Chapitre 97
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 97 : Et pourtant, en avant (2)
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Kale, c’était mon problème à moi.
Lee Eunyheui, qui savait déjà quel service Ludie m’avait demandé, recula sans protester.
« Ne meurs pas ! »
« Occupe-toi plutôt de toi. »
« C’est vraiment la seule réponse que tu connais quand quelqu’un s’inquiète pour toi ? Laisse tomber ! Va mourir, alors ! »
Un peu moins tendue, Lee Eunyheui enjamba la rambarde et sauta en contrebas.
« M… ma dame ? »
« Que se passe-t-il… Ma dame, vous allez bien ? Par ici… »
« Ne vous approchez pas d’elle ! »
« Qu’est-ce que tu racontes… tu… c, comment peux-tu être encore en vie… kh, tousse… »
Le garde, transpercé par l’épée de Kale, s’effondra au sol.
Kale fendit l’air de son épée, et le sang gicla dans toutes les directions.
« Laisse-moi te poser une question. Cette chose, c’est ta marionnette ? »
« Ouais. Malheureusement, c’est bien ça. »
« Malheureusement ? »
« Il m’a dit qu’il avait déjà quelqu’un chez lui. Une amoureuse. »
« Tu es jalouse ? »
« C’est quand même bizarre. Peu importe à qui tu me compares, je suis meilleure à tous les niveaux. Alors pourquoi tout le monde finit toujours par partir ? »
Ifeseph s’approcha de Rizu et s’agenouilla à ses côtés.
Il jeta un bref regard aux serviteurs morts, puis tourna les yeux vers Rizu et Kale.
Le fait qu’il n’ait pas paru surpris par la présence de Kale prouvait qu’il connaissait déjà l’état de Rizu.
« Pourquoi tu n’es pas mort ? »
Ifeseph était différent de Kale, et différent aussi du Duc de Faillia.
Il n’était vraiment qu’un intendant ordinaire au service de la Maison Faillia.
« Je n’ai aucune raison de te le dire. »
« Ah, laisse tomber. Ne te donne pas cette peine. »
Je balayai l’air de la main.
La loyauté ne s’adressait pas forcément aux gens.
« Je crois avoir à peu près compris, de toute façon. »
Ifeseph ne servait ni le Duc de Faillia ni dame Rizu.
Il servait le nom de Faillia lui-même.
Tant que le nom de Faillia perdurerait, il ferait tout ce qu’il fallait.
Qui finirait par devenir le maître de la maison n’était qu’un détail insignifiant dans cette histoire.
« Une loyauté qui n’est qu’une coquille vide. »
« Comment oses-tu… »
« Ifeseph. Laisse-moi m’en occuper et poursuis cette femme. »
À l’ordre de Rizu, Ifeseph ravala sa colère et fit volte-face.
Je lançai mon épée dans sa direction.
Kale se rua en avant et para ma lame.
« Attaquer par-derrière, vraiment ? C’est minable. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Le laisser partir aurait fait de moi un idiot ! »
Kale abattit son épée de toutes ses forces.
Même sous contrôle, il se débrouillait aussi bien, ce qui prouvait qu’il avait déjà un certain talent, comme Ludie l’avait dit. Mais c’était loin d’être suffisant pour m’égaler.
D’un mouvement fluide, je déviai la lame qui s’abattait sur moi.
Une frappe de mon épée auréolée de lumière fonça vers Ifeseph, qui s’éloignait.
Ifeseph tordit brusquement son corps en plein vol.
Son bras sectionné tomba au sol tandis qu’il poursuivait Lee Eunyheui par la fenêtre brisée.
J’avais visé sa jambe.
Bon, il avait perdu un bras, mais il devrait s’en sortir.
Même si elle n’était pas au niveau de Yu Jihan, Lee Eunyheui avait tout de même atteint le onzième étage en tant que participante.
Elle pouvait se défendre toute seule.
« Tu es vraiment sans pitié, hein. »
« Ce n’est pas vraiment à toi de dire ça. »
Rizu tuait tous les serviteurs qui sortaient d’une pièce ou traversaient le couloir.
Du sang, de la même couleur que sa robe, s’amassait en une épaisse mare à ses pieds.
Rizu sourit et passa doucement sa langue sur le sang qui maculait sa main.
« Ce n’est pas grave. De toute façon, tu seras avec moi. »
« Bien sûr. »
La silhouette de Rizu disparut et réapparut devant moi, telle une image rémanente.
Je brandis mon épée et son corps s’éleva dans les airs.
À l’instant où sa main effleura le tranchant de la lame, je ne sentis aucun poids.
C’était comme combattre un fantôme vivant.
Des lueurs semblables à des feux follets vacillèrent au-dessus de sa tête.
Des fils tissés à partir des âmes s’enroulèrent étroitement autour de mon corps.
« Non, non, non. »
« Pourquoi ? Pourquoi ? Tu m’abandonnes ? »
« Je ne veux pas, sauve-moi, ne me laisse pas mourir ! »
« Aaaaaah ! »
« C’est un mensonge, ça ne peut être qu’un mensonge. »
Des cris, des sanglots, des gens qui se tordaient de douleur… Tout remonta d’un coup dans mon esprit.
Ma main, vidée de ses forces, s’abaissa en tenant mon épée.
Floc, floc.
À chaque pas de Rizu, le sang accumulé s’écrasait dans un bruit poisseux.
C’étaient des souvenirs.
Les voix des âmes que Rizu portait en elle, celles qu’elle avait tuées.
Luria, que j’avais vue récemment, en faisait aussi partie.
« P, pourquoi tu me fais ça ? »
« Hnn… pitié, sauvez-moi. Ma dame. Aaaaaah ! »
Rizu se tenait à moins de cinq pas de moi.
Les fils qui entravaient mon corps s’aiguisèrent en pointes et commencèrent à me lacérer la chair.
Heureusement que j’avais envoyé Lee Eunyheui dehors.
Elle a le cœur plus tendre qu’elle n’en a l’air, celle-là.
N’importe qui de normal deviendrait un peu fou en voyant ça.
Rizu combla la distance avant même que je m’en aperçoive et m’enlaça à deux bras.
Sa jolie voix résonna dans mon crâne.
« Tout va bien, maintenant. »
« Je vais tout prendre en moi à ta place. Alors… »
Un léger tremblement parcourut le bout du doigt que Rizu avait posé sur mes lèvres.
Surprise, Rizu me repoussa l’épaule et tituba en arrière.
Soutenue par Kale, elle avait les yeux qui tremblaient vivement.
« Q, qu’est-ce que tu es ? »
Pour la première fois, la voix de Rizu, toujours si douce et si tendre, s’éleva.
Je déversai du mana dans l’Anneau de Haejoo que Park Siyu m’avait donné.
L’anneau s’illumina, auréolé d’une faible lueur.
D’un geste de la main de Rizu, les fils d’âmes qui fonçaient sur moi s’évanouirent.
Quoi que fussent les voix des morts, elles provenaient toutes, au bout du compte, du mana de Rizu.
L’Anneau de Haejoo était un objet capable d’activer une compétence qui annulait les attaques magiques.
Le problème, c’était qu’il pompait une quantité absurde de mana.
Bien plus que je ne l’imaginais.
Je ne pouvais pas garder l’anneau actif indéfiniment.
Rizu se redressa en titubant et cracha du sang.
« Il n’y avait rien. Il n’y avait absolument rien. Oui, une coquille vide, creuse à l’intérieur. Mais alors… qu’est-ce que c’est, cette chose, là-dedans ? Comment peux-tu encore être en vie ?! »
« Ce que tu as vu ne te concerne pas. »
L’épée de Kale heurta la mienne.
La vitesse de nos lames ne cessait d’augmenter.
Au début, elles ne laissaient qu’une faible image rémanente, mais bientôt, on aurait dit une tempête d’épées qui s’abattait d’un seul coup.
De petites entailles apparurent sur mon corps partout où je ne parvenais pas à parer.
Ma chair s’ouvrait, mais aucun sang n’en sortait. On aurait dit que je découpais une marionnette.
Sans tenir compte de la douleur, Kale se jeta de nouveau sur moi.
Je frappai de toutes mes forces, et son épée s’envola dans les airs.
La pointe de ma lame s’enfonça dans sa poitrine.
Le corps de Kale bascula en avant, tremblant, puis il expira bruyamment.
« J’aime quelqu’un. »
« Maria… elle est partie devenir la maîtresse du marquis Loylen ? »
« Oh, j’ai juste mentionné qu’il y avait une femme bien au village. »
Le corps de Kale se désagrégea, et les souvenirs accumulés des âmes qui l’habitaient se déversèrent.
« Ah, aaaaaah ! »
Kale était là, seul dans une pièce, en train de pleurer sur une lettre.
La lettre qu’il avait reçue lui annonçait la mort de Maria.
Je retirai mon épée, et le corps de Kale se fendit comme une statue qui s’effondre.
« Qui… es-tu… ? »
« Peu importe qui je suis. »
« Merci… »
« Je transmettrai tes salutations à ce type, Ludie. »
Il n’avait probablement pas entendu la fin, mais ça n’avait aucune importance.
Rizu se mordit les ongles.
L’un de ses longs ongles se brisa dans un petit craquement.
« Pauvre petite. »
« Arrête, arrête ça !! Pourquoi tu me regardes comme ça ? Pourquoi ! Pourquoi !! »
Les lèvres de Rizu tremblèrent.
Je désactivai le champ antimagique émis par l’Anneau de Haejoo.
Si je le laissais encore fonctionner, mon mana serait bientôt complètement épuisé.
« Merde, merde !! Ne me regarde pas comme ça, ne me regarde pas comme ça !! »
Le mana de Rizu explosa.
Une vague de mana, telle une tempête, secoua tout le manoir.
Je réussis tout juste à sortir avant que le mana ne déferle.
Je dépoussiérai mes vêtements et détendis mes muscles.
« Ouf, c’était moins une. Hein ? »
Au milieu du jardin dévasté se tenait Ifeseph, un bras en moins, mais toujours debout.
Je jetai un regard en biais à Lee Eunyheui.
« Tu ne l’as toujours pas tué, ce truc ? »
« T, tais-toi !! Il est plus fort qu’il en a l’air, d’accord ? »
« Ou alors, c’est juste que tu es faible ? »
« Crève !! »
Les paroles de Lee Eunyheui dégoulinaient de méchanceté, et je ne pus m’empêcher de sourire.
« Désolé de te le dire, mais je crois que je suis plus fort que toi. »
« Argh ! C’est tellement agaçant !! C’est toi qui m’as dit de ne plus provoquer d’explosions ! »
« Franchement, c’est assez impressionnant que tu te battes à coups d’explosions depuis le début. »
Je le pensais vraiment.
C’était vraiment une archère, au moins ?
Je déviai le poignard qu’on me lança et rengainai mon épée.
Je tendis la main vers Lee Eunyheui.
« Donne-moi l’arc. »
Je lui arrachai presque l’arc des mains.
Il était bien trop beau pour qu’une participante du onzième étage le transporte avec elle.
« Euh, attends une seconde ? Hé ? Tu ne peux pas le manipuler aussi brutalement ! »
Lee Eunyheui tendit la main pour récupérer l’arc que j’avais levé bien haut.
À l’instant où j’insufflai du mana dans l’arc, le bout de mes doigts se mit à brûler.
« Ouais, je m’en doutais. »
« T, ta main ! Je le savais !! Ça lui fait ça chaque fois que quelqu’un d’autre le touche ! »
Lee Eunyheui versa rapidement sur ma main une sorte de potion de soin rouge.
Ça ne fit pas grand-chose, mais la douleur s’atténua.
Récupérant son arc, Lee Eunyheui reprit sa posture et poussa un soupir.
« Tu es un monstre. »
« Tu pourrais éviter de traiter l’arc de quelqu’un de monstre ? »
À sa réponse sèche, je me grattai la tête.
Je voulais juste lui faire une démonstration, puis m’écarter, mais à en juger par ma main, l’arc n’allait pas laisser passer ça.
« Bon, tant pis. Tiens l’arc. »
« T, qu’est-ce que tu fabriques, encore… »
Je me plaçai derrière Lee Eunyheui et lui saisis le bras.
Décontenancée, elle n’arrêtait pas de jeter des regards par-dessus son épaule.
« Tu es trop près. »
« Celui qui disait qu’il ne donnerait jamais son corps ni son cœur à qui que ce soit… rappelle-moi de quelle maison il venait ? »
« Fais-moi confiance. »
« Je ne te le demanderai pas deux fois, alors fais-moi confiance, juste cette fois. »
À ma voix derrière elle, Lee Eunyheui hocha la tête.
Elle banda l’arc, et une flèche entourée d’une lueur rouge sombre apparut.
Je fis circuler mon mana dans son bras, toujours serré dans ma main.
L’arc de Lee Eunyheui résista à mon mana, comme s’il le rejetait.
« C’est admirable d’être aussi loyal, mais tu veux vraiment passer tes journées à entendre ton maître se faire traiter de terroriste à la bombe ? »
« Qui est un terroriste à la bombe ? Et surtout, à qui tu parles ? »
« Concentre-toi. »
Lee Eunyheui bouda et rassembla son mana.
[Cette enfant ne peut pas encore entendre ma voix.]
[Qui ose me parler avec une telle désinvolture ?]
[Sais-tu au moins qui je suis ?]
[La ferme et coopère pendant que je te le demande gentiment. Tu veux que je te retourne, te casse en deux et te jette dans une forge pour te reforger en épée ?]
[Aucun feu au monde ne pourrait me faire fondre…]
[Tu veux vérifier ? On essaie ?]
[Même si je coopère, cette enfant ne pourra toujours pas…]
[Ça, c’est mon affaire.]
Je coupai court à la conversation.
Ce n’était pas vraiment le moment de bavarder, avec un ennemi juste devant nous.
Et puis, c’était à moitié vrai : le propriétaire de l’arc ne m’intéressait pas du tout.
Cet arc était peut-être vraiment trop puissant pour les capacités actuelles de Lee Eunyheui. Mais rien ne disait qu’il le serait encore pour la Lee Eunyheui de demain.
Son mana et le mien se mêlèrent, et une flèche se forma, parcourue d’une lueur bleue.
« Je ne te le montrerai qu’une fois, alors regarde bien. Voilà comment on tire à l’arc. »
« Maintenant ! »
À mon signal, Lee Eunyheui banda l’arc.
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