Chapitre 17
Théor ouvrit son grimoire à une nouvelle page. Au centre apparaissait le symbole du Métalton : un engrenage.
Il prit sa craie et écrivit au tableau :
Métalton
— Aujourd’hui, nous allons étudier le Métalton.
Kaël leva immédiatement la main.
— On va fabriquer des épées ?
Théor le regarda quelques secondes.
— Non.
— Ah.
Kaël baissa la main, visiblement déçu.
Théor se retourna vers le tableau.
— Le Métalton est une particule passive et solide. Elle est associée aux matières métalliques et possède une grande stabilité.
Une particule passive et solide
— Comme toutes les particules passives, le Métalton ne produit pas spontanément une action magique. Pour être utilisé par un mage, il doit être dirigé par radiance.
— Sa particularité principale est son état solide.
Théor écrivit ensuite au tableau :
Métalton → résonance → microspiritons de Métalton
— Comme toutes les particules, le Métalton peut entrer en résonance.
— Une particule entre en résonance uniquement avec les microspiritons de la même particule.
Il entoura le mot Métalton.
— Pour le Métalton, cela signifie qu’un mage utilisant le Métalton peut entrer en résonance avec les microspiritons de Métalton présents naturellement dans son environnement.
La stabilité du Métalton
Théor posa la craie sur le rebord du tableau.
— Le Métalton possède également une grande stabilité.
— Une matière métallique composée de Métalton peut conserver sa forme sans que le mage ait besoin de maintenir constamment son action magique.
Kaël releva la tête.
— Donc, si je tords une cuillère, elle reste une cuillère ?
Théor soupira sans répondre.
Bon sang…
Les propriétés du Métalton
— Le Métalton permet donc d’agir sur les matières métalliques possédant naturellement des microspiritons de Métalton.
— Sa stabilité permet notamment de conserver durablement une forme métallique après sa création ou sa modification.
— La maîtrise du Métalton dépend ensuite de la fréquence de la longueur d’onde du mage et de sa concentration.
Les combinaisons du Métalton
Théor tourna une page de son grimoire.
— Le Métalton peut également fusionner avec d'autres particules . Chaque combinaison produit un résultat précis.
Il montra le tableau du grimoire:

Théor analysa alors le grimoire avec les élèves.
puis au moment de la ligne: Métalton + Duplicaton → Métalcloneton
— Cette combinaison permet la création d’un métal capable de se dupliquer.
Kaël leva la main.
— Et si on fait une fourchette avec ? On peut en avoir deux pour le prix d’une ?
Théor le regarda.
— Kaël. Tu vas me recopier cent fois le grimoire comme devoir supplémentaire…
— Oh non, pitié.
Théor termina finalement l’analyse et ferma lentement le grimoire.
***
L’après-midi, Léo retrouva Théor dans son bureau.
Sur le bureau étaient disposés plusieurs lombrics morts, ainsi que le microscope relié à un écran. La masse de cellules que Léo avait générée la veille était également prête pour l’expérience.
Théor ajusta le microscope.
Sur l’écran apparurent les cellules observées à travers l’objectif.
— Très bien. Nous pouvons commencer.
Léo s’approcha du bureau.
— Qu’est-ce que je dois faire ?
— Ta masse de cellules va devoir se rapprocher des cellules des lombrics. Ensuite, tu vas provoquer leur fusion.
Léo regarda l’écran.
— Et après ?
— Tu vas récupérer leurs organites. C’est le principe de l’endosymbiose.
Léo observa attentivement les cellules des lombrics.
— Tous leurs organites ?
— Oui. Tous.
Théor lui montra les différentes structures présentes dans les cellules.
— Les infracytes, situés à côté du grand noyau…
Il désigna ensuite les structures placées entre les deux membranes.
— …et les magiocytes qui se trouvent entre les deux membranes. Ceux-ci sont capables de générer du Terraton.
Léo hocha la tête.
— D’accord.
Il se concentra et contrôla par radiance la masse de cellules qu’il avait générée la veille.
Celle-ci se mit alors à ramper lentement sur le bureau, en direction des lombrics morts.
Léo maintenait son contrôle sur la masse cellulaire tandis qu’elle approchait des cellules des lombrics.
Sur l’écran, Théor et Léo virent les cellules de la masse entrer en contact avec celles des lombrics.
Puis la fusion commença.
Les cellules de la masse de Léo fusionnèrent progressivement avec celles des lombrics.
— Voilà, dit Théor. Maintenant, maintiens la fusion.
Sur l’écran, les structures internes des cellules des lombrics commencèrent à être transférées.
Les magiocytes furent les premiers à passer dans les cellules de Léo.
Puis les infracytes commencèrent à leur tour à être intégrés.
Léo observait attentivement l’écran.
— Ils sont en train de passer…
— Continue.
Le transfert se poursuivit.
Un à un, tous les autres organites des cellules des lombrics furent récupérés par les cellules de Léo.
Une partie du cytoplasme fut également récupérée.
Théor observait attentivement l’écran.
— C’est exactement ce que nous cherchons. Et j’ai l’impression que tu arrives même à les mettre aux bonnes positions.
Il désigna les structures nouvellement intégrées.
— Les magiocytes sont entre les deux membranes et les infracytes sont bien à côté du grand noyau.
Léo reporta son attention sur l’écran.
— Je ne le fais pas exprès. J’ai l’impression qu’ils vont là où ils veulent.
— C’est fascinant.
La fusion se poursuivit encore quelques instants.
Puis les cellules des lombrics se retrouvèrent vidées de leurs organites et d’une partie de leur cytoplasme.
Sur le bureau, les lombrics avaient progressivement perdu leur forme initiale.
Il ne restait plus que des masses roses, légèrement desséchées, ayant perdu une partie de leur contenu.
Les cellules de Léo avaient désormais récupéré tous les organites des cellules des lombrics.
Théor observa l’écran une dernière fois.
— Voilà. L’endosymbiose est terminée.
Léo cessa progressivement de maintenir son contrôle sur la masse cellulaire.
Il resta quelques secondes à regarder l’écran.
Puis son visage s’illumina.
— YOUPI !!!!
Théor esquissa un léger sourire.
— Calme-toi, voyons. Ce n’est que la première étape et il faut rester concentré.
— Désolé.
Théor désigna alors la masse de cellules.
— Maintenant, crée un ver de terre vivant avec ces cellules.
Léo regarda la masse cellulaire.
— D’accord.
Il contrôla de nouveau la masse de cellules par radiance.
La masse se mit à se déplacer sur le bureau.
Léo commença alors à organiser les cellules afin de leur donner progressivement la forme d’un ver de terre.
Théor suivait le processus sur l’écran.
— Prends ton temps. C’est la première fois que tu essaies.
Les cellules commencèrent à se rassembler et à s’organiser.
Peu à peu, une première forme allongée apparut.
Léo continua de la contrôler jusqu’à obtenir une structure suffisamment stable.
Puis il relâcha son contrôle.
La forme bougea.
Léo ouvrit de grands yeux.
— Il est vivant !
Léo venait de créer son premier être vivant : un gros ver de plus de quarante centimètres.
Mais sa forme était loin d’être parfaite.
Son corps était tordu et formait une courbe irrégulière.
Léo le regarda.
— Il est tout tordu…
— C’est ton premier essai, répondit Théor. Tu dois encore apprendre à organiser correctement tes cellules.
Léo acquiesça et sourit fièrement.
— Il est vraiment vivant. J’ai tout de même réussi…
Théor observa le ver.
— Oui, Léo. Mais je sens qu’il va falloir beaucoup de pratique et une bonne dose de connaissances en anatomie animale.
Léo sourit.
— Alors, je vais pouvoir créer un dragon ?
Théor le regarda quelques secondes.
— Commençons par créer correctement un ver de terre…
Léo observa fièrement sa première création ramper maladroitement sur le bureau.
Mais pourquoi est-ce que je me sens bizarre… Je sens quelque chose de dur sur mon ventre, pensa Léo
Théor resta quelques instants à observer le ver.
Après une semaine, les grands noyaux des cellules des lombrics cessent d’émettre leur onde spirituelle… Les Créatons de Léo peuvent alors entrer en résonance avec leurs cellules. Donc, le phénomène d’endosymbiose est en réalité la résonance des Créatons . Les limaces de mer possèdent donc des infracytes générant du créaton. Tout s'explique.
Après avoir salué Théor, Léo quitta le bureau pour rentrer chez lui.