Chapitre 170
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 170
──────
Le lendemain matin, je me réveillai en fronçant les sourcils.
Je sentais quelque chose de familier contre ma joue.
« … Encore ? »
Je tendis la main et récupérai l’objet collé à ma joue.
Une boule rouge de la taille de mon poing.
C’était la boule de cristal que j’avais rapportée de l’étage 49.
Je me redressai et regardai mon bureau.
Le support que j’avais fabriqué à la va-vite avec un carton la veille était aplati.
Je marmonnai dans ma barbe :
« Pourquoi ça me dit quelque chose ? »
J’étais presque sûr que ça m’était déjà arrivé.
J’étais certain de l’avoir laissée sur mon bureau avant de me coucher, et pourtant, au réveil, elle se retrouvait à côté de ma joue.
Et son support finissait toujours cassé.
Pourquoi aucune de ces boules de cristal ne pouvait-elle rester en place ?
Je fis tourner la boule de cristal entre mes mains.
Bien qu’elle soit tombée du bureau et ait roulé jusqu’à mon lit, sa surface était lisse et intacte.
Elle avait un poids agréable, une surface brillante et une belle lueur qui se diffusait en son cœur.
Et…
« Pourquoi elle est aussi chaude, au fait ? »
Elle était carrément brûlante.
Pas le genre de chaleur qu’elle aurait pu emmagasiner en passant un peu de temps sous les couvertures.
La boule de cristal dégageait de la chaleur !
Quand je l’enveloppai de mes paumes, la chaleur se répandit dans mes mains, refroidies pendant la nuit.
Hum.
Maintenant que j’y pensais…
« Ce serait pas parfait comme chaufferette ? »
Exactement.
Le temps s’était bien rafraîchi ces derniers temps.
L’été s’était éclipsé et l’automne était arrivé pour de bon.
Par un temps pareil, une boule de cristal bien chaude me permettrait de me réchauffer les mains rien qu’en la touchant de temps en temps !
Je hochai la tête, satisfait.
« À partir de maintenant, tu t’appelleras Réchauffette. »
J’allais la trimballer quelque temps comme chaufferette.
Après m’être lavé et habillé, je me mis à préparer le petit-déjeuner.
« Sluuuuuuuurp !!! »
« Jiho… Tu le fais exprès, pas vrai ? »
« Grande sœur. Encore un bol ! »
« … D’accord. »
Tout en mangeant mon riz mélangé à la soupe au doenjang de ma sœur, je consultai les nouvelles.
Un tas d’articles avaient été publiés pendant la nuit.
[Point bleu, premier au monde à terminer l’étage 50. Naissance d’un « grimpeur de l’étage 51 »]
[Cent millions de points en un jour… l’équivalent d’un billion de won. « Des gains sans précédent dans l’histoire de l’humanité »]
[Ministère de l’Économie et des Finances : « Nous envisageons un budget supplémentaire pour convertir les points de Point bleu en argent »]
[Fête nocturne sur la place Gwanghwamun… Des dizaines de milliers de personnes acclament le « 51 » illuminé]
[Le président américain Torumph félicite Point bleu : « Un ami formidable. À bientôt à Londres »]
[La réunion ordinaire de la Convention de Londres s’ouvre aujourd’hui… Les dirigeants du monde entier arrivent à Londres]
[La pétition pour « ériger une statue du Grand Point bleu » dépasse les cent mille signatures en une nuit]
…
« Héhé. »
En parcourant les nouvelles, je ne pouvais m’empêcher de sourire.
Numéro un mondial.
Un billion de won.
Une fête toute la nuit et même une pétition pour une statue.
Tout le pays.
Non, le monde entier.
Tout le monde me couvrait d’éloges !
J’avais sauvé la Corée, le royaume, puis j’étais devenu le grimpeur numéro un au monde.
À présent, tout le monde célébrait mes exploits !
Mon besoin de me vanter était comblé au-delà de mes espérances !
Je marmonnai tout bas :
« Toute la Corée me chante des louanges. On dirait qu’hier encore, je bossais dans une supérette et qu’on me volait une partie du salaire minimum… Quelle drôle de sensation. »
Une vague d’émotion me submergea.
C’était vrai…
Ma vie avait changé depuis que j’étais devenu un chasseur de Difficulté Extrême Lunatique.
Au lycée, je n’arrivais même pas à regarder les brutes dans les yeux.
Je jetais mes déchets n’importe où et je crachais par terre à tout bout de champ.
Mais depuis que j’étais devenu un chasseur DEL, je m’efforçais de garder ma dignité.
Il y a quelques jours à peine, j’avais appris que la Corée allait disparaître ; j’avais alors gagné des points pour la sauver.
À l’école, je n’osais même pas regarder un autre loser dans les yeux, encore moins une brute. Maintenant, je faisais exploser des monstres avec de puissants sorts. Ka-boum ! Ka-boum !
Je pouvais même regarder un dragon dans les yeux, à l’intérieur de la Tour.
Peu importe à quel point quelque chose me faisait chier, je pouvais rester seul sous la douche et me demander : « Qui suis-je ? »
« Le chasseur de Difficulté Extrême Lunatique. »
Ensuite, je souriais et je me sentais mieux.
C’était sans doute pour ça qu’on disait que la fonction faisait l’homme.
À cet instant, ma sœur prit la parole.
« Jiho. À quoi tu penses pour sourire comme ça ? »
« Je fais le point sur moi-même. »
« … Sur ta soupe au doenjang ? »
« On peut grandir à tout moment. »
« Bon sang. Mange, plutôt. Ton riz va ramollir. »
Dans un soupir, elle posa une assiette de kimchi devant moi.
Puis, comme si elle venait de se rappeler quelque chose, elle reprit à voix basse :
« Jiho. Tu as vu les nouvelles ? »
« Celles qui me couvrent d’éloges ? Bien sûr ! Tu sais bien que je cherche mon nom tous les matins. »
« Non, pas ça. Tu sais, ces rumeurs bizarres qui courent depuis quelque temps ? À propos de monstres qui apparaîtraient dans le monde réel. »
Ma sœur jeta un regard inquiet vers la télé.
Je baissai les yeux vers mon téléphone.
Parmi tous les articles qui me couvraient d’éloges, il y avait bel et bien des titres de ce genre.
[Des vidéos de « monstres hors de la Tour » circulent sur les réseaux sociaux… Le débat s’intensifie : images authentiques ou truquées ?]
[Le gouvernement : « Les faits sont encore en cours de vérification… La population est priée de garder son calme »]
[De nouvelles vidéos similaires apparaissent à l’étranger… L’inquiétude grandit]
C’était ce que j’avais vu la veille au soir sur le forum de l’Équipe de raid.
Des rumeurs sur des monstres apparus dans le monde réel.
Des histoires pareilles circulaient en ligne de temps à autre depuis un moment…
Mais maintenant, elles faisaient la une.
J’appuyai sur une vidéo jointe à l’un des articles.
— Ratatatatatatat !
— « Contact ! Contact devant ! Des Orcs ! »
— « Putain ! Descendez-les ! »
— « Ils se barrent ! Il nous faut un appui aérien rapproché, maintenant ! »
— Ka-bouuuum !
La vidéo montrait des soldats affrontant des dizaines de monstres.
Un groupe d’Orcs était apparu dans une forêt dense.
En face d’eux se trouvaient des soldats américains.
Les soldats ouvrirent le feu.
Alors que les Orcs fuyaient le long d’une falaise, un hélicoptère d’attaque les bombarda de missiles.
Hum, c’était pas un AH-64E Apache Guardian ?
Ça faisait plaisir de voir un hélicoptère d’attaque comme moi, un Apache, en action !
« En matière d’hélicoptères d’attaque, rien ne vaut un Apache ! »
« Jiho… C’est vrai ? Des monstres apparaissent vraiment dans le monde réel ? Tu es un chasseur, tu dois savoir. Ce sont vraiment des monstres de la Tour ? »
« Hum. »
Je repassai la vidéo.
Des muscles saillants, une peau verte, des haches grossières.
Ils ressemblaient exactement aux Orcs que j’avais massacrés jusqu’à en avoir la nausée dans la Tour.
Je hochai la tête.
« Ouais. Ça a l’air vrai, non ? Ils ressemblent trait pour trait aux Orcs des étages dix à dix-neuf. »
« … Alors, qu’est-ce qu’on va faire ? »
« À ton avis ? »
Slurp.
J’avalai une cuillerée de soupe au doenjang, refroidie à la température idéale, puis répondis à voix basse :
« Si des monstres débarquent dans le monde réel, je les tuerai, c’est tout. Ton petit frère est numéro un mondial. Des Orcs ? Je les descendrai aussi facilement que cette soupe au doenjang refroidie ! »
« … Quel rapport ? »
Ma sœur laissa échapper un petit rire.
Peut-être que mes fanfaronnades pleines d’assurance avaient fait leur effet.
Son visage semblait un peu moins tendu qu’avant.
« Enfin… Ne fais pas de bêtises à Londres, aujourd’hui. »
« Ouais. »
« Et ne frappe personne juste parce qu’on te cherche. Essaie aussi de limiter tes remarques bizarres. Il y aura des gens du monde entier, alors tiens-toi bien… »
« C’est parce que je suis numéro un mondial ? Cette soupe au doenjang est encore meilleure aujourd’hui ! »
« … Tu m’écoutes ? »
« Il reste du riz ? »
« Oh, franchement… »
Ma sœur poussa un profond soupir.
Je lui tendis mon bol de soupe.
Ce fut encore une matinée paisible.
* * *
Après le petit-déjeuner, il était temps d’encaisser mes points.
Mme Han Seonga vint chez nous.
« Bonjour, chasseur Baek Jiho. »
« Bienvenue, madame Seonga. Aujourd’hui, j’ai apporté du lourd. »
« Oui. J’ai vu votre publication. Félicitations pour avoir terminé l’étage 50. »
« Je vais les transférer tout de suite. »
Tout sourire, je tendis la main vers la boule de cristal.
C’était la boule de cristal pour le transfert des points que Mme Seonga avait apportée.
Dès que je posai la main sur cet objet familier, une notification apparut, comme d’habitude.
[Veuillez indiquer le nombre de points à transférer à la République de Corée.]
« La totalité. »
[Transfert de 100,000,000 points à la République de Corée.]
Cent millions de points furent versés à la République de Corée.
Je jetai un coup d’œil au visage de Mme Seonga.
Et voilà.
Ses cils tremblaient.
Telle était la puissance de cent millions de points.
Ils pouvaient même faire trembler les cils de Han Seonga !
Elle prit la parole à voix basse :
« Chasseur Baek Jiho, je vous confirme la réception des cent millions de points. Un billion de won sera versé sur le compte que vous avez désigné. La République de Corée n’oubliera pas votre dévouement. »
« Vous avez le budget pour ça ? »
« … Un projet de budget supplémentaire d’urgence a été adopté hier. Le versement se fera sans problème. Cependant, quelques démarches administratives sont nécessaires, il pourrait donc prendre quelques jours de retard… »
« Prenez votre temps. Je ne suis pas pressé. »
« Merci de votre compréhension. »
Mme Seonga s’inclina à quatre-vingt-dix degrés.
Peut-être grâce aux cent millions de points, mais sa révérence était encore plus profonde que d’habitude.
Je hochai la tête, satisfait.
Puis je repensai aux nouvelles que j’avais vues le matin même.
« Ah, au fait, madame Seonga. »
« Oui ? »
« J’ai vu quelque chose aux infos. À propos des monstres qui apparaissent dans le monde réel. C’est vrai ? »
Son visage se figea aussitôt.
L’expression, qui s’était illuminée quelques instants plus tôt à la réception des cent millions de points, se durcit de nouveau.
Bon, ça répondait plus ou moins à ma question.
Elle répondit à voix basse :
« … Oui. C’est vrai. »
« Ah. Vraiment ? »
« Des monstres ont été confirmés dans l’ancien territoire nord-coréen. Nous ne savons pas si toutes les vidéos et photographies qui circulent en ligne sont authentiques… Mais des monstres ont bel et bien été découverts dans le monde réel. »
Eh bien, eh bien.
Alors, ce n’était pas qu’une rumeur farfelue ?
J’inclinai la tête.
« Pourquoi ils apparaissent ? Qu’est-ce que des choses qui devraient rester dans la Tour viennent faire dehors ? »
« La cause fait encore l’objet d’une enquête. Nous ne pouvons pas encore dire si cela est dû à un artefact particulier ou si un autre problème est survenu. »
« Hum. »
Cause inconnue.
C’était peut-être un artefact, d’une manière ou d’une autre.
Ou alors, autre chose était en train de se produire ?
Apparemment, même le Service national de renseignement n’en savait pas grand-chose pour l’instant.
« Vous les tuez, quand même ? »
« Oui. Les forces spéciales de l’armée et l’unité d’opérations spéciales des chasseurs ont été déployées. Des chasseurs civils qui ont accepté de coopérer participent également aux opérations. Les opérations de recherche et d’élimination sont en cours dans la région du nord. »
« C’est donc pour ça que des gens de l’Équipe de raid ont été contactés. »
Je me rappelai les messages que j’avais vus la veille au soir.
Des gens disaient que le Service national de renseignement les avait contactés ou leur avait demandé d’aider la Force opérationnelle spéciale.
Ce n’était pas de simples racontars. Ça se passait vraiment.
Alors Mme Seonga me regarda droit dans les yeux et reprit :
« Chasseur Baek Jiho, les détails de l’opération sont toujours classifiés. Veuillez ne pas divulguer ce que je viens de vous dire. »
« Vous voulez dire : ne rien publier sur le Forum des chasseurs ? »
« … Oui. »
« Ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas un délateur qui balance des informations classifiées. Vous croyez vraiment que je publierais ça sur le Forum des chasseurs ? »
« … Oui. Je vous fais confiance. »
« Allons, madame Seonga. Pourquoi vous me regardez comme ça ?! »
Pourquoi continuait-elle à me regarder d’un air aussi inquiet ?
Ce n’était pas comme si je courais sur le Forum des chasseurs pour y pondre une publication dès que je trouvais un truc à raconter.
Enfin !
Ces apparitions de monstres dans le monde réel, dont j’avais douté, étaient apparemment bien réelles.
Dire que ces monstres avaient fini par apparaître hors de la Tour…
Quel monde terrifiant.
Depuis l’apparition de la Tour, c’était une catastrophe après l’autre.
Si j’avais été une personne ordinaire, j’aurais eu trop peur de sortir.
Bien sûr, même dans une société parfaitement normale, je serais resté enfermé dans ma chambre.
Mais bon.
Je haussai les épaules et pris la parole :
« Ne vous en faites pas trop, madame Seonga. »
« … Pardon ? »
« Des monstres ou n’importe quoi d’autre, je tuerai tout ce qui se montrera. J’ai tué un dragon hier. Qu’est-ce que quelques bestioles de plus qui sortent de leur trou peuvent bien y changer ? »
« Bien sûr, je connais vos capacités, mais… »
« Je suis l’amiral Yi, chasseur patriote de Difficulté Extrême Lunatique. Je marche dans les pas de grand frère Sun-sin ! Que des centaines ou des milliers de monstres déferlent, je vais tous les réduire en kimchi, alors ne vous inquiétez pas ! Ô Votre Majesté, il me reste encore douze tirs d’artillerie magique ! »
Votre humble serviteur prendrait la responsabilité de la vie et de la sécurité des citoyens de la Corée, le royaume ; il n’y avait donc pas lieu de s’inquiéter !
Je me frappai la poitrine, poum, poum !, et proclamai ma résolution…
« Pffft ! »
J’entendis un rire.
Je m’interrompis et regardai Mme Seonga, assise en face de moi.
Elle avait plaqué une main sur sa bouche.
La main pressée contre ses lèvres, elle avait légèrement baissé la tête et tremblait !
J’en restai bouche bée.
Hein ? Elle vient de rire ?
Cette reine des glaces, Han Seonga ?
Et aussi ouvertement ?
Qu’est-ce qui avait pu la faire rire dans mes nobles ambitions et mon patriotisme sans faille ?
« Madame Seonga. Vous venez de rire ? »
« … Je vous prie de m’excuser. »
« Non, pas la peine de vous excuser. Mais qu’est-ce qu’il y avait de drôle dans mon patriotisme ? »
« … »
Son visage devint rouge vif.
Apparemment, Mme Seonga avait un sens de l’humour un peu particulier.
Elle éclatait de rire quand quelqu’un lui parlait sérieusement de ses ambitions ?
« Hum. »
Elle s’éclaircit la gorge et se redressa.
Essayant de reprendre un ton professionnel, elle déclara :
« Passons à la suite, chasseur Baek Jiho. Je vais vous expliquer votre programme de départ. »
« Ah, d’accord. »
« Vous partirez à quatorze heures de l’aéroport de Séoul, à Seongnam. Vous voyagerez à bord de l’avion de la délégation gouvernementale. Les chasseuses Na Hyeji et Choi Yejin vous retrouveront à l’aéroport. Après votre arrivée à Londres, vous vous rendrez directement à votre hébergement… »
Mme Seonga fit défiler les informations sur sa tablette et me débita le programme.
Je hochai la tête, sans vraiment l’écouter.
Elle et le Service national de renseignement s’occuperaient de tout, de toute façon.
Une seule chose comptait.
Londres, en Grande-Bretagne, ce trou à rats.
L’endroit où les dirigeants de l’Équipe bleue et les chasseurs des Étages supérieurs se réuniraient.
Aujourd’hui, votre humble serviteur, le chasseur numéro un mondial, allait débarquer dans cette ville !
L’occasion rêvée de montrer au monde entier à quel point j’étais magnifique !
Je levai mon bâton et criai :
« C’est l’heure des débuts internationaux de la Difficulté Extrême Lunatique ! »
Cet après-midi-là, l’avion de la délégation gouvernementale s’élança sur la piste et s’envola.
Il mit le cap sur Londres.
* * *
Pendant ce temps, au-dessus de l’océan Atlantique.
Un immense avion fendait le ciel, au-dessus des nuages.
Ce n’était autre que l’avion présidentiel américain.
Air Force One.
Un bref rapport avait lieu dans la salle de conférence à bord.
« Les mouvements de la Chine et de la Russie sont préoccupants. »
Un assistant projeta des photographies sur l’écran.
Il s’agissait d’images satellites de la même zone prises à différents moments.
Sur les premières, des véhicules et du personnel s’étaient déplacés dans le secteur.
Sur la plus récente, cependant, la zone était devenue une masse indistincte.
« L’observation a été brouillée juste après que nous avons confirmé les mouvements de troupes. Nous avons vérifié avec d’autres satellites, mais le résultat était le même. »
« Qu’est-ce qui provoque ça ? Du piratage ? Une météo inhabituelle ? »
« Non. Nous pensons qu’ils utilisent un artefact qui empêche toute observation. »
Donald Torumph étudia les photographies.
La Chine n’était pas la seule concernée.
Des effets similaires étaient apparus sur certaines bases russes.
La reconnaissance par satellite et par drone était complètement bloquée.
La Chine et la Russie dépensaient d’énormes quantités de points pour empêcher toute surveillance.
Ils préparaient sans aucun doute quelque chose.
Torumph demanda à voix basse :
« Avons-nous des renseignements confirmés ? »
« Nous savons seulement qu’un nombre inhabituellement élevé de personnes et de matériel sont déplacés et redéployés. Nous n’avons pas encore déterminé l’ampleur de ces mouvements ni leurs destinations. »
« Hum… »
Tap, tap, tap.
Torumph se mit à tapoter la canette de Diet Coke qu’il tenait à la main.
L’assistant poursuivit son rapport.
« Les signalements d’apparitions de monstres augmentent également. Nous déployons des forces d’intervention, mais de nouvelles observations continuent de nous parvenir. »
« Et les médias ? Qu’est-ce qui se passe de ce côté-là ? »
« Nous ne pouvons plus contenir la situation. Les images filmées sur place se répandent trop vite. Certains médias ont déjà commencé à diffuser des émissions spéciales. CMM, en particulier… »
« Ces connards de fake news de CMM. Ils n’arrêtent pas de me courir sur le haricot… ! Des gens horribles !!! »
Les mauvaises nouvelles continuaient de tomber de la bouche de ses assistants.
« Après l’Alaska, de nouvelles apparitions ont été confirmées dans le nord du Canada. Nous recevons aussi des signalements en Europe du Nord. »
« Le gouvernement japonais a également restreint l’accès à certaines zones d’Hokkaido. Aucune annonce officielle n’a encore été faite. »
« Nous avons aussi appris que la Corée du Sud menait des opérations d’extermination dans l’ancien territoire nord-coréen. »
Des monstres apparaissaient partout dans le monde.
Et la Chine comme la Russie manœuvraient de façon suspecte.
À chaque nouveau rapport, l’atmosphère de la salle de conférence s’alourdissait un peu plus.
Tap, tap, tap.
Seul le tapotement régulier contre la canette de Diet Coke continuait.
« … Monsieur le Président. »
Alors que les assistants terminaient leurs rapports, le chef d’état-major prit la parole avec prudence.
Tout le monde dans la salle se tourna vers lui.
Après une brève hésitation, il reprit lentement :
« Vous devriez peut-être reconsidérer votre participation à la réunion de Londres. »
« … »
« Nous ignorons ce que la Chine et la Russie préparent. De plus, des monstres apparaissent dans plusieurs régions. Rassembler les dirigeants nationaux dans une seule ville en ce moment pourrait être dangereux. »
« … »
« Au minimum, nous pourrions raccourcir votre séjour ou organiser votre participation par visioconférence… »
Tap.
Le doigt qui tapotait la canette s’immobilisa.
« Annuler ? Ha ! »
Torumph ricana.
Il posa sa canette de Coke sur la table et s’adossa à son fauteuil.
« Dites-moi, chef d’état-major. Quel est l’endroit le plus sûr du monde en ce moment, à votre avis ? »
« … Monsieur ? »
Torumph n’attendit pas la réponse de ses assistants.
Il se contenta de prendre la tablette posée sur la table.
La liste des participants à la réunion ordinaire de la Convention de Londres s’affichait à l’écran.
« Londres, évidemment. »
Torumph parcourut la liste du regard.
Ses yeux s’arrêtèrent sur l’entrée mise à jour le plus récemment.
[Baek Jiho / République de Corée / étage 51]
Il sourit.
« Mon ami Jiho arrive. »
Le silence tomba dans la salle de conférence.
Personne ne pouvait le contredire.
L’homme qui avait gagné cent millions de points en une seule journée.
L’homme qui dominait le monde entier arrivait aujourd’hui à Londres.
Torumph reprit sa canette de Coke.
« Maintenez le cap. »
Air Force One fendit les nuages et poursuivit sa route vers l’est.
Vers Londres.
Notes de bas de page :
Quand Jiho qualifie l’Apache d’« hélicoptère d’attaque comme lui », il fait écho au mème Internet sur le fait de s’identifier comme un hélicoptère d’attaque.
Les douze tirs d’artillerie magique de Jiho parodient la célèbre déclaration de l’amiral Yi Sun-sin au roi : il lui restait encore douze navires de guerre.
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>