Chapitre 158
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 158
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Je fixai droit devant moi.
Grouuuum !
Une marée écarlate de lave déferla vers nous.
Cette vague rouge vif engloutissait avidement les terres désolées en rampant dans notre direction.
Pour l’instant, elle se trouvait encore dans les terres désolées.
Mais elle ne tarderait pas à atteindre le territoire de la ville, où s’étendaient de vertes prairies et des champs de blé.
Je donnai d’abord un ordre à Iing Iing.
« Iing Iing. Allons à la limite du territoire de la ville. Il faut l’arrêter là-bas. »
« Iing ! »
Poro-rong.
Grâce au Vol psychokinétique d’Iing Iing, nous nous déplaçâmes.
Nous descendîmes du haut du ciel vers la frontière entre le territoire de la ville et les terres désolées.
Là où la terre fertile rencontrait les terres desséchées.
Je marmonnai à voix basse.
« Ça devrait être un bon endroit pour l’arrêter. »
Si je l’arrêtais trop loin du territoire de la ville, il y aurait trop de terrain à défendre.
Si je l’arrêtais trop près de la ville, les champs de blé et les veines de mana au-delà des remparts seraient endommagés.
La frontière entre le territoire et les terres désolées était le meilleur choix.
Tandis que j’observais le terrain…
« Jiho. Tu peux vraiment arrêter ça ? »
Hyeji, qui se tenait à côté de moi, prit soudain la parole.
Quand je jetai un coup d’œil dans sa direction, elle fixait le nord d’un air inquiet.
Elle poursuivit :
« Même pour toi… ça a l’air difficile à arrêter… »
Hyeji était apparemment effrayée par la situation.
Eh bien, c’était compréhensible.
Une marée de lave surréaliste déferlait, recouvrant tout l’horizon nord.
Même si elle savait à quel point j’étais formidable, n’importe qui se serait inquiété.
Tss, tss.
Hyeji était à mes côtés depuis si longtemps que je pensais qu’elle connaissait mes capacités mieux que quiconque.
Mais elle n’avait visiblement pas encore pleinement saisi l’étendue des pouvoirs magnifiques de ce grand moi.
Arrêter un peu de cette soupe rouge, ce n’était pas bien difficile…
Je répondis tranquillement :
« Hyeji, ne t’inquiète pas. Je suis un bâtisseur de villes chevronné, tu sais. Et le successeur de Mao Zedong. »
« Non, mais ça veut dire quoi, ça ? Je comprends le bâtisseur de villes, mais pourquoi tu me parles soudain de Mao Zedong ? »
« Sais-tu ce qui est le plus important dans la construction d’une ville et le Grand Bond en avant ? »
Crac.
J’enfonçai mon bâton dans le sol et poursuivis :
« La gestion de l’eau ! »
Au fil de l’Histoire, quiconque bâtissait une ville devait d’abord maîtriser l’eau.
On pouvait construire une ville aussi bien qu’on le voulait : si on ne gérait pas correctement ses cours d’eau, les familles s’effondraient, la société s’effondrait, la civilisation périclitait… et tout finissait en merde.
C’est pour ça que même le frère Mao Zedong, le plus grand génie du massacre de masse à avoir jamais blasphémé contre Dieu, avait fait travailler des foules entières jusqu’à la mort pour construire des barrages et des canaux pendant le Grand Bond en avant !
Bien sûr, les projets de gestion des eaux du frère Zedong ne s’étaient pas très bien passés.
Mais ce n’était pas la faute du frère Zedong.
Ses subordonnés étaient simplement incompétents… !
Bref !
« Qui maîtrise l’eau maîtrise la ville ! Si tu es le maire de la Difficulté Extrême Lunatique, tu dois savoir gérer l’eau au moins aussi bien que ça ! »
« Ce n’est pas de l’eau, c’est de la lave ! »
« L’eau et la lave coulent toutes les deux. C’est pratiquement pareil. »
« Non, pas du tout… ! »
Je laissai Hyeji protester dans mon dos et activai ma magie.
« Grandis, grandis, barrage-barrage. »
« Barrage » ne se disait qu’en deux syllabes en coréen, alors le rythme était bancal.
Enfin bref, magie de Manipulation de la terre, clic.
Et juste après…
Grouuuum… !
La terre se dressa devant moi comme un mur.
D’innombrables rochers et mottes de terre enfouis profondément sous le sol s’élevèrent, formant un barrage colossal en un instant !
À peine l’avais-je achevé…
Fouuuush !
La lave s’écrasa contre le barrage que j’avais construit.
La vague écarlate frappa le mur et éclaboussa les alentours.
Mais le mur ne s’effondra pas.
Au contraire…
Fssss… !
La surface de la lave qui touchait le mur refroidit lentement et se solidifia en noircissant.
La lave durcie s’agrippa au mur, qui s’épaissit de plus en plus !
« Oh. C’est pas mal. »
Transformer l’attaque de l’ennemi en matériaux de construction.
Voilà du recyclage dans le bâtiment vraiment écologique !
Une méthode de construction digne du chasseur écolo de la Difficulté Extrême Lunatique !
Mais ce n’était pas fini.
Grouuuum !
J’avais arrêté la lave qui arrivait de face, mais de nouveaux flots rampaient de chaque côté du barrage.
Même bloqués par le barrage, ils s’étalaient latéralement et contournaient l’obstacle.
Je claquai la langue.
« Il y a trop de lave. C’était le point le plus bas, alors je pensais qu’un barrage approximatif suffirait… mais il y en a plus que prévu. »
Il ne me restait plus qu’à bloquer les côtés aussi !
« Iing Iing. Commençons par bloquer le côté droit ! »
« Iing ! »
Poro-rong.
Iing Iing m’emmena du côté droit du barrage.
La lave y dévalait la pente, comme pour le contourner.
« Grandis, grandis, barrage-barrage. »
Manipulation de la terre, clic. Deuxième essai.
Grouuuum !
Un nouveau mur s’éleva et rejoignit le barrage que j’avais déjà construit.
La lave le frappa dans un flap, flap, le renforçant au passage.
Le côté droit devrait tenir.
« Iing Iing ! Maintenant, renforçons la gauche ! »
« Iing ! »
Poro-rong.
Nous nous dirigeâmes vers la gauche et je lançai de nouveau la magie de Manipulation de la terre.
Un immense barrage s’éleva dans un grondement assourdissant !
Mais ça ne suffisait toujours pas.
« Bon sang. Ça passe encore ? Très bien… ! Je vais aussi bloquer le sud-ouest ! »
Ainsi, je construisis des barrages naturels tout autour du territoire de la ville.
Partout où la lave écarlate débordait dans les zones basses, je lui barrai la route avec des barrages.
Parfois, je modifiais aussi légèrement le terrain pour détourner la lave ailleurs.
Après avoir fait le tour de la ville et construit des barrages pendant je ne sais combien de temps…
« … »
Après avoir tant bien que mal arrêté la lave qui déferlait de toutes parts, je contemplai du haut du ciel le territoire de la ville ainsi protégé.
Un long barrage avait été construit le long de la frontière du territoire pour arrêter la lave.
Il encerclait la ville et protégeait parfaitement même les terres agricoles au-delà.
Et à l’intérieur se dressait l’ancien rempart, Mur-Baek Jiho.
Je marmonnai :
« Deux remparts, hein ? »
Je m’étais contenté de construire des barrages à toute vitesse, et voilà que la ville se retrouvait avec deux enceintes.
Un deuxième rempart, gigantesque et magnifique, entourait désormais tout le territoire de la ville !
Une certaine œuvre mettant en scène des remparts me revint alors à l’esprit.
« Tant qu’à faire, je devrais en construire un autre pour en avoir trois ? »
« … Quoi ? »
« Une ville aux trois remparts. C’est carrément Erdia. Mur Maria, Mur Rose, Mur Sina. Erdia, pousse-toi ! La Ville de la Difficulté Extrême Lunatique arrive ! »
« Pourquoi ce connard fait des blagues sur L’Attaque des Titans après avoir arrêté la lave ? »
Non, sérieusement, c’étaient clairement des remparts.
C’était juste que l’espace à l’intérieur était immense.
Comme le mur entourait une superficie bien plus vaste que l’emplacement initial de la ville, je ne l’avais pas construit particulièrement haut afin d’économiser du mana.
Il n’en restait pas moins impressionnant par son étendue.
Avec une zone aussi vaste à l’abri, la ville serait plus en sécurité.
Les fermiers qui travaillaient dans les champs de blé pourraient aussi cultiver leurs terres l’esprit plus tranquille.
J’avais construit ce deuxième rempart par accident…
Mais il pourrait s’avérer plus utile que prévu.
Hum. Il faudra que je construise moi-même une porte principale plus tard.
Je l’avais érigé à la va-vite pour faire une enceinte, alors il n’y avait pas encore d’entrée.
Avant de repartir, je devrais ouvrir un passage de chaque côté.
Enfin, ce deuxième rempart…
Je marmonnai à voix basse :
« Maintenant qu’un deuxième rempart a vu le jour, il lui faut un nouveau nom. »
Les ouvrages imposants et majestueux comme les remparts méritaient des noms qui en jettent !
Je posai le menton sur ma main et regardai autour de moi en réfléchissant.
Puis je vis…
« Qu’est-ce que tu regardes, connard ? »
Choi Yejin, qui gribouillait sur une carte en plein air.
Un poids mort.
« … Tu l’as vraiment arrêtée. »
Na Hyeji, qui observait la ville désormais protégée par les barrages et poussait un soupir de soulagement.
Un poids mort.
Et enfin…
« Iing… ! »
Iing Iing, qui souriait de toutes ses forces en regardant les terres verdoyantes désormais en sécurité.
La plus grande contributrice aux travaux, qui m’avait fait voler dans tous les sens, à l’est, à l’ouest, au sud et au nord, quelques instants plus tôt.
L’espoir et la conscience de notre groupe.
Le choix était évident !
Je hochai la tête et annonçai à voix basse :
« Le deuxième rempart s’appellera Mur-Iing Iing. »
« … Iing ? »
Les yeux d’Iing Iing s’arrondirent quand elle m’entendit.
Puis…
« Iing !!! Iing, iing, iing, iing, iing, iing ! »
Poro-rong. Poro-rong. Porororong !
Iing Iing se mit à voler en cercle au-dessus de ma tête.
Elle était visiblement folle de joie qu’un rempart porte désormais son nom.
Héhé.
Qui aurait cru qu’elle aimerait ça à ce point ?
Si j’avais su, j’aurais construit un deuxième rempart en son honneur bien plus tôt !
Comme pour le jouet que je lui avais offert, Iing Iing semblait aimer laisser discrètement sa marque derrière elle.
Tandis que je l’observais en me frottant le dessous du nez d’un air satisfait, Hyeji prit doucement la parole à côté de moi.
« Jiho, c’est quand même touchant que tu aies donné à ce rempart le nom d’Iing Iing. »
« Pas vrai ? Je suis quelqu’un de sensible. »
« Sensible… ? Franchement, non, tu ne l’es pas. »
Pourquoi le nier ?
Qui d’autre que moi pouvait être aussi sensible et prévenant ?
Enfin bref.
Suspendu haut dans les airs, je jetai un dernier coup d’œil au terrain alentour.
Grouuuum !
Une marée de lave écarlate dévalait le nord.
Cette coulée rouge ne parvenait pas à franchir Mur-Iing Iing et s’écoulait plutôt mollement sur les côtés.
Les prairies verdoyantes et les champs de blé à l’intérieur du rempart étaient restés intacts.
On aurait vraiment dit une barrière protégeant la nature elle-même.
J’en fus fier.
« Hum. J’ai encore s-a-u-v-é ma ville aujourd’hui ! »
Alors que je souriais, satisfait…
Flash !
L’espace au-dessus de ma tête s’illumina vivement.
Oh, serait-ce… ?
Je levai la tête.
Étincelle, étincelle, étincelle, étincelle, étincelle !
Il était là.
Un Halo encore plus grand que la veille, qui répandait une lumière éclatante au-dessus de moi.
Je marmonnai doucement :
« Le revoilà. Je me doutais qu’il apparaîtrait bientôt. »
À vrai dire, je m’attendais à voir le Halo apparaître à peu près maintenant, alors je ne fus pas particulièrement surpris.
Il était simplement apparu au moment prévu.
Tandis que je le contemplais d’un air indifférent…
« R-Regardez ! Une lumière dorée ! »
« C’est l’Ange qui a construit ce rempart ?! »
« C’est l’Ange ! L’Ange est revenu sur terre ! »
« L’Ange a encore sauvé notre ville ! »
« Ouaiiiis ! »
Les soldats rassemblés sur les remparts.
Les habitants dans les rues.
Les fermiers dans les champs de blé.
Tous levèrent les yeux au ciel et poussèrent des acclamations explosives.
Ils n’avaient apparemment pas réussi à me voir, si haut dans les airs, mais la lueur dorée leur avait fait comprendre que j’étais arrivé.
Je hochai la tête, satisfait.
Le Halo.
Je n’en savais pas plus, mais c’était un excellent accessoire cosmétique !
« Iing Iing. Allons en ville. Je dois aller me gorger des louanges du petit peuple. »
« Iing ! »
Poro-rong.
Notre groupe descendit lentement sur la place centrale de la ville.
Ploc.
Je posai lentement le pied au sol et déclarai d’une voix calme :
« N’ayez crainte. Ce grand moi a réglé le problème de la marée de lave qui menaçait la ville. »
Le maire-ange de la Difficulté Extrême Lunatique était arrivé !
* * *
Par la suite, notre groupe se rendit à l’hôtel de ville.
Valdemar nous guida dans un long couloir.
« Ange, par ici. Je vais vous conduire au bureau du maire. »
« Hum ! »
Nous arrivâmes de nouveau au bureau du maire, à peine un jour plus tard.
Je m’enfonçai dans le fauteuil familier.
Quel bonheur.
« Comme prévu, mon bureau de maire est très confortable ! On se croirait de retour dans mon ancienne chambre semi-enterrée ! »
« Semi-enterrée… ? »
« L’endroit où l’histoire de la Difficulté Extrême Lunatique a commencé. »
Une idée me vint alors.
Ah, maintenant que j’y pensais, il fallait que je commence bientôt à préparer un mémorial pour la Difficulté Extrême Lunatique.
J’avais complètement oublié.
Enfin bref.
« Ça faisait longtemps, Monsieur le maire adjoint. Vous allez bien ? »
« Oui, Ange ! C’est un honneur de vous revoir après un mois. »
« … Un mois ? »
J’inclinai la tête.
Avais-je mal entendu ?
« Vous venez de dire un mois ? »
« Oui. Exactement un mois s’est écoulé depuis que vous nous avez sauvés de l’attaque des monstres. »
« Seulement ? »
« ? »
C’était trop peu.
Je m’étais rendu plusieurs fois sur le site de cette forteresse.
La première fois, six mois s’étaient écoulés.
Puis trois ans.
La veille, quatre années entières s’étaient écoulées.
Et maintenant, il me disait qu’un seul mois avait passé ?
Ces derniers temps, chaque fois que je dormais et revenais, des années s’étaient écoulées.
Maintenant qu’un mois seulement avait passé, c’était presque plus étrange.
J’examinai attentivement le visage de Valdemar.
Il n’avait définitivement pas l’air très différent de la veille.
Ses cheveux étaient les mêmes, ses rides aussi.
Seul son uniforme officiel, couvert de suie, avait été nettoyé.
Hyeji, debout à côté de moi, me demanda :
« Jiho, combien de temps a passé cette fois-ci ? »
« Un mois. »
« Un mois ? Alors qu’avant, plusieurs années passaient d’un coup ? »
« Exactement. La Tour fait ce qu’elle veut avec le temps. »
Six mois, trois ans, quatre ans, un mois.
C’était quoi, cette loterie du temps ?
Peut-être que la prochaine fois, elle nous ferait avancer d’une semaine seulement.
Enfin bref.
« Très bien. Quelque chose s’est passé entre-temps, Monsieur le maire adjoint du peuple ? Faites-moi un bref compte rendu. »
« Oui. Je vais commencer. »
Frouf.
Valdemar souleva une épaisse pile de documents, l’air pleinement investi de son devoir.
Tout en les parcourant, il se mit à parler d’une voix posée.
« Tout d’abord, les travaux de reconstruction du quartier nord sont en cours. La plupart des gros débris ont été déblayés, et nous reconstruisons les maisons effondrées. Les habitants qui se trouvaient dans des abris temporaires regagnent progressivement leur domicile. »
« Hum ! »
« Grâce aux soins que vous avez prodigués aux blessés, Ange, nous avons pu réunir suffisamment d’ouvriers. Nous avons également réparé les canalisations, et l’approvisionnement en eau potable n’a pas été interrompu. »
« Hum ! »
Je hochai la tête.
Je m’étais demandé pourquoi le quartier nord avait l’air si désordonné.
Ils avaient visiblement travaillé dur pour réparer les dégâts.
Les habitants de la ville avaient passé le mois à effacer consciencieusement les traces de la destruction.
Mais avant même que la reconstruction soit terminée, la lave était arrivée…
Cet endroit enchaînait vraiment les catastrophes.
« Aujourd’hui, nous avons reçu des rapports signalant une coulée rouge qui descendait du nord. Nous étions donc en train de faire rentrer les fermiers derrière les remparts en priorité. Mais, pour être honnête, nous ne savions pas si les remparts de la ville suffiraient à arrêter une chose pareille. »
« Alors ce grand moi l’a arrêtée. »
« Oui ! Grâce à vous, nous avons protégé non seulement la ville, mais aussi les champs et les canalisations. Merci infiniment, Ange. »
Valdemar s’inclina profondément, à quatre-vingt-dix degrés.
Je tournai les yeux vers la fenêtre.
Au loin se dressait Mur-Baek Jiho.
Derrière s’étendaient de vastes champs et des terres agricoles.
Et au-delà se dressait Mur-Iing Iing, qui encerclait le tout.
Désormais, même s’ils sortaient des premiers remparts pour travailler, les fermiers se trouvaient toujours à l’intérieur de l’enceinte !
La double sécurité !
L’agencement de la ville était particulièrement bien pensé.
Je m’adressai doucement au maire adjoint :
« Monsieur le maire adjoint. Pour votre information, le nom de ce rempart extérieur est Mur-Iing Iing. »
« Mur… Iing Iing, dites-vous ? »
« Exactement. Iing Iing a aussi beaucoup travaillé, alors j’ai donné son nom au rempart. Veillez à ce que tout le monde l’appelle comme ça désormais ! »
À mon annonce en l’honneur d’Iing Iing…
« Iing ! »
Perchée sur le bureau, Iing Iing bomba le torse.
Son expression et sa pose triomphantes.
Et cet air suffisant sur son visage !
On aurait dit que tout son corps rayonnait de l’assurance d’un seigneur de château.
Valdemar s’inclina lui aussi devant Iing Iing.
« Nous vous remercions aussi chaleureusement, fée. Je ferai connaître ce nom aux habitants. »
« Iing ! »
Iing Iing sourit si largement que les coins de sa bouche lui touchèrent presque les oreilles.
Ça faisait plaisir de te voir heureuse, Iing Iing.
Ce cadeau en valait la peine !
Incapable de résister à l’envie de la câliner, je lui caressai doucement la tête.
Tandis que nous écoutions le rapport dans cette ambiance détendue…
« Euh… Ange. »
Valdemar, qui faisait son rapport, reprit prudemment la parole, le visage empreint d’inquiétude.
Il poursuivit avec précaution :
« Je crains qu’un événement comme celui d’aujourd’hui ne se reproduise. De la fumée continue de s’élever du nord, et la chaleur empire de jour en jour. »
« Hum ! »
« Ce rempart nous protège, mais nous n’avons aucun moyen de savoir ce qui se passe dans le nord. »
« Hum ! »
Valdemar avait l’air inquiet.
Eh bien, c’était compréhensible.
Une région volcanique inconnue était apparue au nord.
Maintenant, en plus de la chaleur, la lave elle-même dévalait la pente vers la ville.
Même si nous avions survécu à la journée, le problème n’était pas réglé.
Ils ne pouvaient pas se détendre simplement parce que j’avais construit Mur-Iing Iing.
Il fallait agir.
Je hochai la tête.
« Ne vous inquiétez pas. Un jour, j’irai là-bas et je réglerai le problème moi-même. »
« Ange… vous irez en personne ? »
« Exactement. Je ne peux pas laisser cette soupe rouge couler éternellement dans ma ville ! »
La veille, j’avais rebroussé chemin parce que j’étais arrivé au bout de la carte.
Mais si je continuais à gravir les étages, je finirais par trouver la source du problème.
C’était un cliché du genre.
On était forcément destiné à rencontrer le monstre boss un jour ou l’autre !
« Alors continuez à bien gérer la ville. Ce grand moi s’occupera du nord. »
« Ange… ! »
Le visage de Valdemar s’emplit d’émotion.
Il était visiblement touché que ce grand et noble maire-ange intervienne en personne.
Et ainsi…
Valdemar était ému, Iing Iing était adorable, et Choi Yejin et Na Hyeji étaient chacune occupée de leur côté.
Le bureau du maire baignait dans une atmosphère paisible et détendue.
Puis…
Roooar… !
Un grondement colossal retentit soudain.
Un rugissement vaste et majestueux résonnant depuis le lointain nord.
Vrrrr, vrrrr, vrrrr !
Les fenêtres tremblèrent.
Les cadres vibrèrent violemment.
Les tasses à thé sur le bureau s’entrechoquèrent dans un cling.
Je fronçai les sourcils.
« Qu’est-ce que c’était ? »
Un volcan avait explosé ou quoi ?
Le bruit semblait venir de loin, mais il était incroyablement puissant.
Pourtant, le grondement ne s’arrêta pas là.
Roooar… !
Vrrrr, vrrrr, vrrrr.
Un autre rugissement majestueux traversa le bureau du maire.
Bon sang, ce que c’était bruyant.
Je me frottai une oreille.
« Il y a un Wyvern dans le coin ? Quelle voix. Il a fait bouillir une locomotive à vapeur et l’a mangée ? »
Sa voix était absurdement puissante.
Les Wyverns ordinaires avaient des rugissements plus aigus.
Mais celui-ci avait une voix grave et profonde, et un volume phénoménal.
Les Wyverns mâles et femelles rugissaient différemment ou quoi ?
Tandis que je râlais et regardais autour de moi…
« … ? »
Je ne pus m’empêcher d’avoir l’air perplexe.
Tout le monde dans le bureau du maire se comportait de façon bien trop étrange.
« … »
« … »
« … »
« ? »
Tout d’abord, Valdemar était figé, le visage livide.
Hyeji restait immobile, les yeux tremblants.
Choi Yejin s’était complètement arrêtée, son arc toujours accroché dans son dos.
Qu’est-ce qu’ils fabriquaient ?
« Pourquoi vous êtes tous arrêtés d’un coup ? »
« … »
« Allô ? »
« … »
« Pourquoi personne ne répond ? »
« … »
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous vous liguez vraiment contre moi ? Pourquoi vous m’ignorez tous ? Je me sens un peu mis à l’écart… Ah. Ou alors, j’ai arrêté le temps sans m’en rendre compte ? Je suis devenu un grand sorcier capable de maîtriser jusqu’au concept du temps ? Terrifiant !!! Le talent de ce grand moi !!! Dire que j’ai appris 「The World」 sans même le savoir ! Comme prévu, ce grand moi est le génie magique de la Difficulté Extrême Lunatique… »
« … Putain… de… merde… »
À m’entendre déblatérer, Choi Yejin tordit les lèvres et marmonna une insulte.
Mais pourquoi prononçait-elle chaque syllabe comme ça ?
Elle avait aussi une tête de boîte de conserve écrasée, c’était hilarant.
Je me tournai vers Hyeji et Valdemar.
« Hyeji ? Valdemar ? »
« … »
Contrairement à Choi Yejin, qui avait au moins réussi à marmonner une insulte, Hyeji et Valdemar étaient trop figés pour prononcer un mot.
Iing Iing s’en sortait un peu mieux, au moins.
« Iing Iing, ça va ? »
« Iing… ! »
Poro-rong…
Tremblante, Iing Iing se réfugia dans mes bras.
Elle était si terrifiée que son visage avait même pâli.
« Hum. »
À ce stade, je ne pouvais plus faire semblant de ne rien remarquer.
Je me grattai la tête un instant, puis exprimai l’hypothèse qui me trottait dans la tête.
« C’est ça, le truc de Peur du Dragon ou je ne sais quoi ? »
Notes de bas de page :
« Erdia » et « L’Attaque de l’Humain Géant » déforment volontairement les références à L’Attaque des Titans et à ses trois remparts. « The World » fait référence au pouvoir d’arrêt du temps dans JoJo’s Bizarre Adventure.
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