Chapitre 83
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 83 : Pourquoi moi ! Pourquoi ! (4)
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« Un homme ne dit pas une chose en pensant le contraire. »
« Je l’admets, je ne m’attendais pas à une défaite aussi nette. »
« C’est ton problème, pas le mien. »
Kang Moonkook se gratta la tête.
Son expression laissait entendre qu’il avait du mal à croire qu’un type comme moi puisse exister.
Il s’imaginait que son titre de représentant de guilde lui vaudrait un traitement de faveur, ou quoi ?
Aux yeux du public, notre guilde et la Guilde Raon étaient pratiquement ennemies.
« On n’y peut rien. Un match, c’est un match. Je vais laisser tomber pour cette fois. Mais ne va pas croire que tu pourras encore battre Jaebyung la prochaine fois. »
« Tu pourrais arrêter tes répliques de méchant, maintenant ? Tu as obtenu ce que tu voulais, alors tu peux bien me lâcher cinq cent mille points. »
Je jetai un coup d’œil à Park Siyu, adossé au mur et absorbé par son téléphone.
Il ne semblait pas le moins du monde intéressé par ma conversation avec Kang Moonkook.
Ce n’était pas la première fois qu’il se comportait ainsi.
Ça ne m’étonnait même plus.
Je reculai pour m’éloigner de Kang Moonkook.
Choi Jaebyung, qui s’était caché derrière moi, se retrouva face à Kang Moonkook.
Joli endroit où te planquer, mon pote !
« Ha, ha, ha… Représentant. »
« Ça va. C’est moi qui t’ai proposé de te prêter des points, alors ce n’est rien. Si ça t’a permis de vivre une bonne expérience, je peux considérer ça comme un investissement largement rentable. »
« C-c’est vrai ? »
« Contente-toi d’enchaîner les donjons jusqu’au raid. Ne t’inquiète pas. »
Autrement dit, il comptait faire trimer Choi Jaebyung jusqu’à l’épuisement.
« Non… euh… laisse tomber. Désolé. »
Choi Jaebyung baissa la tête.
Il aurait dû mieux choisir son adversaire.
Après les quelques heures qu’il m’avait fait subir, je n’éprouvais pas la moindre compassion pour lui.
« Bon, je vais vous laisser. »
« Toi ! La prochaine fois, tu ne t’en tireras pas aussi facilement ! »
Choi Jaebyung serra le poing comme s’il avait quelque chose à prouver, puis partit avec Kang Moonkook.
Une fois tous les deux partis, la salle d’entraînement retomba dans le silence.
On aurait dit qu’un typhon venait de la traverser.
Je traînai les pieds jusqu’à Choi Suhyun et Park Siyu.
« Beau travail. »
« Il n’y avait pas grand-chose à faire… enfin, c’était rude, je suppose. »
La coupure que l’épée de Choi Jaebyung m’avait laissée au cou me lançait.
J’y avais tout de suite appliqué de la pommade, mais la brûlure ne s’atténuait pas.
Je frottai mon cou ensanglanté et marmonnai :
« Ça m’étonne. »
« Quoi donc ? »
« Tu n’es pas en mauvais termes avec la Guilde Raon ? »
« On ne peut pas dire qu’on s’entende bien. »
« Lui, il est différent. Pas comme je l’imaginais. »
Comme l’avait dit Park Siyu, en public, la Guilde Raon et la Guilde Aria n’étaient pas franchement en bons termes.
« Donc, au final, tout ça n’était que du cinéma. »
« Je me suis simplement dit qu’il fallait bien un peu de mise en scène. »
Park Siyu ne nia pas avoir délibérément créé des tensions entre sa guilde et la Guilde Raon.
« Il faut parfois détourner l’attention extérieure pour régler des problèmes internes. »
« Donc, à chaque fois, toi et Raon montez le coup ensemble ? »
Comme aujourd’hui.
Pour que Park Siyu, le véritable homme fort de la Guilde Aria, puisse rencontrer Kang Moonkook, le représentant de la Guilde Raon, il leur fallait un prétexte crédible.
Un moyen d’échapper aux regards indiscrets et de se voir en urgence avec une bonne raison à avancer.
Rien de plus simple : faire se battre les subalternes.
Les deux guildes se chamaillaient sans arrêt, de toute façon.
Si la nouvelle se répandait qu’un chasseur de la Guilde Raon s’était battu avec un chasseur de la Guilde Aria, la plupart des chasseurs hausseraient les épaules en disant : « Les voilà encore. »
Et l’Association était un lieu où n’importe qui pouvait aller et venir, quelle que soit sa guilde.
Se cacher à la vue de tous, en somme.
Choi Suhyun m’avait convoqué pour le test d’aptitude, Choi Jaebyung avait cherché la bagarre et lancé toute l’affaire : tout était prévu depuis le départ.
Jaebyung, lui, n’avait pas l’air au courant.
Mais peu importait.
Park Siyu et Kang Moonkook s’étaient rencontrés sous prétexte de mon combat contre Choi Jaebyung.
Le rôle de Choi Suhyun avait été de planter le décor.
« Han Jongho est du côté de Jin Sangbyeok. »
« Jin Sangbyeok ? »
« Le vice-représentant de la Guilde Raon. En gros, le numéro deux. On dirait qu’il soutenait Han Jongho depuis un moment. »
« Et il s’entend comment avec le représentant Kang ? »
« Le pire possible. Si l’on s’en tenait à la Guilde Raon, le représentant aurait dû être Jin Sangbyeok, pas Kang Moonkook. »
« Pourtant, c’est Kang Moonkook le représentant de la guilde. »
« À cause du dieu Lux. »
La Guilde Raon était principalement composée de fidèles du dieu Lux.
Dans la Guilde Raon, le rang — indiqué par une rose épinglée sur la poitrine — dépendait du parrainage.
Comme ce système de classement fondé sur le parrainage était appliqué avec une rigueur extrême, le représentant de la guilde était choisi selon la même méthode.
Jin Sangbyeok avait usé de tous les stratagèmes possibles pour gravir les échelons du parrainage, mais il n’avait toujours pas réussi à dépasser Kang Moonkook.
« Quand même, c’est bizarre. Kang Moonkook est engagé dans une lutte de pouvoir contre un vice-représentant plus jeune que lui ? Pourquoi ? »
Kang Moonkook avait tout d’un vétéran aguerri au combat.
Il avait aussi quelque chose du dictateur, de façon assez discrète.
Choi Suhyun, qui écoutait en silence, intervint :
« Ce vieux n’est devenu un fidèle de Lux qu’il y a trois ans. Du point de vue de Jin Sangbyeok, qui servait Lux depuis toujours, c’est un intrus débarqué de nulle part. »
Ça éclairait d’un jour nouveau les rapports familiaux de l’autre camp.
Pour Kang Moonkook, la mort de Han Jongho, l’homme que Jin Sangbyeok soutenait, dans un donjon avait considérablement simplifié les choses.
Sans même avoir à demander, il était facile de deviner de quel côté Park Siyu comptait se ranger.
« Jin Sangbyeok, il va s’en sortir ? »
« Jin Sangbyeok ne peut pas battre Kang Moonkook. Au fait, je ne te l’ai jamais dit : la famille de Han Jongho a beaucoup d’argent. »
« De l’argent ? »
« Pour rivaliser avec les points de mérite de Kang Moonkook, Jin Sangbyeok doit en réunir une quantité énorme de son côté. Je ne veux pas le rabaisser, mais son adversaire était trop fort. À ton avis, combien d’argent Jin Sangbyeok a dû dépenser pour soutenir ce fauteur de troubles ? Il a d’autres sources de financement que Han Jongho, mais il va quand même traverser une période difficile. »
« J’ai l’impression d’avoir rendu un sacré service à quelqu’un d’autre. »
« Peu probable. Je vais recevoir quelque chose en échange. »
Park Siyu me coupa net, me disant de ne pas m’inquiéter pour ça.
S’il devait recevoir quelque chose en échange, c’est qu’il voulait autre chose.
Jusque-là, rien ne semblait vraiment poser problème. Sauf que la cible, cette fois, était la Guilde Raon, et ça me chiffonnait un peu.
« Tu es sûr de toi ? »
La Guilde Raon avait autrefois piégé et tué Yu Chaeyoung, la fiancée de Park Siyu.
Peu importait l’état de leurs relations, ça ne changeait rien à l’affaire.
« Noona… non, si tu parles de Yu Chaeyoung, Kang Moonkook n’était pas encore le représentant de la guilde à l’époque. Le représentant de l’époque est lui aussi mort dans un donjon, il y a trois ans. »
Après sa mort, Kang Moonkook avait pris sa place comme représentant.
Park Siyu raconta tout ça d’un ton égal, comme s’il s’agissait des affaires de quelqu’un d’autre.
Il ne semblait pas trop s’attarder sur le fait que je connaissais Yu Chaeyoung et ce qui lui était arrivé.
« Mais c’est quand même la Guilde Raon qui l’a fait, non ? Même si ce sont des individus qui s’en sont chargés, tu ne peux pas ne pas les détester. Il doit bien rester des gens dans la Guilde Raon liés à cette histoire. »
« Me venger d’eux ne changerait rien. Et quelqu’un qui me détesterait pour ça s’en prendrait encore à moi. C’est surtout ça qui serait pénible. »
« Je ne te demande pas si tu le comprends dans ta tête, abruti. »
Si tout le monde agissait réellement comme Park Siyu le disait, le monde grouillerait de saints.
Pendant toute notre conversation, je n’avais décelé chez lui la moindre émotion personnelle.
Il y a beaucoup de bonnes réponses dans ce monde.
Savoir quelle voie suivre ne signifie pas qu’on puisse l’emprunter sans hésiter.
Plus on s’approche de la bonne réponse, plus le choix devient douloureux pour celui qui doit le faire.
« Si tu comptes me faire la morale… »
« Tu crois que ça marche, la morale, sur quelqu’un comme toi ? »
Choi Suhyun, qui était resté assis sans rien dire, éclata de rire.
Si je ressentais déjà ça après avoir connu Park Siyu si peu de temps, je n’osais pas imaginer ce qu’en pensait Choi Suhyun, son ancien camarade de classe.
« Quelqu’un doit bien s’en charger, c’est ça ? »
Park Siyu ouvrit de grands yeux.
Je soupirai devant son air déconcerté, comme s’il ne comprenait pas comment j’avais deviné.
À ton avis, comment je l’ai su ?
J’avais déjà pensé exactement la même chose, moi aussi.
Je n’avais pas l’intention de lui en vouloir ni de le rabrouer à ce sujet.
« Je dis juste que tu ne devrais pas faire un choix que tu regretteras. »
« Le moment venu, je suppose que je n’aurai qu’à te demander de l’aide. »
« Quoi ? Certainement pas ! Comment on en est arrivés là ? »
Débrouille-toi tout seul !
Entre-temps, il était passé dix heures du soir.
Mon estomac gargouilla : je n’avais rien mangé depuis le dîner.
Je tendis la main vers Park Siyu.
« Quoi ? »
« À ton avis ? Ta carte ! De l’argent ! Tout ce qui ne concerne pas le travail dans les donjons compte comme des heures supplémentaires ! »
J’avais joué le jeu de Park Siyu, ce qui revenait plus ou moins à travailler.
Park Siyu me dévisagea, bouche bée, tandis que Choi Suhyun éclata de nouveau de rire.
Choi Suhyun et moi mangeâmes du bœuf coréen de première qualité aux frais de Park Siyu.
« … Réveille-toi. »
« Hé, toi. La femme ! »
« … Pff. »
« Si tu es consciente, ouvre au moins les yeux. »
La voix grave qui résonnait dans sa tête ramena Eunyoung à elle.
Ploc. Ploc.
L’eau qui s’accumulait au plafond tombait dans la flaque en contrebas et s’y répandait.
Eunyoung ouvrit prudemment les yeux.
Jihan se tenait devant elle, l’air renfrogné.
Elle posa une main sur son front douloureux et se redressa sur le sol où elle était affalée.
En prenant appui par terre, Eunyoung comprit que le sol et le mur n’étaient pas tout à fait ce qu’elle avait cru.
C’était doux et élastique, comme la peau d’un être vivant.
Alors qu’elle titubait, incapable de garder l’équilibre, Jihan lui tendit la main.
Qu’est-ce qu’il a, celui-là ?
Eunyoung finit par réussir à se tenir debout et le fixa, déconcertée.
Le sol et les murs ondulaient et frémissaient.
Ce n’était clairement pas un mur ordinaire.
Jihan rattrapa vivement Eunyoung par le poignet alors qu’elle commençait à tomber.
« T’as perdu la tête… Lâche-moi ! »
« Tu ne tiens même pas debout. »
Le bras qu’il lui retenait lui faisait mal.
À cause de la blessure qu’elle avait déjà.
Jihan, qui avait compris un peu tard dans quel état était son bras, souleva légèrement la main qui lui tenait le poignet.
Combien de temps était-elle restée inconsciente ?
Eunyoung fouilla dans ses souvenirs, essayant de reconstituer ce qui s’était passé avant son arrivée dans cet endroit méconnaissable.
Le projet de donjon était terminé.
Yu Jihan l’avait attaquée.
Puis cette chose étrange, qui ressemblait à un globe oculaire, était intervenue, et elle et Jung Hyeonseong avaient été entraînés dans une sorte de…
Eunyoung baissa les yeux vers son bras prisonnier.
Pouvait-elle s’enfuir ?
Elle avait compris depuis un moment déjà qu’elle ne faisait pas le poids face à Yu Jihan.
Le bras immobilisé ainsi, à si courte distance, elle n’avait aucun moyen de l’affronter.
Jihan claqua la langue en sentant l’intention meurtrière qui émanait d’elle, puis marmonna :
« T’as vraiment le sang chaud. »
« Je ne compte pas me laisser frapper sans réagir, alors n’essaie même pas. »
Eunyoung, qui baissait les yeux, détourna vivement la tête pour éviter son regard.
Son poignet, toujours pris dans la poigne de Jihan, lui faisait mal.
Une petite lumière flottait au-dessus de l’épaule de Jihan.
Dans cet espace plongé dans le noir absolu, où pas le moindre point lumineux ne brillait, la mystérieuse boule de lumière qui flottait au-dessus de son épaule était son seul repère.
« Tu ne vas pas me tuer ? »
« Tu veux que je le fasse ? »
Les regards de Jihan et d’Eunyoung se croisèrent.
Avant d’arriver ici, Jihan avait essayé de la tuer.
S’il avait vraiment l’intention de la tuer, rien ne l’empêchait de passer à l’acte sur-le-champ.
Et elle était déjà blessée.
C’est du sérieux, ce type.
Si, par orgueil, elle lui disait imprudemment de l’achever, il le ferait sans hésiter. Elle en était certaine.
Après un long silence, les lèvres tremblantes d’Eunyoung finirent par bouger.
« Épargne-moi. »
Son estomac se noua.
Ce n’était pas n’importe qui. C’était celui qui avait essayé de la tuer.
Mieux valait mourir que supplier un type pareil de lui laisser la vie.
Elle le savait, et pourtant elle l’avait dit quand même.
Une contradiction.
L’écart entre elle et Jihan, qui se tenait devant elle, lui parut aussi vaste qu’un canyon.
Une différence écrasante.
Au-delà de la force, elle ressentait quelque chose qui ressemblait davantage à une peur indescriptible.
La main qui lui agrippait le bras lui inspirait une inquiétude glaciale.
Comme si son bras pouvait être arraché d’un instant à l’autre.
« Je vais laisser passer. »
À ces mots de Jihan, les jambes d’Eunyoung flanchèrent et elle s’effondra au sol.
Tout en lui tenant toujours le bras, Jihan lui tendit quelque chose.
La lumière au-dessus de son épaule éclaira la bouteille qu’il avait à la main.
Une fiole de verre un peu plus grande que sa paume, remplie d’un liquide rouge.
Attends, je croyais qu’il avait dit qu’il ne me tuerait pas.
« Tu veux que je me suicide ? »
« Ce n’est pas du poison ! »
Jihan s’emporta en haussant la voix.
Qu’est-ce qu’elle a, celle-là ?
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