Chapitre 44
Aaron conserva son sourire, mais une légère perplexité traversa son regard.
Il observa tour à tour Howard et Barns avant de reprendre d'une voix toujours aussi calme :
« Il est étrange que vous vous trouviez dans Nérakos sans savoir ou vous êtes, ce n’est pas le genre d’endroit où l’on vient sans connaissance de cause. »
Howard demeura parfaitement impassible.
Son esprit travaillait à toute vitesse.
Une chose, était certaine.
Nérakos ne lui inspirait absolument rien de rassurant.
Pourtant...
Malgré cette situation incompréhensible, Aaron ne montrait aucun signe d'hostilité.
Au contraire.
Son attitude restait accueillante.
Posée.
Howard comprit immédiatement que leur meilleure chance consistait à obtenir le plus d'informations possible.
Sans provoquer d'affrontement.
Ils étaient en territoire hostile.
Engager un combat dans de telles conditions serait une erreur monumentale.
Il allait justement prendre la parole lorsque Barns l'interrompit.
Le commandant fit un pas en avant.
Sa voix, grave et autoritaire, résonna dans toute la pièce.
« Vous… »
À cet instant...
Toute l'atmosphère changea.
Une pression colossale s'abattit sur l'orphelinat.
Invisible.
Mais parfaitement perceptible.
Le simple fait de respirer devenait plus difficile.
Les adultes se figèrent.
Les enfants cessèrent progressivement de jouer.
Certains reculèrent instinctivement.
D'autres s'accrochèrent aux vêtements des éducateurs.
Tous ressentaient désormais la présence écrasante du vieux commandant.
Il suffisait d'un regard pour comprendre qu'il possédait largement la puissance nécessaire pour réduire l'ensemble du bâtiment en poussière.
Barns planta ses yeux dans ceux d'Aaron.
« Activez votre bénédiction. »
Ce n'était pas une demande.
C'était un ordre.
Et son ton ne laissait absolument aucune place à la négociation.
Aaron ne sembla pourtant ni intimidé...
Ni offensé.
Il répondit avec la même politesse qu'auparavant.
« Sauf votre respect mon commandant, mais vous faites peur au enfants… »
Barns ne cilla même pas.
« Peut m’importe j’ai besoin de vérifier quelque chose. »
Howard serra discrètement les mâchoires.
En temps normal, il aurait immédiatement tenté de calmer son supérieur.
Mais cette fois...
Même lui hésitait.
Barns dégageait une telle pression qu'il devenait difficile de seulement intervenir.
C'était toute l'expérience d'un vétéran qui s'exprimait.
Une puissance forgée par d'innombrables champs de bataille.
Aaron finit par incliner légèrement la tête.
Sans protester davantage, il leva une main.
Son geste paraissait presque maladroit.
Comme si ce qu'il s'apprêtait à faire lui semblait profondément inhabituel.
Quelques secondes plus tard...
De minuscules explosions apparurent au creux de sa paume.
Elles éclataient doucement, dans de petites étincelles lumineuses.
Le phénomène était presque joli.
Et surtout...
Totalement inoffensif.
Aaron présenta tranquillement sa main.
« Voyez-vous monsieur mon pouvoir est inoffensif, tout comme l’intégralité de cet endroit. »
Barns ne détourna pas les yeux.
Son regard devenait de plus en plus glacial.
« Toi tu viens de faire exploser ton mana pour le matérialisé pas vrai ? »
Pour la première fois, Aaron plissa légèrement les yeux.
Il avait parfaitement compris où Barns voulait en venir.
Mais il choisit malgré tout de jouer l'ignorant.
« Veillez m’excuser je ne suis pas très calée sur tout ce qui est le plan des bénédictions. »
Il marqua une légère pause.
Son sourire s'élargit doucement.
Curieusement...
Cela ne le rendait pas plus rassurant.
Bien au contraire.
« Je ne suis qu’un humble gérant d’orphelina. »
Howard sentit immédiatement la situation lui échapper.
Barns, lui, n'avait plus le moindre doute.
Sa soif meurtrière augmenta brutalement.
La pression devint si intense que plusieurs enfants commencèrent à manquer d'air.
Certains se mirent à pleurer.
D'autres tombèrent à genoux, incapables de comprendre ce qui leur arrivait.
Howard fit un pas en avant.
Mais il s'arrêta aussitôt.
Même lui avait du mal à supporter cette aura.
Barns parla d'une voix lourde de colère.
« T’est au courant que consumée du mana pour le matérialisée c’est une caractéristique des démoniaque grand salaud ? »
Aaron ne nia pas.
Il ne confirma pas non plus.
Il répondit simplement, toujours avec cette sérénité presque insupportable.
« Je vous le répètes vous faites peur aux enfants, si vous pouvez vous arrêter ce serais pour le mieux. »
Ce calme.
Cette absence totale de peur.
Était peut-être ce qui irritait le plus Barns.
Le commandant recula légèrement une jambe.
Son corps adopta naturellement une position de combat.
Son mana commençait déjà à s'agiter.
« Putain de démoniaque. »
Cette fois...
Le sourire d'Aaron disparut.
Pour la première fois depuis leur rencontre, son visage devint parfaitement neutre.
Son regard se posa lentement sur les enfants terrifiés qui se cachaient derrière lui.
Puis il releva les yeux vers Barns.
Une légère déception traversa son expression.
« Moi qui pensais pouvoir régler cela pacifiquement. »