Chapitre 231
Traduction: Moonkissed
Enfin, le grand jour arriva : le KAMA, tout premier gala de leur vie.
Et là, maintenant, Masterpiece se tenait juste avant le red carpet, le cœur en mode tambour de guerre.
Le KAMA commençait toujours avant l’émission principale, avec un tapis rouge diffusé en direct : tous les artistes invités défilaient, posaient devant le photocall, répondaient à deux ou trois questions, sous une pluie de flashs. Une sorte de prologue brillant, avec parfum de prestige et de nerfs tendus.
« Masterpiece, vous entrez ! »
« Oui !! »
À ce signal, ils inspirèrent tous ensemble, puis quittèrent la zone d’attente. Dès qu’ils mirent un pied dehors, le tapis rouge s’étira devant eux, et les flashs explosèrent comme une constellation en crise.
Ils sourirent, saluèrent par moments, avançant dans ce couloir de lumière.
Yuseong, lui, sentit l’adrénaline monter instantanément. Les flashs, le tapis, l’énergie… tout lui donnait l’impression de marcher dans un rêve qui avait décidé d’être vrai. Et sans s’en rendre compte, il accéléra.
Problème : il était déjà le plus grand du groupe, avec la plus grande foulée. Alors en deux secondes, il se retrouva presque… en solo.
Dohun, qui avait l’œil, pressa légèrement le pas, l’attrapa gentiment par le bras et lui souffla à l’oreille :
« Doucement, doucement, leader… Je sais que t’es excité, mais ralentis. Là tu marches comme si t’étais en alerte incendie. »
« Ah… pardon. J’allais trop vite ? »
« Oui. Beaucoup. »
Yuseong s’arrêta net, gêné, et se retourna. Les autres membres arrivaient en souriant, ravis d’avoir trouvé un nouveau sujet de taquineries.
Autour, journalistes et fans comprirent tout aussi vite et immortalisèrent l’instant. Les titres ne tardèrent pas à surgir, déjà prêts à se multiplier :
[Yuseong de Masterpiece, trop impatient pour son premier KAMA : ses pas s’accélèrent]
[Red carpet du KAMA : le maknae Yuseong… pourquoi tu files tout seul ?]
[Un leader trop enthousiaste… calmé par ses membres]
Même les MC, au bout du tapis, repérèrent la scène et lâchèrent une petite vanne en direct :
« Haha, on dirait que Yuseong avait hâte de venir nous parler ! »
« On comprend l’émotion, Yuseong, mais venez avec le groupe, d’accord ? Ajustez la vitesse ! »
Les membres ricanèrent, et Yuseong sourit, embarrassé mais heureux.
Quand ils arrivèrent enfin au photocall, les MC les présentèrent naturellement et lancèrent une courte interview.
« Cette année, voici les super rookies : Masterpiece ! D’abord, un mot pour les fans du monde entier ? »
« Oui ! Gonna be your masterpiece! Bonjour, nous sommes Masterpiece ! »
« Enchantés. Et aujourd’hui, vous êtes en total look blanc. C’est un style difficile à porter, mais… vous êtes tous très beaux, ça vous va parfaitement. »
« Et les touches d’or… on dirait de véritables princes sortis d’un conte. »
Hanbin répondit, sans se démonter :
« Haha, merci. On a voulu se démarquer sur le tapis rouge. »
« On l’a bien vu. D’ailleurs, Yuseong, tout à l’heure vous aviez l’air très “up”. Comment vous vous sentez pour votre premier KAMA ? »
« Oui… c’est notre première participation, donc j’étais un peu trop excité. Ça s’est vu. Le KAMA est une scène que j’admirais depuis tout petit. Pouvoir y être aujourd’hui… je suis vraiment heureux. »
Puis vint le moment du photo time.
« Nous allons vous demander plusieurs poses, différents angles, s’il vous plaît. »
« Oui ! »
Et là… Masterpiece bougea.
Habituellement, on se contente de se tenir droit et d’agiter une main. Alors les journalistes clignèrent des yeux, surpris.
Sauf qu’en une seconde, la pose fut parfaitement construite :
Daeil et Dohun s’agenouillèrent légèrement à l’avant, se tenant une main, bras tendus en diagonale. Derrière eux, Yuseong, Hanbin et Taeha alignèrent leurs bras et formèrent un grand cœur impeccable, comme une chorégraphie d’une seule photo.
Ils maintinrent la pose quelques secondes, puis revinrent à une posture plus classique.
Les titres repartirent instantanément :
[Masterpiece : des princes en blanc qui dessinent un grand cœur]
[Premier KAMA : une pose adorable pour célébrer]
Après le tapis rouge, le vrai show commença.
Dès l’ouverture, Masterpiece participa à la scène “rookie relay”, où les huit nommés au prix rookie reprenaient des titres de la 2e génération, environ une minute chacun. Ils terminèrent leur passage, firent une retouche hair & makeup, et retournèrent à leur place… juste à temps pour voir les présentateurs du premier trophée monter sur scène.
« Oh… ils annoncent déjà le rookie award… »
« Wow. C’est bizarre, je tremble. »
« Moi aussi. »
Même Yuseong, malgré tout, sentit la nervosité lui serrer la poitrine.
Objectivement, ils savaient qu’ils étaient favoris : les chiffres étaient largement en leur faveur. Mais rien n’était certain. Une grande part dépendait du vote global et du jury, et on racontait partout que les poids lourds avaient une influence énorme.
Et cette année, il y avait aussi les groupes issus de Boys War, KYP et JN… des concurrents solides. Bref : impossible de se reposer complètement.
Yuseong essaya de se calmer.
“Voir, c’est vouloir”, pensa-t-il avec ironie. Plus il ressentait l’ambiance, plus l’envie de gagner devenait réelle.
Puis, enfin, la phrase tomba.
« Nous allons annoncer le vainqueur. Le Knet Asian Music Awards 2016, Rookie Award masculin… est attribué à… Masterpiece ! Félicitations ! »
À l’instant où le nom résonna, une vague de joie le submergea.
Il s’était imaginé bondir, hurler, exploser. Mais au contraire, il eut l’impression que son cœur battait tellement vite et tellement fort que son corps réagissait au ralenti.
Certains membres eurent, eux, la réaction immédiate : debout d’un coup, presque en sautant. Yuseong se leva plus doucement, sentant un sourire immense se dessiner sur son visage, puis ils avancèrent ensemble vers la scène.
Sur le chemin, des artistes les félicitèrent. Juste à côté, les membres de Blackout, dont Yoon Siwoo, les félicitèrent sincèrement.
Arrivés au micro, Dohun, le plus émotif, semblait déjà au bord des larmes.
Mais ce qui surprit tout le monde, c’est que Taeha aussi avait les yeux humides.
Voir ça fit monter quelque chose dans la gorge de Yuseong.
Il tendit d’abord le micro à Dohun, par instinct : si quelqu’un devait craquer le premier, autant que ce soit en ayant encore l’air “un minimum présentable”.
Dohun parla avec la voix tremblante, les yeux brillants :
« Merci… merci infiniment. Je crois que je vais pas réussir à dire beaucoup… alors je vais laisser les remerciements détaillés aux autres. Moi, je veux juste dire ceci. »
Il inspira, puis conclut :
« Muse… merci. Je vous aime. Restons ensemble longtemps. Très longtemps. Comme maintenant… en se soutenant. Je veux vraiment que ça dure. »
Dans la salle, les Muses explosèrent en cris émouvants. Dohun, lui, lâcha enfin des larmes, recula, et fit signe aux autres de continuer.
Yuseong prit le micro. Il remercia rapidement sa famille, l’agence, le staff, puis avoua avec simplicité :
« On n’a pas travaillé pour un trophée… mais le recevoir, là, maintenant… ça me rend incroyablement heureux. Cette année, on a reçu un amour immense. J’ai eu l’impression de vivre dans un rêve. Et à partir d’aujourd’hui, on va travailler encore plus dur pour rendre cet amour. »
Il avala sa salive, retint l’émotion, puis conclut avec reconnaissance.
Ensuite, il demanda à Dael, à voix basse, de dire un mot en anglais pour les fans internationaux.
Daeil termina alors avec une voix grave, profonde, et un accent australien impeccable, comme une signature.
Quand ils quittèrent la scène, Dohun pleurait déjà, et les yeux de tous les membres brillaient. Ils se tapotèrent l’épaule, se serrèrent brièvement, puis redescendirent, encore un peu flottants.
Sur les forums idols, le direct déclencha une tempête de messages :
– Honnêtement, le rookie masculin, c’était Masterpiece sans débat.
– “Restons longtemps”… pourquoi ça fait si mal au cœur…
– Je suis pas fan, mais cette phrase m’a piqué.
– J’ai pleuré, c’est illégal de faire ça un jour heureux.
– Ils se consolent entre eux, c’est trop adorable.
– Et la voix de Dael… monument. C’est qui ce gars ?
Et Masterpiece, eux, venaient d’entrer officiellement dans la catégorie des groupes qu’on n’oublie pas juste parce qu’ils gagnent. On s’en souvient parce qu’ils tremblent, sourient, et remercient comme si c’était la première fois qu’on les aimait.