Chapitre 131
WeTried Translations
Traducteur/Éditeur : Hydrogen B.
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 131 : 131
──────
« C’est quoi, ce bordel ? »
« Probablement des monstres. On distingue à peine leurs silhouettes dans la poussière. Vu leur taille, ce sont sûrement des Ogres. »
Alors que je marmonnais en observant la foule au loin, Choi Yejin me répondit.
Elle poursuivit son explication.
« Difficile d’en être sûre avec toute cette poussière, mais à en juger par leur taille et leurs mouvements, ce sont bien des Ogres. Il y en a cinq. Ah, en regardant de plus près, trois sont grands et deux plus petits. Il doit y avoir trois Ogres et deux Trolls. »
Choi Yejin avait peut-être une bonne vue parce qu’elle était archère.
Ou peut-être était-elle simplement observatrice.
Elle me regarda et me demanda à voix basse :
« Qu’est-ce que vous allez faire, monsieur le chauffeur de bus ? Vous allez les sauver ? »
« Bien sûr. »
Je ramassai mon bâton et m’écriai :
« Je dois les sauver. Le Chasseur Prophète céleste de la Difficulté Extrême Lunatique, sauveur en série, ne peut pas tourner le dos à des gens en danger ! »
« Vous avez vraiment beaucoup de personnalités différentes. »
« Ce n’est pas une personnalité. Enfin bref… Iing Iing, on y va ! »
— Iing !
Pouf !
Iing Iing activa son Vol psychokinétique.
Nous nous rapprochâmes rapidement de la foule lointaine et, pendant que nous volions, je me fis une réflexion.
« Beaucoup de gens risquent d’être blessés avant qu’on arrive. »
Le Vol psychokinétique d’Iing Iing était rapide.
Après avoir grandi encore et encore en gravissant la Tour, elle pouvait désormais se déplacer presque à la vitesse du son.
Malgré tout, la distance était simplement trop grande.
Depuis le haut d’un mur de cent mètres, la foule se trouvait près de l’horizon. Elle était donc à des dizaines de kilomètres au moins.
Même pour Iing Iing, il faudrait au moins deux minutes.
— Roooooar !
En revanche, les Ogres se trouvaient déjà juste devant la foule.
Même si nous arrivions très vite, des dizaines de personnes pouvaient facilement mourir d’ici là.
Dans ce cas…
« Est-ce que je dois vraiment attendre d’être sur place ? »
Je pouvais tout simplement les tuer en plein vol !
« C’est l’heure du Canon électromagnétique de niveau 5, tout droit sorti de A Certain Scientific Railgun ! »
Je serrai mon bâton et mobilisai les Motes bleues qui se trouvaient en moi.
Railgun. Manifestation multiple.
— Crac ! Crépitement ! Crac !
Des rails virtuels apparurent devant moi, projetant de brillantes étincelles bleues.
Les projectiles que j’avais sortis de mon Sac spatial flottèrent dans les airs et se chargèrent d’eux-mêmes.
Je pointai les rails virtuels et marmonnai :
« Visez le centre, puis actionnez l’interrupteur. »
« Vous mélangez A Certain Scientific Railgun et Evangelion. Quel bazar. »
« Vous connaissez tout ça ? Yejin, vous ne seriez pas… ? »
« … »
Choi Yejin se tut brusquement à côté de moi.
On aurait dit qu’elle venait de se faire griller en otaku invétérée et ne savait plus quoi dire.
Ne sois pas si gênée !
Il n’y a rien de honteux à regarder des animes !
Bref, j’activai ma magie.
— Kwoooooom !
Cinq projectiles métalliques jaillirent dans un vacarme de tonnerre.
Des traînées bleues fendirent la vaste étendue.
Et alors…
— Boum ! Craquement ! Splash !
Les cinq projectiles de Railgun que j’avais tirés franchirent des dizaines de kilomètres en un instant et transpercèrent net la tête des Ogres et des Trolls.
— Boum ! Boum ! Boum… !
Les monstres qui s’apprêtaient à fondre sur la foule s’effondrèrent tous d’un coup, la tête arrachée.
Leurs corps massifs s’écrasèrent au sol dans un fracas assourdissant.
« Q-Quoi ?! Les Ogres et les Trolls sont morts ! »
« Tout le monde, arrêtez-vous ! Les monstres sont morts ! »
« Mais qu’est-ce qui se passe… »
Des murmures s’élevèrent.
À la mort soudaine des monstres qui les attaquaient, les fuyards s’arrêtèrent et regardèrent autour d’eux dans toutes les directions.
Nous continuâmes de voler vers la foule.
— Toc.
Après avoir atterri en douceur, je promenai lentement le regard autour de moi.
J’aperçus des chariots et des charrettes fracassés, ainsi que des centaines de personnes qui nous fixaient.
Je les entendis parler.
« C’est cette personne qui a tué les Ogres et les Trolls ?! »
« Non, comment quelqu’un aurait pu tuer ces monstres d’un seul coup… ? »
« Je suis en train de rêver ? »
« Mais qu’est-ce que c’est que cette situation ?! »
« Ce serait un “sorcier” des légendes ? »
« Impossible… »
Des centaines de personnes nous regardaient, partagées entre la confusion, le soulagement, la tension et l’inquiétude.
Je marmonnai en les observant :
« Ils sont tous habillés comme des mendiants. »
Ils portaient de vieux vêtements en lambeaux.
Hommes, femmes, enfants et vieillards avaient des sacs sur le dos ou tiraient des chariots et des charrettes.
C’étaient clairement des réfugiés.
Tandis que je les examinais…
— Toc, toc.
Un homme d’âge mûr en armure sortit prudemment de la foule.
Son armure était cabossée de partout et l’une de ses épaules était trempée de sang.
Il semblait pourtant être une sorte de chef pour ces réfugiés.
Il me regarda et prit la parole :
« C’est vous qui… avez vaincu ces monstres ? »
« C’était moi. »
« … ? »
« J’ai dit que c’était moi qui les avais tués. »
« Ah. »
Le chevalier d’âge mûr hocha la tête.
— Boum !
Il planta son épée dans le sol et posa un genou à terre.
Puis il baissa la tête et déclara d’une voix ferme :
« Merci de nous avoir sauvés. Veuillez me dire votre nom. Je suis Valdemar von Rosenberg ! Je garderai le nom de mon bienfaiteur dans mon cœur et m’acquitterai un jour de ma dette envers lui ! »
« Ce n’était rien. Enfin… qu’est-ce qui est arrivé à ces gens ? Ils sont tous habillés comme des mendiants et il y a l’air d’avoir beaucoup de blessés. »
Que le chevalier en fasse tout un plat ou non, je gardais les yeux fixés sur les gens autour de nous.
Aucun n’avait l’air en bonne santé.
Un homme qui boitait.
Un vieillard avec un bandage crasseux autour de la tête.
Même un petit enfant, couvert de sang et allongé dans une charrette.
Ceux qui n’étaient pas blessés n’étaient pas en meilleur état.
Ils étaient tous si maigres qu’on aurait dit que leurs os allaient percer leur peau.
Leurs yeux étaient enfoncés et même les enfants ne pleuraient pas. Ils s’agrippaient juste aux vêtements des adultes, le regard vide.
La faim et l’épuisement les avaient poussés à bout.
Pas une seule de ces centaines de personnes n’avait l’air en forme.
Une guerre avait éclaté et les avait forcés à fuir ?
Le chevalier m’expliqua :
« Nous fuyons depuis déjà dix jours… »
Pour résumer son histoire, ils vivaient à l’origine dans une ville fortifiée, loin au sud.
Puis, un jour, une immense horde de monstres avait semé le chaos et attaqué la ville.
Les murs avaient été complètement détruits, d’innombrables personnes étaient mortes et ils avaient fui vers le nord dans la panique.
« En chemin, nous avons rejoint des survivants d’autres villages. Puis, les gens sont venus se joindre à nous les uns après les autres, jusqu’à ce que notre groupe devienne aussi grand. »
« Qu’y a-t-il au nord ? »
« Le dernier bastion humain. Il n’est pas encore tombé. Si seulement nous pouvions l’atteindre… »
Le problème, c’était que le voyage jusqu’à ce bastion n’était pas de tout repos.
De grands monstres étaient disséminés dans les terres désolées, le convoi de réfugiés avançait lentement et les monstres pouvaient les sentir et les poursuivre sans relâche.
« Nous avons été attaqués cinq fois ces dix derniers jours. À chaque fois, nous avons perdu des gens. »
« Combien de personnes sont mortes ? »
« Nous étions plus de mille au départ. Mais maintenant… »
L’expression de l’homme s’assombrit.
« Comme vous pouvez le voir, même la moitié n’a pas survécu. Certains sont morts, d’autres ont été distancés ou emportés par les monstres… »
« Hum. »
Le chevalier, qui déplorait leur sort, baissa soudain la tête.
« Merci, bienfaiteur. Sans vous, nous serions tous morts. »
« … »
« Beaucoup de gens se sont sacrifiés pour nous sauver. Certains sont restés derrière pour nous faire gagner du temps. C’est pour cela que nous devons atteindre le bastion vivants. Sinon, leur sacrifice aura été vain. »
« C’est vrai ? »
Après une fuite aussi éprouvante, pas une seule personne du convoi de réfugiés n’était indemne.
C’était vraiment pitoyable.
À ce rythme, la plupart d’entre eux mourraient d’ici quelques jours…
Pas le choix !
« Vous arriverez à destination dans cet état ? Vous avez dit qu’il vous restait encore plusieurs jours de route. »
« Eh bien… »
« Ça va être difficile, pas vrai ? Vous êtes épuisés, et il y a beaucoup de blessés. Attendez un instant. Je vais vous soigner. »
« ? »
« Magie divine en un clic. »
Je ramassai mon bâton et lançai un sort divin.
Je brûlai une grande quantité de mana pour lancer la Bénédiction, un sort de zone qui faisait aussi office de sort de soin !
Et alors…
— Hummmmmm…
Un bourdonnement grave s’éleva de mon bâton.
Je mobilisai et organisai les Motes bleues qui se trouvaient dans mon corps.
J’en modifiai la phase et inversai le sens de rotation pour en faire ressortir l’attribut divin.
Les Motes bleues prirent peu à peu une teinte dorée.
— Flââââsh !
Une lumière dorée éblouissante jaillit.
On aurait dit qu’un petit soleil s’était levé du sol.
La terre aride des terres désolées se teinta d’or.
Et alors…
— Fssssssss…
La lumière dorée commença lentement à se disperser.
Les rayons épars pénétrèrent doucement dans les corps des réfugiés.
Hommes et femmes, jeunes et vieux.
Ceux qui marchaient, ceux qui étaient allongés dans les charrettes, jusqu’au chevalier d’âge mûr qui se tenait devant moi.
La lumière pénétra en chacun d’eux, sans exception.
Puis les changements commencèrent.
« Euh… qu’est-ce que c’est ? Ma blessure… »
« J’ai l’impression de retrouver mes forces… »
« Je n’ai plus la tête qui tourne… ? »
Les gens prirent la parole les uns après les autres. L’étonnement et l’émerveillement se lisaient sur leurs visages tandis qu’ils sentaient leur état s’améliorer.
Ils reprirent peu à peu des couleurs.
Au moment où leurs murmures s’amplifièrent…
— Clac.
Une charrette garée non loin trembla.
C’était celle où se trouvait l’enfant couvert de sang que j’avais aperçu tout à l’heure.
Une petite fille se redressa lentement.
« Hein… ? »
La fillette se toucha le corps.
La vilaine plaie qui lui déchirait le flanc avait complètement guéri.
Ses yeux s’écarquillèrent de surprise.
« Maman ! »
L’enfant bondit et courut vers sa mère.
Elle se jeta dans ses bras.
« Maman ! Je n’ai plus mal ! C’est vrai ! Tu n’as plus à t’inquiéter ! »
« … C’est vrai. Tu n’as plus l’air d’avoir mal. Quel soulagement. Je suis tellement soulagée… »
Des larmes coulèrent sur le visage de la mère tandis qu’elle serrait son enfant contre elle.
Les gens autour d’elles, rassurés de voir leurs proches sains et saufs, commencèrent à s’enlacer.
Un à un, ils guérirent de leurs petites blessures, retrouvèrent leurs forces et oublièrent leur épuisement.
C’était comme lorsque j’avais lancé un soin de zone à l’Étage de l’Académie !
Cette fois, cependant, j’avais réduit l’intensité pour économiser du mana.
Les soins et les effets de renforcement n’étaient pas immédiats, mais…
Ça devrait quand même leur permettre de tenir quelques jours de plus, non ?
Je me frottai sous le nez.
« Hum. Aujourd’hui, j’ai encore une fois s a u v é le petit peuple ! »
J’étais de bonne humeur !
Ce n’était pas particulièrement émouvant ou quoi.
C’était juste…
Voir des gens au bord de la mort se relever en pleurant à chaudes larmes…
Ça me procurait une petite satisfaction.
Tandis que je continuais à les soigner, les réactions de toutes sortes fusèrent autour de moi.
« Q-Qu’est-ce que c’est que ça… ?! Vous seriez… ! »
D’abord, le chevalier d’âge mûr.
Non, tous les gens de la foule me dévisageaient, la bouche grande ouverte.
« Vous pouvez soigner autant de personnes à la fois ? »
« C’était moi. »
« … C’est carrément abusé. Même si la moitié d’un groupe de raid se faisait massacrer, avec vous, vous pourriez les remettre tous sur pied. »
« C’était moi. »
Choi Yejin était stupéfaite par mes capacités de guérison, qui dépassaient même ses attentes.
« Jiho, pourquoi tu réponds avec autant d’indifférence ? Aux Étages supérieurs, tu faisais tout un cirque avec ton titre de Prophète et tout le reste. »
« J’ai déjà bien profité de mon rôle de Prophète, chef d’une fausse église, aux Étages supérieurs, alors maintenant je m’en lasse… Haa. Il n’y aurait pas un nouveau personnage amusant à jouer ? J’ai s a u v é trop de gens. Sauver seulement quelques centaines de personnes, ça ne me fait même plus grand-chose. Je crois qu’il faudrait que je sauve au moins un continent pour être un peu satisfait… »
« Mon Dieu… »
Hyeji se moquait gratuitement de mes actes sacrés.
— Iing iing iing !
Et Iing Iing était toujours aussi ridiculement adorable.
Tandis que la lumière dorée se répandait et que les gens reprenaient peu à peu des forces…
« Ah ! »
Le chevalier d’âge mûr poussa un cri de stupeur en regardant au-dessus de ma tête.
Il fixait le sommet de mon crâne, l’air abasourdi.
Cette réaction m’était étrangement familière.
« Ne me dites pas que… »
Je levai les yeux, par précaution.
Et il était là.
— Scintille, scintille.
Un petit Halo était apparu au-dessus de ma tête et diffusait une lumière sacrée !
Je marmonnai à voix basse :
« Première fois que je le revois depuis les Étages supérieurs ? Ça fait plaisir de retrouver ce type après tout ce temps. »
« Qu-Qu’est-ce que c’est que ça ?! Il y a un drôle d’anneau doré au-dessus de votre tête… ! »
« Je vous l’ai dit. J’étais le Chasseur Prophète céleste de la Difficulté Extrême Lunatique aux Étages supérieurs, alors un Halo apparaît au-dessus de ma tête. Voilà tout. »
« C’est dingue… Cette blague sur le Halo, c’était vraiment vrai ?! »
Choi Yejin s’agita comme une folle, car c’était la première fois qu’elle voyait mon Halo.
Pourtant, je pensais ne plus jamais revoir le Halo après avoir quitté les Étages supérieurs.
Et voilà qu’il apparaissait ici aussi ?
Je me grattai l’arrière de la tête.
« Hum. Le Halo… il a un petit côté cool, mais franchement, je ne vois pas en quoi il m’aide. »
Il semblait apparaître chaque fois que je faisais quelque chose de bien.
Je ne savais toujours pas quel était son effet exact.
Et si ce n’était vraiment qu’un objet cosmétique ?
Malgré tout, que le Halo ait un effet notable sur moi ou non, son apparition avait assurément un effet.
« Un Halo ! C’est un Halo ! »
« Cette personne serait un ange… ?! »
« Un ange ! C’est un ange ! Un ange est descendu sur terre pour nous, pauvres gens qui souffrons ! »
« Ouaiiiiiis ! »
Les réfugiés entrèrent en transe dès qu’ils aperçurent mon Halo.
Aux Étages supérieurs, ils m’avaient appelé Prophète.
Aux étages les plus élevés, est-ce qu’ils m’appelleraient ange ?
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>