Chapitre 27
Léo ouvrit doucement la porte de sa chambre avant de remarquer que Diego était toujours debout.
Ce dernier se tourna vers lui et le regarda d'un air fatigué.
« Eh bien, j'ai failli t'attendre toute la nuit. »
Un peu gêné, Léo baissa les yeux.
« Ouais, excuse-moi. Fallait pas m'attendre. Je vais prendre une douche, tu peux aller te coucher. »
Diego se leva et commença à se diriger vers son lit.
Avant qu'il ne puisse s'y installer, Léo dit d'un ton triste :
« Pardon de t'avoir inquiété... »
Diego lui adressa un sourire.
« Tu peux. Je ne te demanderai pas ce qu'il s'est passé, mais fais attention à toi. »
Dans un murmure presque inaudible, Léo se dirigea vers la salle de bain.
« Merci. »
Plus tard dans la nuit, alors que les deux colocataires dormaient profondément, une présence sinistre tapie dans les ombres se faufila discrètement dans la chambre.
Ses pas légers se rapprochaient lentement et dangereusement du lit de Léo.
L'intrus tenta de sortir un objet de son sac.
Cependant, avant même qu'il ne puisse le faire, une main recouvrit sa bouche tandis qu'une autre lui saisit le poignet.
L'homme tenta d'activer le pouvoir de sa bénédiction.
Sa main fut brisée avant qu'il n'en ait l'occasion.
Un violent coup derrière la tête l'envoya ensuite dans l'inconscience.
La personne qui venait de neutraliser l'assaillant n'était autre que Léo.
« Vermine. »
Déposant doucement l'inconscient sur le sol, il fouilla ensuite le contenu du sac.
Une goutte de sueur perla sur son front.
Ce qui se tenait entre les mains de Léo était une arme.
Mais pas n’importe laquelle.
Une arme destiner à détruire les porteurs.
« Putain de merde... »
Une lame.
Et pas n'importe laquelle.
Une arme capable d'endommager directement le noyau d'un porteur.
Comment un étudiant avait-il pu se procurer une chose pareille ?
Et surtout...
Qui était capable de fabriquer ce genre d'arme ?
Léo transporta l'assaillant jusqu'à l'infirmerie.
Quant à la lame, il la cacha soigneusement en attendant sa prochaine rencontre avec Marion.
Quelques jours plus tard, Zoé, qui passait désormais beaucoup plus de temps avec Léo, remarqua rapidement qu'il semblait épuisé.
« Tu dors mal ces derniers temps ? »
Léo la regarda avec indifférence.
« Ouais. C'est vrai que j'ai du mal à dormir. »
Zoé observa les alentours.
Les autres élèves n'avaient toujours pas changé d'attitude envers lui.
Cela devait forcément lui peser.
Cependant, sa fatigue semblait excessive.
Il devait y avoir autre chose.
« Les vacances arrivent bientôt. Tu comptes rentrer chez tes parents ? »
Léo haussa les épaules.
« Trop compliqué. Sans l'aide de l'armée qui m'a amené ici la dernière fois, Helmet est beaucoup trop loin pour des moyens de transport classiques. »
Zoé réfléchit quelques instants.
« Tu veux passer les vacances chez moi ? »
Léo la regarda avec surprise.
« Chez toi ? »
« J'habite à seulement trente minutes à pied de l'académie. »
Léo fronça légèrement les sourcils.
« Dans l'idée, je ne suis pas contre. Mais tes parents seront d'accord ? »
Zoé lui répondit avec son habituel sourire éclatant.
« J'habite seulement avec mon frère. »
Léo, désormais habitué à son enthousiasme débordant, répondit calmement :
« Et du coup, le grand frère, il en dit quoi ? »
« On verra bien en arrivant. »
Puis elle partit en courant.
« T'as trois jours avant le départ ! Prépare tes affaires et fais tout ce que tu as à faire ! À plus tard ! »
Léo la regarda s'éloigner.
Effectivement, il avait encore plusieurs choses à régler avant les vacances.
Parler à Marion des multiples tentatives d'assassinat.
Aider Diego sur leur projet commun.
Passer l'examen qui lui permettrait de valider son semestre incomplet.
Et enfin...
Rencontrer le proviseur en compagnie de Marion.