Chapitre 80
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 80 : Pourquoi moi ! Pourquoi ! (1)
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« Aujourd’hui ? »
Je savais que je devais passer le test d’aptitude, mais personne ne m’avait jamais dit quand.
« Ouais. »
« Je peux venir quand je veux ? »
« Dis-moi juste quand tu es disponible. Et pourquoi tu fais le fier alors que tu n’as rien de prévu ? »
« Je suis plutôt du genre à faire le fier. »
« Tu veux mourir ? Tu viens à quelle heure ? »
« Euh… vers deux heures, ça irait ? »
« Ouais. J’ai une réunion importante, mais elle devrait être presque finie vers deux heures. Viens à ce moment-là. »
Si je mangeais d’abord et que je partais tranquillement, j’arriverais sans doute après le déjeuner.
Choi Suhyun me dit qu’il prendrait rendez-vous. Je répondis que ça me convenait et raccrochai.
Noona Eunyoung, j’espère qu’il n’y a rien de grave.
Je vérifiai le forum de la communauté : toujours aucun commentaire. Puis je déjeunai et quittai l’hôtel sans me presser.
L’Association me parut étrange ; cela faisait un moment que je n’y étais pas venu.
« Le correspondant que vous tentez de joindre ne peut pas prendre votre appel pour le moment… »
« C’est lui qui m’a dit de l’appeler quand j’arriverais. »
Choi Suhyun ne répondait pas, probablement parce qu’il était débordé par le travail.
Je montrai ma pièce d’identité à l’accueil, puis pris l’ascenseur jusqu’au dixième étage, où se trouvait la salle du test d’aptitude.
Je traversai le hall sans trop y réfléchir, en suivant les panneaux au mur, puis m’arrêtai en plein pas.
J’ai l’impression d’être déjà passé par là…
Je me souvenais très bien qu’on m’avait déjà dit de tourner à droite.
Ce ne fut qu’après avoir fait plusieurs fois le tour du même endroit que je compris que j’étais perdu.
« Quelle Association construit un bâtiment aussi compliqué ?! »
C’était un labyrinthe ou quoi ?
Ce n’était pas ma faute. C’était celle de l’Association et de son agencement complètement absurde.
Je n’ai pas le sens de l’orientation d’un bulot !
Quand j’avais pris possession de son corps, Kang Hangyeol avait déjà passé son test d’aptitude.
Autrement dit, je n’en avais aucun souvenir.
D’après ce que j’avais entendu, ce n’était pas censé être très important.
« C’est ici ? »
Je poussai doucement une porte qui, pour une raison ou une autre, semblait donner sur un gymnase.
Ce n’était pas la salle du test d’aptitude.
À la place, une vingtaine de futurs Chasseurs s’y trouvaient.
Vêtus de tenues confortables, ils s’entraînaient au combat.
La curiosité l’emporta et je m’arrêtai pour les regarder s’affronter.
Un homme d’une vingtaine d’années faisait face à une jeune femme qui venait à peine de sortir de l’adolescence.
Elle avait l’air si jeune qu’elle attira mon attention.
« Hein, ce ne serait pas… »
C’était l’une des apprenties qui avaient participé au donjon avec noona Eunyoung.
Je ne l’avais jamais vue en vrai, mais elle ressemblait exactement à sa photo. Je la reconnus aussitôt.
Pourquoi est-ce qu’elle suivait de nouveau cette formation ?
La dernière étape de la formation des apprentis consistait à terminer un donjon.
À moins que je ne me trompe, cette jeune femme n’avait aucune raison de se retrouver à nouveau dans un cours pour apprentis.
Chae Seolha, c’est ça ?
Une Chasseuse qui avait servi Servia, la déesse que Choi Suhyun suivait autrefois.
L’homme en face d’elle se moquait ouvertement d’elle.
« Minable. Tu repasses l’épreuve ? Qu’est-ce que tu as bien pu faire pour en arriver là ? »
« C’est pour ça que les jeunes d’aujourd’hui ne valent rien. Ils ne savent pas comment le monde fonctionne. »
« Servia, hein ? Si tu étais vraiment si douée, tu ne serais pas là à repasser l’épreuve. »
Les apprentis qui regardaient éclatèrent de rire à ses paroles.
Le visage de Chae Seolha se décomposa. C’était évident.
L’employé de l’Association qui arbitrait donna un coup de sifflet.
Comme il s’agissait d’un combat d’entraînement, Chae Seolha utilisait des balles de mana factices.
Son adversaire, lui, tenait une épée en bois.
Il se rua sur Chae Seolha.
Il la fit reculer sans lui laisser la moindre chance.
Même pour un combat d’entraînement, ça allait trop loin.
Chae Seolha parvint tout juste à bloquer son attaque et chercha une ouverture pour riposter.
Au moment où elle pointa son arme vers lui, le bout de ses doigts se mit à trembler.
Une fille qui avait déjà participé à un donjon n’avait aucune raison de trembler ainsi.
Une seconde d’inattention pouvait coûter très cher.
Quand Chae Seolha ne parvint pas à appuyer sur la détente, l’homme abattit violemment son épée en bois sur son poignet.
« Aaah ! »
Elle cria et lâcha l’arme qu’elle tenait.
Le combat était terminé.
Mais quelque chose clochait dans les mouvements de l’homme.
Il leva haut son épée en bois.
Il la visa droit à l’épaule de Chae Seolha.
Quel taré !
Je rattrapai son épée en bois d’une seule main.
« Qu-quoi ? »
« Qui êtes-vous ? »
« Vous venez d’utiliser une compétence, non ? »
Je gardai l’épée en bois en main et le fusillai du regard.
Le combat était déjà terminé, pourtant il avait quand même abattu son épée.
Et le fait qu’il ait utilisé une compétence en plus rendait son intention évidente.
Si le coup avait porté, Chae Seolha aurait eu au moins une épaule ou un bras cassé.
« Même dans un combat d’entraînement, il y a des limites. »
« Qu-qui t’es, bordel ? T’es même pas un apprenti ! Pour qui tu te prends à intervenir ? »
Je l’ignorai et me tournai vers l’employé de l’Association qui avait arbitré le combat.
« Excusez-moi, vous êtes qui ? »
« Je passais par là… enfin, je suis un Chasseur qui s’est perdu. »
« Désolé. Je ne voulais pas interrompre votre cours. Vous devriez peut-être garder un œil plus attentif sur eux, la prochaine fois. »
L’employé de l’Association qui arbitrait n’était pas un Chasseur.
Quelle Association minable. Qui confie l’arbitrage d’un combat d’entraînement entre Chasseurs à un civil ordinaire ?
Vu qu’il travaillait pour l’Association, ce n’était sans doute pas un civil tout à fait ordinaire.
Mais ça ne changeait rien au fait qu’il n’était pas Éveillé.
Bon sang.
J’avais entendu dire que les taxes que les guildes payaient chaque fois qu’elles terminaient un donjon n’étaient pas négligeables.
Mais où est-ce que tout cet argent disparaissait ?
Je lâchai l’épée en bois et me retournai.
Je tendis la main à Chae Seolha, qui s’était écroulée au sol.
« M-merci. »
« Il va falloir soigner ton poignet. »
Chae Seolha cacha derrière son dos son poignet rougi.
L’employé de l’Association annonça une pause.
Il s’approcha de moi.
« Vous disiez que vous étiez perdu ? »
« Ouais. C’est quoi, cet agencement compliqué ? »
Il eut un rire gêné en m’entendant marmonner.
Ah, il reconnaissait que c’était un labyrinthe.
« Je peux vous demander ce qui vous amène ici ? »
Les installations destinées aux Chasseurs ordinaires se trouvaient pour la plupart aux étages inférieurs.
À moins d’être un apprenti, on n’avait aucune raison de monter dans les étages supérieurs du siège de l’Association, sauf pour les affaires de guilde ou les expéditions spéciales supervisées par l’Association.
« Rien d’aussi important. Je suis juste venu passer mon test d’aptitude. »
« Ah, vous passez le test d’aptitude. La salle se trouve à droite, tout droit, puis à gauche. Traversez la passerelle vitrée, et elle sera au bout du couloir, sur votre gauche. »
En d’autres termes, j’étais venu au mauvais endroit.
« Désolé d’avoir interrompu votre cours. »
« Non, ce n’est rien. Et nous nous occuperons du Chasseur qui a utilisé une compétence. »
« Ça m’arrangerait. Et de son poignet aussi, si vous pouviez. »
Je désignai Chae Seolha, qui se tenait là, l’air hébété.
« Ne vous inquiétez pas. »
« Bon, je vais y aller. »
L’homme qui nous avait écoutés, l’employé et moi, à quelques pas de là, était devenu rouge de colère.
Je m’inclinai brièvement et fis volte-face.
« Je t’ai dit que je n’avais pas utilisé de compétence ! C’est quoi, ton problème ? »
« Hé, attends, qu’est-ce que tu… !! »
L’homme à l’épée en bois se rua sur moi, visiblement déterminé à en découdre.
Je pivotai légèrement, déviai son épée en bois et le projetai au sol avec une petite prise de hanche.
« Hé, tu sais pourquoi on appelle les apprentis des apprentis ? Parce qu’ils ne savent pas se débrouiller, comme toi. Si tu avais entendu que j’étais un Chasseur, tu aurais dû laisser tomber. Tu te crois où, à me sauter dessus ? Si ça s’était passé dans un donjon, tu aurais déjà un couteau dans le ventre. »
Le coup de poing qu’il lança me frôla la joue.
L’employé devint livide.
Je relevai légèrement le menton et baissai les yeux vers l’homme.
Tu viens de me frapper, petit con ?
Assis dans une petite salle de réunion à côté de la salle du test d’aptitude, je regardai Choi Suhyun.
« C’était de la légitime défense. »
« Arrête tes conneries. »
« Hyung, tu sais bien que je me faisais harceler quand j’étais apprenti. Ça m’a laissé des séquelles. Maintenant, quand je vois quelqu’un harceler les autres méchamment, je ne supporte pas l’injustice. C’est devenu une habitude… »
« J’ai dit : arrête tes conneries ! »
À bout de patience, Choi Suhyun frappa le mur.
Le grand téléviseur fixé dessus trembla.
Encore un coup comme ça et il va tomber.
Il a l’air cher, ce truc.
« Alors tu tabasses un type devant une bande de gamins ? »
« Je sais, hein. Pourquoi il s’en est pris à moi alors que j’essayais juste de partir tranquillement ? Mais c’est lui qui m’a frappé en premier. »
« Tu veux dire que tu l’as laissé te frapper ? »
Je détournai le regard et sifflotai. Choi Suhyun marmonna d’un ton résigné :
« Laisse tomber. Oublie ma question. »
« Si on y réfléchit, tout ça, c’est ta faute : tu n’as pas répondu au téléphone. »
« Je t’ai dit que j’avais une réunion importante et que tu n’avais qu’à passer ton test ! Je t’ai dit que j’arrivais tout de suite ! Si tu ne connaissais pas le chemin, tu n’avais qu’à attendre tranquillement. Et au lieu de ça, tu fais un scandale ? Je t’en supplie, comporte-toi correctement à l’Association ! »
« Pff, quel rabat-joie. »
Même ma mère me faisait sans doute moins la morale que Choi Suhyun.
Pas étonnant qu’il n’ait pas de petite amie.
Chae Seolha, qui nous avait écoutés, leva timidement la main.
Elle avait l’air de ne pas comprendre pourquoi elle était encore là.
« Euh, pourquoi est-ce que je… ? »
« Ah, c’est vrai. Tiens. »
Choi Suhyun fouilla dans sa poche et lança à Chae Seolha un tube qui ressemblait à un tube de dentifrice.
« Du Neosporin, enfin… une pommade réparatrice. »
« Un employé de l’Association qui l’appelle Neosporin ? »
« Ouais. »
Chae Seolha tripota le tube de pommade réparatrice que Choi Suhyun lui avait donné.
« Hyung, pourquoi est-ce qu’elle suivait encore ce cours, au fait ? »
Il ne restait qu’une expédition en donjon à Chae Seolha. Elle aurait dû terminer les cours théoriques et les entraînements au combat depuis longtemps.
Choi Suhyun répondit à ma question comme si de rien n’était.
« J’ai entendu dire qu’elle avait tenu tête à Song Eunyoung dans le donjon. »
« C’est elle qui a commencé… !! »
« On dirait que tu as mérité de repasser l’épreuve. »
Chae Seolha se tut à mes mots.
Elle trouvait clairement ça injuste ; son visage rougit.
Noona Eunyoung avait un sacré caractère.
Ça allait bien avec son apparence, d’ailleurs.
Les yeux de Chae Seolha se remplirent de larmes tandis qu’elle répétait que ce n’était pas juste.
« Je sais que j’ai fait une erreur, mais… ça ne devrait pas me coûter une session entière ! »
« Tu as fait une erreur. »
« Oui, une erreur, c’est une erreur, mais tout le monde fait des erreurs dans la vie et… »
« Une erreur n’en est une que si tu as une autre occasion de prouver que tu as compris. Sans Song Eunyoung, tu serais morte là-bas. Et une fois morte, tu irais voir le monstre pour lui dire : “Désolée, j’ai été distraite. Ça te dirait de recommencer ?” Tu crois qu’il répondrait : “Bien sûr, allons-y, recommençons” ? »
Chae Seolha se tut devant la leçon de Choi Suhyun.
Elle avait l’air de subir une injustice, mais ne pouvait pas répliquer puisqu’il n’avait pas tort.
« Tous les autres n’ont qu’à terminer de nouveau le donjon pour obtenir leur diplôme… mais moi, je vais prendre du retard. »
« Ce n’est que deux mois. »
« Ce n’est pas “que deux mois” ! »
« Si. Deux mois, ce n’est rien. Tu rattraperas ton retard en un rien de temps. Et puis, qu’est-ce qu’il y a de mal à repasser une épreuve ? »
« Je ne suis pas idiote, qui repasse un cours comme ça ? »
« Eh bien, désolé d’être idiot, alors. »
Choi Suhyun croisa les bras et baissa les yeux vers Chae Seolha.
Elle sembla décontenancée, comme si ce n’était pas du tout ce qu’elle avait voulu dire.
« Moi-même, je l’ai repassé trois fois, tu sais. Et les Chasseurs qui sont partis sur le terrain avant moi, ils ont mieux réussi ? »
Il fallait croire qu’il ne pouvait pas s’empêcher de se mettre un peu en valeur pour être satisfait.
À force de travailler dans la formation et l’affiliation, il était manifestement devenu doué pour s’occuper des jeunes Chasseurs.
Choi Suhyun réconforta doucement Chae Seolha.
« Deux mois, ce n’est rien. Je ne sais pas ce qui te rend si nerveuse, mais tu n’as pas à t’inquiéter. »
Je ne savais pas si c’était de l’autopromotion ou du réconfort, à vrai dire.
« Tu crois que je pourrais devenir comme toi un jour, oppa Suhyun ? Enfin… comme toi ! En tant que Chasseuse ! »
« Être comme moi, c’est peut-être un peu trop demander. »
« Si tu travailles dur, tu arriveras peut-être à la hauteur de mes ongles de pied. »
« Je vais travailler dur ! »
Ne travaille pas dur !
C’est une ordure !
C’est censé être réconfortant, ça ?!
Chae Seolha baissa la tête et quitta la salle de réunion.
Choi Suhyun reporta son attention sur moi.
« Hyung, t’étais idiot ? »
« Tu veux mourir ? Il y avait des circonstances ! »
« Des circonstances ? »
« Je me suis battu à coups de poing avec un Chasseur de l’Association pendant la formation. »
Choi Suhyun haussa légèrement les épaules.
Bon sang, une vraie bagarre.
Et ce type était censé être mon allié.
Une fois dans le couloir, je ne pus m’empêcher de m’interroger sur l’histoire de Choi Suhyun, qui s’était battu avec un employé de l’Association.
« Pourquoi tu t’en es pris à un employé de l’Association ? »
« Je n’écoute personne de plus faible que moi. »
« Je plaisante, abruti. »
Choi Suhyun me dit de ne pas le prendre au sérieux et me tapota l’épaule deux fois.
C’était une blague, hein ?
Une fois le test d’aptitude terminé, Choi Suhyun quitta le travail un peu plus tôt et nous descendîmes dans le hall pour dîner ensemble.
Le hall de l’Association était plus bruyant que d’habitude.
Avant même que je puisse demander ce qui se passait, un homme en cape bleue s’avança droit vers moi.
« Vous êtes Kang Hangyeol ? »
« Un vrai combat… non, je vous défie en duel. »
« Non, merci. »
Ce type avait perdu la tête ?
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