Chapitre 76
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ I Returned as a God ◈
Chapitre 76 : Si tu es désolé, alors meurs (1)
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Choi Suhyun et Park Siyu me regardèrent en même temps.
J’avais peut-être parlé un peu vite… mais ce n’était pas faux.
Park Siyu me lança un regard qui réclamait des explications.
Avant de lui expliquer quoi que ce soit, je devais d’abord éclaircir un point.
« Vous dites tous les deux que c’est vrai, pas vrai ? Vous avez rencontré ou connu des Chasseurs indépendants en dehors de Jung Hyeonseong ? »
« Ma mémoire n’est pas si mauvaise. »
« Hé, je suis Choi Suhyun. Voleur d’impôts ou pas, jamais je n’oublierais un truc pareil. »
Donc tu admets que tu es un voleur d’impôts.
Peu importe.
Je pointai un doigt vers eux.
« Vous pouvez bien dire ce que vous voulez, mais vous ne vous en souvenez pas vraiment, si ? Jung Hyeonseong ? Citez-moi un autre Chasseur indépendant que lui. Allez-y. »
Tous deux se regardèrent, stupéfaits.
Ouais, il y avait clairement quelque chose qui clochait.
Dans un monde où la règle était de s’éveiller puis de servir un dieu, pourquoi y avait-il des Éveillés indépendants qu’aucun dieu n’avait choisis ?
Et, en plus, les Chasseurs méprisaient discrètement les Éveillés indépendants, les considérant avec une sorte de dédain tacite.
C’était simplement parce qu’ils étaient faibles ? Non, ce n’était pas si simple.
J’avais plutôt l’impression que quelqu’un avait délibérément organisé les choses ainsi.
« Je ne remets pas en cause vos souvenirs. S’il y a un problème, il vient plus probablement des Éveillés indépendants eux-mêmes, non ? »
« Quel genre de problème ? »
« Comment je le saurais ? Ne me demande pas ça. »
Je l’avais dit, mais, franchement, j’étais aussi déconcerté qu’eux.
Il y avait au moins un fait que je pouvais aborder simplement.
« Pour une raison ou une autre, les souvenirs des Éveillés indépendants ont été effacés. »
Park Siyu avait vu juste.
À moins qu’ils ne se soient concertés pour mentir, c’était l’explication la plus probable.
Et ce n’était pas seulement une question de disparition des souvenirs.
« Effacement des archives, Effacement de l’existence… Peu importe, il n’y a pas de terme officiel, alors appelons ça comme on veut. Vous vous souvenez tous les deux que des Chasseurs indépendants ont existé, mais vous ne vous rappelez ni qui ils étaient ni quel genre de personnes ils étaient. Voilà pourquoi. »
« Quelqu’un a effacé l’existence des Chasseurs indépendants ? Pourquoi faire ça ? »
« Comment veux-tu que je le sache ? »
Quoi, j’étais un dieu ou quelque chose du genre ? Vous croyiez que je savais tout ?
Ah oui, j’étais un dieu.
Mais ça ne voulait pas dire que je savais tout.
Les dieux aussi, il y en avait de toutes sortes.
Choi Suhyun lâcha la souris, s’adossa à sa chaise et croisa les bras.
Le geste lui venait beaucoup trop naturellement.
Au fait, c’était la chaise de Park Siyu. À le voir, on l’aurait pris pour le maître de guilde.
On pourrait le jeter au milieu du désert, il trouverait sûrement le moyen de survivre.
« Et Song Eunyoung ? »
Je me doutais que cette question finirait par tomber.
Les Éveillés indépendants avaient soit disparu de la mémoire des gens, soit été effacés purement et simplement.
En suivant cette logique, qu’en était-il de Song Eunyoung, qui était restée une Éveillée indépendante pendant six ans ?
La réponse était…
« Aucune idée. »
« Comment ça, aucune idée ? Song Eunyoung est ta fidèle, maintenant ! »
« D’accord, elle l’est maintenant, mais pas à l’époque. Et puis, on ne l’a pas enlevée parce qu’ils avaient besoin de ce Jung Hyeonseong pour quelque chose ? »
« Pourquoi ils auraient besoin de ce faiblard ? »
« Parce que tu te souviens de lui. »
Mettons noona à part, puisqu’elle faisait exception, ainsi que les Chasseurs indépendants dont personne ne se souvenait.
Impossible même d’essayer de se rappeler d’eux si personne ne savait qui avait existé au départ.
« Donc, pour l’instant, c’est le seul Chasseur indépendant qui reste. »
« Il y a aussi des Chasseurs indépendants à l’étranger, tu sais. »
« Mais les donjons sans boss, il n’y en a qu’en Corée. »
« Et alors ? Quel rapport avec tout ça ? »
« Pourquoi il n’y en aurait pas ? »
Choi Suhyun soupira comme si toute cette histoire lui donnait mal à la tête.
En entendant parler de ce qui s’était passé au parc d’attractions, j’avais déjà soupçonné une chose.
« Tu sais ce qu’est un temple divin, pas vrai ? »
Park Siyu cligna des yeux, l’air de ne pas comprendre comment je pouvais savoir ça.
Choi Suhyun, lui, semblait prendre la nouvelle avec calme, comme si elle n’avait rien d’inédit.
Les informations qui circulaient en ligne étaient assez justes, mais elles n’effleuraient que la surface.
Les dieux n’étaient pas tous pareils.
On ne traitait pas de la même façon un dieu qui possédait sa propre dimension et un autre qui n’en avait pas.
Il y avait aussi une différence entre posséder entièrement une dimension et la partager, mais je n’avais pas à m’en soucier pour l’instant.
Après une dimension, l’élément le plus important était le « temple divin ».
Un espace très personnel.
Imaginez que la dimension soit une maison, et le temple divin, la chambre privée du dieu qui y vivait.
Chez les humains, même sans parler des dieux, c’était pareil.
Même avec un ami proche, il fallait du temps avant de le laisser entrer dans sa chambre.
Être le fidèle d’un dieu ne signifiait absolument pas qu’on avait déjà mis les pieds dans son temple.
« Tu sais quel est le moyen le plus simple d’entrer dans un temple ? Faire partie de la famille. Pas un ami, pas un fidèle : la famille. Du sang, quoi. Le même foyer. Même un membre de la famille qu’on ne peut pas blairer est plus proche qu’un ami qu’on adore, non ? »
La famille n’avait peut-être pas accès à la chambre, mais elle pouvait au moins entrer et sortir de la maison.
« Si j’étais le ravisseur, je fourrerais quelqu’un dans un sac, dans une rue sombre, et je l’emmènerais discrètement, sans témoin. Mais ce type n’a pas enlevé Jung Hyeonseong, il l’a attaqué. À ton avis, pourquoi ? »
Enlever discrètement un Chasseur éveillé depuis moins de six mois, sans laisser de trace, n’aurait rien eu de difficile.
Pour qu’un monstre boss devienne une entité d’incursion, il fallait lui implanter un fragment qui servirait de catalyseur et le corromprait de l’intérieur.
Il y avait de fortes chances que la blessure de Jung Hyeonseong ait été infligée exprès, dans ce but précis.
C’était une sorte de rituel.
Une fois membre de la famille, rentrer à la maison n’avait rien de difficile, pas vrai ?
Je comptai sur mes doigts en parlant.
« Premièrement, Jung Hyeonseong a de la valeur en tant que Chasseur indépendant. Deuxièmement, noona et ce… Rah, merde, ce salaud doit déjà être au temple. Voilà tout ce que j’ai compris pour l’instant. Pour le reste, on devra avancer au fur et à mesure. »
Je me grattai la nuque.
À peine une affaire réglée, je me retrouvais déjà plongé dans une autre. Ça me donnait mal à la tête de tous les côtés.
« Ça ne t’inquiète pas ? »
« Si, bien sûr… mais je ne peux rien faire, là, tout de suite. »
Je retournai au canapé et fixai le plafond d’un air absent.
Le plafond de ce bureau était ridiculement haut.
« Je vais devoir lui faire confiance, qu’est-ce que tu veux que je fasse d’autre ? »
Au moins, le Yu Jihan qui était dans la tour n’avait pas été un mauvais gars.
Si le Yu Jihan transcendant était bien celui que je connaissais, il n’agirait pas sans raison.
…Pas vrai ?
Franchement, je ne savais pas si cette pensée me rassurait ou m’inquiétait davantage.
Bon, je ferais confiance à celui qui le méritait.
Park Siyu vint s’asseoir en face de moi.
Il versa dans sa tasse le fond de thé noir qui restait.
« Je m’occupe de tout ce qui concerne cette expédition dans le donjon, ne t’en fais pas. Et je vais continuer à enquêter sur cet incident. »
La réunion de bon matin prit fin.
Repose-toi un peu, même si je me doutais que tu aurais du mal à te détendre.
Après avoir terminé ce donjon, on m’avait soudain accordé des vacances.
Je me demandais si je devais rentrer chez moi et me lancer dans la tour quand Choi Suhyun, qui était sorti du bureau avec moi, m’attrapa par le col.
« Hé. Tu viens faire un truc avec moi. »
« C’est quoi, cette façon de parler à quelqu’un qui vient de passer une semaine entière à travailler dans un donjon ? Laisse-moi me reposer, pour une fois. »
« Tu as dormi tout le trajet en voiture ! Et tu veux te reposer alors que Song Eunyoung est dans cet état ? »
« Quoi ? Tu n’es même pas encore officiellement un fidèle de Soter. Tu as remarqué que tu t’inquiètes plus pour noona que pour moi, ces derniers temps ? Tu as dû oublier qu’elle t’a collé une droite, une fois. »
« Arrête tes conneries et viens avec moi ! »
Choi Suhyun m’entraîna dans l’escalier de secours.
Il s’adossa en biais contre la rampe et fourra un bonbon dans sa bouche.
Ça, c’était de la dépendance au sucre, la vraie.
« Pourquoi l’escalier de secours ? »
Si tu veux discuter, pourquoi ne pas aller dans le bureau de Park Siyu, ou dans le couloir ?
Choi Suhyun croqua son bonbon et poursuivit sans se laisser démonter.
« J’ai un harceleur. »
« L’autosatisfaction a ses limites, après ça devient pathologique. Qui serait assez fou pour te harceler, hyung ? Il tient tant que ça à mourir ? »
« C’est exactement ce que je me demande. »
« …Attends, sérieusement ? Ce n’est pas juste une idée paranoïaque ? »
« Tu veux mourir ? »
Choi Suhyun repoussa sa frange en arrière.
Il n’avait pas l’air de mentir.
La vraie question, c’était qui pouvait bien harceler Choi Suhyun en ce moment, pourquoi et dans quel but.
« Attrape-le et fais-le parler à coups de poing. »
« Surveille ton langage. Le faire parler à coups de poing ? On va lui arracher les membres. »
« Tu es pire que moi ! Bref, qu’est-ce qu’il a fait, ce harceleur ? Ne me dis pas que tu m’as amené ici juste parce que tu n’arrives pas à t’en occuper tout seul. »
« Pas bête, le petit. »
Choi Suhyun enfourna un deuxième bonbon dans sa bouche.
Il en avait combien, dans ses poches ?
C’était un sac sans fond ou quoi ? Il avait une fenêtre d’inventaire, lui aussi ?
« Tu te souviens quand Kim Yu… non, Yu Jihan t’a attaqué ? Il avait quelqu’un pour l’aider, tu le sais, pas vrai ? »
« Ouais, plus ou moins. Je ne l’ai jamais rencontré, par contre. »
Il parlait de celui qui avait supprimé les images de vidéosurveillance sur tous les trajets empruntés par Jihan, piraté les serveurs de la Guilde Aria et fait de Kim Yuhan un fantôme dans le système.
Je savais qu’il avait eu un complice, mais je ne m’étais jamais vraiment intéressé à lui.
« Normalement, j’aurais laissé tomber sans faire de bruit. »
À force, je ne savais plus si le bruit de mastication venait de sa bouche ou de sa main.
Je ne trouvais pas ça très discret.
Choi Suhyun n’aurait pas soulevé la question sans raison.
« Ne me dis pas que le type qui te harcèle, c’est ce même gars. »
« Tu l’as rencontré ? »
« Non. »
« Alors comment tu as deviné ? »
« Eh bien… j’ai fouillé un peu partout. »
Choi Suhyun plia le bâtonnet de bonbon terminé, le cassa et se gratta la tête.
« Attends, tu ne l’as même jamais vu, mais tu as réussi à comprendre qu’il te harcelait et que c’était le complice de Yu Jihan ? Comment ça ? »
« Harceler quelqu’un, ça veut pas forcément dire le suivre partout, si ? »
« …Ah. »
Ça se tenait.
Le type qui aidait Yu Jihan avait clairement l’air plus à l’aise sur Internet qu’en personne.
« Donc, quand tu dis qu’il te harcèle, ce n’est pas dans la vraie vie, c’est en ligne ? »
« J’ai remonté son adresse IP, retracé sa piste, décortiqué le programme et découvert que c’était le même type qui avait trafiqué les vidéos de surveillance. Hé. Tu sais le temps que j’ai passé à retrouver ce petit enfoiré ? Et il se permet de fouiller dans l’ordinateur des autres. »
Ouais, je n’avais pas grand-chose à répondre à ça.
Choi Suhyun était vraiment furieux.
Je ne savais toujours pas qui était le complice de Yu Jihan, mais…
Dans ce monde, il y avait des gens à qui on pouvait s’en prendre, et d’autres auxquels il ne fallait surtout pas toucher.
Pourquoi tu as fait ça ?
Pourquoi ?
De l’extérieur, l’immeuble ressemblait à une villa ordinaire.
Il n’y avait même pas de serrure à l’entrée, comme on en trouvait partout.
Ça ne ressemblait vraiment pas au domicile de quelqu’un capable de pirater les serveurs de la Guilde Aria et de harceler Choi Suhyun en ligne.
C’est bien ici, pas vrai ?
Je n’aurais jamais imaginé que Choi Suhyun saurait remonter jusqu’à l’adresse IP d’un pirate informatique.
Il s’aimait tellement que je m’étais demandé plus d’une fois s’il n’avait pas avalé quelque chose de bizarre quand il était petit, mais, en le voyant sous ce jour, je devais reconnaître à contrecœur qu’il était doué.
« Tu as toujours le téléphone jetable que Park Siyu t’a donné, pas vrai ? »
« Hé, évite de parler de téléphones jetables comme ça en public. Tu es quand même un employé de l’Association, techniquement un fonctionnaire. »
« Appelle ce numéro quand tu l’auras attrapé. »
Il était aussi imbu de lui-même que compétent, et mes paroles entrèrent par une oreille pour ressortir par l’autre sans l’atteindre.
Un type comme lui, fonctionnaire. Pas étonnant que le pays soit dans un tel état.
L’argent de mes impôts, durement gagné !
Choi Suhyun avait dit qu’on n’avait qu’à coincer ce type et enquêter aussi sur l’identité de celui qui avait enlevé noona. Puis il m’avait embarqué avec lui.
C’était juste une intuition, mais je pensais qu’on ne tirerait probablement pas grand-chose en cuisinant le prétendu complice de Yu Jihan.
Yu Jihan était lui aussi une victime, d’une certaine façon. Qu’est-ce que ce type pouvait bien savoir ?
Attends, il avait quand même essayé de tuer noona. Ça faisait de lui un coupable, plutôt ?
Bref, je ne comprenais pas pourquoi il en voulait à ce point au dieu Soter.
Je m’arrêtai devant l’appartement 302, un carton de poulet emballé acheté dans le coin à la main, et sonnai.
« Livraison. »
Je sonnai et frappai plusieurs fois à la porte, mais personne ne répondit.
Je me retournai pour jeter un œil à la ruelle où la voiture de Choi Suhyun était garée.
Tu n’avais pas dit que ce type commandait tout le temps à manger ?
Qu’est-ce que je fais, maintenant ?
J’avais enregistré sur mon téléphone le code de la serrure que Choi Suhyun m’avait donné, mais entrer sans permission ne me disait rien.
Et si ce n’était même pas le bon appartement ?
Tu en prendrais la responsabilité ?
« Ah, et puis merde. »
J’utilisai Détection du mana à travers la porte.
Puis j’appelai aussitôt Choi Suhyun.
« Hé, qu’est-ce qui se passe ? Tu l’as attrapé, ce salaud ? »
« On dirait qu’il s’est fait la malle. »
« Merde. »
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