Chapitre 99
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 99 : Et pourtant, en avant (4)
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Le regard de Rizu vacilla.
Le mana noir se teinta peu à peu de bleu.
On aurait dit que le ciel lui-même était descendu sur terre.
N’importe qui, absolument n’importe qui à sa place, aurait fait la même chose.
« Tu n’es pas celle qui a mal agi. »
« Ça ne veut pas dire que tu as bien fait non plus. Tu voulais juste vivre, c’est tout. »
Face à des parents incapables de supporter qu’elle grandisse et qui avaient préféré la tuer, une enfant de cet âge n’avait pas eu beaucoup d’options.
J’abattis mon épée, et les esprits qui protégeaient Rizu furent tranchés net.
Un petit chiot adorable apparut devant Rizu.
Il aboya contre moi comme pour me tenir à distance.
Rizu tendit la main vers le chiot.
Elle recueillit le chien tremblant dans ses bras.
« Mais qu’est-ce qui te met en colère ? »
« Tu le sais. »
« Un truc pareil… c’est impossible. »
« Tu as au moins essayé ? »
L’Épée du Ciel s’abattit en travers de la poitrine de Rizu.
Le sang jaillit de la plaie laissée par la lame.
Rouge. Plus rouge que tout au monde.
Le corps de Rizu bascula vers l’avant.
Le chiot frotta sa joue contre le dos de sa main, comme s’il s’inquiétait de sa blessure.
« Hé, écoute, si… »
« Il n’y a pas de “si”. Mais je t’écouterai quand même, une dernière fois. »
« Laisse tomber. »
« J’ai dit que je t’écouterais. »
« Ça ne… Aïe… ça ne changera rien. »
C’était vrai.
Je rengainai mon épée et baissai les yeux vers elle, étendue au sol.
À mesure que son mana s’épuisait, le chiot à ses côtés devenait de plus en plus transparent.
Si elle ne voulait pas prononcer ses derniers mots, je pouvais le faire à sa place.
« Tu t’es bien débrouillée. »
« Bien débrouillée… Je ne suis pas sûre d’avoir mérité d’entendre ça. »
Le chiot disparut complètement, et Rizu ferma les yeux.
Je baissai le regard vers elle, morte, les yeux clos.
Ses membres s’étaient décomposés et effrités, son visage s’était déformé en une grimace grotesque, et pourtant sa mort avait quelque chose d’étrangement paisible.
Rizu l’avait probablement compris, elle aussi.
Ce qui avait commencé comme un moyen de survivre avait fini par lui échapper, comme un train lancé sans freins.
Quelqu’un devait freiner à sa place.
« Ce n’était que ça. »
Je n’avais donc pas besoin de la comprendre, ni de la prendre en pitié.
« Ha… Je me demande combien de temps s’est écoulé dehors. »
J’avais l’impression qu’on était à deux doigts d’arriver trop tard.
J’espérais ne pas avoir raté le raid.
Désireux d’en finir et de repartir, je me tournai vers Lee Eunyheui.
« Guhk… ! »
Une corne en forme de triangle inversé fusa dans mon dos.
Je levai mon épée juste à temps pour la bloquer, mais ne pus éviter le choc. Je m’écrasai contre un mur effondré et me relevai couvert de poussière.
Lee Eunyheui accourut, et nous regardâmes tous les deux dans la direction du corps de Rizu.
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Hé, c’est quoi, ce bordel ? »
Le cadavre de Rizu s’éleva dans les airs, comme tiré par un fil invisible. Le reste de son sang s’écoula et tomba au sol. Son corps noircit tandis que tous ses os se tordaient.
Autant dire que ce n’était pas beau à voir.
Des fils noirs jaillirent de son corps et s’enroulèrent autour d’elle.
Les arbres et le sol alentour commençaient à se flétrir.
Mon mana s’épuise.
J’avais déjà aidé Lee Eunyheui, puis combattu Rizu. Mon mana était à sec.
« T’as quand même un peu de mana en réserve, non ? Ça fait un moment que tu te goinfres en douce. »
Pendant que je combattais Rizu, Lee Eunyheui avait descendu des potions de mana comme si sa vie en dépendait.
Vu la frénésie avec laquelle elle les avalait, elles n’avaient pas l’air de faire grand-chose.
« Qu’est-ce que tu racontes, “en douce” ? »
« On relance la pluie de météores. »
« La quoi ? »
« Le truc de tout à l’heure. »
Je lançai un regard noir à l’arc de Lee Eunyheui.
« Ne donne pas n’importe quel nom à mes techniques ! »
Lee Eunyheui râla, comme si c’était complètement ridicule.
Mon mana étant à sec, la meilleure attaque qu’il nous restait était la Pluie de météores de Lee Eunyheui.
Elle avait dû comprendre à quel point la chose devant nous était dangereuse, car elle banda son arc sans plus protester.
Je lui saisis le bras par-derrière.
« Je viens juste de récupérer mon mana. »
Elle protesta, mais des flèches noires et bleues apparurent tout de même entre ses doigts.
Je la lâchai, et les flèches filèrent droit devant avant de s’abattre sur Rizu dans une explosion.
« T’as le teint livide. Ça va ? »
Rester debout était à peu près tout ce que je pouvais faire.
Lee Eunyheui sortit deux potions de mana de sa fenêtre d’objets et me les lança.
Je dévissai le bouchon avec les dents et avalai la potion.
Elle avait exactement le goût de la menthe.
Immonde.
Je compris enfin pourquoi Yu Jihan se plaignait autant de ces trucs.
Ça ne me rendait presque pas de mana, alors si ça ne marchait même pas correctement, le minimum, c’était que ce soit bon.
Je vidai les deux potions et parvins enfin à reprendre mon souffle.
« Incroyable. »
La poussière était à moitié retombée.
Le cocon, déjà à moitié détruit par la dernière attaque, tenait à peine debout.
« Encore une fois… »
« Et moi, alors ? Tu t’es regardé ? Tu sais à quoi tu ressembles, là ? Si j’avais un miroir, je te le mettrais sous le nez ! »
Lee Eunyheui me répliqua sèchement.
Rizu était bien morte avant de se transformer en entité d’incursion.
Ça aurait dû être le cas. Alors qu’est-ce qui se passait ?
Rizu et moi nous tournâmes vers le bruit de pas.
En voyant l’homme s’avancer, le manoir en ruines derrière lui, un rire sec m’échappa.
Rizu avait le pouvoir de lier les âmes des morts.
Pour les Muel porteurs de mana, comme Kale, cela lui permettait de contrôler leurs corps.
Mais si l’on demandait si le Kale d’avant sa mort, tué par Rizu, et celui d’après étaient la même personne, la réponse était non.
Il y avait ici une seule personne qui ne correspondait pas du tout à ce schéma.
« Cendrillon. »
« T’es aveugle ? En quoi ça ressemble à Cendrillon ? C’est juste un vieux. »
« C’est une façon de parler. »
Au début, j’avais cru que le Duc de Faillia, un Muel d’exception, s’était transformé en marionnette sans même se rendre compte qu’il était mort des mains de Rizu.
Mais ce n’était pas ça.
Rizu n’avait jamais eu ce genre de pouvoir. Pas depuis le début.
Quelqu’un avait fait croire à tout le monde qu’il cessait de bouger à minuit.
J’avais rencontré cette personne.
À l’époque, j’avais cru que ce n’était qu’une remarque en passant.
La chose devant nous n’était pas le Duc de Faillia.
La présence qui émanait de son corps ne pouvait pas appartenir au Duc de Faillia.
« Hm. C’est tout ce que tu as ? Bon. Qu’est-ce que tu es, au juste ? »
« Hé, c’est moi qui ai posé la question en premier. Réponds avant de… »
La silhouette du Duc de Faillia disparut.
Quand j’aperçus son image rémanente, il était déjà trop tard.
Pas moi ?
J’abattis mon épée vers Lee Eunyheui par réflexe, en priant pour me tromper.
« Lee Eunyheui ! Ça va… »
« Guhk… Qu-qu’est-ce que… »
Le Duc de Faillia la tenait par la gorge, soulevée du sol.
Je tentai plusieurs contre-attaques avec mes jambes, mais aucune ne porta.
« Merde ! Hé ! Lee Eunyheui ! »
Des mains noires jaillirent du sol sous mes pieds.
Je les tranchai encore et encore, mais elles n’arrêtaient pas d’apparaître et je ne parvenais pas à avancer d’un pouce.
S’il lui fallait une cible, ce devait être moi. Pourquoi s’en prendre à Lee Eunyheui ?
« Je vois. Tu n’as pas l’intention de parler, c’est ça ? »
« Tu… Aïe… Dis un truc que je puisse comprendre ! »
Lee Eunyheui lui décocha un coup de pied à la gorge.
Il le bloqua sans effort et resserra sa prise.
« Aaah, aaah ! »
Ses os se tordirent, et Lee Eunyheui poussa un cri.
« Si je t’ouvrais le corps et t’arrachais l’âme avec le cœur, j’apprendrais peut-être quelque chose. »
Je mobilisai jusqu’à la dernière goutte de mana qui me restait et lançai l’Épée des Cent Bêtes.
Une lame rugueuse, en forme de bête, déchira tout sur son passage.
Bouge !
Bouge, bon sang !
Cette femme était malpolie, égoïste, obsédée par la nourriture et tirait des bombes au lieu de flèches tout en se prétendant archère. Elle n’avait pas une once de charme.
Et pourtant.
Même si tout cela était vrai.
Ce n’était pas quelqu’un qui devait mourir ici !
La lumière s’éteignit, et l’épée redevint une lame ordinaire.
Ne t’arrête pas. S’il ne te reste plus de mana, continue à la force brute !
« Lee Eunyheuiiiii ! »
L’Épée du Ciel lui effleura l’épaule.
Ses jambes semblèrent céder, et son corps bascula vers l’avant.
J’aurais dû lui trancher le bras.
Sa main se tendit vers le cœur de Lee Eunyheui.
Floc.
Quelque chose sortit de la poche de Lee Eunyheui.
Comme s’il plongeait la main dans de la gelée, son geste s’arrêta net, juste devant son corps.
Il ne s’en était fallu que d’un cheveu.
Je lançai l’Épée des Cent Bêtes pour lui trancher le bras et l’éloigner de Lee Eunyheui.
Je ne l’avais utilisée qu’une fois, et la technique avait déjà disparu.
Je crachai tout le sang qui m’emplissait la bouche.
Entre le Duc de Faillia et moi se trouvait une masse bleutée, à peu près de la taille d’un homme.
Une chose translucide comme ça, peu importe sous quel angle je la regardais…
« Une limace ? »
« Kkukkakka ? »
« Pff, pourquoi elle est là ? »
Lee Eunyheui sortit une potion de vitalité de sa fenêtre d’objets et la versa sur sa jambe.
À première vue, la potion semblait avoir à peu près le même effet que les potions de soin que j’avais données à Yu Jihan.
Pensant qu’elle irait mieux maintenant qu’elle avait pris la potion, Lee Eunyheui tenta de se relever, mais s’effondra sans même réussir à faire un pas.
La blessure à sa jambe avait l’air grave.
Je la rattrapai tandis qu’elle retombait.
J’avais envie de lui dire de rester assise, mais à voir son visage crispé, elle ne m’aurait pas écouté.
Je désignai la limace qui rebondissait devant nous.
« C’est bien une limace, non ? »
« Tu en gardais une dans ta poche tout ce temps ? »
« Je ne l’ai jamais gardée sur moi ! »
« Tu lui as même donné un nom. Kkukkakka. »
« C-cette partie-là, fais comme si tu ne l’avais pas entendue. »
Lee Eunyheui sortit trois autres potions et les versa sur sa jambe.
Elle devait souffrir, car tout ce qu’elle parvenait à faire était rester debout.
« C’est vrai. Peu après être entrée dans la tour, je l’ai trouvée coincée dans un arbre et je l’ai sauvée. C’est aussi elle qui m’a apporté cet arc. Elle était plus petite, à l’époque. »
« Pourquoi une limace se retrouverait coincée dans un arbre ? C’est une limace ! »
Lee Eunyheui ne trouva rien à répondre et se tut.
Mais elle t’a apporté l’arc ? Cet arc-là ?
« C’est une limace reconnaissante ou quoi ? »
« J’en… Aïe… sais rien, moi non plus ! »
Comme je continuais à la regarder d’un air soupçonneux, Lee Eunyheui soupira et attrapa sa jambe.
« Ce n’est pas un mensonge. »
« Je n’ai pas dit que c’en était un. »
Elle n’était pas du genre à plaisanter dans une situation pareille.
Ce n’était pas un mensonge, c’était plutôt… absurde. Vraiment absurde.
Même si, au moins, ça nous avait sauvés.
Mais c’était quoi, cette limace ?
Du bois noir poussa à partir de la section de son bras tranché.
On aurait dit que c’était l’un des pouvoirs du Duc de Faillia à l’origine.
« Alors, tu te montres enfin. »
Rebond, rebond.
« Je me doutais que tu me gênerais. »
Rebond, rebond, rebond.
« Tu veux que je recule ? Ha ! Tu crois vraiment que ça va arriver ? Toi non plus, tu ne peux pas utiliser tes pouvoirs, comme moi. »
La limace oscilla de droite à gauche.
« Ridicule. »
Vous êtes bien plus ridicules tous les deux, si tu veux mon avis.
Attends, ils arrivaient vraiment à se parler ?
Aux paroles du Duc de Faillia, l’intérieur de la limace se mit à bouillir, des bulles remontant à sa surface.
Elle a l’air furieuse.
La limace, un peu plus petite qu’avant, se tourna vers Lee Eunyheui et moi.
Boing, boing.
Je donnai un petit coup de coude à Lee Eunyheui, qui restait plantée là, l’air absent.
« Hé, qu’est-ce qu’elle dit ? »
« Comment je le saurais ? »
« C’est toi qui la possèdes ! »
« T’as déjà eu un chien ? »
« Quand j’étais gosse. »
« Tu comprenais un seul mot de ce que disait ton chien ? »
Ah.
Un problème réglé, et un autre qui arrivait aussitôt.
Alors, qu’est-ce qu’elle disait, au juste ?
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