Chapitre 25
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 25 : 025
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Le matin.
Je me rendis à l’Antenne de gestion des grimpeurs et m’enregistrai.
Je posai la main sur l’habituelle boule de cristal.
[Veuillez indiquer le nombre de points à transférer à la « République de Corée ».]
« Tout. »
[Transfert de 9 308 points à la « République de Corée ».]
Je transférai les points.
Le fonctionnaire vérifia le nombre qui flottait au-dessus de la boule de cristal, puis déglutit avant de prendre lentement la parole.
« Chasseur Baek Jiho. Nous avons confirmé le versement de 9 308 points. Nous déposerons 93,08 millions de won sur le compte indiqué. »
Il s’inclina.
Le fonctionnaire s’inclina de nouveau bien bas, comme la veille.
« La République de Corée se souviendra du dévouement du Chasseur. »
« Continuez comme ça. »
Je m’éloignai de la file en traînant les pieds.
Les gens du commun chuchotaient entre eux.
« C’est pas celui qui a versé plus de cinq mille points hier ? Aujourd’hui, c’est neuf mille… ! »
« Ce doit vraiment être un Chasseur des étages supérieurs. »
« Mais pourquoi un Chasseur des étages supérieurs viendrait jusqu’ici pour verser ses points ? Il n’a pas un fonctionnaire attitré ? »
« Il doit avoir ses raisons. »
« Waouh, il gagne plusieurs milliers de points en une seule journée. On ne joue vraiment pas dans la même cour. »
Les gens du commun parlaient en me regardant m’éloigner.
Leurs regards admiratifs et curieux n’étaient pas désagréables.
Une fois encore, je dus lutter de toutes mes forces pour empêcher mes épaules de grimper jusqu’au ciel.
Garder la tête froide était une voie semée d’embûches.
Après avoir quitté l’antenne et être monté dans la voiture, je dis à ma sœur :
« Grande sœur, je crois que c’est vraiment dur de garder la tête froide. »
« Quelles bêtises tu racontes encore… ? Bref, si on a fini ici, on rentre ? »
« Ouais. »
Sur le chemin du retour, assis côté passager, j’observai l’intérieur de la voiture.
C’était une vieille guimbarde de presque vingt ans.
Les traces du temps étaient visibles partout.
Ma sœur l’avait achetée d’occasion quand elle venait de commencer à travailler, et elle la conduisait depuis lors.
Elle était vraiment vieille et sans prétention.
N’était-elle pas beaucoup trop modeste pour quelqu’un comme moi, un Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique, qui se déplaçait dedans ?
Je pris ma décision.
« Grande sœur, quand on sera rentrés de l’étage dix aujourd’hui, allons acheter une voiture. »
« Une voiture ? Pourquoi ça, tout à coup ? »
« Je vais t’en acheter une. J’ai déjà gagné pas mal d’argent… Il est temps que j’en dépense un peu. Il nous reste environ trente millions de won à rembourser, non ? »
« Oui. »
« Une fois la dette réglée, il devrait nous rester environ 240 millions de won. Choisis la voiture qui te plaît dans cette limite. »
« …Vraiment ? Tu vas vraiment m’acheter une voiture ? »
Le visage de ma sœur s’éclaira peu à peu tandis qu’elle tenait le volant.
N’importe qui aurait vu qu’elle était ravie et touchée.
« Jihooo… »
« Argh ! T’es folle ! »
Une insulte m’échappa spontanément.
Ma sœur avait pris une petite voix nasillarde et mielleuse qui me donna instantanément la chair de poule.
La voix mignonne d’une sœur, de son propre sang, était bien plus répugnante que je ne l’aurais cru.
Qu’elle ait compris ce que je ressentais ou non, ma sœur se mit à débiter des paroles, le visage rayonnant de bonheur.
« Je peux vraiment acheter une voiture ? Pour de vrai ? »
« Oui. Achètes-en une. Tu as travaillé dur toutes ces années à t’occuper d’un petit frère bon à rien. »
« En quoi tu es bon à rien ? Chasseur de Difficulté Extrême Luna… C’était quoi déjà ? Enfin, maintenant, tu es un Chasseur incroyable. »
« Ça, c’est maintenant. Avant, je ne faisais que te causer des ennuis. Même si c’est tard, je te rends la pareille. Et tu continues à travailler dur comme ma manageuse. »
« Jiho ! Merci infiniment ! »
« Grande sœur, le feu est passé au vert. Avance. Ça klaxonne derrière nous. »
Vroum.
La voiture se mit en route et ma sœur conduisit avec un grand sourire.
Elle semblait folle de joie à l’idée d’acheter une nouvelle voiture.
Je souris légèrement.
Elle est si heureuse pour si peu.
Ce n’était que le début.
Après la mort de nos parents, ma sœur avait dû se débrouiller seule pendant des années.
J’avais été un petit frère bon à rien, qui ne faisait que lui peser sur les épaules.
Maintenant que je gagnais beaucoup d’argent, il était normal que ma sœur soit la première personne dont je prenne soin.
La première chose, ce serait une voiture.
Après tout, ma sœur était une véritable passionnée d’automobiles.
À mesure que je gagnerais plus d’argent, je remplacerais aussi petit à petit des choses comme notre logement et nos vêtements.
Bien sûr.
Je ne peux absolument pas la laisser acheter une voiture de sport.
Une voiture de sport serait bien trop dangereuse pour quelqu’un dont la personnalité change dès qu’elle prend le volant.
Il suffisait de la regarder, là, maintenant.
Vrooooum !
« Grande sœur ! Je t’ai dit de rouler doucement ! »
« Vroum-vroum n’en a plus pour longtemps ! Il faut qu’on se crée des souvenirs inoubliables jusqu’au bout ! »
« C’est quoi, Vroum-vroum ? »
« Le surnom de ma voiture ! »
Ah. Elle l’avait surnommée Vroum-vroum ?
Dans tous les cas, il était hors de question que je lui achète une voiture de sport.
Bien décidé, je rentrai chez moi.
* * *
De retour à la maison, ma sœur se mit aussitôt à chercher sur son ordinateur la voiture qu’elle voulait acheter.
Je jetai un coup d’œil par-dessus son épaule : elle consultait des modèles d’une célèbre marque allemande.
Je ne pus m’empêcher d’être surpris en regardant l’écran.
Waouh. Les voitures importées coûtent vraiment cher. Comment une citadine peut-elle coûter quatre-vingt-dix millions de won ?
On voyait tellement de voitures allemandes importées dans les rues que je ne pensais pas qu’elles coûtaient aussi cher.
Les voitures importées semblaient bien plus onéreuses que je ne l’imaginais.
Cette petite voiture coûtait la bagatelle de quatre-vingt-dix millions de won…
Il y avait vraiment beaucoup de riches dans ce monde.
Si une simple citadine coûtait déjà quatre-vingt-dix millions de won, combien valaient les voitures importées de taille moyenne qu’on voyait partout dans les rues ?
Elle remarqua peut-être que je la regardais par-derrière.
Ma sœur leva les yeux vers moi avant de me montrer l’écran qu’elle consultait.
« Jiho, qu’est-ce que tu en penses ? »
« Je n’y connais pas grand-chose en voitures. Elle est bien ? »
« Oui. Elle est vraiment bien. »
« On dirait une citadine… Ce ne serait pas mieux d’en prendre une plus grande ? Tu peux dépenser les 240 millions de won. Tu peux même en choisir une plus chère. De toute façon, après être allés à la Tour aujourd’hui, on gagnera probablement encore plusieurs dizaines de millions. »
« Non. Celle-ci me suffit. Enfin… Jiho, ça ne te dérange pas ? »
« Hum… »
J’examinai l’apparence de la voiture choisie par ma sœur.
Elle ressemblait à une citadine tout ce qu’il y avait de plus ordinaire.
Son design était sobre et son logo appartenait à une marque étrangère que je voyais souvent dans la rue.
Les caractéristiques indiquaient six cylindres, 3 000 cm³ et 480 chevaux, mais je n’avais aucune idée de ce que ça signifiait.
Je ne m’y connaissais pas en voitures.
Bref.
Elle avait l’air ordinaire et son logo était celui d’une marque de voitures importées courante.
Ce n’était donc pas une voiture de sport.
J’acquiesçai sans hésiter.
« D’accord. Si c’est celle que tu veux, achetons-la. »
« Merci ! »
Ma sœur afficha un grand sourire.
La voir si heureuse me rendit fier, moi aussi.
J’avais l’impression que ce cadeau en valait la peine.
Quand je gagnerais plus d’argent, je lui offrirais une voiture encore meilleure.
À titre indicatif, l’écran que ma sœur m’avait montré affichait « BNW M2 ».
* * *
Je me préparai à conquérir l’étage dix.
Je cherchai « étage dix » sur le Forum des chasseurs.
[Guide de l’étage dix… Il n’y en a pas ?]
[Waouh, une carte entièrement aléatoire ? C’est abusé.]
[Il suffit donc de tuer dix Chamans gobelins ?]
[Pitié, donnez-moi une carte facile pitié, donnez-moi une carte facile pitié, donnez-moi une carte facile…]
[Les Chamans gobelins ne sont-ils pas complètement abusés ? Comment on est censés tuer ces trucs, bordel ?]
Les messages affluaient les uns après les autres.
Ils étaient tous remplis d’incompréhension et d’agacement.
Clic.
J’ouvris un message qui avait attiré mon attention.
[Titre du message : Guide de l’étage dix… Il n’y en a pas ?]
La carte est générée de façon entièrement aléatoire ?
La condition pour réussir, c’est de tuer dix Chamans gobelins sur une carte aléatoire ?
Et comme la génération de la carte dépend complètement de la chance, on peut tomber sur une carte facile ou sur un véritable enfer ?
Tour des Épreuves, c’est quoi ce bordel ?
C’est pas normal, espèce d’enfoirée.
Les Chamans gobelins sont déjà sacrément forts, et maintenant, la carte est aussi entièrement aléatoire ? On est censés faire quoi, putain ?
└ C’est clair. L’étage dix, c’est juste un test de chance.
└ Certains ont eu une carte en terrain découvert et les ont facilement dégomés à l’arc, tandis que d’autres ont eu une carte en labyrinthe et ont erré pendant des heures.
└ Dans un labyrinthe, il n’y aurait nulle part où esquiver les Boules de feu. Ça a l’air complètement foutu. Ils ont réussi ?
└ Nope, lol. Ils ont pris une Boule de feu, perdu une jambe et pris leur retraite.
└ Waouh, ils ont quand même réussi à survivre, d’une manière ou d’une autre.
└ Les labyrinthes sont quand même mieux. Le pire, c’est une carte en ligne droite, lol. Il n’y a nulle part où esquiver, et ils te voient arriver de très loin, donc tu te prends une Boule de feu immédiatement.
└ Cette ascension basée sur la chance, c’est vraiment de la merde.
Comme l’indiquaient les messages,
l’étage dix était un étage sans stratégie particulière.
La carte elle-même était générée entièrement au hasard, donc les guides n’avaient que peu d’intérêt.
Je marmonnai à voix basse :
« Alors, le thème de l’étage dix, c’est la chance. »
Au huitième étage de la Tour des Épreuves, l’accent avait été mis sur le « sens des responsabilités » du grimpeur, tandis que le neuvième avait testé son « endurance » en le forçant à affronter un ennemi écrasant sans prendre la fuite.
Le thème du dixième étage était donc la chance.
Une carte entièrement générée au hasard.
Une fois les dix Chamans gobelins tués, un Portail de sortie s’ouvrirait et l’étage serait terminé.
La difficulté de l’épreuve pouvait varier du tout au tout selon la carte obtenue.
Sur une carte en terrain découvert, on pouvait tirer de loin à l’arc et s’enfuir rapidement, ce qui rendait l’épreuve relativement facile.
Mais dans un espace intérieur exigu, l’épreuve était apparemment très difficile, car il était compliqué d’esquiver les Boules de feu.
« La chance doit aussi faire partie des compétences d’un grimpeur. »
On pouvait avoir la chance de tomber sur une épreuve facile.
Ou faire face à la malchance et la surmonter grâce à ses compétences.
Je ricanai.
« Après nous avoir tant appris des étages un à neuf de la Tour des Épreuves, la réponse finale, c’est “la chance”. Quel mauvais goût. »
J’avais l’impression que la Tour essayait de nous faire passer un message.
Qu’en fin de compte, tout se jouait sur la chance.
Même une personne compétente pouvait s’effondrer sans raison si la chance lui faisait défaut.
Et même un incapable pouvait survivre jusqu’au bout si la fortune lui souriait.
Les forts n’étaient pas ceux qui survivaient. Les survivants étaient les forts…
Quelque chose comme ça, peut-être.
Bien sûr, tout ça n’avait pas grande importance pour moi.
Quelle que soit la carte, je peux tout détruire.
Face à une puissance écrasante, la chance ne comptait plus.
Avec la force d’un Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique comme moi.
Quelle que soit la carte, je pourrais terminer l’épreuve sans difficulté.
J’attendis donc ma porteuse.
« Entrer dans la Tour. »
[Baek Jiho (République de Corée : étage 10)]
[Na Hyeji (République de Corée : étage 10)]
[Veuillez sélectionner l’étage auquel vous souhaitez accéder.]
« Étage dix. »
[Accès à l’étage 10 de la Tour.]
Flash !
La conquête de l’étage dix commença.
* * *
La vive lueur s’estompa.
J’ouvris lentement les yeux.
Je commençai par examiner le terrain alentour.
Pour l’instant… nous étions à l’intérieur.
Des torches étaient accrochées aux murs et répandaient une faible lumière.
L’air était humide et sentait le renfermé.
En regardant devant moi, j’aperçus un large couloir.
Derrière moi se trouvaient le Portail de retour et une porte hermétiquement fermée.
[10]
Le nombre « 10 » flottait au-dessus de la porte.
Une fois les dix Chamans gobelins tués, la porte s’ouvrirait et révélerait un Portail de sortie.
Tandis que j’évaluais les environs…
« Ah… ! On est foutus ! Il a fallu qu’on tombe sur une carte en ligne droite ! »
Na Hyeji tapa du pied, l’air inquiet.
Une carte en ligne droite.
C’était la carte la moins appréciée de l’étage dix.
Comme le chemin était large et rectiligne, il était difficile de s’approcher des ennemis sans se faire repérer, et les endroits où esquiver les Boules de feu étaient rares.
Le champ de bataille était nettement à l’avantage des Chamans gobelins.
Mais avec moi, c’était différent.
« Pourquoi on serait foutus ? Je me disais justement qu’on avait de la chance. »
« …Tu trouves qu’on a de la chance ? C’est une carte en ligne droite. »
« Au moins, on n’aura pas à galérer pour trouver les monstres. Il suffira de suivre le chemin pour tuer les dix Chamans gobelins. »
Les cartes ouvertes étaient peut-être plus favorables au combat.
Mais j’avais entendu dire qu’on mettait beaucoup de temps à y trouver les monstres.
Les cartes étaient immenses et l’emplacement des monstres changeait à chaque fois qu’on entrait.
Il fallait parcourir la vaste carte dans tous les sens pour trouver les ennemis et les tuer.
Mais les cartes en ligne droite, c’était différent.
Il suffisait d’avancer pour tomber sur des monstres.
Pour quelqu’un comme moi, doté d’une puissance écrasante, il existait peu de champs de bataille aussi pratiques.
« Bon. En route. »
Pas à pas.
Hyeji et moi avançâmes lentement.
Combien de temps avions-nous marché ?
Après un peu plus de dix minutes, nous finîmes par trouver un ennemi.
Cinq Guerriers gobelins.
Ce furent les Guerriers gobelins que je remarquai en premier.
Ils étaient bien plus grands que les Gobelins ordinaires.
Derrière eux se tenait un Gobelin plus petit.
Il portait une cape de cuir qui lui tombait jusqu’aux pieds.
Un collier de dents d’animaux pendait à son cou. Il avait des tatouages grossiers et tenait un bâton de bois dans la main droite.
Un Chaman gobelin !
Un disciple de la même école que mon maître.
Autrement dit, mon oncle d’école !
Mon oncle d’école était juste là !
« Oncle ! Votre cadet, Baek Jiho, vous salue ! »
Tap tap tap !
Je courus joyeusement vers mon oncle.
Un sorcier ne devrait pas courir dans tous les sens et manquer de dignité…
Mais comment aurais-je pu garder contenance devant un aîné aussi vénérable ?
Un cadet devait se comporter comme tel. Quand on croisait un aîné, on accourait et on le saluait comme il se devait !
C’était la bienséance du monde martial !
Malheureusement,
des êtres mal élevés tentèrent de s’interposer et de gâcher mes retrouvailles avec mon oncle.
« Kérruk ? Kérruk ! »
« Kérrrruk ! Kérrrruk ! »
« Kiieeek ! »
Les gardes de mon oncle : les Guerriers gobelins.
Ils s’interposèrent entre un aîné et son cadet, gâchant leurs touchantes retrouvailles.
Impardonnable !
Comment osaient-ils gâcher ces émouvantes retrouvailles entre aîné et cadet ?
Boum ! Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
Je lançai des Balles d’air et leur perçai rapidement le front.
Leurs sourcils furent traversés de part en part, et les Guerriers gobelins s’effondrèrent dans une gerbe de sang et de cervelle.
Leurs épées tombèrent bruyamment au sol.
« K-Kérruk… ?! »
Mon oncle, qui venait d’empoigner son bâton et de commencer à préparer un sort, ouvrit de grands yeux.
Il semblait surpris de voir ses gardes tomber tous en même temps.
Tap !
Je m’arrêtai devant le Chaman gobelin et brandis mon bâton.
« Oncle ! Je vous en prie, transmettez vos enseignements à votre cadet ! Je veux apprendre de nouveaux sorts ! »
En bref, je demandais à mon oncle de m’enseigner autre chose que la Boule de feu.
Mon oncle étudiait la magie depuis plus longtemps que moi ; il devait connaître d’autres sorts, non ?
À ma demande, mon oncle…
« Kérrrruk ! Kérruk ! »
Mon oncle se mit à préparer un sort en disposant les Motes bleues.
Hummmmm…
La configuration changeante des Motes bleues.
Elle m’était familière.
Un cercle, un losange à l’intérieur, puis un autre cercle… Ce ne serait pas la configuration de la Boule de feu ?
C’était un sort que je connaissais déjà.
Et il était plutôt grossier, en plus.
« Apprenez-moi autre chose, mon oncle ! »
Je brandis machinalement mon bâton.
La configuration des Motes bleues manipulées par le Chaman gobelin se désagrégea.
Puis…
Fsssss…
Les Motes bleues se dispersèrent mollement avant que le sort soit terminé.
C’est alors que je compris.
Hein ? Ce ne serait pas une Dissipation ?
Une annulation de la magie.
Autrement dit, une Dissipation.
Dans les romans fantastiques, on disait que c’était possible quand la différence de niveau entre deux sorciers était écrasante.
Et à l’instant, j’avais démantelé le sort de mon oncle sans le moindre effort.
Ce qui signifiait que mes compétences avaient déjà dépassé celles de mon grand-oncle d’école, qui était pourtant un aîné éloigné de mon maître.
L’élève a dépassé le maître !
C’était bien ça.
En moins de deux semaines depuis que j’étais devenu un Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique,
j’avais déjà dépassé quelqu’un du même niveau que mon maître !
Maître, là-haut dans les cieux.
Vous me regardez ?
Votre disciple progressait à une vitesse folle.
Moi, le prodige montant de l’école, j’assumerais la responsabilité de son avenir.
« Kérruk, kérruk. Kérrrruk. (Bravo, Baek Jiho. Tu fais la fierté de notre école.) »
J’avais l’impression d’entendre la voix bienveillante de mon maître résonner dans ma tête.
Je baissai les yeux, puis regardai de nouveau devant moi.
« K-Kérruk… ? Kérruk ? Kérruk ? »
Le Chaman gobelin était peut-être décontenancé par l’interruption de son sort.
Il tâtonnait avec son bâton.
Je renouvelai ma demande.
« Allez, mon oncle ! Montrez-moi un autre sort ! Je veux apprendre de la nouvelle magie ! »
« Kérruk… ? Kérruk ? Kérrrruk ??? »
Pas à pas,
le Chaman gobelin recula prudemment, les yeux emplis de peur.
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