Chapitre 163
[C’est vraiment acceptable, Seigneur Roy ?! (horrifié)]
[Je veux commander le même modèle que le Seigneur Roy. Quelqu’un sait où en trouver un ? (timide)]
[Morris a vraiment décroché le gros lot, même dans la vraie vie.]
[Les Zergs femelles célibataires peuvent aussi s’en servir. La technologie des robots-insectes est incroyablement avancée, maintenant. Il suffit d’y charger les phéromones qu’on achète, et c’est un vrai délice. On peut même changer de marque de phéromones quand on veut.]
[Des phéromones artificielles ou celles d’un Zerg mâle ? On peut passer de l’une à l’autre aussi facilement ? Ça doit coûter une fortune.]
[Ça dépend de votre budget. Le plus gros problème, c’est l’apparence. Aucun Seigneur de haut rang n’accepte de céder les droits sur son image, alors les modèles générés automatiquement ne sont jamais tout à fait réalistes. Certains maîtres concepteurs se spécialisent dans les apparences sur mesure, mais leurs tarifs sont magnifiques.]
[Franchement, ils ne peuvent ni pondre des œufs ni pratiquer l’Apaisement psychique. À part pour se divertir, ils ne servent pas à grand-chose.]
[C’est juste une autre façon de profiter des phéromones qu’on a achetées. N’en attendez pas trop.]
[Mon verdict : même pas un dix-millième d’un vrai Seigneur.]
[Si vous avez un Seigneur, évidemment que vous préférez coucher avec lui. Le problème, c’est qu’on n’arrive pas à en trouver.]
[Les robots-insectes ont tout de même un avantage : ils ne vous flanqueront pas une gifle sans prévenir. À moins que vous ne les personnalisiez précisément pour ça. (Option privée.)]
[Le manque de réalisme reste un problème. Même s’ils imitent parfaitement la personnalité d’un Zerg mâle, il y a toujours de petits détails qui clochent. On voit bien qu’il s’agit d’un programme intelligent.]
[Morris n’a pas à s’en faire. Le Seigneur Roy peut vraiment pratiquer l’Apaisement psychique sur lui.]
[C’est vraiment de l’Apaisement psychique ? Morris ne s’imaginait pas tout ça ?]
[Le Seigneur Roy l’a bel et bien chassé du jeu à l’aide d’une Marque psychique, et tu crois encore que c’était juste une illusion du jeu ?]
[Morris a décroché le gros lot !]
[An-shen sait vraiment écrire des histoires qui font rêver les Zergs femelles. Je vous jure que c’est juste un roman de rêve que le commandant de Légion réfractaire au mariage a commandé pour lui-même.]
[Il ne veut pas épouser un vrai Zerg mâle, alors il rêve que le Zerg mâle virtuel de son jeu puisse pratiquer l’Apaisement psychique — et même qu’il débarque dans la réalité pour le retrouver.]
[Quel merveilleux rêve. Il faut dire qu’un commandant de Légion ne rêve pas comme tout le monde.]
Quelques Zergs mâles protestèrent avec colère :
[Un rêve reste un rêve ! Morris finira par se marier, tôt ou tard ! Ce n’est qu’une question de temps !]
[Aussi déterminé soit-il, un Zerg femelle finira par baisser la tête pour obtenir l’Apaisement psychique !]
[Morris n’a simplement pas encore goûté aux phéromones d’un véritable Zerg mâle de haut rang. Quand ce sera le cas, il retrouvera enfin la raison !]
…
【À l’intérieur de l’appareil, Morris et Roy discutèrent du nouveau corps de Roy, puis passèrent une commande sur mesure d’une simple pression.
De la commande à la fabrication, en passant par l’emballage, tout était entièrement automatisé et bénéficiait d’une protection complète de la vie privée.
Le colis arriverait chez eux par transport spatial en une heure-étoile.
Ils auraient juste le temps de rentrer.
La conscience de Roy s’installa dans l’appareil et, grâce à son incroyable système visuel, il contempla l’immensité de la mer d’étoiles. De gigantesques vaisseaux spatiaux et des appareils privés passaient parfois au loin. L’univers était vaste, mais plein de vie.
Pour Roy, c’était un monde entièrement nouveau.
Il n’avait jamais imaginé ce qui pouvait exister au-delà d’une planète.
Le plus loin qu’il fût jamais allé, c’était une ville située à une centaine de kilomètres, puis une île un peu plus éloignée, où Morris et lui s’étaient rendus ensemble pour assister à un mariage.
Ce monde ressemblait à un rêve.
Une fois sortis de la base militaire et de ses restrictions, Roy se reconnecta à StarNet.
D’innombrables Zergs discutaient en ligne d’un jeu de rencontres virtuelles.
Le jeu était encore en bêta fermée et n’était pas officiellement sorti, mais les testeurs partageaient déjà des captures d’écran et des vidéos ; certains diffusaient même leurs parties en direct.
Roy repéra dans l’un des directs le Zerg mâle qu’il avait déjà rencontré.
Il jouait à un jeu multijoueur, et la Zerg femelle à ses côtés était une autre joueuse.
Tous deux préféraient rester ensemble dans leur maison virtuelle plutôt que d’explorer ou de modifier le monde du jeu.
Tous ces bêta-testeurs semblaient vraiment être de bonnes personnes.
Roy poussa discrètement un soupir de soulagement.
En plus du jeu, StarNet bruissait aussi de discussions au sujet d’un roman.
Pour une raison ou une autre, Roy ne parvenait toutefois pas à en voir le contenu.
Un voile de brume masquait tout, comme si un pare-feu lui bloquait l’accès.
Alors qu’il se demandait pourquoi, l’appareil annonça qu’ils étaient arrivés chez eux.
Chez Morris.
Sur l’Étoile Capitale, Morris possédait une villa de trois étages.
Comme c’était une Zerg femelle résolue à ne jamais se marier, elle n’avait pas de famille nombreuse à entretenir et se souciait peu de dépenser de l’argent pour sa résidence. Comparée à celles d’officiers de même rang, sa demeure pouvait même être qualifiée de plutôt modeste.
Mais aux yeux de Roy…
C’était un luxe incroyable !
L’Étoile Capitale, où le moindre lopin de terre coûtait une fortune !
Une villa individuelle de trois étages !
Avec son propre jardin !
Un cadre magnifique !
Pas un seul voisin à moins de cent mètres !
En descendant de l’appareil, Morris se retourna pour demander à Roy s’il l’avait suivi.
À la place, elle découvrit que sa porte d’entrée s’était déjà ouverte toute seule.
Le Zerg mâle était non seulement entré sans hésiter…
Il avait déjà pris le contrôle des autorisations de la maison.
La sensation était étrangement agréable.
Morris n’aurait jamais imaginé ramener un Zerg mâle chez elle, lui ouvrir tous les accès et en faire le Seigneur mâle de son foyer.
Pourtant, tout s’était fait naturellement.
Et, chose surprenante…
Elle n’éprouvait pas la moindre réticence.
Roy était différent.
Différent de tous les autres Zergs mâles.
Même si Morris ne pouvait toujours pas le voir, le simple fait de savoir Roy à ses côtés l’apaisait.
Morris entra derrière lui.
Le colis qu’ils avaient commandé était déjà arrivé.
Elle le sortit de son conteneur de stockage spatial.
C’était une caisse énorme, enveloppée de couche après couche d’emballage protecteur, avec un module de repos spécialement conçu pour les robots-insectes.
Après l’avoir ouverte, elle découvrit le robot-insecte, tranquillement allongé à l’intérieur.
Il ressemblait trait pour trait à Roy.
À une différence près…
Il n’était pas vivant.
Morris le fixa, abasourdie.
L’instant d’après, Roy le robot-insecte ouvrit les yeux.
Ses magnifiques yeux bleus roulèrent autour d’eux, puis s’animèrent aussitôt.
Roy se redressa avec excitation et s’examina.
Il portait la tenue blanche fournie par l’usine : un pantalon blanc et un haut ajusté à manches longues qui épousait étroitement certaines parties de son corps.
Il brûlait d’envie de mieux se regarder.
Mais Morris se tenait tout près ; il ne pouvait pas se résoudre à faire une chose aussi peu flatteuse pour son image.
Il bascula hors du module, se leva, fit quelques pas, puis sautilla plusieurs fois.
Il était aussi léger et confortable que son propre corps.
Incroyable.
Roy poussa un soupir intérieur.
Morris resta tout près de lui, craignant qu’il ne tombe et prête à le rattraper à tout instant.
L’équilibre de Roy était excellent.
Il était même peut-être meilleur que celui qu’il avait dans le jeu.
La moindre perte d’équilibre était corrigée presque instantanément.
Peut-être ce corps convenait-il encore mieux au pouvoir psychique naturellement agile des Zergs mâles.
« Morris.
Roy se tourna vers elle en clignant des yeux.
— Qu’en penses-tu ? J’ai l’air bizarre comme ça ?
En parlant, Roy se frotta les joues et prit exprès plusieurs expressions exagérées.
— Pas du tout.
— Tu es très mignon.
Morris répondit avec sincérité.
Il avait l’air si vivant.
Même si Roy n’avait encore été qu’un robot-insecte rond comme un œuf, Morris l’aurait trouvé adorable.
Et maintenant, n’en parlons pas.
Roy voulait essayer ses ailes.
Le salon était assez spacieux.
Des ailes dorées jaillirent dans son dos, déployées dans un éclat éblouissant.
D’un léger battement, ses deux pieds quittèrent le sol.
Morris se précipita pour le stabiliser, les yeux reflétant l’éclat de ces ailes dorées.
Roy baissa les yeux vers elle.
Ses yeux pétillèrent.
Puis il lui saisit le bras à la place et la souleva sans effort dans les airs.
Il s’envola en portant Morris dans ses bras.
Jamais de sa vie Morris n’aurait imaginé qu’un Zerg mâle la porterait dans les airs.
Les ailes du robot-insecte étaient incroyables.
Leur force de sustentation était stupéfiante.
Roy les adorait.
Quand Roy reposa doucement Morris sur le canapé…
Elle était encore figée, hébétée.
« Ça ne t’a pas plu ?
Roy lui demanda après avoir replié ses ailes.
— Non…
— C’est juste que…
— J’ai été trop surprise.
Ça bouleversait tout ce qu’elle croyait savoir.
Quel Zerg mâle portait une Zerg femelle dans les airs ?
Roy trouvait l’expression de Morris particulièrement adorable.
D’ordinaire si calme et posée, la militaire avait l’air complètement déconcertée, comme si son esprit s’était vidé.
Incapable de résister, Roy la prit dans ses bras et se frotta affectueusement contre elle avant de lui demander si elle voulait essayer son Roy lumineux de luxe.
Le bout des oreilles de Morris rougit légèrement.
Avant qu’elle puisse répondre, Roy bondit brusquement sur ses pieds.
« Je dois d’abord prendre une douche.
Tout juste sorti de l’usine, il avait l’impression d’être sale.
Même s’il sentait le produit stérilisant…
C’était presque pire.
Roy ne voulait vraiment pas se montrer intime avec Morris en sentant le désinfectant.
« Les robots-insectes peuvent prendre une douche ?
Roy pensa soudain à le demander.
« Oui, répondit Morris.
— Ils sont totalement étanches. Comme un vrai Zerg mâle, ils peuvent prendre une douche, se prélasser dans un bain ou même nager.
Roy fut alors rassuré.
Il demanda à Morris de le conduire à la salle de bains de la chambre principale, à l’étage.
Morris attendit dehors pendant que Roy entrait seul.
Une fois Morris partie, Roy se déshabilla et examina soigneusement chaque partie de son corps, explorant toutes ses fonctions.
Morris avait insisté : elle ne voulait rien de tout ça…
Et pourtant, elle avait quand même installé la fonction lumineuse, la fonction vibration, la fonction caméra et tout le reste.
Le seul regret, c’était l’absence de musique intégrée.
Enfin…
Ce n’était pas un problème.
Il n’avait qu’à mettre la sienne.
Ce soir…
Il allait regarder le ventre de Morris s’illuminer !】