Chapitre 70
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 70 : Le garçon rêve (4)
──────
Suhyun remonta sa manche et exhiba son bracelet donnant accès à toutes les attractions.
« On ne vient pas dans un parc d’attractions sans faire au moins une ou deux attractions, pas vrai ? Alors, vous comptez vous marier quand, tous les deux… Aïe, aïe ! »
« Qu’est-ce qui te prend ? »
Park Siyu faillit plaquer une main sur la bouche de Suhyun, l’irritation se lisant sur son visage.
Contrairement à Suhyun, qui s’était pointé avec pour seul accessoire une paire de lunettes de soleil, Park Siyu était pratiquement en armure. Lunettes de soleil, masque et casquette enfoncée sur la tête : il était si bien camouflé qu’il aurait été impossible de le reconnaître comme Park Siyu sans s’approcher.
« Je t’ai dit que j’étais là pour m’amuser ! Hé, moi aussi, je veux en profiter. Si vous comptiez venir dans un endroit aussi génial, vous auriez dû m’appeler ! Vous êtes vraiment radins de venir juste tous les deux. Oh, attends, je vous dérangeais pendant un rendez-vous ? »
« Pff, fais ce que tu veux. »
Park Siyu leur tourna le dos, à moitié résigné.
Tous trois firent naturellement la queue devant l’attraction la plus proche. De l’extérieur, ils ne se distinguaient en rien des autres groupes venus passer une journée de détente. Et, dans les faits, rien d’extraordinaire ne se produisit. Ils firent la queue, profitèrent des attractions, prirent un déjeuner quand ils furent fatigués et achetèrent des encas aux stands pendant les longues attentes.
Le soleil couchant s’effaça, puis disparut, et les éclairages intérieurs prirent le relais. Une musique assourdissante retentit tandis que des artistes en costumes extravagants dansaient au milieu de la foule.
« On est tous les deux en train de morfler, hein. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Je t’ai dit que j’étais venu m’amuser. »
Une sucette à la bouche, Suhyun jeta un regard vers le niveau quatre, où se trouvait le portail.
La Vieille Résidence, le donjon peuplé de kobolds, pouvait être nettoyée en une demi-journée. Ils étaient peut-être un peu en avance, mais les chasseurs ne devraient pas tarder à sortir.
« Tu as fait lever l’interdiction d’entrer dans les donjons de Song Eunyoung, tu l’as recommandée pour le projet temporaire et maintenant, tu la surveilles sous couvert d’un rendez-vous. Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop ? »
La présence d’Eunyoung dans le donjon situé à l’intérieur du parc d’attractions n’avait rien d’une coïncidence. Pas le moins du monde. Celui qui avait choisi la date et le donjon, tout en recommandant Eunyoung pour le projet de chasseuse, n’était autre que Park Siyu.
« Je ne faisais que mon travail. C’est plutôt toi qui as l’air un peu trop investi dans le cas de Song Eunyoung, si tu veux mon avis. »
« Qu’est-ce que tu racontes à quelqu’un qui s’est éclaté toute la journée ? »
« Il y a quelque chose que je voulais te demander… »
« Suhyun ! Siyu ! Regardez, là-bas ! »
Hors d’elle de joie, Choa désigna la scène. Elle se fraya un chemin dans la foule pour s’en rapprocher.
« À propos de ce que je disais tout à l’heure… Il y a un problème ? »
Park Siyu pencha la tête, remarquant que leur conversation n’arrêtait pas d’être interrompue.
« Non, rien. Alors, qu’est-ce que tu voulais dire ? »
Suhyun croqua dans sa sucette, qui craqua sous ses dents, puis tourna les yeux vers la scène. Park Siyu suivit son regard, mais ne vit rien d’anormal : juste des gens ordinaires venus passer une agréable soirée.
« Qu’est devenu le type de l’autre fois ? »
« Ah. Celui qui se faisait appeler Yu Jihan ? »
« Je ne crois pas que ce soit le nom dont je me souviens. »
« C’était un faux nom. Celui que je viens de dire, c’est son vrai. Je l’ai appris de Kang Hangyeol en personne. »
« Il n’a vraiment aucun talent pour choisir les noms. »
Suhyun ne releva pas le commentaire marmonné par Siyu. Même après avoir appris le vrai nom de Kim Yuhan par Hangyeol, rien n’avait changé.
Il n’y avait tout simplement aucune piste.
Il avait utilisé son autorité au sein de l’Association coréenne des chasseurs pour mener des recherches dans tout le pays, aussi bien parmi les chasseurs que parmi les civils, afin de trouver quelqu’un qui s’appelait Yu Jihan. Il n’avait trouvé que des homonymes. Personne qui corresponde de près ou de loin.
Kang Hangyeol avait peut-être cherché à lui raconter des salades, mais, vu la situation, ça lui paraissait peu probable.
Il n’avait aucune raison de lui mentir là-dessus, non plus. Alors, c’était quoi, ce type ?
Un chasseur qui existait, mais qui n’avait laissé aucune trace. En gros, un fantôme vivant. À moins que ce type ne soit littéralement tombé du ciel un beau jour, rien de tout ça n’avait de sens dans le monde réel.
Évidemment, mon imagination part tout de suite là-dessus.
C’était l’effet secondaire de tout ce temps passé dernièrement à lire des mangas et des romans au boulot.
« Il s’est fait la malle. »
« Il s’est enfui ? »
« Ouais. Ce qui se passe après une arrestation ne dépend pas de moi, je n’y peux rien. La direction est censée le chercher, mais franchement, je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite. Être un chasseur noir, ce n’est pas un crime en soi, pas vrai ? »
« J’aimerais au moins qu’il paie pour les bâtiments qu’il a démolis avant de disparaître. »
Il n’en avait pas parlé séparément à Hangyeol, mais depuis la disparition de Jihan, toutes les demandes d’indemnisation pour les bâtiments détruits étaient retombées sur la Guilde Aria. Impossible de prouver les circonstances, et Yu Jihan n’était pas non plus le seul à avoir démoli tous les bâtiments concernés.
Le téléphone de Suhyun vibra.
« Ah, on dirait que les petits sont sortis. Bon, passez une bonne fin de soirée. Je file. »
« Suhyun, tu pars déjà ? »
« Ouais. Croyez-le ou non, je suis techniquement en service. La fermeture approche de toute façon ; vous devriez partir aussi. On dit que tous les hommes se changent en loups une fois la nuit tombée… »
« Choi Suhyun. Arrête de raconter des conneries et dégage… »
Suhyun et Siyu se turent au même instant et tournèrent la tête dans la même direction.
Quelques secondes plus tard, tout le parc d’attractions trembla comme si un séisme venait de le frapper.
Les chasseurs qui sortirent après avoir nettoyé le donjon avaient l’air d’avoir été passés à tabac. Mais ce n’était pas leur apparence en désordre qui posait problème. C’était l’atmosphère qui émanait d’eux. Contrairement aux autres chasseurs, qui tremblaient visiblement, Eunyoung affichait une expression bien plus lumineuse qu’avant d’entrer.
Un membre du personnel de l’Association coréenne des chasseurs n’y tint plus et interrogea Eunyoung, qui sifflotait pour elle-même.
« Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans ce donjon ? »
« Rien du tout. Juste un tout petit accident ? »
« Ça ne ressemble pas à un petit accident, à mes yeux. »
Eunyoung passa prestement un bras autour de ses épaules et lui murmura quelque chose à l’oreille.
« Je mettrai tout ça dans le rapport. On s’en est sortis vivants, non ? C’est ça, l’essentiel. »
« C’est… bon, d’accord. »
Devant la fermeté d’Eunyoung, il hocha la tête à contrecœur.
Eunyoung ignorait que Choi Suhyun avait déjà assuré au personnel qu’il prendrait personnellement la responsabilité de tout incident dans le donjon.
« Bon, je débauche. Beau travail, tout le monde ! Pff, toute la journée a filé. Je vais rentrer et me faire un bain de siège. »
Eunyoung ignora le regard noir qu’elle sentait dans son dos, celui de Chae Seolha, et descendit l’escalier.
En cherchant la sortie, elle aperçut un café.
« Je vais prendre un café avant de partir. »
Comme l’heure de la fermeture approchait, l’endroit était presque désert et le café lui-même semblait sur le point de fermer.
« Vous prenez encore les commandes ? »
« Un americano… Attendez, quoi ? »
Le sac qu’elle portait à l’épaule était ouvert.
« Mon portefeuille !! »
« Madame ? Excusez-moi… »
« Oh, faites-moi payer d’abord, s’il vous plaît ! »
Eunyoung régla son café avec son téléphone. Une fois son café en main, elle repartit en vitesse dans l’autre sens, rebroussant chemin jusqu’au niveau quatre, où se trouvait le donjon.
Son sac s’ouvrait parfois tout seul, ce qui lui avait déjà attiré des ennuis, mais elle n’aurait jamais cru perdre vraiment son portefeuille.
« Vous savez combien m’a coûté ce portefeuille ? »
Un modèle de créateur qu’elle s’était offert pour fêter son départ de son ancien boulot !
La chanson annonçant la fermeture résonna tandis que les lumières qui bordaient l’intérieur s’éteignaient une à une.
Par précaution, elle rebroussa chemin vers le niveau quatre.
[Le numéro que vous avez composé n’est pas disponible actuellement…]
Elle essaya d’appeler le membre du personnel de l’Association coréenne des chasseurs, mais il ne répondit pas.
Toc, toc.
Des pas résonnèrent à l’entrée d’une attraction à l’arrêt.
Pensant qu’il s’agissait peut-être du membre du personnel de l’Association coréenne des chasseurs, Eunyoung tourna la tête. Elle comprit vite que c’était un inconnu et se mit sur ses gardes à mesure qu’il approchait.
Le niveau quatre avait été fermé à cause du donjon et, à une heure aussi proche de la fermeture, personne n’avait de raison de monter jusque-là, à moins d’être chasseur ou membre du personnel de l’Association coréenne des chasseurs.
Une lumière néon se faufila par une fente de la fenêtre et se répandit à l’intérieur du niveau quatre, révélant Jihan.
Avec son jean, sa chemise ample et ses baskets, Jihan ressemblait, au premier coup d’œil, à un jeune homme ordinaire venu passer la journée ici.
Malgré tout, Eunyoung était certaine qu’il s’agissait d’un chasseur. Il n’avait pas la moindre ouverture.
« Tu es Song Eunyoung ? »
« Tu me connais ? »
Eunyoung fit passer dans son dos la main qui tenait son téléphone.
Ce n’était qu’une intuition, mais…
Ce type est dangereux.
Ne l’affronte pas.
Il n’avait pas dit qu’il était parti s’amuser quelque part ?
Choi Suhyun était introuvable quand elle était sortie du donjon. Impossible de savoir s’il était déjà rentré chez lui ou s’il traînait encore dans le coin.
Eunyoung composa à la hâte le numéro de Choi Suhyun.
Au moment même où la sonnerie retentit,
Jihan fondit sur elle en un instant.
Elle avait au moins confiance en sa vision dynamique, alors Eunyoung fut vraiment stupéfaite de constater qu’elle l’avait perdu de vue. Elle lui décocha un coup de pied presque par pur instinct.
Jihan lui attrapa la cheville d’une main.
Eunyoung, qui avait déjà calculé son prochain mouvement en partant du principe qu’il esquiverait, fit pivoter sa jambe d’un tour complet pour se dégager, puis recula. Elle réussit à se libérer en vitesse, mais le choc de tout à l’heure lui avait légèrement tordu la cheville.
« Dommage. J’allais te la briser. »
« Espèce de taré, hé ! Qu’est-ce qui te prend ? »
Eunyoung se redressa en titubant. Ce n’est qu’alors qu’elle remarqua que son téléphone avait disparu de sa main.
« Mon téléphone… ! »
« Ah, ça ? »
Jihan balança le téléphone par sa dragonne, enroulée autour de son doigt, une fausse pierre précieuse qui captait la lumière.
S’il le lui avait volé, ça ne pouvait être que dans l’instant.
Je n’arrive déjà pas à suivre ses mouvements, et en plus il m’a piqué mon téléphone ?
Eunyoung prit lentement une grande inspiration.
Jihan appuya sur le bouton pour raccrocher alors que l’appel n’avait pas encore abouti, puis laissa tomber le téléphone.
Crac.
« Espèce de fils de… »
Eunyoung se mordit la lèvre, ravalant sa fureur tandis qu’elle regardait son téléphone se faire écraser sous le pied de Jihan, réduit en miettes et irrécupérable. Elle avait perdu son portefeuille, et maintenant son téléphone. La pire journée imaginable.
Un nom inattendu sortit de la bouche de Yu Jihan.
« Où est Kang Hangyeol ? »
« Toi… Ne me dis pas que c’est toi qui as attaqué Hangyeol ? »
Hangyeol avait récemment été attaqué par un chasseur qu’il ne connaissait pas. L’altercation avait ravagé son logement, et depuis, il séjournait dans un hôtel que Park Siyu lui avait réservé. Eunyoung avait appris les grandes lignes de l’histoire de la bouche de Hangyeol et de Choi Suhyun. Mais elle ignorait qui l’avait attaqué et pourquoi. Hangyeol s’était contenté de dire que c’était une affaire personnelle.
Eunyoung relâcha lentement la tension de son corps et tenta de calmer Jihan.
« Je ne sais pas ce que tu lui veux, mais Hangyeol est dans le donjon en ce moment. Si tu as un problème avec lui, règle ça quand il en sortira. »
« Tu es une adepte du dieu Soter, comme Kang Hangyeol, pas vrai ? »
« Et alors ? »
« Tu as déjà pensé à arrêter ? »
Yu Jihan fit un pas en avant, et Eunyoung recula d’autant.
Sa cheville la lançait encore là où il l’avait saisie.
Il comptait la lui briser ?
Eunyoung était une chasseuse dont la statistique de Force était de rang A. Quelqu’un qui voulait réellement lui casser la jambe, c’était un autre niveau de folie.
« On dirait que tu as encore le temps de penser à autre chose. »
Les mains dans les poches, Jihan s’avança calmement vers elle. Le dos d’Eunyoung heurta le mur, et elle comprit qu’elle n’avait plus nulle part où reculer.
S’il te plaît, s’il te plaît, remarque-le, idiot.
L’appel avait abouti. Comme Jihan avait raccroché, techniquement, c’était Eunyoung qui avait appelé Suhyun pour lui raccrocher au nez.
Eunyoung essuya du revers de la main la sueur qui lui coulait dans le cou, puis prit une posture de combat.
Elle avait déjà pensé à renoncer à suivre le dieu Soter ?
Comme si.
La question ne méritait même pas de réponse.
Eunyoung fonça vers la rambarde, espérant atteindre l’étage inférieur. Même si la fermeture était imminente, il restait encore quelques personnes dans le coin. Jihan lui barra la route avant qu’elle ait pu aller bien loin.
Comprenant qu’elle ne pourrait pas le semer, Eunyoung changea de posture et passa à l’attaque.
Jihan fléchit légèrement le corps et esquiva son coup de pied sans effort. Son poing lui fracassa le ventre.
« Guh… !! »
Une douleur assez fulgurante pour lui couper le souffle fit ployer Eunyoung en avant. Elle lutta pour rester consciente, respirant par saccades, tandis que Jihan ne semblait pas le moins du monde affecté, comme s’il venait de sortir faire une simple promenade.
« D’abord Kang Hangyeol, maintenant toi. Je ne comprends pas pourquoi vous êtes tous aussi obsédés par ce dieu. Ce serait tellement plus simple si vous renonciez. »
« Beuh, de quoi tu parles ? C’est toi qui es obsédé, pas moi ! »
Gagner du temps, coûte que coûte !
Eunyoung plaqua Jihan au sol et lui grimpa dessus.
Craignant qu’il ne riposte, elle tendit la main vers sa gorge.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre serveur Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>