Chapitre 147
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Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 147
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« C’est ce truc de jeu idle ? »
Pourquoi, bordel, c’était devenu une ville ?
La dernière fois que je l’avais vue, elle n’avait rien de différent du parc Futaba, grouillant de Chimpis.
Bref, j’observai la ville de plus près.
Il était difficile de retrouver la moindre trace de ce à quoi elle ressemblait avant.
On avait construit quantité de vraies maisons, tracé des routes rudimentaires et même les gens qui déambulaient dans les rues avaient l’air en meilleure santé.
Mais surtout, la population avait explosé.
Si je me souvenais bien, cette forteresse n’abritait que quelques milliers de personnes.
À présent, j’en sentais vaguement près de dix mille.
Les Chimpis s’étaient multipliés pendant mon absence !
Et puis…
« Ils cultivent là-bas. »
Un vaste champ de blé s’étendait à l’extérieur de la forteresse.
Des fermiers fauchaient le blé à la faucille, le visage ruisselant de sueur. Dans d’autres champs, des gens tiraient des charrues ou récoltaient des cultures arrivées à maturité.
Ils cultivaient une terre qui était morte !
Je hochai la tête, fier de moi.
« Hum ! La Campagne des quatre nuisibles et le Grand Bond en avant n’auront pas été vains ! La révolution agricole a réussi, et maintenant, ils peuvent cultiver cette terre ! »
« Pourquoi tu aimes tant Mao Zedong ? »
« Il a la classe. Son bilan de victimes est énorme. C’est un grand homme que j’admire. »
« … »
Bref.
Une fois les terres restaurées, les gens s’étaient mis à les cultiver.
Leur approvisionnement en nourriture avait dû beaucoup s’améliorer grâce à ça.
Les gens avaient l’air détendus, et même les enfants qui couraient dans les rues avaient les joues rebondies.
J’aperçus même un gamin qui trottinait en mâchant un morceau de pain.
Ils mangeaient de la nourriture normale, sans poison.
Ils avaient l’air d’avoir retrouvé la santé.
Tant mieux pour eux.
« Les gosses ont besoin de nourriture savoureuse et nourrissante ! »
Pas de viande de Wyvern empoisonnée !
Alors que j’admirais tranquillement la ville depuis le ciel, une voix me parvint soudain aux oreilles.
« Grand-père, les anges existent vraiment ? »
« Bien sûr. Regarde ce mur. C’est l’Ange qui l’a bâti de ses propres mains pour nous. Le Mur-Baek Jiho… J’ai encore du mal à croire que ce soit vrai. »
« Un ange… J’ai du mal à y croire. On dirait une histoire inventée, qu’une personne ait pu construire un mur aussi immense en un instant… »
« Mon enfant, tu n’étais pas encore arrivé ici, alors tu ne l’as pas vu. Mais nous, nous l’avons vu. Un véritable miracle… La preuve que le ciel ne nous avait pas abandonnés… ! »
Un vieil homme et un enfant discutaient devant le mur que j’avais construit.
Je fus soudain intrigué.
Quoi ? Ils parlent de moi ?
Ils ne nous avaient pas encore remarqués, flottant dans le ciel.
Sans se douter que quelqu’un les espionnait d’en haut, ils continuèrent à parler à voix basse.
Je devais écouter, non ?
Je tendis l’oreille.
« Ce jour-là, les portes de la ville sont tombées et les monstres ont déferlé à l’intérieur. Même les chevaliers n’ont pas réussi à les arrêter. Tout le monde croyait que c’était fini. »
« …Et ensuite ? »
« Alors l’Ange est apparu. Une lumière éclatante a jailli du bâton qu’il tenait… et tous les monstres ont disparu. »
« Tous ? »
« Oui. Ceux qui recouvraient le sol et ceux qui volaient dans le ciel. Chaque fois que l’Ange tendait la main, ils tombaient par dizaines. »
Le vieil homme écarta les bras en grand, racontant son histoire avec passion.
L’enfant, face à lui, l’écoutait, bouche bée.
« Mais ce n’était pas fini. Quand l’Ange a planté son bâton dans le sol, la terre morte est revenue à la vie. »
« Alors… si on cultive la terre aujourd’hui, c’est aussi grâce à l’Ange ? »
« Exactement. Et ce n’est pas tout. D’un seul geste, il a élevé cet immense mur et exterminé les monstres à l’extérieur. Sans lui, nous mangerions encore de la viande empoisonnée… ou nous serions morts depuis longtemps. »
« Il est incroyable… J’aimerais bien voir l’Ange au moins une fois, moi aussi. »
Le vieil homme parlait comme s’il transmettait une légende mythique.
Mais tout ce qu’il disait était vrai.
Putain.
Ce vieil homme ne faisait qu’énoncer des faits.
Je hochai la tête, fier de moi.
Ces gens du peuple savaient se montrer reconnaissants.
C’est ça. J’avais restauré leurs terres, construit un mur et complètement kimchié tous les monstres.
Je les avais sauvés.
Ils avaient bien raison de m’être reconnaissants !
Le vieil homme leva alors un doigt et désigna un endroit.
« Mon enfant. Là, c’est une statue à l’effigie de l’Ange. »
« Une statue ? »
Je suivis du regard le doigt du vieil homme.
Et je la vis.
« …Oh. »
Une immense statue de pierre se dressait devant le mur.
À en juger par les coups de ciseau grossiers et maladroits, le sculpteur n’avait pas l’air très doué.
Mais…
N’importe qui pouvait voir que c’était moi.
Mon grand nez, mes yeux perçants et sérieux, mes lèvres serrées qui symbolisaient ma ferme volonté, et cette noble aura sacrée…
Et surtout…
Même l’auréole de l’Ange au-dessus de ma tête !
Ils avaient sculpté mon visage, celui de ce bel homme que j’étais !
Je hochai la tête, ravi.
« Ces gens du peuple sont tellement adorables ! Ils ont même fait une statue de moi ! Quels Chimpis admirables !!! »
« Tu prétends que c’est toi ? Arrête de raconter ces conneries ! C’est tellement flatteur que ça en devient ridicule ! En quoi ça te ressemble, au juste ?! »
« C’est moi. »
Choi Yejin me regarda tour à tour, puis fixa la statue, l’air incrédule.
Encore une fois, elle me calomniait.
À ce moment-là, Iing Iing poussa un cri sonore.
— Iing Iing Iing !!!
« Iing Iing. Comment ça, la statue n’arrive même pas à la cheville de la beauté de Jiho… ? »
« Exactement ! Iing Iing sait de quoi elle parle ! Une statue de ce niveau ne peut pas rendre justice à mon visage ! »
« Jiho, arrête de te croire aussi beau. T’es juste un mec d’apparence ordinaire. »
Je n’entendis pas cette pitoyable interruption de Hyeji.
Un beau visage qui faisait passer Cha Eunwoo pour un ringard se dressait là, devant le mur !
Bien sûr, il ne rendait même pas la moitié de ma beauté stupéfiante.
Malgré tout, ils avaient fait des efforts.
Je leur pardonnerais leur manque de talent, en considération de leur sincérité.
Alors que j’admirais la statue, tout content…
« …Attendez. Là-haut, dans le ciel. Ce serait… ? »
« Est-ce l’Ange ? »
« L’Ange ! C’est l’Ange ! L’Ange est revenu ! »
« Ouah ! »
Les gens au sol venaient de m’apercevoir.
Un à un, ils se mirent à crier en levant les yeux vers nous.
Ceux qui me connaissaient semblaient fous de joie, tandis que ceux qui me voyaient pour la première fois m’observaient avec un vif intérêt.
Le vieil homme et l’enfant qui discutaient à l’instant n’étaient pas en reste.
« Grand-père ! Cette personne, c’est… ! »
« Oui ! C’est l’Ange ! Il est revenu ! »
Héhé.
Quel accueil chaleureux.
Je fis signe à Iing Iing, puis descendis lentement.
Clac.
Je posai les pieds au sol et parlai d’une voix grave.
« N’ayez pas peur. »
L’Ange de la Difficulté Extrême Lunatique, Baek Jiho.
Venait d’atterrir ici !
* * *
Notre groupe se dirigea vers l’hôtel de ville, au centre de la ville.
L’appeler hôtel de ville était généreux. C’était un petit bâtiment rudimentaire.
Les autres bâtiments n’avaient qu’un étage, ou deux au mieux, et encore, ils étaient branlants. Celui-ci était le seul à en compter trois.
Bref, une fois arrivés, je retrouvai une vieille connaissance.
« Ange ! Vous êtes vraiment venu ! »
« C’est moi. »
Froufrou.
Un chevalier d’âge mûr accourut, comme s’il avait foncé dehors pieds nus.
Comment s’appelait-il déjà… Val… quelque chose ?
Bref, le chevalier sortit de l’hôtel de ville en courant comme un dératé, tomba à genoux devant moi et baissa la tête.
« Cela fait six mois, Ange ! J’espérais vous revoir, mais je n’aurais jamais cru que nous nous retrouverions vraiment ! »
« Ça faisait un bail, chevalier du peuple. Mais six mois ? »
Apparemment, près de six mois s’étaient écoulés à l’étage quarante-cinq depuis l’étage quarante-quatre.
Pour moi, c’était comme si je l’avais rencontré la veille.
Mais pour eux, six mois avaient passé.
Pas étonnant que la ville ait autant changé.
Le chevalier poursuivit :
« C’est exact, Ange ! Ce fut une période qui m’a semblé à la fois courte et longue. Nous avons fait de grands progrès grâce à la grâce que vous nous avez accordée. »
« Il y a effectivement beaucoup plus de monde. Ce sont des gens du peuple venus d’ailleurs ? »
« Oui ! Depuis que l’Ange a exterminé les monstres de la région, il est devenu possible de voyager dans les environs. Quand la nouvelle s’est répandue qu’on pouvait même cultiver la terre ici, les survivants de partout ont afflué. »
Il semblait que le fait d’avoir complètement kimchié les monstres des environs avait aussi contribué à attirer des réfugiés.
Sans monstres, les gens pouvaient voyager en sécurité.
Et cultiver la terre une fois arrivés ici.
En plus, il y avait un mur haut et solide.
Ils n’avaient aucune raison d’aller galérer ailleurs.
« Grâce à cela, la population a été multipliée plusieurs fois. Les agriculteurs ont agrandi les champs, les charpentiers et les maçons se sont mis à construire des maisons, et les soldats protègent le mur… Chacun fait ce qu’il peut. »
« Oh. »
« Il y a seulement six mois, nous ne pouvions que survivre d’un jour à l’autre. Maintenant, nous pouvons travailler pour préparer l’avenir. Tout cela, c’est grâce à vous, Ange. Merci… Merci infiniment. »
Le chevalier s’inclina de nouveau, profondément.
Je me sentis fier.
Tout ce que j’avais fait, c’était tuer les monstres qui les attaquaient, purifier les terres pour qu’ils puissent les cultiver, bâtir un petit mur de cinquante mètres de haut tout autour d’eux et complètement kimchié tous les monstres du coin.
Et ils étaient aussi reconnaissants pour si peu !
Ce n’était qu’un petit service.
Mais grâce à ça, ils avaient survécu.
Ça valait bien les PM dépensés !
Je fis signe au chevalier de se relever, puis regardai lentement autour de moi.
Il y avait du monde partout.
Je les voyais transporter des marchandises, réparer des maisons, et les rues débordaient de vie.
La ville ressemblait vraiment à une cité médiévale fantastique.
J’avais l’impression de regarder une version miniature de la Corée, le royaume, que j’avais sauvé.
Ça me faisait plaisir.
Mais alors que je contemplais la ville en silence, une idée me traversa soudain l’esprit.
Hum. Mais je vois quelques défauts.
Mon enthousiasme pour cette ville médiévale fantastique s’émoussa peu à peu, et je finis par remarquer les choses qui me dérangeaient.
Je baissai d’abord les yeux vers la route sous mes pieds.
« Chevalier du peuple. Comment avez-vous construit cette route ? »
« Ah, la route ? »
De loin, j’avais cru qu’elle était pavée de façon plutôt correcte.
Mais en y regardant de près, ce n’étaient que des pierres plates posées à la va-vite sur la terre.
Elle était étroite et le sol, irrégulier.
Les piétons évitaient les pierres qui dépassaient, tandis que les charrettes qui passaient bondissaient dans tous les sens dans un vacarme de clac, couic.
Ça devait faire un mal de chien aux fesses.
Pourtant, Valdemar prit un air fier.
« C’est une route impressionnante, n’est-ce pas ? Avec l’augmentation de la population, nous avons pu construire une vraie route comme celle-ci ! Ha ha. Tout cela, c’est grâce à vous, Ange. Grâce à vous, la route de terre ne soulève plus de poussière… »
« Argh !!! »
« ?! »
Ça, ce n’était pas une route !
Pour mériter ce nom, une route devait être lisse et recouverte d’asphalte ou de béton !
Comme l’homme médiéval non civilisé qu’il était, il avait manifestement des critères bien trop bas en matière de routes.
Je regardai les alentours.
« Valdemar du peuple. Il semble qu’il y ait beaucoup trop peu de puits. »
Des puits étaient disséminés dans toute la ville, à l’intérieur de la forteresse.
Mais ils ne devaient pas être assez nombreux, car des dizaines de personnes se pressaient constamment autour de chacun d’eux.
Elles tenaient des seaux et des louches en bois, attendant interminablement leur tour.
Ils devaient faire la queue aussi longtemps juste pour tirer de l’eau ?
En tant que Coréen convaincu qu’il fallait faire les choses vite, je trouvais ce goulot d’étranglement insupportablement frustrant.
Valdemar répondit d’un air honteux :
« …Il y a peut-être peu de nappes phréatiques dans la région. Même en creusant des dizaines de puits, un ou deux seulement donnent de l’eau. »
« Vous manquez donc d’eau ? »
« C’est exact. Avec la population qui augmente, nous avons besoin de plus d’eau, mais… creuser des puits ne suffit pas à répondre à la demande. »
« Argh !!! »
« … »
La ville faisait face à une pénurie d’eau.
Et l’eau des quelques puits disponibles n’avait pas l’air très propre non plus.
Celle qu’on venait de tirer d’un puits était presque boueuse.
Si j’en buvais, j’aurais à coup sûr la chiasse et je passerais un moment à faire floc-floc-floc.
Je ne devais surtout pas en boire.
Je tournai le regard vers la périphérie de la ville.
« Et Valdemar. Il y a pas mal de bâtiments au centre-ville, mais la périphérie est encore pleine de tentes. »
« …Ha ha. Nous aimerions offrir une vraie maison à tout le monde, mais les réfugiés sont arrivés en si grand nombre, ces derniers temps. Nous ne pouvons pas proposer un logement convenable à chacun. »
« Argh !!! »
« … »
Il manquait aussi des logements.
Le centre comptait quelques bâtiments et des routes. Ce n’était pas civilisé, mais ça ressemblait au moins un peu à une civilisation.
Mais la périphérie était toujours bondée de baraques branlantes, faites de bâches et de planches.
Je marmonnai à voix basse :
« Il y a pas mal de problèmes ici. »
« …J’en ai honte, Ange. »
Cette ville avait de nombreux problèmes.
Les routes. L’eau potable.
Et les bâtiments.
À première vue, elle avait l’air d’une ville médiévale fantastique tout à fait correcte.
Mais en y regardant de plus près, elle était pleine de défauts.
C’était frustrant.
« Ma ville… La Ville de la Difficulté Extrême Lunatique est un vrai nid à défauts ! C’est inadmissible ! »
« Pourquoi, putain, c’est ta ville ? »
« Je l’ai sauvée, alors c’est ma ville, non ? »
Puisque je les avais sauvés, je voulais qu’ils vivent dans le confort.
Je leur avais sauvé la vie, mais leur qualité de vie laissait encore à désirer.
Je n’y pouvais rien.
Je n’avais pas d’autre choix que d’intervenir une nouvelle fois… !
Je me tournai vers Hyeji.
« Hyeji, tu savais que j’aimais bien les jeux de gestion de ville ? Des jeux comme SimCity ou Cities: Skylines, tu vois. Ceux où tu construis et diriges une ville. »
« C’est pas des jeux pour finir direct à la maison de retraite ? »
« Ne les appelle pas des jeux de maison de retraite ! Dis plutôt que ce sont des jeux qui permettent de laisser libre cours à sa créativité ! »
Les jeux de simulation et de gestion de ville.
C’étaient des jeux vraiment amusants.
On pouvait faire tellement de choses.
Par exemple, augmenter les impôts au maximum et réduire le budget à zéro, pour que les citoyens tombent malades et meurent pendant qu’on s’en mettait plein les poches.
Ou construire plein de centrales, de décharges et de zones industrielles pour faire suffoquer les citoyens dans les gaz toxiques.
Ou couper les routes et embrouiller les lignes de transports en commun, pour empêcher les citoyens d’aller travailler et les faire poireauter éternellement sur les routes.
Ah, c’était aussi amusant de bâtir exprès la ville sur des terres basses, de collecter les eaux usées et d’immerger toute la ville dans une flotte de merde.
J’adorais regarder le taux de bonheur des citoyens s’effondrer.
Je me suis un peu trop étendu.
La conclusion était simple.
J’avais toujours aimé construire des villes !
Et maintenant, j’étais le maire de la Ville de la Difficulté Extrême Lunatique !
Une vraie ville était tombée entre mes mains.
Elle devait se développer…
N’est-ce pas ?
Je réajustai ma prise sur mon bâton.
« L’heure est venue pour le Mouvement Saemaeul de la Difficulté Extrême Lunatique… ! »
Notes de bas de page :
Chimpi et le parc Futaba font référence à un mème coréen sur des créatures grotesques et leur habitat fictif. « Complètement kimchié » conserve une expression humoristique du web coréen qui signifie qu’on a tout anéanti. Le Mouvement Saemaeul était une campagne sud-coréenne de modernisation des zones rurales.
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