Chapitre 117
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Hydrogen B.
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Chapitre 117 : 117
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La salle de conférence du quartier général du Commandement du théâtre nord.
Les officiers d’état-major prirent la parole les uns après les autres.
« Nous ne pouvons pas l’arrêter avec les forces actuellement déployées le long de la côte. »
« La 80e armée de groupe, à l’arrière, a besoin de plus de temps pour arriver ! »
« Nous n’avons jamais affronté un ennemi pareil. Il nous faut élaborer de nouvelles tactiques. Si nous continuons ainsi, nous ne ferons qu’accumuler des pertes inutiles. »
« Nous devrions battre en retraite et nous réorganiser, camarade commandant ! »
Tous les officiers d’état-major du Commandement du théâtre nord réclamaient une retraite et une réorganisation.
Leurs regards se tournèrent vers l’homme assis à la tête de la table de conférence.
Un vieil homme en uniforme froissé, au regard grave. Ses insignes indiquaient le grade de général trois étoiles.
Il commandait en chef les 200 000 soldats du Commandement du théâtre nord.
« Camarade commandant, je vous en prie, prenez une décision… ! »
Le commandant du Commandement du théâtre nord, Huang Weiguo.
Les officiers d’état-major le pressaient de trancher.
Après un instant de réflexion, Huang Weiguo acquiesça lentement.
« Hum. Les camarades de l’état-major ont raison. En attendant que la 80e armée de groupe ait terminé de se rassembler, nous devrions battre en retraite et nous réorganiser. Par conséquent… »
Alors qu’il s’apprêtait à ordonner la retraite et la réorganisation…
« Ça ne va pas, camarade commandant ! »
Quelqu’un l’interrompit.
Tss.
Huang Weiguo fronça les sourcils, agacé.
Une seule personne pouvait se permettre d’interrompre ainsi le commandant du Commandement du théâtre nord.
« Camarade commissaire politique Li Jingyu. »
« Ce n’est qu’un vulgaire Coréen ! Ça a vraiment un sens de retirer nos troupes parce qu’on a peur d’un seul Coréen ? »
C’était le général Li Jingyu, le commissaire politique.
Contrairement à Huang Weiguo, militaire d’élite, Li Jingyu était un apparatchik de premier plan. Il s’employait aussi constamment à contrecarrer l’autorité de Huang Weiguo.
Li Jingyu poursuivit :
« Comment peut-on battre en retraite à cause d’un simple Coréen ? Que penserait le Parti du Commandement du théâtre nord ? Nous ne devons pas reculer. Nous devons lutter jusqu’au bout, sans jamais plier ! »
« Mais nos pertes sont trop lourdes. Et comme nous n’avons jamais affronté un ennemi de ce genre, nous devons élaborer de nouvelles tactiques. Si nous continuons à envoyer nos forces à l’aveuglette, nous ne ferons que les livrer une à une. Nous lui offrirons ses proies sur un plateau. Mieux vaudrait concentrer nos forces et l’écraser d’un seul coup… »
« Ça suffit ! Je n’autoriserai pas de retraite ! Les dirigeants du Parti suivent la situation de près ! Pékin ne tolérera pas les idées défaitistes qui sapent le moral des troupes ! Si vous décidez de battre en retraite, j’opposerai mon veto. C’est compris ? »
Li Jingyu fit pression de manière très agressive sur Huang Weiguo, le commandant du Commandement du théâtre nord.
À première vue, la scène avait quelque chose d’étrange. Li Jingyu s’ingérait dans l’autorité de commandement du chef du Commandement du théâtre nord.
Mais c’était ainsi que fonctionnait l’armée chinoise.
Le Commandement du théâtre nord n’avait pas de chef suprême unique.
D’un côté, le commandant dirigeait l’armée ; de l’autre, le commissaire politique, qui avait la confiance du Parti. C’était un système de double commandement.
Ainsi, même si le commandant était très compétent, l’armée chinoise pouvait aussitôt s’effondrer si le commissaire politique était incompétent.
Le commissaire Li Jingyu aboya :
« Commandant Huang Weiguo. Si vous continuez à parler de retraite comme un lâche… je ferai directement mon rapport à Pékin ! Je suis sûr que le président Xi Jinping en sera ravi ! »
« … »
« Et réfléchissez-y. Ce salaud balance sans compter toutes sortes d’artefacts de rang unique ! Il finira bien par manquer de points. Chacune de ces attaques doit lui coûter au moins plusieurs milliers de points, peut-être même dix mille… À votre avis, combien de fois peut-il encore s’en servir ? »
« … »
« Alors, nous devons poursuivre l’assaut. Pas question de battre en retraite. Il faut le chasser sans l’aide du Commandement du théâtre central, pour que nous ayons quelque chose à présenter au Parti ! »
Le commissaire Li Jingyu défendait la poursuite de l’attaque.
Son raisonnement n’était pas totalement dénué de logique.
Les artefacts utilisés par Baek Jiho consommaient clairement une quantité colossale de points.
S’ils continuaient à envoyer des troupes, il finirait par épuiser ses points et n’aurait plus d’autre choix que de se rendre.
L’autorité du commissaire politique.
La menace d’un rapport à Pékin.
Et un avis soutenu par une certaine logique.
Finalement…
« …Je suivrai la proposition du camarade Li Jingyu. Poursuivez l’attaque. »
« Vous avez fait le bon choix, commandant Huang ! Si nous le tuons, le Parti ne nous punira pas trop sévèrement ! C’est bien lui qui a détruit la Flotte de la mer de l’Est, n’est-ce pas ? »
« … »
« Au contraire, nous aurons éliminé celui que la Flotte de la mer de l’Est n’a pas réussi à capturer. Nous pourrions même recevoir une évaluation favorable. Ha ha ha ! Si tout se passe bien, je pourrais même être muté à la Commission militaire centrale ! »
« … »
Li Jingyu se réjouissait à l’idée de tuer Baek Jiho et de profiter de l’occasion pour accroître son propre pouvoir.
Huang Weiguo l’observa avec inquiétude.
Le Commandement du théâtre nord continua donc d’engager des troupes.
Mais ils ignoraient une chose.
Baek Jiho, cet homme, serait rentré de lui-même en République de Corée s’ils avaient simplement cessé d’envoyer des troupes.
Au lieu de cela, ils continuaient d’envoyer des soldats, l’obligeant à rester et à se battre.
L’armée chinoise envoyait sottement ses troupes au compte-gouttes, prolongeant une bataille qu’elle n’aurait jamais dû livrer.
* * *
KWA-AAAANG !
Une traînée bleue fendit le ciel et fit exploser un véhicule blindé.
Tss. Je claquai la langue et marmonnai :
« Ces salauds de Chinetoques. Ils n’arrêtent vraiment jamais d’arriver. »
Je baissai les yeux sur la scène, écœuré.
Des carcasses de véhicules blindés en flammes, des hélicoptères d’attaque abattus, des débris de missiles éparpillés partout.
Une épaisse fumée montait vers le ciel.
Les incendies qui ravageaient les environs repoussaient les ténèbres.
C’était le carnage que j’avais causé.
J’avais réduit en miettes les forces ennemies qui fonçaient sur moi, avant de pouvoir rentrer chez moi.
Bien sûr, m’occuper d’eux était facile.
Il me suffisait de voler dans le ciel, de tirer des Railguns, de lancer des Boules de feu et de déchaîner des Tempêtes.
Les hélicoptères d’attaque et les véhicules blindés explosaient les uns après les autres. Je pouvais donc les éliminer sans trop de mal.
Ce qui me rendait dingue, c’était le nombre démesuré de soldats chinois.
Pourquoi est-ce que les véhicules blindés et les hélicoptères d’attaque n’arrêtaient pas d’affluer… ?
Vrombissement…
Au nord, un nuage de poussière s’éleva, accompagné du grondement des chenilles qui écrasaient le sol.
De nouveaux ennemis étaient encore apparus.
Cette fois, ils avaient amené non seulement des véhicules blindés, mais aussi des chars et des canons antiaériens.
À mesure que le temps passait, les forces chinoises qui débarquaient étaient toujours plus nombreuses.
Je hurlai :
« Espèce de bande de tarés de Chinetoques ! Arrêtez de m’envoyer votre armée aux trousses ! Laissez-moi rentrer chez moi, bon sang !!! »
- Iing ?
« Iing Iing, retiens bien ceci. Le Chasseur à l’arc long Apache de Difficulté Extrême Lunatique ne rentre pas chez lui tant qu’il a des ennemis devant lui. Recevoir une blessure dans le dos, c’est la honte du bretteur. »
- Iing !
« Mais ils n’arrêtent vraiment pas d’envoyer des troupes ! À l’origine, je comptais semer un peu le chaos et rentrer chez moi. »
Chaque fois que j’éliminais une unité ennemie et que je tentais de rentrer, une autre débarquait.
Quand j’en venais à bout, une nouvelle apparaissait.
Quand je croyais enfin que tout était calme, des avions de chasse surgissaient dans le ciel.
Quand je pensais que c’était vraiment terminé, des obus d’artillerie automotrice pleuvaient de loin.
Et ça se passait encore en ce moment même.
KWAANG ! KWAANG ! KWAKWAKWAKWAKWAANG !
Vrombissement… !
Les tirs d’artillerie automotrice venus de loin transformèrent le terrain en terre désolée.
Pourquoi tiraient-ils à l’artillerie automotrice ?
J’étais dans le ciel.
Mais je n’allais pas laisser s’en tirer ces salauds insolents qui avaient osé me tirer dessus.
Je m’occuperais de l’unité d’artillerie plus tard.
Bref.
Je ne pus m’empêcher de comprendre une chose.
« C’est donc ça, les effectifs du continent ? La tactique de la vague humaine ? Ah… ! Ancêtres du peuple coréen ! Je vous respecte ! Vous avez contenu une telle puissance pendant des milliers d’années ! »
Nos ancêtres avaient-ils ressenti la même chose face aux hordes de l’armée chinoise pendant la guerre de Corée ?
Les soldats de Goguryeo avaient-ils ressenti la même chose face à l’armée d’un million d’hommes des Sui ?
Le nombre de soldats était véritablement absurde, à vous rendre fou.
« Le continent. Quel endroit incroyable. Ces salauds n’accordent donc aucune valeur à la vie humaine ? Pourquoi continuent-ils à envoyer des gens se faire tuer alors qu’ils savent qu’ils vont mourir ? »
Ils étaient si nombreux que j’avais cessé de compter les soldats que j’éliminais en cours de route.
J’avais probablement déjà détruit au moins un millier de véhicules blindés.
Un soupir m’échappa.
« J’ai vraiment cramé une quantité astronomique de mana. »
J’évaluai la quantité de mana dans mon corps.
Et là…
« …Hein ? »
Je ne pus m’empêcher de paniquer un peu.
La quantité de Motes bleues nichées dans mon cœur avait beaucoup diminué.
*Quoi ? Il ne m’en reste que pour environ mille Boules de feu ? Quand est-ce que j’ai utilisé autant de mana ?!*
J’avais à l’origine une réserve de mana équivalant à quatre mille Boules de feu.
Une réserve de mana vaste comme la mer, la mer, la mer !
Et elle était tombée à 25 % en un rien de temps !!!
Bon, c’était normal.
Je lançais des sorts sans arrêt depuis l’aube.
J’avais tiré des Railguns, déchaîné des Tempêtes, lancé des Boules de feu et même fait pleuvoir des Super-boules de feu.
J’avais détruit des flottes, abattu des avions, écrasé des unités blindées et bloqué les balles qui fusaient de toutes les directions.
C’était un combat où mon mana ne pouvait que s’épuiser.
Il fallait une quantité de mana véritablement colossale pour venir à bout de ces effectifs insensés.
Et je me battais ainsi depuis des heures.
Même mon mana, qui semblait inépuisable, commençait à montrer ses limites.
Tss.
Je fronçai les sourcils.
« J’arrive à ma limite… ? Il faut vraiment que je rentre ? »
- Iing…
« Iing Iing. On dirait que même moi, je ne peux pas affronter un pays entier. La limite de mana, c’est dur. »
À la hauteur du continent.
C’était un pays terrifiant.
À force de m’envoyer des soldats, ils m’avaient forcé à dépenser une quantité de mana incroyable.
Affronter l’armée d’un pays entier était donc trop pour moi, aussi fort que je sois ?
Tant que j’étais limité par la quantité totale de mon mana…
Au fond, est-ce que je n’étais qu’un individu incapable de vaincre un groupe… ?
Snif !
Une vague de tristesse m’envahit.
« Je croyais être devenu sacrément fort… mais je ne suis toujours pas un Chasseur de niveau puissance nationale ! »
Quarante-deux jours s’étaient écoulés depuis que j’étais devenu un Chasseur.
J’avais rencontré un nombre incalculable de personnes pendant cette période.
Mon maître et mes oncles aînés de la Secte gobeline, qui m’avaient enseigné la magie au tutoriel et au dixième étage.
Le Chaman orc, le premier ennemi redoutable que j’avais affronté.
Les Mages noirs, fidèles de la fausse église qui croyaient en moi et me suivaient.
Ma grande sœur, qui m’avait soutenu de toutes les façons possibles.
Han Seonga, l’agente incompétente mais jolie du Service national de renseignement.
Na Hyeji, la porteuse parasite qui ne faisait qu’appuyer sur des boutons.
Et même la mignonne, adorable et irrésistible Iing Iing.
Grâce à tous leurs efforts et à leur soutien, j’avais surmonté chaque épreuve en tant que Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique, et j’avais grandi et progressé en chemin.
Ils avaient fait des sacrifices pour moi, qui deviendrais un jour un Chasseur de niveau puissance nationale.
Mais.
Moi.
Je n’étais toujours pas.
Devenu.
Un Chasseur de niveau puissance nationale.
Toujours pas !!!
Toujours pas !!!
« Ça fait déjà quarante-deux jours que je suis devenu le Chasseur sorcier de Difficulté Extrême Lunatique… et je n’ai toujours pas atteint le niveau d’un Chasseur de niveau puissance nationale… ! En fait, je n’avais peut-être rien d’exceptionnel ? Est-ce que… je n’étais qu’un homme ordinaire, après tout ?! Ciel ! Vénérable céleste primordial !!! »
- Iing Iing…
Pat, pat.
Iing Iing me réconforta tandis que je désespérais.
Merci, Iing Iing.
Tu es la seule personne qu’il me reste.
Bref, après avoir piqué une sacrée crise pendant un moment, je me relevai, un peu penaud.
Hum.
Peu importe ma force, j’avais l’impression que je ne pouvais toujours pas vaincre un pays.
J’avais pris confiance en remportant bataille après bataille, mais l’écart de catégorie entre un individu et un pays était tout simplement trop grand.
Il fallait bien qu’il y ait des limites.
Bon… je n’y peux rien. Fuyons.
Il ne me restait que 25 % de mana.
Et franchement, j’avais l’impression d’avoir suffisamment pris ma revanche et montré de quoi j’étais capable.
Je pouvais probablement rentrer maintenant.
Bien sûr, partir alors que les forces chinoises continuaient d’affluer froisserait un peu mon orgueil.
Mais je n’y pouvais rien.
J’étais Baek Jiho.
Un homme qui abandonnait vite.
Quand je voyais que la partie était perdue, j’étais du genre à me rendre sans regret et à lancer la suivante.
Aussi fort que je sois, maintenant que j’avais compris que mon mana total ne suffisait pas à tenir tête à un pays, je devais abandonner et rentrer chez moi.
« Allez, Iing Iing. »
- Iing Iing.
Fouuush.
Grâce au vol télékinétique d’Iing Iing, j’allais repartir vers l’est quand…
Soudain.
Une idée me traversa l’esprit.
Attends une seconde. Je ne pourrais pas récupérer du mana ?
Je repensai au Grand Mage noir que j’avais vu au trente-neuvième étage de la Tour.
Il avait utilisé la Technique d’absorption vitale et de percement terrestre pour tuer la terre et polluer l’environnement.
Il avait volé tout le mana d’une zone donnée, l’avait changé en mana noir et avait transformé l’endroit en un lieu inhabitable.
Il polluait l’environnement et aspirait le mana de la terre.
C’est pour ça qu’on l’appelait…
La magie qui tue le continent.
Et l’endroit où je me trouvais, c’était justement…
Le continent.
Je marmonnai à voix basse :
« Le service de Chasseur écolo, c’est fini… ! »
À sa place…
Le « Chasseur de Chinetoques » autoproclamé et ravageur de l’environnement, Baek Jiho, entre en scène !
Je levai mon bâton.
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