour de lui, protégeant toujours Naëlys.
Pendant ce temps, dans le bureau, le rat s'acharna davantage sur le lombric.
Léo hurla de nouveau.
— AAAAAH ! QUELQUE CHOSE ME MORD LE COU !
Théor le regarda.
— Mais rien ne mord ton cou !
Attend ! Bon sang ! C'est l'effet jumeau spirituel !
Théor dit à tout le monde.
— Restez tous ici ! Je vais résoudre le problème.
Tandis que Léo serra les dents, incapable de comprendre ce qui lui arrivait, Théor s'empressa de rejoindre le bureau.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il aperçut immédiatement le rat sur le récipient.
Le lombric blanc se tortillait au fond, tandis que le rat continuait de le mordre.
— NON !
Théor se précipita vers le récipient.
Surpris par son arrivée, le rat s'enfuit aussitôt sous un meuble.
Théor récupéra rapidement le récipient et observa le lombric.
Il était encore vivant.
— Heureusement…
Dans la salle de classe, Léo sentit soudainement la douleur diminuer.
Il releva légèrement la tête.
— Ça… ça va mieux…
Dans son bureau, Théor comprit immédiatement ce qui venait de se passer.
— C'est bien ça…
Il regarda le lombric.
— Léo ressent ce que tu ressens.
Théor prit délicatement le récipient et éloigna le lombric de l'endroit où le rat pouvait l'atteindre.
Dans la salle de classe, Léo commença à reprendre son souffle.
— Je ressens toujours de la douleur…
Les élèves le regardèrent avec inquiétude.
Gareth abaissa légèrement son arme, tout en restant devant Naëlys.
Quelques instants plus tard, Théor revint dans la salle de classe.
— Bon. Je vois que ça va mieux.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
Théor s'approcha de Léo.
— Ce n'était pas une attaque.
Léo leva les yeux vers son professeur.
— Alors qu'est-ce que c'était ?
Théor resta silencieux un instant.
— Tout d'abord, je vais suspendre le cours pour aujourd'hui et appeler tes parents pour les faire venir. Je te donnerai les informations à ce moment-là.
Léo acquiesça sans répondre.
Théor se tourna vers les autres élèves.
— Vous, à part Naëlys, vous allez au rez-de-chaussée attendre qu'un de vos parents vienne vous chercher.
Les élèves commencèrent à ranger leurs affaires.
Théor se tourna ensuite vers Léo.
— Léo, suis-moi dans mon bureau.
Léo se leva et suivit Théor.