Chapitre 118
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 118 : 118
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Le célèbre philosophe allemand Friedrich Nietzsche a dit un jour :
« Celui qui combat des monstres doit prendre garde à ne pas devenir un monstre lui-même. »
« Et si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme finit par regarder en toi. »
Il avait raison.
J’avais combattu les Chinetoques et, au bout du compte, j’en étais devenu un moi-même.
Comme ces Chinetoques qui avaient développé leur industrie en polluant l’environnement, j’étais moi aussi devenu un Chinetoque magique, détruisant la nature pour obtenir du mana…
Mais je n’avais pas le choix.
C’était le seul moyen de vaincre la Chine.
Vous connaissez le dicton.
« Si tu ne peux pas les battre, rejoins-les. »
-Iing ?
« Je n’arrive tout simplement pas à battre les Chinetoques, alors je n’ai pas le choix. Je n’ai pas d’autre solution que de devenir un Chinetoque, moi aussi… ! »
-Iing… ?!
Iing Iing avait l’air horrifiée.
Mais ma détermination ne vacilla pas.
J’allais devenir un Chinetoque !
Même s’il fallait détruire l’environnement, je reconstituerais mon mana !
-Boum !
J’enfonçai mon bâton dans le sol et criai :
« Pardon, la Terre !!! »
Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger !!!
Je fis surgir les Motes bleues qui se trouvaient en moi.
J’en modifiai la phase pour les transformer en mana noir.
Puis je lançai un sort à grande échelle.
-Grrrrrrrr… !
Une immense quantité de mana noir se répandit sur une vaste zone et se mit à tourner violemment dans le sens des aiguilles d’une montre.
Le paysage alentour commença alors peu à peu à se transformer.
La Magie de forage terrestre venait de commencer.
* * *
Au même moment, à bord d’Air Force One, au-dessus de l’océan Pacifique.
« Magnifique, magnifique… Absolument magnifique. »
Dans le bureau présidentiel, Donald Torumph contemplait son miroir de poche, un sourire satisfait aux lèvres.
Frouf.
Sa chevelure blonde, qui lui arrivait aux épaules, ondula lorsqu’il bougea la tête.
Quelques heures plus tôt, il n’aurait jamais imaginé voir ça.
Son crâne autrefois dégarni était à présent couvert d’une épaisse tignasse.
« Le retour de la Blonde de la liberté. L’Amérique va redevenir grande. »
« …Oui, monsieur le Président. »
Son assistant, à côté de lui, répondit d’un air las.
Il avait déjà entendu ça des dizaines de fois depuis leur départ de Séoul.
Torumph baissa le miroir et reprit :
« Jiho, ce type est vraiment exceptionnel. Je l’ai compris dès notre première rencontre. J’ai du flair pour les gens. »
« … »
« Les droits de douane, le swap de devises, ça m’est égal. Avoir un gars comme lui pour ami de l’Amérique, ça en vaut largement la peine. Comme prévu, je suis le meilleur ! Et les meilleurs ont les meilleurs amis, pas vrai ? »
Torumph était en train de se jeter des fleurs quand…
Bam.
La porte du bureau s’ouvrit brusquement.
« Monsieur le Président. »
Celui qui venait d’entrer n’était autre que l’assistant du président.
Mais il était loin d’avoir l’air dans son état normal.
Il respirait avec difficulté et ses doigts crispés sur son appareil étaient devenus blancs.
« Qu’y a-t-il ? »
« La péninsule du Shandong. »
« Le Shandong ? Ah. Jiho est encore en train de tout saccager ? Ha ha ! Ce type est vraiment… »
« Ce n’est pas ça. »
Le rire de Torumph s’interrompit.
L’assistant avait l’air sombre.
« Que voulez-vous dire par “ce n’est pas ça” ? »
« Ce sera plus simple si vous le voyez de vos propres yeux. »
Clic.
L’assistant manipula l’écran du bureau.
Une retransmission satellite en direct apparut.
L’écran montrait la côte de la péninsule du Shandong, plongée dans la nuit.
Et au-delà de l’écran…
Il le vit.
« … »
Une immense étendue de terre devenait noire.
Le paysage verdoyant virait au gris.
Puis le gris virait au noir.
La tache s’étendait comme de l’encre qui se répand sur une feuille blanche.
Torumph pencha la tête et demanda :
« …Qu’est-ce que c’est ? »
« Nous sommes en train de l’analyser. »
« De l’analyser ? Vous ne m’avez pas dit que nos satellites étaient les meilleurs du monde ? Et vous ne pouvez même pas l’identifier ? »
« … »
L’assistant ne sut que répondre.
À sa place, l’analyste du renseignement qui se tenait derrière lui prit la parole.
« Aucune signature thermique. »
« Et alors ? »
« Nous n’avons détecté aucune explosion, aucun incendie ni réaction chimique. Mais… »
L’analyste sortit plusieurs photographies imprimées.
« La végétation disparaît. »
« La végétation ? »
« Les arbres, l’herbe, les cultures. Toutes les plantes de cette zone… elles sont en train de mourir. »
Les photos montraient la végétation de la côte de la péninsule du Shandong, immortalisée par un satellite de reconnaissance à fort grossissement.
Toutes les plantes visibles étaient mortes.
Au-dessus du sol noir et boueux, une brume violette ondulait.
Toute l’herbe et tous les arbres qui poussaient là avaient perdu leur vitalité, séché, été tordus, puis étaient morts.
On aurait dit une scène tirée d’un mauvais film catastrophe sur l’environnement.
Torumph demanda :
« Quelle est l’étendue ? »
« Pour l’instant, un rayon de trois kilomètres. Non… quatre kilomètres. Ça continue de s’étendre. »
« Et depuis combien de temps ? »
« … »
« Je vous demande depuis combien de temps ça dure. »
L’analyste consulta sa montre.
Puis il répondit à voix basse :
« Deux minutes. »
« … »
Le silence tomba dans l’avion.
Seul le grondement sourd des moteurs emplissait l’espace.
Personne ne trouvait quoi dire.
Torumph fixait l’écran sans un mot.
Un cercle noir s’élargissait lentement depuis le centre de l’image.
Il finit par demander à voix basse :
« Des armes chimiques ? »
« Non. Nous n’avons détecté aucun agent chimique connu. »
« Des radiations ? »
« Les niveaux sont normaux. »
« Alors, c’est quoi, ce putain de truc ? »
« … »
Personne ne sut répondre.
Il n’y avait eu ni explosion, ni gaz, ni radiation, et pourtant la terre noircissait et mourait.
Comment pouvait-on appeler un tel phénomène ?
Il n’y avait jamais rien eu de semblable.
« … »
Torumph continua d’observer l’écran.
Au centre du cercle noir flottait un minuscule point.
Un point aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Tous les gens dans la pièce savaient ce que c’était.
Quelques heures plus tôt, ils avaient pris des photos ensemble à la Maison-Bleue.
Le grand ami qui lui avait rendu ses cheveux.
Torumph murmura :
« …Jiho. Mon ami. »
Sa voix trahissait une émotion étrange, qui ne relevait ni de l’admiration ni de la stupeur.
« Qu’est-ce que tu fabriques, au juste ? »
* * *
Juste après que la magie se fut manifestée, je restai là, à regarder autour de moi, abasourdi.
Puis je découvris les ravages que j’avais provoqués.
L’herbe verte et luxuriante avait fané.
Les arbres avaient perdu leur vitalité et séché.
Le sol s’était changé en une boue noire et putride.
L’air était devenu violet et trouble.
C’était semblable à ce que j’avais vu à l’étage 39.
Sauf que ce n’était pas un monde à l’intérieur de la Tour. C’était la vraie Terre, et les dégâts s’étendaient sur une zone bien plus vaste.
Je marmonnai :
« Qu’est-ce que… qu’est-ce que j’ai fait ?! »
Ce n’est qu’à cet instant que je pris pleinement conscience des conséquences de mes actes.
Je venais de détruire l’environnement.
Sur un rayon de cinq kilomètres le long de cette côte, j’avais libéré une énorme quantité de mana noir et l’avais fait tourner, créant une puissante force d’attraction spirituelle.
J’avais pollué l’environnement et pillé son mana.
C’est ça.
J’avais pollué l’environnement !
Comme ces Chinetoques qui avaient privilégié le développement de leur pays en polluant et en contaminant tout ce qui leur tombait sous la main, j’avais cédé à l’impulsion et à la colère, désespéré de trouver du mana, et j’avais saccagé l’environnement.
Je désespérai.
« N-non… ! Moi, le Chasseur écolo de Difficulté Extrême Lunatique, qui dois rendre notre Terre toujours plus verte… détruire l’environnement ? Mais qu’est-ce que j’ai foutu ?! »
-Iing Iing…
« Non. C’est impossible ! À ce rythme, l’Arctique va fondre et tous les pauvres ours polaires vont mourir ! Il faut les protéger ! »
Ce n’est qu’à présent que je compris le poids de ma faute.
Moi, un militant écologiste, j’avais détruit l’environnement.
Quelle horreur… !
Mais alors, j’évaluai instinctivement le mana dans mon cœur.
Et je fus stupéfait.
« Oh ? Ma réserve de mana est pleine ? »
Incroyable : en quelques minutes à peine, ma réserve de mana s’était remplie à ras bord.
Le mana que j’avais entièrement dépensé était de nouveau là, au complet !
Je marmonnai :
« Hmm… Détruire l’environnement. Ça pourrait valoir le coup ? »
Ah !
Je sursautai et secouai la tête.
Je serrai fermement mon bâton.
« Ne cède pas à la tentation, Baek Jiho ! »
Un jour, tu sauveras non seulement la Corée, le royaume, mais aussi la Terre entière en tant que Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique.
Tu ne dois pas abîmer la Terre sous prétexte que tu as besoin de mana !
Mais tout de même…
Cette Magie de forage terrestre était d’une efficacité délirante.
Si je l’utilisais sans arrêt, ça ne voudrait pas dire que j’aurais pratiquement du mana à l’infini ?
Je deviendrais un Chasseur au mana illimité.
Ce n’était pas terriblement tentant ?
Si je saccageais seulement un peu l’environnement…
Je pourrais obtenir du mana quasiment à l’infini.
Je pourrais lancer toutes sortes de sorts à grande échelle, sans me retenir.
Après tout, la surface de la Terre était immense.
Est-ce que ça ferait vraiment du mal de polluer un tout petit peu ?
« Non. Ne cède pas à la tentation ! Je dois préserver l’environnement ! Si je deviens obsédé par la magie noire et que je me mets à convoiter le pouvoir, la Terre finira aussi complètement ravagée que les Étages supérieurs ! »
Mais si j’extrayais tout le mana de la Terre entière avec du mana noir…
Je pourrais lancer tous les sorts que je voulais, sans aucune limite de mana.
Est-ce que je devais vraiment m’interdire la magie noire pour le bien des gens ordinaires ?
C’étaient des êtres pitoyables, incapables d’utiliser la magie de toute façon.
Des créatures d’un ordre inférieur au mien.
Ce ne serait pas bien de contracter un gros prêt de mana avec la magie noire et de frimer un peu ?
Vous ne trouvez pas ?
« …Hein ? »
Soudain, quelque chose me parut louche.
Qu’est-ce que je venais de penser ?
Est-ce que j’étais vraiment le genre de type à penser comme ça ?
« Hors de ma tête ! Tu crois que moi, le Démon sauveur en série, je vais devenir obsédé par une magie qui broie l’environnement pour en faire du carburant ?! »
Alors que je luttais intérieurement entre tentation et conscience, Iing Iing se mit à balancer ses petites mains adorables et à me gifler les joues à répétition.
-Iing ! Iing !
Clac ! Clac !
Son visage était plein d’inquiétude.
Je repris mes esprits.
« Hein ? Qu’est-ce qui vient de se passer ? »
J’avais l’impression d’avoir réfléchi à quelque chose d’important.
Pourtant, je n’arrivais pas à m’en souvenir clairement.
Bah, ça ne devait pas être si grave !
Bref.
« Alors, mon mana est complètement revenu ? »
J’évaluai le mana dans mon cœur.
Ma réserve, qui pouvait contenir 4 000 unités et s’était retrouvée complètement vide, était pleine.
Monsieur, remplissez-moi ça à ras bord !
Je hochai la tête, satisfait.
« Parfait. Je peux me battre de nouveau. Mais… »
Un coup d’œil.
Je tournai le regard vers le ciel nocturne, au nord-ouest.
Je les aperçus au loin.
-Kwaaaaaaah !
-Kriiiii !
De nombreuses traînées fendaient le ciel nocturne dans ma direction.
Une salve de missiles de croisière tirés par la Chine.
Ces foutus Chinois ne se lassaient donc jamais de m’envoyer des missiles ?!
Je claquai la langue.
« Ces putains de Chinetoques. Ça ne va donc jamais s’arrêter. »
Je levai mon bâton.
Railgun, manifestations multiples.
-Kwakakakaboum !
Des éclairs bleus transpercèrent le ciel nocturne dans toutes les directions.
Ils frappèrent chaque missile qui fonçait sur moi.
Boum ! Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
Les explosions illuminèrent le ciel nocturne.
J’avais perdu le compte des feux d’artifice que j’avais déclenchés.
Je marmonnai :
« On dirait que la Chine n’a pas l’intention de me laisser partir. »
Les Chinois étaient beaucoup trop tenaces.
Tout ce que j’avais fait, c’était venir ici causer un peu de grabuge pour me venger parce que ma sœur avait failli mourir.
Et pourtant, leur réaction était bien trop agressive.
Ce n’était pas raisonnable.
Ils avaient perdu une flotte, des avions de chasse et des centaines de véhicules blindés, tout ça pour attraper un seul homme.
Et ils refusaient encore de lâcher l’affaire, continuant à s’acharner sur moi avec autant de férocité ?
Je ne comprenais pas.
Ils ne pouvaient pas simplement abandonner, à un moment ?
Pourquoi étaient-ils si obsédés par l’idée de m’attaquer ?
« Ou est-ce à cause de leur fierté typiquement chinoise ? Ils refusent absolument de me laisser partir ? »
De mon point de vue, ce n’était qu’une vengeance et une façon de laisser sortir ma colère.
Mais, pour eux, c’était l’invasion de leur pays par un Chasseur solitaire.
Ça n’en restait pas moins pénible.
Je voulais en finir ici et rentrer chez moi.
Mais ils ne me laissaient pas partir.
Je n’avais donc pas le choix.
« Iing Iing, puisqu’on est déjà en Chine, on ne devrait pas au moins faire un tour dans la capitale ? »
-Iing ?
« Non. Les Chinois se comportent comme des ex minables et pleins de regrets, complètement obsédés par moi. J’avais vraiment prévu de leur faire une petite démonstration de force avant de rentrer. Mais vu leur obsession, c’est évident qu’ils tenteront encore un coup foireux après mon retour en Corée. »
Je voyais déjà comment ça allait se passer.
Si je me retirais maintenant, ils ne me lâcheraient jamais et continueraient à tenter toutes sortes de coups tordus.
Je pris donc ma décision.
« Je crois qu’ils finiront par retrouver leurs esprits si je vais jusqu’à Pékin et que je leur montre vraiment de quoi je suis capable. »
J’irais moi-même à Pékin.
Et je leur montrerais ce dont j’étais réellement capable.
Une fois qu’ils connaîtraient ma véritable force…
Ils cesseraient de tenter des coups foireux, pas vrai ?
« Iing Iing, en route ! Cette fois, direction Pékin, la capitale de la Chine ! »
-Iing Iing !
Pouf.
Iing Iing se mit à voler grâce à sa télékinésie.
Nous filâmes vers le nord-ouest dans le ciel nocturne.
Pékin se rapprochait.
* * *
Pékin, Chine.
Zhongnanhai.
« Il approche de Pékin ! »
« … »
« Nous ne pouvons pas l’arrêter ! »
Un soldat en uniforme cria ces mots.
C’étaient des directeurs du Bureau général de la Commission militaire centrale, chargés d’aider Xi Jinping dans les opérations militaires.
Ils s’écrièrent :
« Même après avoir tiré des dizaines de missiles de croisière et des centaines de missiles sol-air, nous n’arrivons absolument pas à l’arrêter ! »
« … »
« Président Xi Jinping, nous n’avons plus aucun moyen de riposter ! Que devons-nous faire ?! Il faut utiliser l’arme nucléaire… »
« Ça suffit ! »
Alors que le directeur du Bureau général de la Commission militaire centrale venait de parler d’armes nucléaires, Cui Qiu, directeur du Bureau général du Comité central du Parti communiste chinois, s’avança.
Cui Qiu parla à voix basse :
« L’utilisation d’armes nucléaires est absolument exclue. Nous ne les avons employées ni pendant la guerre contre l’Inde ni pendant la guerre d’Asie du Sud-Est. Si nous les utilisons maintenant, le monde occidental, États-Unis compris, pourrait s’unir. Nous avons tout juste réussi à séparer l’Europe de l’Amérique. Nous ne pouvons pas les laisser s’unir à nouveau. »
« Alors, qu’est-ce qu’on est censés faire ?… Nous n’avons aucun moyen de l’arrêter. Les missiles de croisière et les armes antiaériennes ne fonctionnent pas. Comment peut-on arrêter un monstre fou, invisible et volant comme lui ?! »
« C’est… »
Cui Qiu se tut.
Comme le directeur du Bureau général de la Commission militaire centrale venait de le dire, Cui Qiu ne trouvait aucune parade.
Baek Jiho.
C’était un monstre.
À lui seul, il avait anéanti toute une flotte, abattu des dizaines d’avions de chasse et détruit des centaines de véhicules blindés.
Il avait éliminé trente pour cent des forces défensives du Commandement du théâtre nord, tout seul.
Un monstre fou, capable de faire la guerre à un pays entier à lui seul.
Et maintenant…
« Il vient ici, à Pékin ! »
Le directeur du Bureau général de la Commission militaire centrale désigna l’écran.
Une silhouette y apparut.
-Pouf.
Au milieu d’une pluie incessante de missiles et de tirs antiaériens, un point aux couleurs de l’arc-en-ciel traversait tranquillement le ciel au-dessus de la mer nocturne.
Baek Jiho.
« On est censés regarder ce monstre se poster au-dessus de Pékin et déchaîner sur nous cette attaque insensée ?! »
Il avait quitté la péninsule du Shandong et se dirigeait tout droit vers Pékin.
Ils avaient essayé toutes les méthodes possibles, sans parvenir à l’arrêter.
Le directeur du Bureau général de la Commission militaire centrale ne voyait pas d’autre réponse que l’arme nucléaire.
C’est alors que…
« …Nous n’utiliserons pas d’armes nucléaires. Comme l’a dit Cui Qiu, nous avons trop à perdre si nous y avons recours maintenant. »
« Monsieur le Président ! »
Xi Jinping, qui était resté plongé dans ses pensées sur son siège, prit la parole à voix basse.
« Mais cela ne signifie pas que nous ayons un autre moyen de l’arrêter… »
Haa.
Xi Jinping poussa un léger soupir.
Puis, comme s’il avait pris sa décision, il donna un ordre :
« Activez l’artefact de barrière défensive urbaine. »
« … ! »
« Monsieur le Président ! C’est… ! »
Tous les présents regardèrent Xi Jinping avec horreur.
Leur réaction était parfaitement naturelle.
Activer l’artefact de barrière était une décision aussi grave.
« L’activation de cet artefact consomme 100 millions de points ! Ce n’est pas une réaction complètement disproportionnée ?! »
L’un des artefacts de rang Unique de la Chine.
L’artefact de barrière défensive urbaine.
Comme son nom l’indiquait, il créait une barrière assez grande pour couvrir une immense ville entière.
Une barrière gigantesque, capable de protéger une ville entière.
Un rempart absolu, supposé pouvoir bloquer même les armes nucléaires américaines.
Mais son coût était loin d’être négligeable.
Comme elle assurait une protection absolue sur une zone aussi vaste, on estimait qu’elle consommerait jusqu’à 100 millions de points par heure.
Et il voulait activer cet artefact de barrière défensive urbaine.
N’était-ce pas excessivement coûteux ?
Mais ils n’avaient pas d’autre choix.
« Nous reste-t-il un moyen de l’arrêter ? »
« … »
« L’armée et les missiles sont inefficaces, et nous ne pouvons pas stratégiquement utiliser l’arme nucléaire… Alors, pour protéger Pékin, l’artefact de barrière défensive urbaine n’est-il pas notre seule option ? »
Un ennemi aux pouvoirs incompréhensibles, impossible à arrêter.
Ils avaient déployé d’innombrables armes conventionnelles et n’avaient récolté que des pertes.
Les armes nucléaires étaient le dernier recours parmi les derniers recours.
Ils devaient les éviter s’ils ne voulaient pas réunir l’Amérique et l’Europe, qu’ils s’étaient tant évertués à diviser, et déclencher la dernière grande guerre.
En fin de compte, le seul moyen sur lequel ils pouvaient compter était l’artefact de rang Unique.
Par conséquent…
« Activez l’artefact de barrière ! Tout de suite ! »
« …Monsieur le Président. »
« Tout de suite ! Activez-le ! »
Xi Jinping ordonna l’activation de l’artefact, et son cri désespéré résonna. Cui Qiu gémit et leva un smartphone.
Un instant plus tard.
-Wouuuuuum… !
Dans un grondement majestueux, un immense voile bleu se déploya sur tout Pékin.
L’artefact de rang Unique de la Chine.
L’artefact de barrière défensive urbaine venait de s’activer.
Xi Jinping se leva et s’approcha de la fenêtre.
Les jardins de Zhongnanhai s’étendaient au-dehors.
Au-dessus d’eux, un voile bleu recouvrait tout le ciel nocturne et ondulait doucement.
Cent millions de points par heure.
Près de 30 000 points se changeaient en cendres et disparaissaient chaque seconde.
Les points accumulés grâce à la sueur et au sang d’un milliard quatre cents millions de personnes s’évanouissaient.
Le cœur de Xi Jinping se serra.
« Cent millions par heure. »
Malgré tout, il ne put retenir un soupir de soulagement.
Au moins, Pékin serait en sécurité sous cette barrière.
N’était-ce pas un rempart absolu, capable de bloquer même les armes nucléaires américaines ?
« …Ça devrait suffire. »
Xi Jinping murmura ces mots.
Pendant un bref instant, il savoura son soulagement.
Mais celui-ci ne dura pas longtemps.
* * *
Je fonçai vers Pékin avec Iing Iing.
Bien sûr, nous rencontrâmes pas mal d’obstacles en chemin.
-Fouuuush !
-Kriiiii !
Des missiles et des roquettes nous arrivaient de toutes parts !
Mais qui étais-je, moi ?
Un gars assez puissant pour utiliser la magie !
Marisa de Difficulté Extrême Lunatique !
Ces petits missiles ne représentaient pas une grande menace pour moi.
-Kwakakakakaboum !
Je n’avais qu’à balayer leur salve avec Railgun.
Quels que soient les obstacles sur ma route, je continuai d’avancer vers le nord-ouest.
Après avoir volé un certain temps…
« Oh. C’est Pékin ? »
Enfin, nous aperçûmes Pékin.
Une ville immense, étendue à perte de vue, illuminée dans la nuit.
Comme on pouvait s’y attendre de la capitale du continent, c’était une ville gigantesque.
Elle n’était pas aussi grande que Séoul, la future capitale de la Corée, le royaume, que je développerais, mais elle était tout de même imposante et majestueuse…
Pourtant, quelque chose attirait encore plus le regard que le magnifique panorama nocturne de cette ville étincelante.
« Mais qu’est-ce que c’est ? »
Je remarquai un immense voile bleu autour de Pékin.
Une barrière démesurée, faite de lumière bleue.
Elle avait sans doute été conçue à l’aide d’un système très sophistiqué : son agencement était si dense que même moi, je n’arrivais pas à le déchiffrer.
Je fixai la barrière.
Puis je compris ce que c’était.
Un rire incrédule m’échappa.
« Sans déconner, ces Chinetoques ont utilisé un artefact de barrière défensive urbaine ?! »
L’utiliser devait coûter une quantité absolument ridicule de points.
Je n’aurais jamais cru qu’ils l’activeraient pour de vrai.
Ils avaient eu peur en me voyant approcher de Pékin ?
Je fis claquer ma langue.
« Je me sens… un peu mal, maintenant. Je voulais juste leur faire un peu peur. Je ne pensais pas qu’ils activeraient un artefact de rang Unique… »
La Chine avait utilisé un artefact de rang Unique en dépensant une quantité énorme de points.
On aurait dit qu’ils pensaient que j’allais détruire Pékin.
Je ne comptais pas leur faire dépenser autant de points.
Mais on aurait dit que j’avais atteint mon but.
Ils avaient tellement peur de moi qu’ils avaient même utilisé Sincère garde, l’artefact de barrière défensive urbaine de rang Unique !
Ils s’étaient à moitié rendus !
À ce stade, ils n’allaient probablement plus essayer de me jouer de mauvais tours, pas vrai ?
« Iing Iing, on dirait que les Chinois ont enfin reconnu ma grandeur. On ferait mieux d’interrompre notre petite balade et de rentrer ? »
L’artefact de rang Unique, l’artefact de barrière défensive urbaine.
Je n’avais de toute façon pas beaucoup de chances de le franchir.
Et si j’essayais sans y arriver, ma dignité risquait d’en prendre un coup.
Je m’apprêtais à mettre un terme à cette longue balade nocturne et à rentrer chez moi.
Mais alors…
-Iing ! Iing ! Iing ! Iing !
Tap ! Tap ! Tap ! Tap !
Iing Iing se mit à me tapoter l’épaule à répétition.
Je la regardai, perplexe.
« Iing Iing, qu’est-ce qui te prend tout à coup ? »
-Iing !
« Regarde là-bas ? »
Je tournai la tête et regardai dans la direction qu’elle indiquait.
C’est alors que je le vis.
À la périphérie de Pékin.
Une immense installation, située à l’intérieur des limites de la barrière.
De hauts murs et des barbelés.
Des miradors et des projecteurs surveillaient chaque recoin.
À l’intérieur, des bâtiments gris étaient entassés les uns contre les autres.
Et dans cet endroit sinistre…
« … »
Des centaines de personnes étaient assises en rangées.
Elles avaient toutes l’air misérables.
Leurs vêtements étaient vieux et en lambeaux, et leurs membres, décharnés.
Elles ne faisaient que fixer le sol, le regard vide.
Leur teint et leurs traits étaient différents.
Ce n’étaient pas des Chinois.
Je savais ce qu’était cet endroit.
Plusieurs médias occidentaux en avaient déjà parlé.
« Ce ne serait pas… une Ferme à points ? »
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