Chapitre 171
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 171
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Ça peut sembler étrange d’en parler maintenant, mais…
Je n’avais jamais pris l’avion.
Vingt-sept ans à être fauché.
Je n’étais même jamais parti à l’étranger, contrairement à tous ceux qui semblaient le faire.
Je n’avais jamais ne serait-ce qu’obtenu un passeport.
Voilà qui j’étais : Baek Jiho, un pauvre type fauché à cent pour cent, né et élevé dans la misère.
Et maintenant, je prenais l’avion pour la première fois de ma vie !
Quelle sensation !
Je n’avais même jamais pris une compagnie aérienne à bas prix.
Qui aurait cru que mon premier vol serait à bord de l’avion présidentiel… !
J’étais au deuxième niveau de l’avion présidentiel.
Dans la section réservée à l’entourage officiel.
« Oooh… ! »
Qu’est-ce que c’était moelleux.
Je n’arrêtais pas d’enfoncer les mains dans l’immense siège en cuir.
L’espace pour les jambes n’avait rien à voir avec celui de la classe économique, et le cuir était de première qualité !
Ensuite, je passai la tête dans la salle de conférence et la chambre, plus loin à l’intérieur.
Un avion qui volait dans le ciel…
Il avait des lits et une douche ?
Même le steak et les rafraîchissements qu’on nous servait étaient excellents.
J’étais impressionné.
« Waouh. On se croirait dans un hôtel ! Alors c’est là que passent mes impôts… ! Pour une fois, ça valait le coup de les payer ! »
« Jiho. Nous sommes des chasseurs sous contrat. Nous ne payons pas d’impôts au gouvernement. »
« Avant de devenir chasseur, j’ai payé consciencieusement mes impôts quand je travaillais à la supérette ! Mes impôts ont bien dû financer au moins un de ces accoudoirs, non ? Ouah, mais regarde ça, Na Hyeji ! Le siège se transforme en lit ! C’est pas incroyable ? »
« Eh bien… je crois que les sièges des autres avions faisaient ça aussi… L’avion présidentiel n’est pas si différent, à mon avis… »
« Na Hyeji. Tu as toujours voyagé en première classe ou quoi ? »
Apparemment, Na Hyeji, qui était probablement née riche, ne trouvait pas l’avion présidentiel si impressionnant.
Enfin, quand même. Le siège se transformait en lit.
Comment pouvait-elle ne pas être émerveillée ?
Bref !
Après cette découverte de l’avion présidentiel, une envie me prit tout à coup.
Avoir mon propre jet privé.
Je posai la question à Na Hyeji, qui connaissait tout ce qu’il y avait à savoir sur l’argent.
« Na Hyeji, espèce de sale Juive. Tu sais combien coûte un avion comme ça ? »
« Avec l’appareil et les modifications, probablement plusieurs centaines de milliards de won ? J’ai lu un rapport sur l’industrie aérienne, une fois. Mais pourquoi tu m’appelles tout le temps “Juive”… ? »
« Plusieurs centaines de milliards, hein ? C’est moins cher que je ne pensais ! Il faudra que j’en prenne un pour notre Groupe de la Difficulté Extrême Lunatique, un de ces jours ! »
Je venais d’empocher cent millions de points, soit un billion de won, en un seul versement.
Un avion qui coûtait quelques centaines de milliards ?
Si j’en avais envie, je pouvais payer le tout d’un seul coup !
Alors que je regardais partout autour de moi en m’extasiant sur tout…
« Hé, Baek Jiho. Arrête de te comporter comme un plouc. »
Choi Yejin me lança ça depuis le siège en face, le visage tordu par une grimace de dégoût.
« Tu es obligé de montrer aussi clairement que tu n’as jamais pris l’avion ? Rien que de te regarder, j’ai honte. »
« Allons, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse, c’est vraiment la première fois. La première fois, c’est toujours excitant. »
« La première fois… ? Me fais pas de harcèlement sexuel, espèce de connard. »
« ? »
« Jiho. Assieds-toi, s’il te plaît. Les hôtesses te surveillent nerveusement depuis un moment… »
« Mais c’est trop cool. Qu’est-ce que j’y peux ? »
« Jiho, s’il te plaît… »
Yejin me passa un savon.
À côté de moi, Na Hyeji renchérit avec un profond soupir.
Franchement, ces pauvres types n’avaient aucun sens de l’émerveillement.
Comment ne pas apprécier le charme d’un hôtel volant ?
Je claquai la langue et regagnai mon siège.
Puis je pris mon téléphone pour aller faire un tour sur le Forum des chasseurs.
C’est alors que…
Froufrou.
Quelque chose remua dans le sac de Na Hyeji, à côté de moi.
« Iing… »
Le petit cri étouffé de Iing Iing.
Une minuscule lueur arc-en-ciel filtrait par l’ouverture de la fermeture éclair.
Je fronçai les sourcils en regardant le sac de Na Hyeji.
C’était un sac à main de créateur, qui coûtait une fortune.
Malgré tout ce que je lui avais dit la dernière fois, elle avait encore pris un sac à main au lieu d’un sac à dos !
Je me tournai vers elle.
« Na Hyeji. Encore un sac à main ? Pas de sac à dos ? »
« Hein ? Ah, ça ? Eh bien… comme on m’a dit que c’était un événement officiel, je voulais qu’il aille avec ma tenue… Mais j’en ai pris un plus grand que le dernier, cette fois… »
« Ça reste un sac à main, même s’il est plus spacieux ! Le vol dure quatorze heures entières ! Tu comptes garder notre adorable petite Iing Iing enfermée là-dedans tout ce temps ?! »
« Iing ! Iing ! »
Le sac bascula d’un côté puis de l’autre, comme si elle était tout à fait d’accord.
Avec le président, les fonctionnaires et les hôtesses dans l’avion, Iing Iing s’était cachée à l’intérieur.
Elle ne pouvait sortir qu’à la maison. Dès qu’il y avait des inconnus, elle devait se planquer dans un sac comme celui-là.
Quelle vie étouffante.
En observant le sac qui remuait, je me souvins soudain de quelque chose.
« Maintenant que j’y pense, j’avais promis de rendre sa liberté à Iing Iing. »
Le jour où j’avais atterri dans la province chinoise du Shandong.
À l’époque, j’avais fait une promesse à Iing Iing.
Quand j’aurais dépassé le cinquantième étage des Étages supérieurs.
Quand Na Hyeji et moi serions assez forts pour que les autres pays cessent de tenter des trucs idiots.
Je révélerais fièrement l’existence de Iing Iing la fée.
Et je la laisserais se promener librement dans le monde réel, sans qu’elle ait à se cacher de qui que ce soit.
« Et maintenant, j’ai dépassé le cinquantième étage. »
J’avais massacré et réduit en miettes le Dragon ancien, le boss du cinquantième étage.
J’étais désormais le premier être humain de l’histoire à atteindre le cinquante et unième étage.
Et il n’y avait pas que le Dragon ancien.
J’avais écrasé l’armée de ces connards de Chinois.
J’avais fait sauter la barrière de Pékin.
J’avais gagné cent millions de points en une seule journée et j’étais devenu le numéro un mondial.
Autrement dit…
J’avais déjà rempli les conditions de ma promesse, et même largement dépassé le compte !
Je me tournai vers Na Hyeji.
« Na Hyeji. Laisse sortir Iing Iing. »
« Pardon ? »
Ses yeux s’agrandirent.
« Ici ? Mais le président et les autres fonctionnaires sont là. Tout le monde va la voir… »
« Et alors ? »
« Comment ça, et alors… ? Ils vont découvrir l’existence de Iing Iing. Tu m’avais dit que les autres pays pourraient me prendre pour cible s’ils apprenaient que j’étais la seule Mage féerique, alors qu’il valait mieux la garder cachée. C’est ce que tu m’avais dit… »
C’était pour ça que nous avions caché l’existence de Iing Iing jusqu’ici.
À l’époque, je n’étais qu’un pauvre type des Étages intermédiaires.
Et Na Hyeji, qui n’était qu’une grimpeuse de rang facile, n’était pas capable de se protéger.
Nous avions donc dissimulé l’existence de Iing Iing.
Mais les choses avaient changé.
Je ricanai et haussai les épaules.
« Qui va s’en prendre à une fée qui se tient à côté du numéro un mondial ? Moi, en tout cas, je ne vois pas. »
« … »
« Ceux qui essaieront se prendront une salve d’artillerie magique ! Ça devrait les calmer ! Et puis, toi aussi, tu es maintenant une chasseuse du cinquante et unième étage des Étages supérieurs, Na Hyeji. Tu vas la cacher encore combien de temps ? »
Na Hyeji cligna des yeux un instant.
En face de nous, Choi Yejin croisa les bras et intervint d’un ton détaché.
« Il n’a pas tort. Tant que tu restes avec ce dingue, personne ne va s’en prendre à toi. Ni les connards de Chinois, ni les Russes. Franchement, c’est un peu triste de devoir la fourrer dans un sac à chaque fois. »
« Iing… ! »
Par l’ouverture de la fermeture éclair, les yeux scintillants de Iing Iing apparurent.
Ils brillaient d’espoir.
En voyant son regard, Na Hyeji réfléchit un instant.
Puis elle lui demanda doucement :
« …Iing Iing. Tu veux sortir ? »
« Iing !!! Iing iing iing !!! »
La réponse arriva en 0,1 seconde.
Elle devait être terriblement à l’étroit dans ce petit sac.
Non, elle devait surtout être impatiente de ne plus avoir à se cacher.
Na Hyeji sourit légèrement et saisit la fermeture éclair.
« D’accord, Iing Iing. Ça a dû être dur de rester coincée là-dedans, pas vrai ? Alors, maintenant… »
« Attends ! »
Je retins la main de Na Hyeji juste au moment où elle allait ouvrir la fermeture éclair.
Elle me regarda, perplexe.
Je baissai la voix.
« La faire sortir comme ça, ça ne fera aucun effet. C’est l’arme secrète du numéro un mondial des chasseurs. Il faut une petite cérémonie pour la dévoiler. »
« …Qu’est-ce que tu prépares encore ? »
Au lieu de répondre, je bondis sur mes pieds.
Puis je criai :
« Très bien, tout le monde, regardez par ici ! Attention ! Chuumoku ! La cérémonie de dévoilement de l’arme secrète de la Difficulté Extrême Lunatique va commencer ! »
Mon cri retentissant attira l’attention des hauts fonctionnaires assis vers l’avant.
Même le président Jang Daehan, qui discutait avec eux, se tourna vers nous.
Toute l’attention était braquée sur nous en un instant.
« Chasseur Baek Jiho ? Une arme secrète ? Qu’est-ce que vous… »
Le président Jang Daehan s’approcha, perplexe, la tête penchée sur le côté.
« Iing Iing. C’est l’heure de tes débuts mondains de fée ! »
« Iing ! »
Ziiip.
Na Hyeji ouvrit le sac.
Pororororong !!!
Une lueur arc-en-ciel jaillit du sac et s’éleva dans les airs.
Iing Iing, une minuscule fille adorable aux couleurs de l’arc-en-ciel, fit un tour sur elle-même dans les airs.
Puis elle se posa tout doucement sur ma tête.
« Iing !!! »
Les mains sur les hanches, elle bomba le torse.
Une pose fière, pleine d’assurance.
Et puis…
« … »
« … »
« … »
Le silence tomba dans la cabine.
Le président, le chef d’état-major et tous ceux qui avaient des titres comme ministre ou vice-ministre…
Ils fixaient tous le sommet de ma tête, bouche bée !
Héhé. C’était exactement la réaction que j’espérais.
La beauté de notre adorable petite Iing Iing les avait laissés sans voix !
Le président Jang Daehan, qui fixait toujours ma tête d’un air absent, cligna des yeux plusieurs fois.
Puis il demanda avec prudence :
« …Chasseur Baek Jiho ? Qu’est-ce que… c’est ? »
« Iing Iing. »
« Non. Je veux dire, qu’est-elle exactement… ? »
« Ahhh… Vous ne savez pas ? Cette enfant s’appelle Iing Iing. Elle est la seule conscience et le seul espoir de notre groupe de Difficulté Extrême Lunatique. Iing Iing la fée. »
« Iing Iing ? Ne me dites pas que c’est celle de cette publication sur le Forum des chasseurs… »
« Attendez, cette publication complètement folle était vraie ? Les fées existent vraiment ? Ce n’était pas un mensonge ?! »
« Mais qu’est-ce qui se passe… ?! »
Les ministres, les vice-ministres et les gardes du corps se mirent à chuchoter entre eux.
Apparemment, la révélation soudaine de la fée les avait déconcertés.
Quoi qu’il en soit, je dis ce qu’il fallait dire.
« Notre Iing Iing est incroyablement adorable, hein ? »
« Iing ! »
Les gens étaient déconcertés.
Iing Iing, elle, faisait étalage de ses charmes de fée.
Au milieu du vacarme dans la cabine, une idée me vint.
« Ah, au fait. On ne peut pas laisser le Forum des chasseurs de côté pour les débuts mondains de Iing Iing ! Iing Iing. Prends une pose incroyablement adorable, les pouces levés ! »
« Iing ? Iing ! »
Iing Iing acquiesça.
Puis elle se posa sur ma main et leva le pouce.
La pose du hérisson aux pouces levés !!!
Clic !
Je pris aussitôt une photo.
Puis je rédigeai rapidement une publication.
[Titre de la publication : Iing Iing, membre de notre groupe, dévoilée !]
[Auteur : Point bleu]
(Photo de Iing Iing assise dans une paume, le pouce levé.)
Félicitations !
Iing Iing au pouce levé vous a porté chance.
Laissez un commentaire disant : « Merci, Iing Iing au pouce levé »
et tous les membres de votre famille, vous compris, jouiront d’une bonne santé,
et tout ce que vous entreprendrez se passera bien.
└ Merci, Iing Iing au pouce levé.
└ Merci, Iing Iing au pouce levé. Mais c’est quoi, cette photo ? On dirait une figurine trop mignonne. Tu as ajouté des effets arc-en-ciel ?
└ On dirait qu’il y a un avion derrière. Tu pars pour Londres ?
└ Encore une photo bizarre aujourd’hui.
└ On a Internet dans les avions ?
└└ Elon Mengsk déploie Starlinked à toute vitesse. Le Wi-Fi dans les avions marche très bien, maintenant.
└ Cette figurine est putain de bien faite. Le personnage vient de quel anime ?
└ Ici FFF Daily. Nous attendons à Londres. Pourriez-vous nous accorder une interview pendant la séance principale de demain ?
└ Merci, Iing Iing au pouce levé !
…
Les commentaires affluèrent en quelques secondes.
Comme on pouvait s’y attendre de ces pauvres types aveugles, les ratés du Forum prenaient notre Iing Iing pour une figurine.
Enfin.
Notre Iing Iing était d’une mignonnerie irréelle !
« Merci, Iing Iing au pouce levé ! »
« Iing !!! »
« Jiho. C’est quoi, cette Iing Iing au pouce levé, maintenant… ? Enfin, peu importe. Tu as décidé de la révéler, et la première chose que tu as faite après, c’est publier sur le Forum des chasseurs ? »
« C’est tout moi. »
Porororong !
Libérée du sac, Iing Iing semblait d’excellente humeur.
Elle vola jusqu’au plafond de la cabine et flotta dans les airs en répandant une poussière arc-en-ciel.
Les fonctionnaires contemplaient ce spectacle mystérieux et féerique avec émerveillement.
C’est ainsi que, dans le bruit et l’agitation, notre long vol de quatorze heures prit fin.
Une ville apparut au loin, derrière le hublot.
Une ville sombre sous un ciel chargé de nuages, bâtie autour des méandres de la Tamise.
La capitale du pays qu’on peut accuser dès qu’il arrive un truc bizarre dans l’histoire du monde — et qu’on a généralement raison !
« Enfin. On est arrivés à Londres, en Grande-Bretagne de merde… ! »
Le théâtre des débuts mondiaux du Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique et de la fée.
Londres.
* * *
Aéroport international d’Heathrow, Londres.
Notre délégation descendit de l’avion et pénétra dans la zone réservée aux VIP.
Elle avait été aménagée pour les invités étrangers venus assister à la Convention de Londres.
La sécurité était donc si stricte ?
Il n’y avait pas un seul journaliste ni un seul touriste près de la piste.
Comme tant de hauts responsables de différents pays se réunissaient à Londres, ils avaient apparemment sécurisé la zone bien à l’avance.
Bien sûr, les lieux n’étaient pas complètement déserts.
De l’autre côté de la piste se trouvait un avion frappé du drapeau américain, arrivé à peu près en même temps que le nôtre.
La délégation américaine, avec Donald Torumph et David, en descendait justement.
« Jiho ! Mon ami ! »
Dès que je descendis de l’avion, Torumph ouvrit grand les bras, sa chevelure épaisse ondulant au vent.
« Félicitations, Jiho ! Tu as enfin dépassé le cinquantième étage ! Bravo ! Formidable ! Grâce à toi, la Corée est de nouveau formidable ! »
« C’est tout moi. »
« Plus j’y pense, plus je regrette de t’avoir perdu. Tu envisagerais de venir en Amérique, même maintenant ? Je pourrais te réunir toute une légion de beautés en bikini ! »
« Changement de nationalité. Ça n’arrivera pas. »
« Quel dommage… ! »
Après avoir chaleureusement salué Torumph, j’allai droit au but.
« Plus important, monsieur Torumph. Vous voulez voir un truc putain de génial pour fêter ma réussite au cinquantième étage ? »
« Un truc putain de génial ? Qu’est-ce que c’est ? »
À côté de moi, Na Hyeji marmonna : « Et c’est reparti… »
Je l’ignorai complètement.
Un instant plus tard, Iing Iing surgit de derrière mon épaule.
Porororong !
Une poussière arc-en-ciel se dispersa dans l’air du soir londonien.
« Iing ! »
Iing Iing fit un tour sur elle-même dans les airs et prit la pose.
« …Une fée ?! »
Torumph se figea, bouche bée.
Et après ça…
Ce fut vraiment le spectacle d’une fée en solo, avec Iing Iing en vedette.
Le responsable du protocole de la Convention de Londres, qui nous accueillait à la sortie de l’aéroport…
« Iing ! »
« …Qu’est-ce que je viens de voir ?! »
Laissa tomber le bouquet de bienvenue qu’il tenait.
Dans la limousine qui nous conduisait à l’hôtel, le chauffeur ne cessait de jeter des coups d’œil à Iing Iing dans le rétroviseur.
« …Excusez-moi. Pour être sûr, vous n’utilisez pas un artefact d’illusion ou quelque chose du genre ? »
« Notre Iing Iing est incroyablement adorable, pas vrai ? »
« Non, mais qu’est-ce que… »
Il fixait la scène d’un air absent et ne remarqua pas que le feu était passé au vert. Les voitures derrière nous se mirent à klaxonner toutes ensemble.
À l’entrée de l’hôtel, le portier qui nous ouvrit la porte…
Pororong.
« Iing ! »
Leva les yeux vers Iing Iing qui tournoyait au-dessus de sa tête et laissa tomber son chapeau.
Et pendant que nous traversions le hall en direction des ascenseurs, les membres du protocole de l’hôtel et les accompagnateurs des délégations étrangères sortirent leur téléphone.
« Qu’est-ce que c’est ?! Une fée… ? »
« Une fée ? Allez, voyons. On n’est pas dans un conte de fées… »
« C’est un nouveau genre de drone ?! »
Clic ! Clic !
D’innombrables appareils photo se braquèrent sur Iing Iing, qui flottait dans les airs !
Chaque fois, elle agitait un doigt d’un air sévère.
« Iing. Iing. »
« Na Hyeji. Qu’est-ce qu’elle a dit, Iing Iing ? »
« “Les photos, c’est non”, apparemment. »
« Oh, cette petite sait faire la dure ? Même moi, je n’ai pas encore pu sortir cette réplique… ! »
Bref.
À en juger par les réactions et toute l’attention qu’elle suscitait…
Les débuts mondains de la fée étaient un énorme succès !
Marchant à côté de moi, Na Hyeji marmonna, anxieuse :
« Jiho… J’ai l’impression qu’on est dans une sorte de défilé… »
« On est dans un défilé. »
« Putain, je meurs de honte. »
« Qu’est-ce que tu as honte de quoi ? Tout le monde ne s’intéresse qu’à Iing Iing qui flotte là-haut. Ils ne nous regardent même pas. C’est presque vexant… ! »
« Vexant, mon cul. »
Na Hyeji se ratatina sur elle-même.
Choi Yejin jura.
Je les ignorai.
Ces pauvres types n’avaient aucun sens de l’émerveillement !
Iing Iing pouvait enfin voler librement, et au lieu de s’en réjouir pour elle…
Elles se tassaient sur elles-mêmes parce qu’elles ne supportaient pas que les gens les regardent !
Pathétique !
Voilà comment se déroula notre arrivée chaotique à Londres.
Quand nous arrivâmes à notre chambre d’hôtel, il était dix heures du soir.
Le paysage nocturne de Londres s’étendait au-delà de la fenêtre.
Des lumières bordaient la Tamise.
Une immense grande roue et une tour d’horloge brillaient au loin.
« Iing… ! »
Iing Iing était collée à la fenêtre, le visage plaqué contre la vitre, à regarder dehors.
Le paysage était très différent de Séoul, et elle semblait curieuse.
Je m’approchai.
Clac.
J’ouvris grand la fenêtre.
La fraîche brise nocturne de Londres s’engouffra dans la pièce.
« Iing Iing. »
« Iing ? »
« Tu veux aller jouer dehors, pas vrai ? Ça va. Tu n’as plus à t’inquiéter que les gens te regardent. Allez, sors et amuse-toi. »
« Iing… ? »
Iing Iing cligna des yeux.
Puis…
« Iing !!! »
Porororong !!!
Une traînée de lumière arc-en-ciel jaillit par la fenêtre.
Dans le ciel nocturne de Londres, une minuscule fée arc-en-ciel s’éleva.
Plus haut.
Encore plus haut.
Elle fit le tour du sommet de la tour d’horloge.
Frôla la Tamise.
Se faufila d’un côté puis de l’autre de la grande roue.
Iing Iing se mit à voler de joie.
J’entendis les passants murmurer dans les rues en contrebas.
« C’est quoi, ça ?! »
« Il y a une sorte de lumière qui file dans tous les sens dans le ciel… »
« Des extraterrestres ! C’est des extraterrestres ! Ils ont envoyé un petit ovni pour nous conquérir ! »
« Aaaaaaah !!! »
Les Londoniens la regardaient, choqués et perplexes.
Iing Iing filait dans le ciel sans se soucier de leurs regards.
En observant ses acrobaties par la fenêtre, j’acquiesçai.
« Iing Iing s’amuse bien. »
Elle avait toujours dû se cacher des autres.
Mais maintenant, elle pouvait parcourir fièrement le ciel à découvert.
« Iiiing !!! »
Au loin, Iing Iing nous fit signe.
Sa lueur arc-en-ciel semblait particulièrement vive, ce soir.
Les enfants devraient pouvoir courir partout, pleins d’énergie et de joie !
Absolument !
* * *
Au même instant.
Dans un centre de commandement souterrain, quelque part en Chine.
Un officier d’état-major entra dans le bureau du commandant avec un rapport.
« Commandant. Voici des photographies prises à l’instant dans la zone d’opérations, ainsi que des données d’observation satellite. »
L’officier lui tendit les documents.
Le commandant âgé les prit et les parcourut.
On y voyait une traînée arc-en-ciel traverser le ciel nocturne de Londres.
Il y avait aussi des images satellites de reconnaissance de la même zone.
Cette lueur aux couleurs de l’arc-en-ciel.
C’était une lumière que le commandant ne pourrait jamais oublier.
Après tout…
Lors de la bataille dans la province du Shandong, le commandant l’avait vue à maintes reprises sur les images satellites.
En parcourant les documents, le vieux commandant marmonna à voix basse :
« …Une fée ? »
Notes de bas de page :
« Chuumoku » signifie « attention » en japonais.
Le hérisson aux pouces levés est un mème coréen porte-bonheur. Son message promet santé et réussite à tous ceux qui commentent : « Merci, hérisson aux pouces levés. » Jiho le reproduit avec Iing Iing.
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