Chapitre 32
Remarquant une deuxième silhouette aux côtés de sa sœur, le visage de Soren afficha un sourire moqueur.
« Eh bien, j'étais pas au courant de ça, moi. »
Conservant son air amusé, il étudia Léo de haut en bas.
« C'est qu'elle a très bon goût. Comme son frère. »
Posant son coude sur l'épaule de Léo, Zoé renvoya à son frère son sourire moqueur.
« T'as vu ça ? Et bien bâti par-dessus le marché. »
Léo regarda Zoé d'un air dubitatif.
« Tu vas jamais lâcher la vanne sur mon physique, hein ? »
Elle répondit avec son éternel sourire éclatant.
« Non. Sûrement jamais ! »
Reprenant son air bienveillant, Soren s'approcha.
« Excuse-moi pour la plaisanterie, mais je ne me suis pas présenté. »
« Comme tu l'as deviné, je suis Soren, le grand frère de Zoé. Enchanté. Et toi ? »
« Moi, c'est Léo. Je suis dans la même classe que Zoé. Elle m'a proposé de passer les vacances ici. »
Soren posa une main sur son menton et sembla réfléchir un instant.
« Ouais, tu peux rester ici. C'est pas tous les jours qu'elle ramène quelqu'un de son âge. »
Puis il se tourna vers eux.
« Tu peux aller t'installer. Zoé va te guider. Moi, je vais préparer à manger, vous devez avoir faim. »
Zoé guida Léo jusqu'à la chambre d'ami.
« Dis-moi… on peut parler avant tout ça ? »
Zoé observa les yeux fatigués de Léo.
Ce dernier lui répondit calmement.
« Bien sûr. Qu'est-ce qui te trotte dans la tête ? »
« Tu veux bien me dire pourquoi tu as l'air aussi fatigué ? »
« Vraiment ? »
Zoé le regarda avec le plus grand sérieux.
« Si ça ne te dérange pas. »
Léo baissa les yeux.
« C'est vraiment pas grand-chose. Tu vas en rire. »
« Non. Je t'écoute et je ne te jugerai pas. »
« Eh bien… si c'est toi, j'imagine que ça ira. »
Léo prit une grande inspiration.
« Imagine que, du jour au lendemain, on t'envoie loin de chez toi. Tu arrives dans un endroit où tu ne connais rien ni personne. On te critique simplement parce que tu as le malheur d'exister, des gens te disent des trucs incompréhensibles… Et par-dessus tout, certains veulent ta peau sans même que tu saches pourquoi. »
Zoé, un peu nerveuse, regarda Léo avec une pointe de panique.
« Oui… c'est vrai que présenté sous cet angle-là, c'est vraiment pas terrible… Mais attends, il y a des gens qui veulent ta peau ?! J'exige des explications plus détaillées. »
Après cela, Léo lui raconta plus en détail les événements qui s'étaient produits au sein de l'académie.
Cependant, il ne se sentait pas très à l'aise à l'idée d'en parler.
Non pas que Zoé soit une parfaite inconnue.
Au contraire, elle était sa toute première amie de son âge.
Mais ses doutes s'évanouirent lorsqu'il aperçut dans ses yeux une inquiétude sincère.
« Léo… c'est peut-être optimiste, mais tu n'es pas obligé de vivre à l'internat de Virelune… Tu peux rester ici. On trouvera une solution. »
Ses yeux fatigués semblèrent s'illuminer devant les paroles de Zoé.
Puis cette lueur s'éteignit presque aussitôt.
« Ne dis pas ça. Soren doit déjà s'occuper de toi. Me laisser passer deux semaines ici, c'est déjà gentil. »
« Je sais que mon grand frère acceptera si je le lui demande. »
Zoé lui prit la main.
« Tu n'es pas seul. »
Léo lui rendit un sourire radieux, comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps.
Puis ils laissèrent le silence s'installer.
Ils n'avaient plus besoin de mots.
Dans cette pièce désormais envahie par une chaleur réconfortante et une bienveillance sincère, ils s'enlacèrent en fermant les yeux.
Profitant d'une tranquillité entre deux personnes se comprenant réellement.
Puis Léo brisa ce silence d'un simple mot.
Mais ce mot suffisait à faire comprendre à Zoé toute l'importance que ce geste avait eue pour lui.
Il prononça alors, avec une infinie douceur :
« Merci. »