Chapitre 72
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 72 : La ruée (1)
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Après la fin du jeu à somme nulle, les chasseurs se rassemblèrent en un même endroit, qui ferait office de camp de base provisoire.
L’ambiance, en revanche, était loin d’être au beau fixe.
Les chasseurs de la Guilde Raon s’étaient regroupés, dégageant assez d’hostilité pour qu’on s’attende à les voir tirer l’épée d’un instant à l’autre.
Le visage rouge de colère, Jeong Hoil bouillait sur place.
« C’était une sale combine. Une faute, tout simplement ! »
« En quoi est-ce une faute ? »
« Ça… Ces grenades de mana, c’est de la triche ! Il faut achever les monstres de ses propres mains ! »
L’excuse absurde de Jeong Hoil m’arracha un rire sans joie.
Bien sûr, une grenade de mana restait une grenade, mais sans mana pour l’alimenter, ce n’était rien de plus qu’un caillou.
J’avais tué ces Hopji avec mon propre mana. Un point, c’est tout.
« Qu’est-ce qu’elles ont, les grenades ? Si c’était de la triche, le système n’aurait pas comptabilisé les victimes. Et même si c’en était, alors quoi ? Tu insinues que tous ceux qui utilisent des armes magitech sont des escrocs ? »
Quelques chasseurs qui tenaient des armes magitech tressaillirent.
Pourquoi ? Je n’avais rien dit de mal.
« Ce n’est pas… Ce n’est pas ce que je voulais dire… »
« Abrégeons cette dispute stérile. Et puis, même si c’était une faute, et alors ? »
« La règle du jeu à somme nulle, c’était que celui qui tuerait le plus de Hopji dans les vingt-quatre heures suivant son entrée dans le donjon gagnerait, non ? Il n’était écrit nulle part qu’il ne fallait pas tricher ou lancer de grenades. »
« Mais ! Tu avais tout un stock de grenades avec toi ! Ne me dis pas que tu avais tout prévu dès le début et que tu les as amenées de l’extérieur du donjon. »
« T’as des preuves ? »
« Alors, je te demande si t’as des preuves. »
Jeong Hoil serra le poing devant mon aplomb sans vergogne.
« Ça suffit. »
Han Jongho intervint, apparemment à bout de patience.
La Guilde Raon était bien trop disciplinée pour qu’un Jeong Hoil, qui venait de me chercher des noises, ose continuer après l’intervention de Han Jongho. Il se tut aussitôt.
Il n’avait toutefois pas l’air d’avoir avalé la pilule.
J’avais beau être patient, il y avait des limites à ce que je pouvais supporter.
S’il avait ajouté un mot, je ne serais pas resté sans rien faire.
Quand la raison ne suffit pas, il reste toujours la force.
Heureusement, contrairement au moulin à paroles qu’était Jeong Hoil, Han Jongho avait l’air plutôt raisonnable.
Han Jongho s’avança et me tendit la main.
« Les règles sont les règles. Je te suivrai, au moins jusqu’à la fin de l’expédition dans le donjon. »
« Merci. Diriger, ce n’est pas vraiment mon truc, et franchement, je ne voulais pas de ce poste. »
« Ha, tu as donc hérité d’un sacré fardeau. »
« Tu l’as dit. J’ai déjà les épaules en compote. Alors je te serais reconnaissant de marcher dans le rang. »
Han Jongho et moi nous serrâmes fermement la main.
Après cette poignée de main, je passai les chasseurs de la Guilde Aria en revue.
Je sentais depuis un moment des regards me brûler le dos.
« Et toi, qu’est-ce que tu as encore ? »
« Hmph, rien. Enfin, bon, passons l’histoire du nid de Hopji. Mais la grenade de mana, là, c’était exagéré. »
Si ça venait de Jeong Hoil, je m’y attendais. Mais entendre ça de Ju Seohye, qui faisait techniquement partie de ma propre guilde, me piqua un peu.
« Même les tirs amis ont leurs limites. Mais tuer ses coéquipiers à l’excès, ça ne s’appelle pas du sabotage ? »
« Personne de sensé ne lancerait ça aussi à la légère, quoi qu’il arrive. »
« Quoi ? Une grenade, c’est fait pour être lancée à la légère. À quoi d’autre ça servirait ? »
Jeong Hoil, passe encore. Mais je ne comprenais vraiment pas pourquoi Ju Seohye s’emportait autant.
Les autres chasseurs, y compris Han Seongcheol qui n’avait pas dit un mot, grimacèrent en entendant notre échange.
Qu’est-ce qu’ils avaient tous ?
Kang Hyeonseung me donna un petit coup de coude et murmura :
« Tu sais combien coûte une grenade de mana ? »
« Aucune idée. Cent mille wons, peut-être ? »
« Si c’était aussi bon marché, j’en lancerais partout, moi aussi ! Les moins chères coûtent trois millions de wons, et les plus chères, dix millions. »
Les grenades de mana frappaient fort, c’est vrai, mais elles n’étaient pas vraiment rentables.
Peu de chasseurs de rang B pouvaient se permettre de claquer dix millions de wons dans une grenade à usage unique.
Tout le monde avait apparemment compris d’où venaient mes grenades.
« Et parmi toutes les marques, ACKO, c’est la crème de la crème. Les dix millions dont je viens de parler, c’est le prix d’un modèle ACKO. »
« ACKO ? »
« Celle que tu as lancée. »
Kang Hyeonseung affichait une inquiétude discrète, comme s’il espérait que je ne l’avais pas jetée sans savoir ce que c’était.
Ah. Désolé.
Je n’en avais pas la moindre idée et je les avais lancées à tout-va, tout content.
Je sortis les grenades restantes que j’avais gardées dans ma poche.
Je ne l’avais pas remarqué en les lançant, mais un petit logo « ACKO » était bien estampillé sur le côté.
J’en avais lancé une trentaine.
Environ trois cents millions de wons venaient de partir en fumée.
À ce stade, je ne tuais plus les monstres avec des bombes : je les assommais à coups de fric.
Ce n’était pas intentionnel, mais oui, ça revenait à jeter l’argent par les fenêtres comme un idiot.
Voyant les chasseurs me dévisager, incrédules, je me dépêchai de calmer le jeu.
« Bon, bon, fini de parler des grenades. Que ça coûte cent millions ou dix milliards, le résultat, c’est tout ce qui compte, non ? J’ai tort ? »
Personne ne fut d’accord avec moi.
Maudite soit cette société capitaliste.
Le monde ne tournait pas qu’autour de l’argent !
Contre toute attente, les chasseurs de la Guilde Raon se rangèrent à mes ordres sans trop rechigner.
Bien sûr, il y eut quelques grognements, mais Han Jongho, qui était en quelque sorte le visage de l’équipe de la Guilde Raon, suivait mes consignes sans broncher. Aucun imbécile n’osa donc venir protester ouvertement.
Même après le carnage du jeu à somme nulle, le donjon grouillait encore de Hopji.
« Beurk, ces saloperies de vers. »
« J’en peux plus. »
« Pourquoi y en a-t-il autant ? »
Comme Park Siyu l’avait dit, le donjon était devenu le territoire des Hopji.
Ceux qu’on avait éliminés du nid n’étaient que la partie émergée de l’iceberg.
À force de passer ses journées à écraser des vers sous ses pieds, pas étonnant que tout le monde en ait eu marre.
Pendant que les autres chasseurs se battaient vaillamment, j’étais assis dans un arbre à manger une barre énergétique.
Hum, celle-ci est à la fraise.
Avec l’apparition de donjons aux quatre coins du monde, l’industrie des rations de survie avait explosé elle aussi.
J’avais récemment pris goût aux barres énergétiques et je m’étais lancé dans une petite dégustation des différentes saveurs.
Après avoir nettoyé les alentours des Hopji, Min Seongtaek s’approcha de l’arbre.
« Tu pourrais au moins faire semblant de travailler, au lieu de te prélasser. »
« Pourquoi je ferais ça ? »
Tout en finissant mon Choco Emong, je balançai les jambes. Min Seongtaek jeta un regard derrière lui, me faisant signe de vérifier.
Personne ne croisa directement mon regard, mais beaucoup n’avaient clairement pas l’air ravis de me voir glander.
J’élevai volontairement la voix pour que tout le monde m’entende.
« Dis donc, à vous entendre, on croirait que j’ai passé mon temps à me tourner les pouces ! Je suis allé nettoyer tout le secteur ouest à moi tout seul, et maintenant, je ne peux même pas manger tranquille ? Je suis tellement lésé que je pourrais en mourir ! »
« Tu as vraiment tout nettoyé ? »
Min Seongtaek leva les yeux vers moi, ébahi, comme s’il n’arrivait pas à y croire.
Ce matin, quand on s’était réparti les secteurs, je m’étais porté volontaire pour m’occuper seul de l’ouest, où il y avait le plus de Hopji. Je venais justement d’en revenir.
Ce genre de sale boulot, c’était du gâteau.
À force de tuer le même type de monstre, on finissait naturellement par découvrir ses points faibles.
En plus, l’effet « groupe désigné » de l’Épée du Bourreau s’appliquait aussi aux monstres d’une même espèce.
À vrai dire, je n’aurais même pas eu besoin d’attaquer le nid. Si je m’étais mis à chasser les Hopji dès mon entrée dans le donjon, la première place aurait été dans la poche.
Mais les exterminer comme ça, ce n’est pas drôle. Pas drôle du tout.
Le vrai frisson d’un jeu, ce n’est pas de remonter la pente et de retourner la situation à la dernière seconde ?
Bon, assez plaisanté.
De toute façon, il fallait bien nettoyer le nid des Hopji tôt ou tard. J’en avais donc profité pour m’en charger.
Je terminai ma barre énergétique et descendis de l’arbre.
« Évidemment. Pour qui tu me prends ? Si ça te tracasse à ce point, va voir les cadavres toi-même. »
Je jetai un coup d’œil aux chasseurs qui m’épiaient en douce ; ils se dispersèrent, prétextant qu’ils devaient s’occuper des Hopji plus loin.
« Impressionnant. Ta progression est vraiment difficile à croire. Ton dieu t’accorderait-il une faveur particulière, par hasard ? »
La Guilde Aria comptait des chasseurs au service de toutes sortes de dieux.
Beaucoup suivaient des dieux peu connus, et pas seulement les grandes divinités.
Un dieu qui avait beaucoup de fidèles n’était pas forcément le plus avantageux à suivre.
Moins de fidèles signifiait, autrement dit, moins de concurrence au sein de la communauté.
Enfin, ça dépendait sûrement du dieu en question.
Je ne connaissais pas les détails, mais je savais que Park Siyu était dans le même cas.
Pas besoin de raconter tout ça à Min Seongtaek.
« Quelque chose comme ça. »
Je coupai court à la conversation et fis rapidement le tour du donjon du regard.
Après plusieurs jours de chasse intensive aux Hopji, leurs rangs avaient clairement diminué.
Ça ne devrait plus tarder à bouger.
À la tombée du soir, les chasseurs regagnèrent un à un le camp de base improvisé.
Dans la tente, nous étions six chasseurs, moi compris.
Je fis part aux autres de la possibilité que le donjon n’ait pas de boss du tout.
Comme tout le monde avait parcouru le donjon de fond en comble dès le début du jeu à somme nulle, ma théorie fut bien accueillie.
Les cockatrices ne s’éloignaient pas de la Ferme, et, de plus, personne n’avait aperçu le moindre Rat de lumière de feu depuis plusieurs jours.
« Je pensais que les donjons sans boss étaient surtout des donjons de rang inférieur. Mais dans ce cas, pourquoi les expéditions précédentes ont-elles échoué ? »
« Probablement à cause du Lintbrum. »
Ju Seohye, qui écoutait jusque-là les jambes croisées, prit la parole.
Lors de la réunion de la Guilde Aria, Park Siyu avait expliqué en détail ce qu’était le Lintbrum.
« Le Lintbrum ? Mais il n’a rien à voir avec le problème, non ? »
Un donjon de rang A comportait toujours son lot d’imprévus.
La Ferme des cockatrices était plutôt bien délimitée, comparée aux autres donjons de même rang.
Le point essentiel, c’était qu’il n’était pas nécessaire d’exterminer tous les monstres à l’intérieur pour le nettoyer, contrairement aux autres donjons de type prison souterraine.
La quête indiquée comme objectif de récompense n’était pas obligatoire : il suffisait d’atteindre la destination pour déclencher le portail de sortie. C’était ce qui rendait la chose possible.
« C’est vrai dans des circonstances normales. Mais pour l’instant, on ne sait même pas quelle est la condition de réussite. »
« Je croyais qu’il quittait rarement sa grotte… »
La plupart des chasseurs qui nettoyaient la Ferme des cockatrices ignoraient complètement le Lintbrum et poursuivaient leur expédition.
Il vivait dans des grottes et se battait rarement, à moins qu’on ne le provoque.
Le vaincre n’était pas nécessaire pour nettoyer le donjon.
On pouvait le considérer comme une sorte de sous-boss.
Sauf que ce sous-boss était à peu près aussi puissant que le véritable boss.
Si ces deux-là avaient coexisté en respectant le territoire de l’autre, puis que l’un d’eux avait soudainement disparu…
« Ce n’est pas impossible. »
Han Jongho, qui avait écouté toute la conversation, hocha la tête, les bras croisés.
C’est moi le chef, alors pourquoi c’est toi qui prends tes airs de sage important ?
La première expédition avait échoué tout simplement.
La deuxième avait échoué à cause de conflits internes et de la transformation du boss en entité d’incursion.
La troisième avait échoué parce que le Lintbrum avait pris la place laissée vacante par la disparition de la cockatrice, et que l’équipe n’avait pas su s’adapter à temps.
Quand Park Siyu avait constitué l’équipe de la troisième expédition, son erreur fatale avait été de ne même pas envisager que la cockatrice ait tout bonnement disparu.
« À partir de demain, nous fouillerons les grottes où le Lintbrum est susceptible de se trouver. »
Attends, c’est moi le chef. Pourquoi c’est toi qui prends la pose et qui donnes les ordres ?
J’interrompis Han Jongho, qui avait déjà pris sa décision tout seul.
« Non, on continue à chasser les Hopji. »
« Maintenant qu’on sait que le problème, c’est le Lintbrum, on ne devrait pas aller le chercher en priorité ? »
« À ton avis, pourquoi la première expédition a échoué ? Ils combattaient le Lintbrum quand tous les Hopji des alentours leur sont tombés dessus et ont tout fait capoter. »
Les Hopji n’étaient pas particulièrement puissants pris individuellement, mais en nombre, ils devenaient sacrément pénibles.
Combattre le Lintbrum tout en voyant une horde de Hopji surgir à vos pieds, c’était la recette parfaite pour semer le chaos.
Tous ces jours passés à exterminer les Hopji qu’on trouvait, c’était autant de préparatifs pour le combat contre le Lintbrum.
« Espèce de morveux ! Comment oses-tu parler ainsi au chef d’équipe Han… »
« Ça suffit. C’est lui le chef d’équipe pour l’instant. Où veux-tu en venir ? »
« Je compte bien m’occuper du Lintbrum. Je n’ai jamais dit le contraire. C’est juste que je n’aime pas me faire prendre par surprise. »
C’était nous, les chasseurs, pas les proies.
« On l’attire à un endroit précis. Ce sera plus facile de le chasser, non ? »
« Sur le papier, ça paraît bien. Tu crois qu’il va gentiment suivre le plan ? »
Le Lintbrum était un monstre gigantesque.
Pouvoir affronter un monstre avec tout préparé, c’était l’idéal pour un chasseur, bien sûr, mais c’était beaucoup plus facile à dire qu’à faire.
À moins d’avoir un véritable avantage, les dégâts subis pour l’attirer dépassaient généralement ceux qu’on aurait reçus en l’affrontant directement sur place.
Là-dessus, il n’avait pas tort.
Je décidai donc de faire un petit compromis.
« D’accord. Si on trouve un moyen de l’attirer sans pertes, personne ne s’y opposera, pas vrai ? »
« Encore faudrait-il qu’une méthode aussi efficace existe… »
Les chasseurs dans la tente échangèrent des regards inquiets.
Ils s’étaient fait avoir trop souvent ou quoi ?
« Écoutons d’abord la méthode. »
Je répondis d’un ton désinvolte.
« Eh bien, les monstres aussi ont faim, non ? »
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