Chapitre 31
Léo se dirigea vers la salle d'examen.
En arrivant, il constata qu'il se trouvait en réalité dans la même salle que les élèves passant les rattrapages.
Il n'y prêta pas grand intérêt et s'installa.
L'épreuve durait deux heures. Il prit son stylo et commença à écrire.
Au bout d'une petite heure, le surveillant de l'épreuve constata avec horreur que Léo avait déjà rédigé une pile de documents.
On m'explique ce que ce gosse est en train de faire exactement ?
Léo était en train d'empiler plusieurs feuilles. Il devait en avoir plus d'une vingtaine.
Trente minutes plus tard, il se présenta devant le bureau.
L'examinateur esquissa un sourire nerveux.
« Dis-moi, pourquoi tu as l'équivalent de l'épaisseur d'un dictionnaire à un examen ? »
Léo le regarda d'un air très sérieux avant de répondre :
« Il est marqué qu'il faut justifier ses réponses. C'est ce que j'ai fait. »
Sur ces mots, il quitta la salle avec une confiance absolue, comme s'il venait de résoudre le plus grand mystère de la Terre.
Pendant ce temps, toute la salle le prenait pour un parfait abruti.
Il passa ensuite par sa chambre afin de récupérer son sac.
Car oui, en réalité, rester à l'académie aujourd'hui ne servait qu'à passer son examen.
La plupart des élèves étaient déjà rentrés chez eux pour les vacances.
Parmi les personnes qu'il connaissait, il ne restait plus que Marion et Zoé, qu'il allait évidemment bientôt rejoindre.
Il croisa rapidement Marion dans les couloirs.
Il lui dit au revoir, et elle lui confirma que Gabriel s'occupait personnellement de l'affaire.
Cela rassura un peu Léo, qui se dirigea vers le hall d'entrée, où l'attendait Zoé.
« T'es prêt à courir, Léo ? »
Léo sourit.
« Je préférerais éviter, surtout te connaissant. »
Zoé lui lança un petit rire espiègle.
En ouvrant les lourdes portes de l'académie, le duo fut aussitôt happé par le tumulte éclatant de la ville.
Une lumière vive, presque aveuglante après la quiétude des couloirs qu'ils venaient de quitter, se déversait sur les larges avenus et faisait scintiller les façades de verre qui s'étendaient à perte de vue.
Le grondement continu des voitures modernes emplissait l'air d'un bourdonnement profond, ponctué par le souffle des moteurs et le murmure incessant de la circulation, comme si la cité elle-même respirait.
Tout autour d'eux, d'immenses buildings dressaient leurs silhouettes vertigineuses vers le ciel, défiant les nuages par leur hauteur démesurée.
Leurs parois réfléchissantes capturaient les rayons du soleil et les renvoyaient en une mosaïque d'éclats argentés, donnant l'impression que des géants de verre et d'acier veillaient sur la métropole.
Face à ce spectacle grandiose, les deux compagnons demeurèrent un instant immobile sur le seuil, contemplant la ville qu'ils n'avaient pas vue depuis plusieurs semaines.
Dévalant les escaliers avec son engouement habituel, Zoé regarda Léo.
« On fait la course jusqu'à chez moi ? »
Un léger sourire s'afficha sur le visage de Léo.
« C'est pas juste, je sais pas où t'habites, moi. »
Échauffant ses jambes, elle répondit :
« Eh bien, t'as qu'à me suivre. »
S'élançant d'immeuble en immeuble, Zoé partit dans une course endiablée.
Soupirant, Léo prit appui sur le sol avant qu'une aura bleutée ne jaillisse de son corps, tentant de suivre Zoé dans sa course.
Zoé atterrit devant une modeste mais jolie maison.
C'était bien sûr là qu'elle vivait avec son frère.
« Oh, t'as réussi à suivre, c'est cool. »
Léo, haletant, les mains posées sur les genoux, lui lança un regard sévère.
« Je crois que tu me sous-estimes un peu trop, là. »
Avant même de rentrer, Léo eut un étrange pressentiment.
Il ne pouvait le décrire précisément, mais c'était comme si quelque chose manquait.
Comme si un vide n'était pas comblé.
Poussant la porte, Zoé lança un léger cri :
« Soren ! Je suis rentrée ! »
La silhouette se tourna alors.
Il était légèrement plus grand que la moyenne, suffisamment pour dominer naturellement l'espace sans paraître imposant. Sa stature était droite, équilibrée, dénuée de toute raideur. Il se tenait avec une aisance tranquille, comme quelqu'un parfaitement à sa place, où qu'il se trouve.
Ses cheveux auburn encadraient son visage en mèches aux reflets chauds. Ils adoucissaient la force discrète de ses traits, leur donnant une chaleur presque réconfortante.
Son visage n'avait rien d'ostentatoire. Pourtant, il attirait irrésistiblement le regard, peut-être à cause de cette harmonie sereine qui s'en dégageait.
Ses yeux d'un brun profond semblaient refléter le tumulte du monde.
Ils n'étaient ni perçants ni intimidants.
Au contraire, ils possédaient une stabilité rare, une profondeur silencieuse qui donnait l'impression qu'aucune agitation ne pouvait réellement les troubler.
« Oui, bon retour chez toi, Zoé. »