Chapitre 63
Chapitre 63 : La Cérémonie de la Lignée
Traducteur : EndlessFantasy Translation Éditeur : EndlessFantasy Translation
Thales n’avait pas encore terminé son discours.
« Puisque vous êtes la cible de l’assassin… qui pourrait bien vouloir vous ôter la vie ? »
La voix de Thales martela le cœur de Zayen comme un marteau de forge recouvert d’épines de fer. « Votre Grâce, prenons un instant pour nous remémorer. Qu’aviez-vous prévu de faire ce jour-là ? Qui deviez-vous rencontrer ? Qui était au courant de l’endroit où vous vous trouviez ? »
Zayen expira profondément sans laisser transparaître la moindre émotion sur son visage, mais la scène de ce jour-là continuait d’émerger de manière incontrôlable dans son esprit.
Il se revit parmi ceux qui avaient été attaqués, et pour gagner la faveur de Gilbert, Zayen avait prêté main-forte.
Ces assassins, ce petit garçon, et aussi, les gens qui savaient qu’il serait là.
Thales parla froidement tandis qu’il répondait lentement, mot par mot : « Étaient-ce ces gens que vous pensiez être vos alliés ? Ces gens avec qui vous avez travaillé dur pour assurer un meilleur avenir à Constellation ? Ces gens qui vous ont jadis promis un avenir radieux ? »
Thales tourna la tête en soupirant. « C’est logique. Vous ont-ils également dit que parmi ceux qui étaient qualifiés pour succéder au trône, vous étiez le plus jeune candidat, celui qui avait la meilleure image, qui bénéficiait du soutien de la majorité du peuple, et qui était le candidat le plus probable ? »
La foule silencieuse commença finalement à s’agiter. Chacun sur place réagissait différemment au comportement de Thales.
Debout derrière le Comte Karabeyan, le jeune Officier Kohen fixait le garçon avec étonnement. « Est-ce qu’il… n’a vraiment que six ou sept ans ? Quand j’avais sept ans… peu importe, oublions ça, de peur que la comparaison ne me contrarie. »
Mais les choses ne se passaient pas toujours comme les gens le souhaitaient. Le vieux Comte Karabeyan tourna la tête et jeta un regard scrutateur à Kohen avant de reporter son attention sur Thales.
Sous l’expression de plus en plus déconcertée de Kohen, le regard du vieux comte vacilla de nombreuses fois entre Kohen et Thales. Finalement, le vieux comte soupira de déception après avoir regardé Kohen, avant de tourner à nouveau la tête pour regarder Thales.
Il laissa Kohen l’air innocent et désemparé, mais Kohen réalisa alors ce que les regards du vieux comte impliquaient, alors il baissa la tête, misérable : « Vieil homme, êtes-vous obligé d’aller jusque-là ! On ne peut pas comparer les gens comme ça ! »
Morat, le Prophète Noir, expira doucement en fixant Thales avec des yeux remplis d’émotions mitigées. Il semblait qu’il l’avait auparavant sous-estimé.
Le tristement célèbre Chef du Département du Renseignement Secret murmura à Raphaël qui se tenait derrière lui : « Cet enfant… était en effet au-delà de nos attentes… S’il était le roi que vous deviez servir à l’avenir… L’avantage est que vous auriez moins de soucis, mais l’inconvénient est que vous ne pourriez pas être totalement insouciant. »
Raphaël hocha gravement la tête face à ce discours apparemment paradoxal. Il comprenait ce que le prophète essayait de transmettre.
Kessel Cinquième fixa son fils avec des yeux pétillants. Il tourna légèrement la tête sur le côté et murmura à Jines qui était à ses côtés : « Cet enfant a-t-il appris l’éloquence et l’art oratoire auprès de Gilbert, ou a-t-il appris le raisonnement et les capacités d’observation auprès de toi ? »
« Ni l’un ni l’autre. » Jines fixa le centre de la cour, ce garçon qui parlait et expliquait d’une manière si sérieuse. Un sourire amer mais reconnaissant apparut sur son visage. « Cet enfant est plutôt unique. »
« Plutôt unique. » Kessel Cinquième réfléchit un instant avant de renifler légèrement, ses traits assombris par la mélancolie et des émotions mitigées. « Tu as raison. Il est exactement comme sa mère. »
L’expression de Jines se figea.
Kessel reporta son regard sur Thales.
« Assez ! »
Koshder frappa furieusement l’accoudoir de la chaise de pierre et coupa la parole à Thales. Il lança un regard indigné au regard délecté de Kessel. « Votre Majesté, il est temps que cette farce prenne fin… Notre point principal est… »
« Dragon Borgne de Nanchester ! Pourquoi êtes-vous si pressé ? »
Tout le monde se retourna et, à leur surprise, la personne qui parlait était le Duc du Territoire du Nord !
Val leva froidement la tête. « Pourquoi cela vous est-il défavorable s’il poursuit son discours ? »
Koshder resta bouche bée.
Les yeux de Val étaient des flammes déchaînées. Il tourna la tête et fixa cet homme hagard à l’air horrible. Puis, avec des mots qui contenaient un sens sous-jacent et étaient aussi tranchants que des lames, il dit : « Quant à vous, Fakenhaz, vieilles carcasses, dans ces circonstances, c’était un miracle que vous ne vous réjouissiez pas du malheur, ni ne fassiez de remarques sarcastiques. C’est très inhabituel de votre part. »
« Merci de me le rappeler. J’étais justement sur le point de commencer, ha ha… » Cyril Fakenhaz, qui était plus lent à comprendre que les autres, pointa son doigt et ricana bruyamment en direction de Zayen, qui affichait une mine incroyablement renfrognée.
Mais seuls ceux qui le connaissaient le mieux pouvaient dire que son rire était insipide. « On dirait que vous avez été berné par d’autres, jeune duc immature ! »
Val fixa le duc dodu en face de lui et dit avec dédain : « Quant à vous, Duc Cullen, notre premier ministre, vous êtes toujours aussi fiable qu’avant. »
Le Duc Cullen sourit au commentaire d’une manière ingénue. Zayen serra le poing tout en maintenant ce qui lui restait de contenance, s’efforçant de ne pas regarder ces gens.
Ces gens.
« Si… si je suis mort… Parmi ces gens, qui en tirerait profit ? » Il commença à réfléchir à la question, incapable de contrôler la suspicion grandissante dans son cœur.
Zayen fit de son mieux pour sourire malgré son teint légèrement pâle. Il parla faiblement : « Assez, enfant. Peu importe ce que vous dites, il n’y a toujours aucune preuve… »
« Votre Grâce ! »
Thales fixa ce jeune duc, ses yeux froids et distants alors qu’il évitait délibérément la « preuve » qui venait d’être soulevée. Il orienta intentionnellement les pensées du duc et de ceux qui écoutaient dans la direction qu’il souhaitait. « Quelle position exacte occupiez-vous dans le groupe composé de personnes qui se soucient du trône ?
« Oui, cela n’a aucun sens. Vous n’êtes pas le seul dans le groupe. Votre groupe ne se compose pas d’une seule personne. Si vous étiez assassiné, le reste du groupe se sentirait en danger et deviendrait paranoïaque. Alors, l’alliance se briserait d’elle-même. »
Thales soupira à nouveau : « Pourquoi la personne derrière tout cela aurait-elle l’intention de vous tuer, d’accomplir des actions qui détruiraient le plan ? À moins qu’il n’y ait une possibilité plus terrifiante. »
Zayen ferma les yeux et baissa légèrement la tête. Il n’était pas idiot.
Thales fit le tour de Zayen. Avec un air de sympathie sur le visage, il tapota l’épaule du maître des Fleurs d’Iris. « La possibilité est que tous les autres membres du groupe savaient que vous étiez destiné à être l’agneau sacrificiel. Votre mort fait partie du plan. Vous êtes celui qui a été trahi, et le seul qui a été abandonné.
« C’est logique. Vous êtes jeune et prometteur. Vous avez d’excellentes compétences et approches des problèmes. Vous venez d’une famille riche et vous jouissez d’une grande popularité auprès du peuple. Si vous accédiez au trône, même si ce n’est qu’un trône obtenu par le biais d’une sélection de roi, il ne faudrait que quelques années à Covendier pour devenir une autre Famille Royale Jadestar qui commencerait à contrôler et à réglementer les suzerains. Même si l’âge est un facteur, pour votre âge, vous vivrez toujours plus longtemps qu’aucun d’entre eux.
« Si tel est le cas, quelle serait la différence s’ils essayaient de changer la famille royale en premier lieu ? Si le maître des Fleurs d’Iris Tricolores était assassiné dans la capitale, les nobles deviendraient plus terrifiés, la pression pour la guerre augmenterait, le blâme que Sa Majesté doit supporter augmenterait, et le stratagème visant à décider de force d’un héritier deviendrait peut-être plus facile et plus fluide. La couronne serait également portée par la personne qu’ils préfèrent. »
L’expression de Zayen était indifférente, mais tout le monde pouvait dire que son regard avait cessé de bouger depuis un certain temps.
Thales secoua la tête d’une manière comique, comme s’il était un adulte. « Avant que vous n’ayez la chance de porter cette couronne, vous avez déjà été trahi. Tout se résume au fait que vous êtes encore beaucoup trop jeune et négligent dans vos amitiés. »
Thales retourna aux côtés de Kessel et continua froidement : « Ils ont probablement beaucoup emprunté à vous et au pouvoir de la Famille Covendier, et ils se préparent depuis très longtemps. Mais peu importe ce qu’ils vous ont promis, ils ne tiendront pas cette promesse.
« Veuillez y réfléchir attentivement, puis reconsidérez votre position. Vous êtes une personne sage, quel camp êtes-vous le plus susceptible de choisir comme allié ? Qui apporterait le plus grand bénéfice à la croissance des Fleurs d’Iris en tant que roi ? »
Zayen garda son regard éloigné de Thales tout en restant silencieux. Il fixait le sol sous lui, comme s’il était intéressé par le motif des carreaux.
À ce moment, Thales tourna soudainement la tête. Il cria d’une manière étrange aux suzerains sur les sièges de pierre : « Ne bougez pas. »
Beaucoup de suzerains froncèrent les sourcils. Thales balaya soigneusement son regard sur les visages de chacun, comme s’il les inspectait jusqu’au moindre de leurs pores.
Il dit froidement : « Ne bougez pas. Ceux qui ont trahi Zayen, ne tournez pas la tête et ne détournez pas votre regard. Regardez-moi dans les yeux… Je peux sentir votre culpabilité et votre peur dans vos expressions. »
Zayen leva brusquement la tête et fixa les suzerains. Certains d’entre eux retinrent leur souffle à cet instant !
Mais l’instant d’après, tout le corps de Thales se relâcha. Il ouvrit ses paumes et gloussa : « Vous n’avez pas à être nerveux. Je plaisantais. »
Certains des suzerains relâchèrent le souffle qu’ils retenaient. Ils serrèrent les dents et leurs poings fermement tandis qu’ils lançaient un regard noir à Thales.
« L’a-t-il fait exprès ? »
Thales regarda les suzerains tandis que son expression redevint solennelle. « Mais après avoir vu l’exemple des Fleurs d’Iris, vous devriez comprendre qu’une fois que Jadestar n’aura plus d’héritier, quel que soit l’autre clan ou la famille distinguée qui succédera au trône, que ce soit avant ou après l’ascension, qu’ils soient faibles ou forts, la nouvelle famille royale deviendra finalement la prochaine cible des suzerains.
« Sans aucune force extérieure provenant d’autres ennemis, vous commencerez à vous battre les uns contre les autres pour la répartition inégale du pouvoir jusqu’à la chute de Constellation elle-même.
« Je me moque de savoir qui est celui qui a formé le plan de conspiration, et je me moque de savoir qui est celui qui veut le trône. Puisque, pour la plupart d’entre vous, c’est une conclusion gravée dans la pierre que la famille royale n’a pas d’héritier, et naturellement, vous voudriez choisir l’avenir qui vous est le plus bénéfique.
« Cependant, je suis déjà debout ici. Pour la paix et la stabilité de Constellation, et aussi pour votre propre bénéfice. La succession de la Famille Royale Jadestar est le plus grand espoir pour la stabilité de Constellation.
« Tout le monde, pour tout, veuillez être comme vos ancêtres et soutenir Jadestar fermement et sans faillir. Veuillez me soutenir. »
La discussion de la foule devint de plus en plus bruyante, et certaines personnes commencèrent à applaudir.
Par coïncidence, les acclamations de la place parvinrent également par paliers. On ne savait pas exactement quelle phrase les gardes avaient transmise depuis l’intérieur de la salle.
Thales ne regarda pas les expressions des suzerains. En fait, il aimait encore plus imaginer leurs expressions.
Gilbert laissa finalement échapper une longue expiration et murmura à Thales, qui revenait vers lui : « Cela a certainement… laissé une grande impression sur les gens, mon jeune Sire. »
Gilbert baissa la tête et murmura sa question : « La menace engendrée par les Fleurs d’Iris a déjà disparu au milieu de ses propres soupçons et doutes. Le pouvoir et l’influence du Grand Bois de Cerf ont également fortement diminué, mais comment étiez-vous certain que ces assassins ciblaient les Fleurs d’Iris ? »
« Bien sûr que je n’en suis pas sûr. » Thales lui adressa un sourire, et avec une lueur vive dans les yeux, il fixa Zayen, qui avait la tête baissée dans un silence pensif et n’avait pas encore pris la parole. « Mais il n’en a aucune connaissance non plus, n’est-ce pas ?
« Vous devez saisir le point principal dans tout ce que vous faites. Ce qui compte vraiment, ce ne sont pas les assassins, mais plutôt le fait que Zayen ait vu ces assassins de ses propres yeux. »
Thales pouvait sentir le regard sérieux de Kessel Cinquième sur lui. Il essaya de maintenir sa respiration normale sous le stress considérable, et dit d’un ton détendu : « C’est exactement comme ce qui s’est passé tout à l’heure, ce qui importait vraiment n’était pas la reconnaissance possible de mon identité, mais les gens qui n’étaient pas disposés à reconnaître mon identité. »
« J’ai encore une chose à dire. Même si c’était satisfaisant sur le plan émotionnel, le comportement que vous avez démontré à l’instant n’était pas le coup politique le plus brillant », sous le regard perplexe de Thales, Gilbert laissa échapper un long soupir et murmura : « Vous comprendrez cela plus tard. »
« Arrêtez ces bêtises immédiatement ! C’est totalement futile et inutile ! »
Le Dragon Borgne enragé, Duc Nanchester, frappa fort contre le siège de pierre et balaya la foule du regard avec un air menaçant et oppressant. « Tout le monde a-t-il oublié ? Jusqu’à présent, il n’a pas encore prouvé sa propre identité !
« Sa Majesté n’a pas eu de fils pendant douze longues années, puis tout à coup, un enfant de six ou sept ans surgit soudainement et prétend qu’il est le descendant de la famille royale ? Et il a même fait des déclarations et des discours extravagants lors de cette Conférence Nationale… »
Thales soupira et le coupa bruyamment en disant : « Duc Koshder Nanchester, pourquoi vous attardez-vous encore sur mon identité ? Ne comprenez-vous toujours pas ? Mon père s’y était préparé il y a longtemps. »
Thales inclina légèrement la tête et offrit un sourire pur. « Je pensais que des hypocrites comme vous, qui vous inquiétez de la nation et du peuple en apparence, devraient être ravis du retour du sang de Jadestar. »
Un sentiment de mauvais augure monta dans le cœur du Dragon Borgne.
À ce moment, la foule éclata de nouveau en tumulte. Quelqu’un de nouveau entrait dans la Salle des Étoiles.
Thales tourna la tête et ses yeux s’illuminèrent immédiatement.
Une belle femme à l’allure élégante — vêtue d’une robe de cérémonie sombre avec l’image d’un demi-soleil rouge tissé dessus — traversa lentement l’allée qui avait été séparée de force par les gardes royaux, et était accompagnée d’une jeune prêtresse nerveuse.
Beaucoup de roturiers s’agenouillèrent dévotement et prièrent en direction de la femme, la tête baissée. Beaucoup de nobles comprirent déjà quelque chose au moment où ils remarquèrent ce demi-soleil rouge.
« Très bien. » Fakenhaz plissa les yeux. « Le Roi, les nobles, et aussi les Dieux ; les trois piliers principaux de Constellation sont ici. »
Les pupilles du Duc du Territoire du Nord se rétrécirent en réponse à l’instant même où il vit la nouvelle arrivante, et son corps s’avança de manière incontrôlable.
« À partir de cet instant, faites attention à vos paroles et à vos comportements. » Le Comte Karabeyan tourna solennellement la tête vers sa femme et son neveu.
Le Comte Derek Kroma, qui était tout aussi surpris, murmura : « Les choses ont déjà échappé au contrôle des suzerains. J’ai peur que les Dieux aient également participé à cela. »
Sous les yeux attentifs de la foule, la porte-parole humaine de la Déesse du Crépuscule, la Grande Maîtresse des Rituels du Temple du Crépuscule, Liscia Arunde, s’avança gracieusement dans la zone des sièges de pierre.
« Liscia. » Val Arunde était stupéfait. Son expression initialement désolée devint compliquée lorsqu’il vit sa petite sœur.
« Cela fait tant d’années… »
Mais la Grande Maîtresse des Rituels n’accorda pas un seul regard à son propre frère tandis qu’elle continuait d’avancer lentement.
Koshder semblait consterné. Il voulut échanger un regard avec Zayen comme ils le faisaient habituellement, mais il découvrit que Zayen était froid et insensible, sans lui accorder un seul regard.
Le cœur du Dragon Borgne devint amer et astringent.
Kessel Cinquième se leva solennellement. « Grande Maîtresse des Rituels, Liscia. La porte-parole du Temple du Crépuscule et de la Déesse du Crépuscule.
« L’autorité du roi, le serment des nobles, et le témoignage des dieux — ce sont les trois témoignages les plus importants, concourants à la fondation de Constellation.
« Après plus de six cents ans, aujourd’hui, veuillez laisser la Déesse du Crépuscule témoigner de la continuation de la lignée royale de Constellation comme auparavant. »
Toute la salle éclata de nouveau en tumulte.
Liscia, sans expression, s’inclina et hocha légèrement la tête. Mais elle ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, elle s’agenouilla sur le sol, la tête tournée vers le ciel, et ferma les yeux.
Thales fixa curieusement cette Grande Maîtresse des Rituels qui ne l’aimait pas vraiment. « Est-elle en train de communiquer avec les Dieux maintenant ? »
Mais soudain, Thales ressentit un sentiment indescriptible dans son cœur qui le fit se sentir très mal et indisposé.
Un bruit similaire à un tintement retentit soudainement !
*Bip !*
Il fut horriblement effrayé. Alors qu’il retenait de force le désir de se couvrir les oreilles avec ses mains, il examina son environnement.
Tout le monde dans la salle, qu’il s’agisse de nobles ou de roturiers, ne fit aucun bruit, ni ne montra le moindre signe d’intolérance.
« Se pourrait-il…? »
Lorsque ce bruit de tintement disparut, tout le monde autour de lui était normal. Se pouvait-il qu’il soit le seul à avoir entendu ce bruit de tintement ?
Pendant tout ce temps, le garçon n’avait pas su ce qu’étaient vraiment les Dieux dans ce monde. Mais maintenant…
Une autre question s’ajouta au cœur de Thales.
Après un moment, Liscia ouvrit doucement les yeux tandis qu’elle se levait et dit : « La Déesse a répondu, Votre Majesté. »
Le Duc Cullen soupira. Il connaissait déjà la conclusion de l’affaire.
Koshder serra les poings fermement tandis que ses yeux brillaient comme le givre et la neige.
Fakenhaz rit sèchement.
Zayen, d’un autre côté, regardait pensivement Thales, qui était le centre d’attention de la salle.
Kessel Cinquième hocha doucement la tête. Il attrapa soudainement la main de Thales, et son mouvement brusque effraya le garçon !
« Viens avec moi », dit Kessel fermement et sans équivoque, « Chacun à Constellation devrait voir ton sang. »
Thales laissa Kessel Cinquième le tenir. Les yeux fixés et la bouche grande ouverte sous le choc, ils marchèrent vers le balcon surplombant la Place des Étoiles depuis l’estrade ronde composée des sièges de pierre.
En vérité, il ne s’y était pas encore habitué.
Peut-être était-ce parce que, du fond du cœur, il ne considérait toujours pas cet homme fort comme son père ?
Les dix-neuf nobles suzerains se levèrent de leurs sièges de pierre et suivirent le roi et son fils jusqu’au balcon spacieux. Beaucoup de nobles intermédiaires ou mineurs environnants voulurent suivre, mais furent implacablement retenus par les boucliers d’érosion des gardes royaux.
Thales marcha jusqu’au bord du balcon et regarda vers le bas. Il était après midi, et le temps était parfait. Il retint alors immédiatement sa respiration.
Des gens. Il y avait tellement de gens ! Une épaisse nuée d’entre eux ! Toute la Place des Étoiles était pleine de monde ! Il y en avait au moins quelques dizaines de milliers. Ils occupaient toute la moitié inférieure de sa vision, comme des fourmis couvrant tout le sol !
Ce n’était pas la première fois que Thales se rendait sur la Place des Étoiles. Il s’était aussi tenu une fois sur la Place des Étoiles, regardant le magnifique Palais de la Renaissance.
Mais il ne s’était jamais tenu auparavant sur le balcon de la Salle des Étoiles à l’intérieur du Palais de la Renaissance pour regarder toute la Place des Étoiles !
Même si Thales possédait deux ensembles de souvenirs différents appartenant à deux vies différentes, il ne put s’empêcher de rester bouche bée devant la scène.
Bientôt, la foule sur la place remarqua vaguement qu’il y avait deux personnes de plus sur le balcon.
Une fois qu’ils eurent confirmé que les deux personnes étaient le roi et son parent, une acclamation sans précédent, bouleversante, fut entendue de la foule sur la place !
« Roi ! Roi ! »
« Longue vie à Jadestar ! »
« Constellation ! Constellation ! »
Kessel tenait toujours la main de Thales tandis qu’il disait lentement : « Vois-tu ? Ce sont nos sujets, notre fardeau, et notre responsabilité. »
Le roi tout-puissant demanda de manière significative : « Es-tu prêt à vivre pour Constellation ? »
Sans attendre la réponse de Thales, Liscia s’avança vers eux avec un air froid sur le visage. La jeune prêtresse avec elle semblait très nerveuse. Elle tremblait en tendant un plateau avec un poignard rare et précieux dessus, sous le signal de Liscia.
« La Cérémonie de la Lignée ? »
Le Duc Cullen marcha vers le balcon avec l’aide de ses deux assistants et secoua la tête. « Cela fait presque deux cents ans que le rituel a été utilisé. La Cérémonie de Reconnaissance de la Lignée du Prince Keira… quand a-t-elle été effectuée pour la dernière fois ? »
Personne ne lui répondit.
Le Duc du Territoire du Nord fixa sa petite sœur, qu’il n’avait pas vue depuis de nombreuses années, dans un état second. Cependant, Liscia ne lui accorda pas un seul regard.
L’élégante et gracieuse Grande Maîtresse des Rituels se dirigea lentement vers l’endroit situé entre le roi et Thales.
Sous les yeux attentifs de toute la place, Kessel prit doucement le poignard et s’ouvrit l’index gauche, puis il remit le poignard sur le plateau.
La prêtresse tendit le plateau à Thales. Elle n’avait que onze ou douze ans, mais il semblait que c’était la première fois qu’elle se trouvait dans une telle situation, où elle était regardée attentivement par des milliers de personnes. Elle tremblait nerveusement.
« Vous n’avez pas à être nerveuse, tout va bien. » Thales lui sourit tandis qu’il prenait le poignard avec le symbole d’un soleil rouge gravé dessus et s’ouvrait la paume gauche.
Sans aucune émotion sur son visage, Liscia tendit les mains pour tenir à la fois le roi et Thales. Elle leva ensuite la tête.
C’était totalement différent du genre de cérémonie de prière longue et fastidieuse à laquelle Thales s’attendait, car à l’instant d’après, la même lumière éclatante, que celle qu’il y avait eue lorsque Liscia et Thales étaient dans la pièce de pierre, explosa des yeux de Liscia.
Les gens du balcon et ceux derrière le balcon qui se battaient pour regarder l’événement tombèrent dans un silence soudain. Beaucoup de roturiers commencèrent à s’agenouiller tandis qu’ils priaient les yeux fermés à cause de la lumière vive provenant du milieu du balcon.
Les rayons brillants devinrent de plus en plus lumineux !
Même les gens sur la place, en plein jour, pouvaient commencer à voir clairement ce qui se passait sur le balcon !
Les gens sur la place étaient principalement des roturiers qui n’avaient pas le droit d’entrer dans la Salle des Étoiles.
Presque tout le monde sur la place s’agenouilla dévotement et pria en direction du Palais de la Renaissance au-dessus de leurs têtes.
L’agenouillement des croyants donna à toute la Place des Étoiles l’apparence d’un raz-de-marée déferlant depuis le balcon de la Salle des Étoiles.
Mais Thales n’eut pas l’énergie de se concentrer sur cette vue incroyable. Le garçon découvrit, à sa surprise, que le sang de ses paumes et de celles de Kessel flottait à l’intérieur du rayon lumineux provenant des yeux de la grande maîtresse des rituels !
Et puis il se combina en un seul rayon de lumière rouge.
« Qu’est-ce que c’est…? »
Thales fixa cette lumière avec perplexité.
Un accident se produisit à cet instant précis !