Traduction: Moonkissed
Sun Myeongju.
C’était le nom d’un pianiste de renommée mondiale, célèbre il y a quinze ans.
« Ah… ! »
Des exclamations jaillirent un peu partout dans le public.
Il faut dire que c’était une personnalité extrêmement connue.
Les réactions venaient surtout des spectateurs de plus de trente ans.
Sun Myeongju.
À vrai dire, ce n’était pas un “simple” pianiste.
Son domaine, c’était le jazz.
À partir du moment où il avait remporté le prix de meilleur interprète dans un concours international de jazz, Sun Myeongju était devenu une légende du milieu. Il avait été élu musicien de l’année dans toutes sortes de cérémonies, et son visage avait même fait la couverture des plus grands magazines de musique du monde.
Son parcours personnel, lui aussi, faisait parler.
L’histoire d’un orphelin seul au monde qui découvre son talent pour le piano et devient une figure internationale.
Lorsqu’il travaillait en Corée, il était resté inconnu. Mais sa popularité fulgurante aux États-Unis, en Europe et ailleurs avait fini par faire connaître son nom jusque sur sa terre natale.
Surtout à la fin des années 90, quand la crise du FMI frappait et que les gens cherchaient à oublier le réel en regardant le base-ball et le golf, la nation suivait avec attention les étapes de ses tournées à travers le monde.
Alors que la Corée du Sud entière s’enfonçait dans la morosité, Sun Myeongju, au piano sur les scènes les plus éclatantes du continent américain, représentait l’espoir et la fierté de beaucoup.
Mais cette splendeur ne dura pas.
Alors qu’il quittait le pays pour une tournée à l’étranger, l’avion dans lequel il se trouvait avec son épouse s’écrasa, et il y perdit la vie.
Pour ceux qui avaient vécu la fin des années 90, ce fut une nouvelle sidérante.
C’est donc tout naturellement que, lorsque Sun Woojoo révéla l’identité de son père, les gens poussèrent un soupir.
Rencontrer un chanteur qui était le fils d’une célébrité jadis adorée par tout un pays…
Cependant, tout le monde ne connaissait pas Sun Myeongju.
‘Sun Myeongju… c’est qui ?’
Certes, le concept même de Music Café attirait beaucoup de passionnés de musique, et parmi eux nombreux étaient ceux qui savaient de qui il s’agissait. Mais des jeunes couples venus simplement assister à l’émission sur un coup de tête trouvaient ce nom étrange et lointain.
Certains sortirent discrètement leur téléphone et tapèrent « Sun Myeongju » dans la barre de recherche.
Quand ils parcoururent rapidement une page de type wiki, leurs yeux s’arrondirent de stupéfaction.
Les personnes photographiées à ses côtés n’avaient rien d’ordinaire.
Le président des États-Unis de l’époque, des figures artistiques mondialement célèbres.
À tel point qu’on aurait pu croire à un photomontage tant la liste des noms semblait irréelle. Ils n’arrivaient même pas à imaginer ce que de tels accomplissements avaient pu représenter, à l’époque, pour le public coréen.
« Comme je disais. »
Assis en régie, le PD siffla d’admiration.
« Ça fait parler, hein. »
L’histoire de mon père n’était pas un secret.
Je m’étais toujours dit qu’un jour, elle finirait par être révélée. Alors, quand Ha Seungju me l’avait demandé, j’avais été surpris… mais j’étais vite redevenu calme.
Je savais que ce jour viendrait.
C’était seulement… un peu brusque.
Quand l’animateur de Music Café, Ha Seungju, m’avait fait sa proposition, je lui avais répondu que je devais y réfléchir.
Parce que ce n’était pas une décision qui ne concernait que moi.
« … Qu’est-ce que je fais, Mamie ? »
Dans le couloir des loges, j’appelai ma grand-mère.
Parler de mes parents à la télévision n’était pas quelque chose que je pouvais décider seul.
Mon père n’avait pas été le seul à mourir dans l’accident.
Sa fille unique, choyée comme un trésor, avait pris l’avion avec son gendre… et l’appareil s’était écrasé. Ils avaient tous les deux péri.
Je me souvenais de ma grand-mère, rongée par la douleur, incapable même de récupérer les corps, forcée de porter ce chagrin dans la poitrine.
Si je parlais de mes parents, l’accident reviendrait forcément sur toutes les lèvres. Et cela risquait d’ouvrir à nouveau la vieille blessure de ma grand-mère.
Après m’avoir écouté expliquer prudemment la situation, elle répondit simplement :
« Fais comme tu veux. »
« Hein ? »
« Fais comme ton cœur te dit. De toute façon, c’est du passé. »
Elle parlait d’une voix détachée, comme si c’était réellement devenu du passé pour elle, et pas seulement pour me rassurer.
Pourtant, j’entendis quelque chose, là, au fond.
Une hésitation, une émotion retenue.
Je pensai d’abord à la nostalgie de sa fille unique… mais la phrase suivante dévia de mes attentes.
« Mais… ça ira, toi ? »
« Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Toi, p’tit idiot. Est-ce que toi, ça ira ? »
Elle s’inquiétait de moi.
Bien sûr que ce n’était pas un sujet que j’avais envie d’aborder.
Mais cela faisait quinze ans que mes parents étaient morts.
Un laps de temps si long que leurs visages eux-mêmes s’étaient estompés.
Si ce n’avait pas été aussi loin, je n’aurais sans doute jamais pu en parler.
« Sun Myeongju… c’est vraiment surprenant. »
Ha Seungju ajusta ses lunettes et prit un air ostensiblement stupéfait.
Je souris.
Évidemment. Ceux qui ont “mangé du broadcast”, comme on dit, savent jouer la comédie.
« Les autres membres le savaient aussi ? »
Les regards du public glissèrent vers les membres de New Black. À la question, ils hochèrent tous calmement la tête.
Dans la loge, avant l’enregistrement.
Je réunis Jang Sowon sunbaenim et les membres, et je leur expliquai que ce genre de discussion risquait d’arriver à l’antenne.
Dès que j’eus fini, celui qui exprima son inquiétude fut Bijoo.
« Non. »
« Non quoi ? »
« Ça n’a aucun sens d’échanger l’histoire de ta famille contre quelques minutes de temps d’antenne. Je ne suis pas d’accord. »
Son ton était inhabituellement ferme, lui qui d’ordinaire parlait toujours doucement, comme du vin dilué dans de l’eau, ou de l’eau diluée dans du vin.
À côté, Seokhwan hyung ouvrit aussi la bouche.
« On a déjà assez en venant aujourd’hui. Pas besoin de forcer. »
Il disait ça, mais je voyais le conflit dans ses yeux.
En tant que proche, il s’inquiétait. Mais en tant que manager responsable, c’était une opportunité en or.
Faire exploser le temps d’antenne d’un groupe de rookies comme nous, c’était le genre de chose que les managers ne pouvaient pas garantir, même en faisant du lobby. Et l’histoire de mon père, à coup sûr, deviendrait un sujet brûlant, dans le bon sens du terme.
« Moi, je ne fais pas partie de la famille, donc je me retire. »
Jang Sowon se leva.
« Je ne crois pas être en position d’en discuter. Ce genre de choses, c’est à la famille de décider. »
Notre road manager, Seo Minki, qui se tenait au fond, exprima aussi son accord avec la favorite. Tous les deux dirent qu’ils allaient nous laisser un moment, et quittèrent la loge.
Nous restâmes entre nous.
Je regardai autour de moi.
On aurait dit que j’étais devenu le seul à vouloir “oui”, tandis que les autres s’y opposaient et que moi je devais convaincre.
« Si on y pense, c’est une bonne occasion. On va conclure la promo avec ça, et tant qu’à faire, ce serait mieux d’attirer un peu plus d’attention. Pour des rookies comme nous, avoir autant de temps d’antenne, c’est pas facile… »
« Hyung, ça, c’est le point de vue d’un manager. »
La voix grave de Joonghyun me frappa pile dans la cible.
« Hyung, tu n’es pas notre manager. Tu es un membre. »
« … »
« On sait que tu veux qu’on réussisse, et merci pour ça, mais on n’est pas idiots. On connaît aussi les circonstances qui nous ont permis d’être invités à Music Café. »
« … Vous savez ? »
« Je l’ai entendu du directeur. »
À mon regard, Seokhwan hyung haussa les épaules.
« Le lendemain de ton entretien avec le directeur, ces quatre-là sont venus me voir. Ils m’ont dit qu’ils voulaient changer un peu d’image avant la fin de la promo. Ils m’ont parlé exactement des mêmes inquiétudes que toi, alors je leur ai dit que tu étais déjà allé en parler. »
« La honte. Je croyais être le seul à penser à ça. »
« Tout le monde pense pareil, au fond. »
Leehyuk ajouta :
« Tu crois qu’on n’y a pas pensé, nous ? Franchement, quand on a appris que tu faisais ces entretiens en douce, on s’est senti un peu trahis aussi. »
« Hé. Vous non plus, vous ne m’en avez pas parlé. »
« Ce n’est pas pareil, hyung. »
Bijoo sourit.
« Toi, tu avais déjà l’air super occupé avec les interviews et les emplois du temps perso, alors on ne voulait pas t’inquiéter. C’est pour ça qu’on n’a rien dit. »
« Moi aussi, je ne voulais pas t’inquiéter, alors je n’ai rien dit. »
« Donc c’est kif-kif, quoi. »
La synthèse du maknae nous fit, malgré nos visages sérieux, laisser échapper un petit rire.
Il avait raison.
On jouait tous les “bons frères” en faisant semblant de rien, chacun de notre côté.
« Bon… alors à partir de maintenant, on se dit les choses franchement. »
À mes mots, les petits hochèrent la tête.
« Je suis désolé de vous avoir rien dit. À TJ, j’avais l’habitude de m’occuper des trainees plus jeunes, alors je crois que je vous ai inconsciemment considérés comme des petits frères. Alors qu’on est tous des membres. »
« Moi, continuez à me traiter comme un bébé, s’il vous plaît. Parce que je suis mignon. »
Le maknae s’incrusta joyeusement, et Leehyuk lui donna un petit coup de poing sur le front, genre “Lis l’ambiance, toi.”
À cause de Jiho, j’avais perdu le fil, quand Joonghyun reprit :
« Comme je l’ai dit, tu n’as pas besoin de te tuer à nous porter sur tes épaules, hyung. »
« … »
« Cette fois, ne pense pas comme un leader, ni comme un producteur. Fais juste ce que toi, tu veux. De toute façon, sans toi, on ne serait même pas là. »
« … »
« Pourquoi tu fais cette tête ? »
« C’est… juste étrange, tout d’un coup. »
Entendre ça de Kim Joonghyun, qui passait ses journées à vivre comme un paresseux, c’était inattendu et presque surréaliste.
Il sourit et dit :
« Ce n’est pas parce que j’ai l’air de manquer de tact que je manque de pensées, hyung. »
Je regardai, un par un, les visages autour de moi.
Bijoo, Joonghyun, Leehyuk, Jiho, le directeur Yoon Seokhwan, Minki hyung. Des visages que je voyais tous les jours… et pourtant, ils me semblaient neufs.
Ils avaient toujours eu ces traits, comme ça ?
Peut-être que je les avais, sans m’en rendre compte, réduits à de simples seconds rôles de mon histoire. Des personnages qui réagissent, immobiles, au rythme de ma propre avancée.
Mais en y réfléchissant, eux aussi étaient des protagonistes, en train de construire l’histoire avec moi.
Et ils m’étaient précieux.
Dans le milieu, on vendrait même la famille du beau-frère du cousin du voisin pour arracher du temps d’antenne. D’autres auraient dit « Fais comme tu veux », tout en espérant secrètement que le sujet gonfle la diffusion.
Eux, ils s’inquiétaient vraiment pour moi, et voulaient que je choisisse ce que je désirais.
« Alors, tu vas faire quoi ? »
À la question de Leehyuk, je réfléchis un instant. Puis je répondis :
« … Je vais en parler. »
Pourquoi ? Même moi, je ne savais pas très bien.
Ce n’était pas pour la répartition du temps d’antenne en tant que leader ou membre. Ce n’était pas non plus parce que j’avais envie d’attirer l’attention.
C’était juste que…
J’avais quelque chose à dire.
« … C’est dire à quel point il était célèbre. »
La présentation de mon père se termina, et je revins à l’instant présent.
L’ambiance n’avait plus rien à voir avec celle du début.
Même ceux qui avaient d’abord penché la tête en mode « Sun Myeongju, c’est qui ? » affichaient désormais une curiosité évidente.
« À vrai dire, je me posais la question depuis le début. On m’a dit que tu étais un idol doué en composition et capable de jouer des instruments, et je trouvais ça étonnant… Mais c’est donc héréditaire. »
C’était vrai.
Les arrangements lors de l’évaluation de fin d’année, l’intuition quand on avait composé Something… tout ça venait, d’une certaine façon, du talent de mon père, qui était musicien.
« Ton rêve de devenir idol a-t-il un lien avec lui ? »
À la question de Ha Seungju, je hochai la tête.
C’était pour ça que je voulais parler de mes parents.
Je voulais le dire.
Dire pourquoi, malgré les conseils de TJ Entertainment qui me poussait vers une carrière d’acteur ou de producteur, j’avais persisté à vouloir devenir idol.
« Quand j’étais petit et que je voyais mon père jouer du piano, j’adorais ça. Alors j’ai voulu l’imiter, mais j’étais nul. J’étais un bébé, mes pieds n’atteignaient même pas les pédales, et je me débattais comme je pouvais.
Comme s’ils imaginaient la scène, les visages du public se couvrirent d’un sourire.
« Alors j’ai abandonné le piano. »
« Quand tu étais bébé ? »
« Oui. Je devais avoir cinq ans ? J’étais là, avec mes petites mains, à taper sur les touches en faisant « J’en veux plus ! ». Bon, je ne m’en souviens pas moi-même. C’est ma grand-mère qui m’a raconté que ça s’était passé comme ça. »
Ha Seungju, et d’autres encore, sourirent.
« Et je crois que c’est pour ça que je me suis tourné vers le chant. À la télé, il y avait des idols de première génération. Je suivais les chorés, je chantais avec eux. Et à chaque fois, mes parents étaient tellement contents. »
« On peut dire que c’était le début de Woojoo en tant qu’idol. »
« Oui. C’est aussi mon premier souvenir. »
Mon premier souvenir, c’était celui de mes bras et de mes jambes agités dans tous les sens.
Maman et papa applaudissaient, riaient, me félicitaient en disant je ne sais quoi. Et moi, bébé, la bouche entrouverte, je levais les yeux vers eux.
Et je trouvais cette expression magnifique, comme un bijou.
Au point de vouloir la détacher de leur visage et l’encadrer.
Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à rêver de devenir idol.
Parce que je voulais revoir ça.
Je voulais voir, sur le visage des autres, la même expression que celle de mes parents quand je chante et que je danse pour eux.
Je racontai tout ça d’une voix posée.
« Et te voilà aujourd’hui, sur une scène que tu ne voyais autrefois qu’à la télévision. On peut dire que tu as réalisé le rêve que tu faisais chaque jour. »
Avec cette phrase de Ha Seungju, le sujet de mes parents fut clos.
Et seulement là, l’inquiétude me revint.
J’ai parlé n’importe comment, j’ai sauté d’un sujet à l’autre, j’ai été trop brouillon… ça va aller ?
J’avais aussi un peu honte, comme si j’avais été trop émotionnel tout seul, mais c’était trop tard.
De toute façon, la prod éditera.
La partie “talk” sur New Black se termina plus ou moins là.
Parce qu’il restait un autre sujet à aborder.
Jang Sowon.
J’avais quelque chose à lui dire aussi.
Elle avait failli atteindre le statut de “girl group national”, avant que des scandales autour des membres ne provoquent une dissolution éclair. Ensuite, via des OST de dramas, elle était revenue sur scène.
Un parcours de vie.
Quand, en se remémorant ses années difficiles, les yeux de Jang Sowon se remplirent de larmes, les spectateurs sentirent eux aussi leur gorge se serrer.
L’horaire nocturne, propice aux émotions, devait y contribuer.
Et quelqu’un, près de moi, se laissait emporter par cette vague.
« Hic… »
Pendant qu’elle parlait, un de nos membres éclata en sanglots.
Pourquoi toi, tu pleures ?
Notre maknae, débordant de sensibilité, pleurait.
Pas un jeu. De vraies larmes.
Et ces deux filets de morve qui coulaient… c’était la preuve ultime.
Avec ses joues encore rondes, son visage blanc comme un mochi tout neuf, il avait quelque chose d’à la fois attendrissant… et drôle.
Jang Sowon et Ha Seungju éclatèrent de rire.
« Jiho, ça va ? »
« Désolé, mais la morve de Jiho, ça déconcentre. Quelqu’un du staff peut lui donner un mouchoir ? »
« Ça vaaa. Je peux essuyer avec ma manche. »
« Hé, hé ! Ça, c’est un vêtement sponsorisé ! »
« Jiho, ça craint. »
La réplique improvisée de Leehyuk, paniqué, et l’air de Bijoo qui le traitait comme un bébé déclenchèrent une explosion de rires dans la salle.
Et quand Jiho se moucha, le rire repartit de plus belle.
Parce qu’un bruit de Kreuunng jaillit dans le micro.
Le plus grand niveau de décibels de rires depuis que j’étais arrivé ici.
On lui avait donné un mouchoir pour qu’il s’essuie discrètement, et il s’était mouché en faisant du bruit.
Face à ça, je ressentis une sorte d’illumination, comme si mon âme quittait mon corps.
Jiho…
On est en plein enregistrement…
Reviens sur Terre…
J’imaginai le visage du directeur Yoon Seokhwan, en coulisses, en train de se tenir la nuque.
Au moins, la bonne nouvelle, c’est que tout le monde ici, y compris le public, trouvait le maknae adorable.
Oui. Il est adorable.
Donc, s’il vous plaît, que quelqu’un le récupère…
« Jiho a l’air très sensible. »
« C’est le plus jeune, et il est plus fragile qu’on ne le croit. À l’enregistrement, c’est lui qui a le plus pleuré quand je l’ai grondé. »
Jang Sowon répondit en souriant.
Comme une grande sœur, elle tapota l’épaule de Jiho, et l’atmosphère devint chaleureuse.
Moi qui m’inquiétais pour notre image, je décidai de voir le bon côté.
En réalité, je passais un bon moment.
Parce que, d’un point de vue très simple, je venais de gagner un nouveau prétexte pour me moquer de lui : celui qui avait déjà réussi à faire traîner pendant un mois son erreur de discours de victoire, quand j’avais appelé New Black “Soufflé”.
Et je n’étais pas le seul.
Tout le monde avait l’air de l’attendre.
Vu les sourires tordus des membres, on sentait qu’ils avaient accumulé des comptes à régler avec notre “monument national de la taquinerie”.
Si même Bijoo souriait de toutes ses dents, c’était terminé.
Prépare-toi, Wang Jiho.
Je vais te charrier pendant un mois entier.
Jusqu’ici, l’enregistrement de Music Café était un succès.
S’il fallait vraiment trouver un regret : même en additionnant tous les passages des autres membres de New Black, on atteignait à peine mon temps d’antenne.
Il y avait l’histoire de mon père, oui, mais il y avait aussi le fait que les membres avaient un peu bafouillé pendant le talk.
Cela dit, pour une première, c’était largement au-dessus de la moyenne.
En général, les rookies transpirent à grosses gouttes rien qu’à l’idée d’une interview filmée.
Si je devais noter l’émission : 90/100, peut-être.
Bon, c’était la note “talk”.
Comme à l’école où il y a l’écrit et la pratique, le talk était l’écrit. Et il restait l’épreuve la plus importante : la pratique.
Le dernier morceau.
La scène qui était notre objectif initial : « Montrer la musicalité de New Black ».
« Il est malheureusement temps de dire au revoir à Jang Sowon et à New Black. Nous avons passé un moment vraiment agréable aujourd’hui. »
À l’au revoir de Ha Seungju, nous le remerciâmes chacun notre tour.
« Alors, passons à la dernière scène. »
Ha Seungju se retira légèrement sur le côté, et nous avançâmes vers la scène principale.
Le staff s’agitait avec énergie.
Les lumières étaient éteintes.
Puis, quand des projecteurs, vifs comme un soleil de midi, se braquèrent sur nous au point de nous éblouir, Jang Sowon et nous prîmes place.
Et l’instrumental démarra.
Au moment où les premières notes de l’intro résonnèrent dans l’immense salle de PBS, un murmure étonné parcourut le public.
« … ? »
C’était compréhensible.
Parce que c’était exactement la même intro que pour le tout premier morceau.