Chapitre 587
Chapitre 587
ARC : La Malédiction de la Tribulation Royale
Chapitre 86 : À la recherche d’une femme
« Gu ? Charleton ? » répéta Thales, incrédule, essayant de démêler les souvenirs et les pensées confus qui tourbillonnaient dans son esprit tandis qu’il regardait alternativement Raphaël et la cellule de Gu.
« Expliquez-vous », exigea le Prince, ses émotions étroitement contrôlées, fixant un regard intense sur Raphaël. « Tout de suite. »
Raphaël s’enfonça un instant dans le silence et serra nerveusement son bras avant de parler. « Votre Altesse », commença-t-il prudemment, « bien que vous soyez membre de la Famille Royale, le Département Secret n’a pas encore divulgué votre niveau d’accréditation… »
Thales, impatient et exigeant, l’interrompit sèchement. « Expliquez-vous ! »
Raphaël répondit froidement, coupant ses paroles : « Je suis en train de vous expliquer », dit-il. « Mais je dois être clair, Votre Altesse, je ne peux révéler que les renseignements allant jusqu’au niveau ‘Fou’, tant que cela n’enfreint aucune réglementation. »
Niveau « Fou »…
Thales secoua la tête, son impatience palpable,
« Laissez de côté les règles du Département Secret », dit-il. « Donnez-moi juste l’explication dont j’ai besoin. »
Un rire sans joie s’échappa de Raphaël tandis qu’il parlait. « De toute façon, je ne le dis pas pour vous. »
L’homme d’Os Stérile leva son bras avec une lenteur exaspérante, et ce faisant, une fissure noire se révéla sur son avant-bras. La texture musculaire à l’intérieur se tordait subtilement, projetant une ombre étrange qui semblait bien trop familière à Thales — exactement comme six ans auparavant.
Thales sentit son corps se figer, son esprit fixé sur la vision. Il détourna son regard du bras de l’homme, se forçant à se concentrer sur le sujet en cours.
La voix de Raphaël était étouffée tandis qu’il faisait un geste vers la porte de la cellule de Gu. « Comme vous le savez peut-être », murmura-t-il. « Cet homme répond au nom de Gu Tang — du moins, c’est le nom qu’il choisit d’utiliser en public. »[1]
« Gu est né dans une famille de fonctionnaires de la Dynastie Mane et Nox, une famille qui jouissait autrefois d’un grand prestige à l’Est. Mais le destin a voulu que leur fortune prenne une mauvaise tournure. »[2]
« Avec le temps, Gu s’est retrouvé recruté dans les Gardes à Robe de Corbeau, l’organisation de renseignement de la Famille Royale. »
Gu Tang
Gardes à Robe de Corbeau
Les yeux de Thales vacillèrent d’incertitude tandis qu’il parlait. « Laissez-moi m’assurer que je vous comprends bien. Vous dites qu’il est un agent secret de Mane et Nox ? »
Raphaël hocha la tête sèchement, puis la secoua. « Ou plutôt, il était un agent secret — c’est ce qu’indiquent nos renseignements. »
« Était ? » répéta Thales, son regard se dirigeant vers la cellule de Gu. Soudain, il réalisa à quel point il connaissait peu l’homme qui lui avait autrefois donné refuge et un repas six ans auparavant.
Tandis que Raphaël parlait, son avant-bras se tendit anormalement. Néanmoins, son expression resta inchangée tandis qu’il poursuivait son récit.
« Il y a dix-neuf ans, dans la Cité de Kirin, un membre de la jeune génération de la famille royale Chen a lancé un coup d’État pour tenter de renverser la ‘Reine Radieuse Yao’ nouvellement couronnée. La tourmente qui s’ensuivit provoqua la scission des Gardes Corbeaux, le corps militaire d’élite, en deux factions. Finalement, Lin Du, le ‘Lieutenant Vert’ qui était loyal à la Reine Yao, en sortit victorieux et prit le commandement des Gardes Corbeaux, purgeant les ‘traîtres’ au sein du corps qui avaient soutenu le coup. »[3]
La Reine Radieuse Yao[4]
Lieutenant Vert
Malgré la confusion évidente du Prince, Raphaël poursuivit sans s’arrêter,
« Gu », dit-il, « appartient au groupe qui a fini par perdre. Après être entré dans la clandestinité, il a fui vers la Péninsule Occidentale, où il a gagné sa vie en faisant de tout, du commerce de marchandises aux combats en tant que mercenaire. Mais ce n’est qu’à son arrivée à Cité des Nuages Draconiques qu’il a trouvé sa véritable vocation — le colportage de renseignements. Il a exploité les séquelles de la bataille brutale entre Eckstedt et Constellation, se déplaçant dans l’ombre et faisant le commerce de secrets. »[5]
Thales inspira profondément, arrachant son regard de la porte en fer de la cellule de Gu.
« Qu’est-ce que cela a à voir avec vous — avec nous ? »
Les lèvres de Raphaël se courbèrent en un sourire narquois et glacial.
« Nous avons découvert plus tard que pendant son séjour à Cité des Nuages Draconiques, Gu s’est engagé dans plus que son commerce habituel d’achat et de vente d’informations », dit-il.
Le regard de l’homme d’Os Stérile se concentra intensément sur les barreaux de fer de la porte.
« Parallèlement à son trafic d’informations, les affaires de cet Extrême-Oriental impliquaient également de servir d’intermédiaire pour diverses puissances majeures afin de réconcilier leurs conflits. »
« Et pour certains conflits qui dépassaient la réconciliation et ne pouvaient être ignorés… »
Le regard de Raphaël devint glacial : « Il engageait des assassins. »
Assassins
Les nerfs de Thales se crispèrent.
« Attendez. »
Cité des Nuages Draconiques, Gu, trafic d’informations, assassins, six ans auparavant — lentement, les pièces s’assemblèrent, et l’expression de Thales changea progressivement à mesure qu’il faisait les connexions.
« C’est exact », le sourire narquois et froid de l’homme d’Os Stérile s’accentua tandis qu’il observait l’expression changeante de l’adolescent.
« Il y a six ans à Cité des Nuages Draconiques, les forces souterraines étaient dispersées dans les coins sombres sous l’autorité du Roi Nuven », dit-il. « Gleeward contrôlait les rues, Vlad régnait sur le marché noir, les Camiens profitaient des deux côtés, et d’innombrables autres factions se dressaient dans un réseau de relations compliquées, d’enchevêtrements et de chaos. »[6]
« Et lui », Raphaël leva le menton vers la porte de la cellule de Gu et parla de lui. « Votre ami d’Extrême-Orient a passé une décennie à se forger progressivement une réputation dans les bas-fonds de Cité des Nuages Draconiques. Il est devenu le contact le plus éminent et le plus fiable pour les assassins, des voyous de rue à l’insaisissable Bouclier de l’Ombre et à la mortelle Fleur de l’Assassin. »
Les yeux de Thales s’écarquillèrent tandis qu’il absorbait les mots de Raphaël : « Maître du commerce mortel, il manœuvre avec aisance à travers le réseau perfide et corrompu de la criminalité. Il achète et vend des vies avec des mains habiles, dissimulant ses talents et étendant son influence lointaine. »
Bouclier de l’Ombre
Fleur de l’Assassin
Thales maintint son regard sans ciller sur la cellule de Gu, ne vacillant pas une seule fois dans sa concentration.
Pourtant, un changement subtil s’était produit dans ses yeux.
Si Gu était bien l’intermédiaire d’assassins le plus éminent de toute Cité des Nuages Draconiques, alors cela ne pouvait signifier qu’une chose — six ans auparavant…
La voix de Raphaël resta dépourvue de toute émotion tandis qu’il révélait la chose même que Thales avait crainte : « Chapman Lampard, qui était l’Archiduc de Sable Noir à l’époque, a collaboré avec le Bouclier de l’Ombre par l’intermédiaire de Gu pour former une alliance avec eux. »
Thales tourna la tête rigidement.
« Une alliance entre Chapman Lampard et le Bouclier de l’Ombre. Et leur intermédiaire était…
Gu ? »
Il ne put s’empêcher de se rappeler son jeune moi, blotti avec Petit Vaurien, frissonnant dans la calèche tout en écoutant, le souffle coupé, la conversation entre l’Archiduc de Sable Noir et Stake.
Cependant, Raphaël avait plus à ajouter,
« Finalement, en raison de la nature délicate de la cible, Gu n’a ménagé aucune dépense et a fait appel à ses relations les plus précieuses pour s’assurer les services de l’assassin le plus puissant et le plus redoutable du monde. Avec une lame tueuse sinistre et rusée, l’assassin a pu percer les défenses superposées des Gardes Lames Blanches pendant le chaos de la Calamité et réclamer avec succès la tête du Roi de naissance. »
Thales resta figé sur place, complètement immobile.
Raphaël plissa légèrement les yeux et dit : « Et je crois, Votre Altesse, que vous savez qui c’est, n’est-ce pas ? »
Le couloir tomba dans un silence assourdissant. Le temps sembla s’arrêter tandis que Thales luttait pour expirer,
« Oui. »
Raphaël laissa échapper un rire froid et méprisant, ne prêtant aucune attention à l’expression absolument horrible du Prince : « Il sait comment contacter la famille Régicide, qui a disparu sans laisser de trace après l’Année Sanglante », dit-il. « Cela seul nous suffit pour le garder emprisonné jusqu’à la fin de ses jours — ou jusqu’à ce qu’il avoue. »
Thales resta silencieux, mais il serra son poing gauche et passa le bout de ses doigts sur les cicatrices de sa paume, des blessures qui avaient été infligées d’innombrables fois par la dague de JC.
« Mais ce n’est pas la première fois »,
Raphaël poursuivit : « D’après les dossiers de Gu, il semble que vous, monsieur, ayez été impliqué dans des transactions antérieures concernant la ‘Lame de la Sauterelle Migratrice’. »
L’esprit de Thales s’emballa tandis qu’il tentait de traiter la nouvelle information. Il leva les yeux, rencontrant le regard de Raphaël. Mais en un clin d’œil, la netteté de l’expression de Raphaël devint glaciale,
« Votre Altesse », commença Raphaël, « il y a six ans, lors de votre mission diplomatique dans le Nord, vous et la Colère du Royaume avez été piégés par l’Armée de la Région de Sable Noir de Lampard à la Forteresse du Dragon Brisé. Là, vous avez été bombardé sans relâche par les troupes des Canons Mystiques… »
« Qui pensez-vous a orchestré l’arrivée de ces assassins qualifiés, capables de convertir même les instructeurs des Canons Mystiques à leur cause, au seuil de l’Archiduc Conkray Poffret ? Tout cela pour qu’il puisse réaliser son plan tordu de vous voir périr au milieu des rangs de l’armée de Lampard ? »
Canons Mystiques
Le front de Thales se plissa, se sentant comme s’il avait été transporté six ans auparavant à la Forteresse, au milieu du tumulte des épées et des lames.
Il parla solennellement, sa voix à peine plus qu’un murmure : « Êtes-vous en train d’affirmer que l’attaque a également été orchestrée par Gu ? »
Raphaël laissa échapper un bourdonnement moqueur et balança nonchalamment son bras,
« Et vous, affirmez-vous qu’il vous a aidé à Cité des Nuages Draconiques et vous a sauvé la vie ? »
Le regard de Thales dériva involontairement vers la cellule de prison de Gu.
« Alors, considérez ceci attentivement », dit Raphaël avec une aisance apparente, mais sous ses mots se cachait un soupçon d’obscurité.
« Votre Altesse, croyez-vous vraiment que ‘Kaslan le Secoueur de Terre’, qui a trahi le Roi Nuven, vous a révélé le moyen de trouver Gu à l’auberge simplement parce qu’il vous appréciait ? Croyez-vous sincèrement qu’il l’a fait pour vous aider à trouver cette figure souterraine apparemment neutre alors que vous échappiez au siège de Cité des Nuages Draconiques ? »
Kaslan
Six-cinquante
Les yeux de Thales étaient fermement fixés sur la porte de la cellule de prison, ses poings se serrant à chaque instant jusqu’à blanchir.
« Votre Altesse, croyez-vous vraiment qu’il y avait tant d’Extrême-Orientaux bien intentionnés à Cité des Nuages Draconiques qui, pendant la loi martiale, auraient accueilli à bras ouverts un jeune garçon noble à l’identité mystérieuse et l’auraient comblé de bonne nourriture, de vin et de logement simplement parce qu’il est mignon, intelligent et bon ? »
Extrême-Oriental
Logement
Le Prince serra les dents et s’efforça de se rappeler la scène de ce matin-là où lui et le Petit Vaurien se trouvaient dans la boucherie de Gu.
« Votre Altesse, croyez-vous vraiment que ce n’était qu’une simple coïncidence si, au milieu du chaos qui consumait toute Cité des Nuages Draconiques, un informateur louche pouvait sortir de chez lui pendant deux minutes et revenir avec succès avec un envoyé étranger, le Marquis Shiles Bamra de Cité du Bon Écoulement, qui se trouvait être seul et bloqué là ? Tout cela juste pour qu’il puisse vous livrer à Chapman Lampard à tout moment ? »
Informateur
Shiles
Les mots de Raphaël traversèrent l’air comme une lame tranchante, portant coup après coup aux défenses de Thales.
« Vous, monsieur, vous êtes-vous déjà arrêté pour considérer toutes ces questions, ces étranges coïncidences et ces détails apparemment logiques mais non examinés avant de le considérer comme votre sauveur ? »
Thales prit une profonde inspiration, calmant le Péché de la Rivière des Enfers bouillonnant qui montait en lui.
Si, juste si, les doutes de Raphaël étaient fondés…
Cela signifierait que les choses qu’il avait autrefois tenues pour vraies…
« Oui, Gu », la voix de Raphaël était frigide et inflexible, ne laissant au Prince aucun temps pour rassembler ses esprits. « Il ne vous a jamais aidé, bien au contraire », poursuivit-il, « c’est lui qui vous a vendu. »
Thales ferma doucement les yeux.
Six-cinquante
Il… ne vous a jamais aidé
Il… vous a vendu
Pendant un bref instant, la cellule qui retenait Gu captif perdit son emprise sur leur attention. Le couloir retrouva son état antérieur de calme troublant.
Raphaël laissa échapper un lourd soupir, son regard trahissant un mélange d’émotions tandis qu’il se tournait vers la porte de la cellule,
« Et lui aussi, il nous a vendus. »
Thales fit un grand effort pour se composer, et en entendant ces mots, il ouvrit lentement les yeux, s’efforçant de garder un ton égal : « A-t-il collaboré avec le Département Secret du Royaume, avec vous ? »
Raphaël hocha la tête en signe d’accord et dit : « Oui, c’est exact. »
L’homme d’Os Stérile regarda fixement la porte de la cellule de Gu et laissa échapper un grognement méprisant. « Clairement, ce marchand d’informations autoproclamé neutre s’est habitué à ‘coopérer’ avec tout le monde, que ce soit Eckstedt, le Royaume de Constellation, l’Union de Camus, le Bouclier de l’Ombre ou la Tour d’Éradication. Il prend de l’argent de tous les côtés et joue sur les deux tableaux. Puis, lorsque ses clients sont occupés à s’entretuer, il intervient pour récolter les bénéfices. La seule différence, c’est que cette fois, il a vraiment merdé. »[7]
Le visage de Thales se crispa de tension. « Qu’a-t-il fait ? » demanda-t-il.
Il y eut une brève pause tandis que Raphaël rassemblait ses pensées. « Comme vous l’avez dit, Kloon Brook était l’un des rares officiers ‘sages’ du Département de Renseignement Secret du Royaume. Sa mort a été une perte que nous ne pouvions supporter.
« Et lorsque nous avons pris la décision difficile d’abandonner le quartier général à Cité des Nuages Draconiques six ans plus tard, c’était en partie à cause de cet événement. Nous n’avions pas d’autre choix. »
Thales laissa échapper un lourd soupir, essayant de soulager la lourdeur et le malaise qui pesaient sur sa poitrine. « Que s’est-il passé ? »
Raphaël secoua la tête, jetant un bref coup d’œil à la cellule de Gu. « C’est exactement ce que nous espérons découvrir. »
« De sa part. »
Thales se tenait tranquillement, son esprit brassant un méli-mélo d’émotions qu’il luttait pour exprimer.
Raphaël laissa échapper un soupir résigné, ses traits retrouvant un calme et une façade recueillie.
« Votre Altesse », dit Raphaël, « même face à des preuves du passé apparemment concluantes, il y a encore trop de détails troublants et inconnus qui se cachent sous la surface. »[8]
« C’est pourquoi, il y a six ans, pendant que vous vous battiez courageusement pour renverser le cours des événements au Palais de l’Esprit Héroïque, n’oubliez pas que des agents du Renseignement Secret étaient engagés dans des escarmouches mortelles dans l’ombre, combattant sur différents fronts pour obtenir le moindre avantage pour vous et le Royaume — que ce soit un bout de papier, un passage de texte ou un signal, tout était précieux. Kloon Brook était l’un d’eux. »
Le regard de Thales vacilla.
« Le Cul du Prince — voilà un nom qui doit vous chatouiller l’os de l’humour, n’est-ce pas ? »
Raphaël se tourna brusquement, son regard perçant dans les ombres du couloir apparemment sans fin.
« Pourtant, chacun d’eux est un survivant de l’opération ‘Sang de Dragon’ qui a changé le cours du monde il y a six ans. Le Département Secret du Royaume s’est battu bec et ongles contre des adversaires redoutables tels que le Roi Nuven, la Chambre Secrète, les Gardes Lames Blanches, Chapman Lampard, le Bouclier de l’Ombre et les Camiens. Au milieu du chaos, des cadavres et des sacrifices, ce sont eux qui ont survécu. »[9]
Thales leva les yeux, son expression surprise.
« Et ce n’est pas que nous ne vous faisons pas confiance, Votre Altesse, mais certaines informations ne peuvent être partagées. Contrairement à nous, vous ne pouvez pas simplement vous décharger de vos fardeaux, vous oublier vous-même et vous immerger complètement dans les profondeurs troubles de la mission pour atteindre vos objectifs. »
Il fit un geste vers la cellule de Gu, son regard perçant.
« Même si vous croyez… que vous devez votre vie à votre objectif. »
« En fin de compte, si vous vous contentez de demi-vérités, plus vous avancerez sur ce chemin, plus vous vous perdrez. Vous perdrez votre capacité à distinguer le fait de la fiction, et avant de vous en rendre compte, vous ne serez plus qu’une marionnette, dansant au rythme de la mélodie de quelqu’un d’autre. »[10]
Ne peut pas simplement se décharger de ses fardeaux
S’oublier soi-même
Thales fronça légèrement les sourcils.
« Vous n’êtes pas des nôtres, Thales. Vous étiez destiné à vous prélasser dans la chaleur du soleil et le ciel bleu », soupira Raphaël, s’adressant au Duc sans titre honorifique, ce qui était un fait inhabituel.
« Laissez-nous faire face au vide insondable. »
Ses yeux rouges et sombres débordaient d’une sincérité inébranlable. Cependant, ce dont Thales se souvenait, c’étaient les différentes expressions que Raphaël avait affichées lors de ses interrogatoires avec le marchand de vin Dagori, le forgeron Jilburn, le noble de Colline de la Lame et Felicia.
Le couloir tomba dans un silence pesant. Ce n’est qu’après un certain temps que la voix du Prince brisa l’immobilité, ses mots empreints d’un timbre rauque : « Comment puis-je être sûr que ceux qui me mènent en bateau ne sont pas tous vous ? »
Raphaël hésita un instant.
« Lorsque vous siégerez sur ce trône, Votre Altesse », son sourire s’estompa progressivement, « et que vous posséderez le pouvoir de décréter n’importe quoi d’un seul mot, de gouverner les objectifs, les missions, les opérations, les budgets, le développement et l’avenir du Département Secret du Royaume… »
Il marqua une pause et dit : « Alors, et alors seulement, vous saurez vraiment. »
Thales écouta les mots de Raphaël avec une expression vide, se sentant comme s’il les avait déjà entendus. Contrairement à cette fois-là, cependant, il choisit de ne pas argumenter.
Le cœur lourd, Thales suivit Raphaël hors du couloir souterrain labyrinthique, passant plusieurs points de contrôle, jusqu’à ce qu’ils émergent finalement du quartier général principal du domaine du Département de Renseignement Secret par la porte même où ils avaient débarqué de leur carrosse.
Cependant, l’expression de Raphaël s’aigrit tandis qu’il demandait : « Avez-vous appelé quelqu’un pour venir vous chercher ? »
Thales, qui était perdu dans ses pensées, sortit de sa rêverie.
« Quoi ? » demanda-t-il, légèrement confus.
Le Prince lui-même fut également décontenancé lorsqu’il vit deux carrosses garés devant eux — l’un était le même carrosse dans lequel ils étaient arrivés du Palais de la Renaissance, mais l’autre…
« Votre Altesse ! »
Avec un cri familier, un homme petit et corpulent vêtu de l’uniforme de la Garde Royale sauta du siège du cocher du carrosse — ce n’était autre que Kommodore, le garde qui avait autrefois fait des exercices avec Thales dans le Hall Mindis.
« Votre Altesse, Prince Thales, vous êtes vraiment ici… »
Bien qu’il fût trempé de sueur, son moral remonta à la vue de Thales, et il fit une profonde révérence de respect.
« Je suis ici pour vous servir, monsieur, à la demande du Capitaine Mallos », déclara-t-il.
Thales semblait légèrement perplexe, et Raphaël ainsi que le cocher de l’autre carrosse accueillirent l’arrivée de Kommodore avec des expressions froides et hostiles.
Pourtant, sentant la tension, Thales parla avec une autorité calme. « C’est bon », les assura-t-il. « Il est avec moi, un membre des Gardes du Lac Étoilé. »
Raphaël émit un petit grognement et demanda,
« Êtes-vous sûr ? »
Thales pinça les lèvres et s’approcha de Kommodore.
« Kommodore ? » l’appela-t-il.
Le Prince se ressaisit, mettant de côté ses émotions turbulentes. « N’êtes-vous pas censé être au Hall Mindis ? Que faites-vous ici ? »
Kommodore détourna son regard prudent de Raphaël.
« Le Capitaine Mallos m’a donné un ordre avant d’entrer dans le palais, Votre Altesse », expliqua-t-il. « Il m’a chargé de surveiller tout événement inattendu et, si quelque chose devait arriver, de rassembler des forces et de venir ici pour vous assister. C’était pour éviter… tout désagrément pour Votre Altesse. »
« Mallos ? »
Désagrément
Thales comprit quelque chose et regarda Raphaël derrière lui. Après un moment de pause, l’homme d’Os Stérile recula avec un signe subtil de compréhension…
Thales reporta son attention sur Kommodore, son expression concentrée tandis qu’il insistait pour obtenir plus d’explications.
« Qu’entendez-vous par… ‘événements inattendus’ ? » s’enquit-il.
« Peu de temps après que Votre Altesse et le Capitaine soient entrés dans le palais », révéla Kommodore, un peu hésitant mais s’en tenant aux faits, « la Division des Porte-Drapeaux est arrivée. »
La Division des Porte-Drapeaux
« C’était donc la Division des Porte-Drapeaux, l’une des six divisions des gardes du palais, dirigée par le Commandant Adjoint Vogel Talon, comme D.D. l’a mentionné ? »
« Pourquoi sont-ils venus ? »
Thales était un peu perplexe : « Que voulez-vous dire ? »
Kommodore observa Thales d’un œil vif, jaugeant soigneusement sa réaction. « Pour votre information, Votre Altesse », commença-t-il lentement, « le chef du groupe était le Vice Porte-Drapeau Jayden. Sans aucun avertissement, ils ont bouclé le Hall Mindis et ont détenu tout le monde à l’intérieur, affirmant qu’ils mèneraient une enquête approfondie. »
Thales sentit un choc le traverser.
« Quoi ?
Boucler… le Hall Mindis ? »
« Pourquoi ? »
Kommodore força un sourire pincé : « Le Vice Porte-Drapeau Jayden a dit que c’était à cause de l’incident du banquet d’hier »,
Thales laissa échapper une respiration tendue et angoissée.
Comme il l’avait craint, c’était encore ça.
« Ils ont affirmé que notre négligence pourrait signifier qu’il existe des vulnérabilités de sécurité ou même un traître, ce qui pourrait constituer une menace pour la sécurité du Prince. Par conséquent, ils ont jugé nécessaire de mener une enquête approfondie de fond en comble. »
Il laissa échapper un soupir qui en disait long sur son découragement. « L’enquête menée par la Division des Porte-Drapeaux a été assez intense », poursuivit-il. « Jonveled n’a été libéré qu’après deux heures d’interrogatoire, et il n’avait pas l’air bien en sortant. Morgan a été pratiquement traîné, les mains liées, et Kostad a même été soupçonné d’être un espion étranger.
« Stone nous a dit d’obtempérer et de ne pas résister, mais Ness a failli en venir aux mains avec eux, tandis que Patterson, l’officier pénal, a essayé d’utiliser son statut pour plaider la clémence. Cependant, le Vice Porte-Drapeau Jayden est connu pour son impitoyable et n’accorderait de traitement spécial à personne, quel que soit son statut… »
Le front de Thales se plissa encore plus profondément.
« Dans l’ensemble, ce fut une opération majeure, avec des soldats privés de Jadestar, le Centre des Affaires de la Noblesse et les Officiers du Poste de Police de la Ville Intérieure également présents », raconta Kommodore. « Je soupçonne même qu’il y avait des gens du Département Secret du Royaume parmi eux. L’équipe était massive, et beaucoup de gens ont probablement été témoins de ce qui s’est passé. »
Thales sentit un sentiment d’incrédulité s’installer tandis qu’il écoutait le récit de Kommodore.
« Qu’est-ce que cela signifie ?
Le Hall Mindis,
La résidence dans la Capitale Royale qui a été octroyée au Duc du Lac Étoilé par le Roi
Est sous blocus et inspection ? »
Thales poussa un profond soupir, voulant que ses doigts se desserrent tandis qu’il luttait pour comprendre la situation actuelle.
« Comment avez-vous réussi à vous échapper ? » s’enquit-il.
« J’avais l’habitude de traîner au Poste de Police de la Ville Intérieure, Votre Altesse », répondit Kommodore, ses yeux évitant ceux de Thales, comme s’il hésitait à revenir sur certains aspects de son passé. « Quelques officiers chargés du contrôle du périmètre me connaissaient », ajouta-t-il.
« Procca aurait pu nous rejoindre, mais Jayden lui en voulait depuis longtemps, le surveillant de près. Il est très peu probable qu’il l’aurait laissé partir si facilement. »
Kommodore tourna son regard vers l’arrière du carrosse avant de dire : « La seule personne que j’ai pu trouver était Glover », informa-t-il. « Il est parti ce matin pour soigner ses blessures, ayant été puni. La Division des Porte-Drapeaux n’en était pas très contente. »
Les sourcils de Thales se plissèrent : « Glover ? »
Au moment où il finissait de parler, une silhouette familière émergea de l’autre côté du carrosse. Ce n’était autre que « Zombie » Glover, le costaud avant-garde de première classe des Gardes du Lac Étoilé, entièrement équipé et se tenant devant Thales avec une expression grave.
« Votre Altesse », s’adressa-t-il à lui. « Nous devrions retourner en ville immédiatement. J’ai le sentiment troublant que quelque chose d’hostile se cache dans les arbres. »
Dès que Thales posa les yeux sur l’officier d’avant-garde familier, il laissa échapper un soupir intérieur, relâchant finalement sa garde. Cependant, son expression se transforma rapidement en une expression d’inquiétude tandis qu’il regardait le dos de Glover. « Mais votre blessure… »
Glover secoua la tête et révéla les bandages sous son col. « Ce n’est pas un problème », assura-t-il à Thales. « Mon Pouvoir d’Éradication peut soulager la douleur, et d’ailleurs… » il laissa sa phrase en suspens, faisant un geste avec son bras tandis que son front se plissait légèrement.
« Lord Mallos, pendant ma punition, m’a montré une certaine clémence »,
« C’est presque comme si… comme s’il avait anticipé que quelque chose comme ça pouvait arriver et que je pouvais encore être utile. »
Thales hésita un instant, mais se souvint alors des mots de Mallos plus tôt dans la journée. C’était juste avant que ce dernier ne lui fasse un compte rendu du « Temple » et du « Style Impérial »,
« Personne n’est encore venu du Palais de la Renaissance ? »
« Mais je vous assure qu’ils viendront, tôt ou tard. »[11]
Thales refoula ses émotions négatives, comme s’il avait réalisé quelque chose, il persista dans son questionnement,
« Et D.D. ? Mallos l’a-t-il aussi fouetté intentionnellement, afin de l’épargner de la calamité au Hall Mindis ? »
Glover secoua la tête en réponse. « Non, je l’ai vu. Les blessures de Doyle semblent être authentiques, et il a été brutalement battu. »
« D’une part », considéra silencieusement Glover, « la famille Doyle est dans l’œil du cyclone suite aux événements d’hier. »[12]
« D’autre part, il était tout à fait possible que Lord Mallos nourrissait une rancune. » Glover ne pouvait se défaire du sentiment qu’il bouillonnait encore après l’éclat ivre de D.D. au banquet, où il lui avait crié « Tormond Jr. ».
« Donc, Mallos savait que cela allait arriver », les mots de Thales coupèrent les pensées de Glover. « Il est entré au Palais de la Renaissance avec moi, mais où est-il maintenant ? »
Depuis les coulisses, Kommodore intervint. « Will, une de mes connaissances de la Division des Porte-Drapeaux, me doit une faveur. Il vient de me prévenir que Lord Mallos est toujours au Palais de la Renaissance. »
Kommodore hésita un instant avant de continuer. « Il est avec… le Commandant Adjoint Talon. »
Thales relâcha un souffle qu’il n’avait pas réalisé qu’il retenait.
« Je vois. »
Donc Tormond Mallos, son capitaine garde préféré.
Même s’il anticipait la situation actuelle…
Il était toujours en danger en ce moment.
« La Division des Porte-Drapeaux, Vogel Talon », soupira le Prince. « Ils ont vraiment du cran. »
Kommodore et Glover échangèrent un regard rapide.
Thales se retourna et interpella bruyamment Raphaël au loin : « Raphaël, êtes-vous au courant de cette situation ? »
L’homme d’Os Stérile s’approcha, et Thales remarqua que ses yeux avaient de nouveau été déguisés d’une couleur différente.
Sous le regard peu amical des deux gardes royaux, Raphaël afficha un sourire amical et demanda : « Quelle situation ? »
Thales lui lança un regard rapide et renifla froidement : « Laissez tomber. »
« Si Votre Altesse éprouve un quelconque désagrément », dit Raphaël, affichant son talent évident pour lire les expressions des gens. Il avait saisi quelques indices chez les trois individus,[13]
« Le Département de Renseignement Secret serait ravi si vous, monsieur, pouviez prolonger votre séjour de quelques heures supplémentaires… »
« Merci, mais ce n’est pas nécessaire », refusa fermement Thales. « Je ne pense pas que cela vous dérangerait si je retournais avec mes propres gardes, n’est-ce pas ? »
Après avoir jaugé Thales pendant quelques instants, Raphaël hocha la tête.
« Absolument », l’homme d’Os Stérile sourit de toutes ses dents, sa voix empreinte de fierté tandis qu’il énumérait les noms et les pedigrees des deux autres. « Caleb Glover de la famille Glover, et Jean Luca Kommodore, un rejeton d’une Garde Royale bien connue et un ancien Officier au Poste de Police Central. Nous pouvons certainement nous porter garants pour eux. »[14]
Glover et Kommodore échangèrent un regard perplexe tandis que Raphaël s’inclinait et s’éloignait.
« C’était… » Glover laissa sa phrase en suspens, observant la silhouette de Raphaël s’éloigner, et ce n’est qu’alors qu’il relâcha lentement la poignée de son épée qu’il avait inconsciemment serrée.
« Mon torchon à cul », grommela Thales d’un air abattu.
Sans plus tarder, le Prince se dirigea vers le carrosse. « Retournons au Hall Mindis maintenant et occupons-nous de la Division des Porte-Drapeaux. »
Cependant, Glover secoua fermement la tête. « Non, Votre Altesse », dit-il.
L’expression de Thales changea légèrement.
« Ce que le Capitaine Mallos voulait dire », reprit Kommodore avec un sourire quelque peu forcé, « c’est que vous, monsieur, ne devriez pas vous précipiter au Hall Mindis pour l’instant. »
Thales parut confus.
Kommodore parla prudemment : « Les gens de la Division des Porte-Drapeaux, ils portent… l’édit du Roi avec eux. »
L’édit du Roi
Thales fut momentanément transpercé.
« Et des gens de tous les départements sont là… » Kommodore laissa échapper maladroitement. « Si vous vous présentez à la hâte, la situation pourrait devenir disgracieuse… »
Il n’élabora pas davantage, mais Thales avait déjà saisi la situation.
Le Prince se tenait devant le carrosse, l’esprit chancelant.
« Alors », marmonna Thales distraitement, « j’ai mis un pied dans le Palais de la Renaissance, et de l’autre, mon repaire a été perquisitionné. Et maintenant, je me retrouve sans nulle part où aller ? »
Kommodore avait l’air contrit.
« Je m’excuse profondément, Votre Altesse. Nous n’avons pas réussi à fournir une sécurité adéquate au banquet, ce qui a conduit à cet incident imprévu… »
« Non », interjeta Thales. Il prit une profonde inspiration et tenta de donner un sens à la situation chaotique. « Non, non, non. »
« Croyez-moi », Thales ressentit soudain un soupçon d’amusement une fois qu’il eut compris, « ce n’est certainement pas de votre faute. »
Ayant passé tant de temps loin de Constellation, Thales avait strictement adhéré aux règles, n’osant jamais agir de manière imprudente.[15]
Mais la nuit dernière, il a finalement fait un choix audacieux et osé depuis son retour — peut-être même risqué.
Et en conséquence, il a payé un lourd tribut. Thales ricana sardoniquement, laissant les deux gardes se regarder avec perplexité.[16]
Pour sa transgression, il avait assisté nerveusement à une Conférence Impériale en guise de punition, suivie d’une réprimande brutale du Roi qui l’avait laissé émotionnellement vidé. Il fut ensuite emmené au Département Secret, où il endura la présence inébranlable du Prophète Noir. Même son Hall Mindis et ses Gardes du Lac Étoilé subirent de graves conséquences. Et puis…
Glover intervint d’un ton feutré : « Lord Mallos a suggéré que nous retournions au Palais de la Renaissance. »
Thales laissa échapper un rire moqueur à cette idée, sa voix teintée d’un soupçon subtil de sarcasme qu’il remarqua à peine lui-même. « Retourner au Palais de la Renaissance ? Pour chercher mon père, je suppose ? »
« Non, pour trouver Dame Jines », Kommodore scruta l’expression de Thales. « Le Capitaine a déclaré qu’elle seule peut… »
« Vous protéger », Kommodore laissa le reste de sa phrase inexprimé.
Thales se tut.
« Trouver Jines.
C’en était donc arrivé là. »
Il se sentait comme s’il était revenu à ses premiers jours au Hall Mindis, six ans auparavant. Confronté à de nombreux dangers connus et inconnus, il était à nouveau laissé à la dérive, comptant sur les autres pour sa protection.
Six ans auparavant
Le Prince se tenait stoïquement, appuyé sur le carrosse sans la moindre expression sur son visage.
Le temps s’écoula lentement.
Finalement, après que Kommodore eut fait signe à Glover pour la troisième fois, le Duc du Lac Étoilé ferma les yeux et prit une profonde inspiration avant d’expirer lentement.
« Non », déclara-t-il. « Nous ne retournerons pas au Palais de la Renaissance. Et nous n’irons pas chercher Dame Jines. »
Kommodore et Glover échangèrent des regards tout aussi perplexes. Thales ouvrit les yeux.
« Nous allons dans le Quartier Ouest, au Marché de la Rue Rouge », annonça-t-il.
Pendant un instant, les deux gardes restèrent stupéfaits.
« Quoi ? » s’exclamèrent-ils à l’unisson.
Thales resserra sa prise sur la roue du carrosse et serra les dents.
« Il y a un club dans le Quartier Ouest appelé ‘One Night Stand’ », dit-il.
Les yeux de Kommodore s’écarquillèrent, tandis que l’expression de Glover se fit grave.
« Votre Altesse, qu’iriez-vous y faire ? » demanda Kommodore avec prudence.
« Qu’irais-je faire d’autre ? Eh bien… » Thales relâcha la roue et leur lança un regard calme.
« Trouver une femme, naturellement. »
Au début, cela sembla être une réponse logique à Kommodore, mais il fut ensuite confronté à un dilemme :
« Mais Votre Altesse, votre statut… » hésita-t-il à dire.
Thales ricana.
« Qui a dit que j’irais là-bas en tant que Prince ? »
Le Prince monta dans le carrosse et désigna les deux hommes.
« Tu nous guides, Kommodore. Nous allons d’abord nous changer pour des vêtements décontractés. Ensuite, tu nous ouvriras la voie, Glover. »
Zombie frissonna, « Mais, Votre Altesse… »
Cependant, Thales l’interrompit sans aucune courtoisie, « Et souviens-toi, Glover, une fois que nous serons là-bas… »
« Ton nom sera… » Le sourire de Thales disparut, et sa voix devint glaciale.
« Raphael Lindbergh. »
[1] táng, le pinyin de 棠 (que j’ai traduit par ‘Tang’) ; ressemble étrangement au pinyin du nom du Maître des Ombres, 腾, téng ; traduit par ‘Teng’. Il pourrait s’agir d’une faute de frappe de l’auteur. Gu Tang, ordre de nommage oriental, nom de famille d’abord, suivi du prénom.
[2] ‘la fortune a tourné au vinaigre’ ; 家道中落, tomber dans la misère (idiome) ; la fortune familiale a décliné. Ou la fortune familiale était au plus bas.
[3] ‘Cité de Kirin’ dans d’autres chapitres, comme le Chapitre 80 du roman, a été désignée comme la ‘Capitale Sainte de Kirin’. ‘sorti victorieux’ ; 大获全胜, remporter une victoire totale (idiome) ; une victoire écrasante. ‘purger les traîtres’ ; 赶尽杀绝, ‘tuer jusqu’au dernier’ (idiome).
[4] L’Impératrice Douairière, qui est devenue Reine. En brut, c’est 瑶王, le caractère ‘瑶’ (pinyin yáo) ici – couramment utilisé comme prénom féminin et signifiant ‘jade précieux’, vient de son nom 瑶华 (pinyin yáohuá) traduit dans l’officiel par ‘Yorwall’ au lieu de ‘Yaohua’. ‘王’ ne signifie pas vraiment Reine mais Roi ; c’est pourquoi avant le chapitre 327, vous trouverez ‘Roi Yao’ (par exemple, Kroesch la mentionne au chapitre 260) au lieu de ‘Reine Yao’. Il serait préférable de lire ‘La Reine de Jade Radieuse’, c’est ainsi qu’elle est connue, comme Lampard ‘Tueur de Rois’ ou ‘Le Roi Main de Fer’ pour le Roi Kessel.
[5] ‘se déplacer dans l’ombre’ ; 东拉西扯, parler de tout et de rien (idiome) ; divaguer de manière incohérente.
[6] ‘dispersé’ ; 一盘散沙, fig. incapable de coopérer (idiome) ; feuille de sable meuble — état de désunion (anciennement dit d’un pays).
[7] ‘jouer sur les deux tableaux’ ; 八面玲珑, (idiome) lisse et habile (dans les contacts sociaux).
[8] ‘preuve concluante’ ; 盖棺定论, ne pas juger la vie d’une personne tant que le couvercle n’est pas sur le cercueil (idiome).
[9] ‘combattu bec et ongles contre des adversaires’ ; 短兵相接, lit. les soldats armés d’armes courtes se battent les uns contre les autres (idiome) ; 你死我活, lit. tu meurs, je vis (idiome) ; adversaires irréconciliables.
[10] ‘ne connaître que la moitié de la vérité’ ; 一知半解, lit. connaître un et comprendre la moitié (idiome) ; avoir des connaissances superficielles (ou à moitié cuites).
[11] Passage du Chapitre 559, traduction officielle.
[12] ‘dans l’œil du cyclone’ ; 风口浪尖, (idiome) là où le vent et les vagues sont les plus hauts — là où la lutte est la plus féroce.
[13] ‘compétence évidente à lire les expressions des gens’ ; 察言观色, évaluer les paroles de quelqu’un et observer son expression faciale (idiome) ; discerner ce que quelqu’un pense à partir de son langage corporel.
[14] ‘sourire jusqu’aux oreilles’ ; 笑逐颜开, le sourire se répand sur le visage (idiome) ; rayonnant de plaisir. ‘voix empreinte de fierté alors qu’il énumérait’ ; 如数家珍, lit. comme s’il énumérait les objets de valeur de sa famille (idiome) — montrer une familiarité approfondie avec un sujet ; avoir quelque chose au bout des doigts.
[15] ‘suivre strictement les règles’ ; 循规蹈矩, suivre la boussole et aller avec l’équerre (idiome) ; suivre les règles avec inflexibilité.
[16] 面面相觑, se regarder avec consternation (idiome).