Chapitre 38
Après avoir quitté la maison, le petit groupe traversa une partie de Nexoria.
Comme toujours, la ville débordait d'activité.
Des véhicules glissaient silencieusement entre les immenses avenues, tandis que des passants de tous horizons se mêlaient aux étudiants et aux militaires. Les façades modernes reflétaient la lumière du soleil, donnant parfois l'impression que toute la cité avait été bâtie à partir de cristal et d'acier.
Après plusieurs minutes de marche, un immense complexe finit par apparaître devant eux.
Le bâtiment dominait littéralement le quartier.
Ses nombreux étages semblaient se perdre dans le ciel, tandis que sa structure métallique, d'un gris presque noir, inspirait une robustesse hors du commun.
Léo leva lentement la tête.
À première vue, l'édifice semblait capable de résister à n'importe quelle catastrophe.
Même une apocalypse aurait probablement eu du mal à laisser une simple rayure sur cette forteresse.
En pénétrant dans le hall, ils découvrirent un vaste espace baigné d'une lumière blanche.
De nombreuses personnes patientaient devant les différents comptoirs d'accueil, certaines portant encore leur équipement d'entraînement tandis que d'autres revenaient visiblement de séances particulièrement éprouvantes.
Soren s'approcha naturellement de l'un des employés.
Sans prononcer un mot, il sortit une carte noire qu'il posa sur le comptoir.
L'homme la reconnut immédiatement.
Son attitude changea aussitôt.
Avec un profond respect, il s'inclina légèrement avant de rendre la carte.
Quelques manipulations sur son terminal plus tard, il annonça que l'une des salles venait d'être entièrement privatisée.
Léo, qui observait discrètement les autres visiteurs régler leur réservation, pencha la tête vers Zoé.
« Pourquoi on paye pas nous ? »
Cette dernière baissa instinctivement la voix.
« C’est parce que Soren est un transcendent, et étant donné qu’ils sont assez rares, ils ont le droit à un espace privatiser afin d’éviter de changer le paysage pendant qu’il s’entraine. »
Léo finit par ajouter avec un petit sourire.
« Et donc étant donné qu’ont l’accompagne c’est gratuit pour nous aussi. »
Le visage de Zoé s'illumina aussitôt.
Elle claqua des doigts avec satisfaction.
« Bonne réponse. »
Léo ne put s'empêcher d'adopter le même sourire complice.
Les deux commencèrent presque simultanément à ricaner.
« Pratique, pas besoin de raquer… »
Quelques instants plus tard, Soren ouvrit une immense porte coulissante grâce à sa carte.
La salle qui se dévoila derrière laissa Léo sans voix.
Elle était gigantesque.
À première vue, elle aurait facilement pu contenir plusieurs terrains de sport.
Pourtant, elle était totalement vide.
Aucune machine.
Aucun obstacle.
Seul un immense carrelage bleu sombre recouvrait le sol, parcouru de fines lignes lumineuses bleutées qui dessinaient un quadrillage élégant sur toute la surface.
L'ensemble donnait l'impression d'entrer dans une salle conçue pour accueillir des combats capables de remodeler le paysage.
Soren déposa calmement le sac d'entraînement près d'un mur.
Puis il se retourna vers eux.
« Zoé commence à t’échauffer, Léo on vas parler en s’étirant. »
Tous deux obéirent sans discuter.
Zoé partit immédiatement effectuer quelques exercices de mobilité tandis que Léo rejoignait Soren.
Pendant plusieurs minutes, seuls les craquements de leurs articulations et leurs respirations régulières résonnèrent dans l'immense salle.
Puis Soren prit finalement la parole.
« Donc comment tu décrirais ton style de combat ? »
Léo réfléchit quelques instants.
Il chercha les mots les plus justes avant de répondre.
« Je suis un combattant endurant et puissant qui se bat au corps à corps en passant par la boxe anglaise. »
Soren resta silencieux.
Il analysait visiblement cette réponse.
Puis il finit par déclarer :
« En fait tu n’as pas appris le style de combat de Marion. »
Léo acquiesça simplement.
« Oui on à dit qu’elle allait commencer à m’entrainer à la rentrez. »
Soren hocha lentement la tête.
Tout en changeant d'étirement, il poursuivit :
« Mais la question que je me pose, pense tu être disposée à ce qu’on t’apprenne un style de combat différent ? »
Le regard de Léo s'assombrit légèrement.
Cette question semblait réveiller une hésitation plus profonde qu'il ne voulait bien le montrer.
Après quelques secondes, il répondit honnêtement :
« Je ne sais pas… »
Ils changèrent tous les deux de position.
Le silence dura un instant.
Puis Soren reprit calmement.
« Je ne creuserais pas, mais tu peux très bien apprendre de nouvelles choses sans pour autant changez l’essence de ton style de combat. »
Léo demeura pensif.
« Certes mais ça reste à voir. »
Soren termina son dernier étirement avant de se relever.
« Enfin bref je ne suis pas là pour ça de toute façon. »
Il observa quelques secondes le jeune homme.
Puis un léger sourire apparut sur son visage.
« Je vais simplement voir de quoi t’est capable. »
Léo releva aussitôt la tête.
« C’est-à-dire ? »
Soren se gratta distraitement l'arrière du crâne.
Comme s'il cherchait la meilleure manière d'annoncer la chose.
« Bah disons que quand j’ai dit que j’allais t’arrachez la gueule c’était à moitié vrai. Je demanderais simplement que t’y aille à fond contre moi. »
Léo fronça les sourcils.
« Pourquoi ? »
Cette fois, Soren poussa un léger soupir.
Il semblait presque contrarié de devoir répondre.
« Pour lui faire un rapide rapport. »
Léo comprit immédiatement qu'il parlait de Marion.
Il n'insista donc pas davantage.
« D’accord. »
Les deux hommes se relevèrent complètement.
Soren retira tranquillement son survêtement.
Sous celui-ci apparaissait un simple t-shirt de compression qui épousait parfaitement une musculature impressionnante.
Aucun muscle ne semblait développé de manière excessive.
Tout paraissait parfaitement équilibré.
Comme si son corps entier avait été façonné uniquement dans le but de combattre.
Même immobile, il dégageait une impression de puissance tranquille.
Il tourna ensuite la tête vers Zoé.
« Zoé écarte toi. »
La jeune femme se redressa instantanément.
Elle se mit au garde-à-vous avec un sérieux presque militaire.
« Chef oui chef ! »
Puis elle détala à toute vitesse jusqu'à l'autre extrémité de la salle.
Léo inspira profondément.
Face à lui, Soren affichait désormais un sourire confiant.
Un sourire qui n'avait rien de rassurant.
Le silence retomba.
L'immense salle semblait retenir son souffle.
Enfin, Soren garda ses mains dans ses poches.
« Alors on s’y met ? »