Chapitre 7
ON A TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 7 : Village des Gobelins (3)
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Il n’y avait pas une seule personne assez obtuse pour ne pas voir que quelque chose clochait, même sans qu’on le dise à voix haute.
« C’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qui se passe ? »
« Je n’ai jamais entendu parler d’un truc pareil. »
« Ne me dites pas qu’on est coincés dans le donjon ? Non ! C’est impossible ! »
« Attendez, calmez-vous tous ! »
La panique commença à gagner le groupe.
Au milieu de tout ça, la fenêtre de statut continuait d’afficher que le portail de sortie n’avait pas pu apparaître.
[Erreur :: La génération du portail de sortie a échoué.]
[Erreur :: La génération du portail de sortie a échoué.]
À ce stade, il y avait de quoi en avoir la chair de poule.
« Attendez, vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose qui cloche ? »
Lee Yeeun, l’éclaireuse et l’avant-garde de l’équipe, fut la première à réagir.
Un tremblement de terre ?
Je ressentis la secousse presque au même moment qu’elle.
Au début, je crus qu’il s’agissait simplement d’un tremblement de terre, mais je compris vite que ce n’était pas le cas.
Ce n’était pas seulement le sol qui tremblait. Tout l’espace autour de nous vibrait.
Ma vision se brouilla, comme si j’avais beaucoup trop bu, et je peinais à garder l’équilibre.
[Les personnes ne disposant pas de l’autorisation requise entrent dans « ??? ? ».]
* * *
Nous reprîmes tous connaissance à peu près au même moment.
« C’est quoi, ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Hé, ça ne va pas. »
Nam Unik prit la parole le premier, puis Choi Minhyeok, qui regardait partout avec affolement, ouvrit la bouche à son tour.
Nous nous tenions sur un immense pont construit en briques noires.
Sous le pont s’ouvrait un gouffre si profond qu’on n’en distinguait pas le fond.
Le pont était coupé derrière l’endroit où nous avions été téléportés.
Quelle que fût cette structure, elle ne nous permettait que d’avancer.
Lee Yeeun fixa le vide, le visage grave, puis prit la parole.
« C’est bizarre. Ma fenêtre de statut ne s’affiche pas. »
Normalement, dès qu’on entrait dans un donjon, une fenêtre d’information apparaissait pour présenter le donjon lui-même.
Depuis l’extérieur, les informations disponibles se limitaient généralement au nom du donjon et à celui de son boss. Tout le reste demeurait caché jusqu’à ce qu’on y pénètre.
Plus de soixante ans s’étaient écoulés depuis l’apparition des premiers donjons, et l’humanité s’était désormais habituée aux donjons et aux monstres. Les informations sur tous les donjons de rang A ou inférieur étaient publiques. Seuls les donjons rares, de rang A spécial ou S, bénéficiaient d’un tel secret.
« C’est un endroit louche, alors peut-être que ça ne s’affiche pas ? »
« Non, je veux dire que rien ne s’affiche ! Pas seulement la fenêtre d’informations du donjon, absolument rien ! »
Yeeun, incapable de contenir sa frustration, haussa la voix.
Au même moment, Kim Taewoon et Nam Unik tentèrent tous deux d’ouvrir leur fenêtre de statut.
J’avais écouté en silence, mais j’essayai moi aussi.
« Quelqu’un arrive à ouvrir sa fenêtre de statut ? »
« Non. »
« Moi non plus. »
« Merde, pareil pour moi. »
Quatre paires d’yeux se tournèrent vers moi.
Comme si j’allais faire exception. Au lieu de répondre, je secouai silencieusement la tête.
Tous les quatre auraient commencé leur carrière officielle de chasseurs dès qu’ils auraient terminé ce donjon.
Ils s’étaient attendus à le terminer comme n’importe quelle autre fois et à ressortir tranquillement de l’autre côté. Une situation pareille leur était donc tombée dessus comme un coup de tonnerre.
L’ambiance était devenue funèbre.
Kim Taewoon tenta de calmer le reste du groupe.
« Commençons par avancer, ou au moins par regarder un peu autour de nous. »
« Merde. Je croyais qu’on en avait enfin fini. »
« On ne va pas mourir ici, hein ? »
« Ne dis pas des choses pareilles ! »
Tous les quatre se mirent à fouiller les environs du pont.
Je me joignis à leurs recherches.
Le pont n’avait pas de garde-corps ; un faux pas suffisait à précipiter quelqu’un dans le vide.
Je m’accroupis et regardai par-dessus le bord.
Rien qu’un noir absolu.
Il semblait évident qu’une chute serait sans retour.
La moitié du pont était faite de briques noires, mais des briques blanches, éparpillées çà et là, luisaient faiblement comme de petites lampes.
« Tu n’as pas froid aux yeux. »
Lee Yeeun se tenait à quelques pas derrière moi, les bras croisés. Elle m’adressa la parole, mais je reportai mon regard vers le bas.
Impossible d’évaluer la profondeur, mais, honnêtement, la chute en elle-même ne m’effrayait pas beaucoup.
Sans doute parce que j’avais déjà traversé toutes les formes d’enfer possibles.
« Tu as quelque chose que je pourrais jeter là-dessous ? »
Je me tournai légèrement vers elle et posai la question. Comprenant mon intention, Yeeun fouilla dans sa poche.
Elle en sortit une petite boule de fer, un peu plus grosse qu’une pièce.
« Si ça peut faire l’affaire. »
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Une bombe fumigène à usage unique, fournie par la guilde. Elle explose quand elle touche quelque chose et dégage de la fumée. »
« Parfait. »
S’il y avait un sol en bas, de la fumée s’élèverait après l’explosion.
Je pris la bombe fumigène — la petite boule de fer — des mains de Yeeun et la lançai dans le vide.
Les autres, qui n’avaient rien trouvé d’anormal en fouillant les alentours, nous rejoignirent, Yeeun et moi, après l’avoir vue partir.
« Qu’est-ce que tu as fait ? »
« J’ai jeté une bombe fumigène là-dessous. Non seulement aucune fumée n’est remontée, mais on n’a même pas entendu le moindre bruit. »
« Soit c’est démesurément profond, soit quelque chose cloche. Dans tous les cas, une chose est sûre : si on tombe, on ne remontera pas vivant. On dirait qu’il ne nous reste que ça. »
Choi Minhyeok se tourna vers le bâtiment au bout du pont.
« À quoi sert ce bâtiment ? »
« Ça ressemble plus à une tour qu’à un bâtiment, non ? »
Yeeun désigna le sommet.
De près, la structure ressemblait presque à la tour de Pise.
Impossible de savoir jusqu’où elle montait. Son sommet disparaissait hors de notre champ de vision.
« Et alors ? Tu veux dire qu’on doit grimper là-haut ? »
« J’ai déjà entendu parler de donjons en forme de tour, mais celle-ci a l’air de compter bien plus que quelques dizaines d’étages. »
« La question n’est pas de savoir si on la grimpe ou non. Vous vous souvenez que nos fenêtres de statut ne s’affichent même pas ? Qu’est-ce qu’on est censés faire dans une situation pareille ? »
« Pourquoi est-ce que ça nous arrive, bordel ? »
Au milieu de la confusion, je sentis le regard de Choi Minhyeok me brûler la peau.
Il n’était pas le seul à me soupçonner.
Mais même s’ils m’interrogeaient, ils n’obtiendraient rien.
La seule petite consolation, c’était que les deux qui se méfiaient de moi n’étaient pas des idiots incapables de réfléchir, emportés par leurs émotions.
Une fois le pont derrière nous, un petit jardin apparut près de l’entrée de la tour.
Au milieu du jardin se dressait une immense porte de fer, imposante rien qu’à regarder. Et pas seulement à cause de sa taille.
La pression qui émanait de la porte, et de tout le bâtiment, n’avait rien d’une plaisanterie.
Même moi, qui pensais avoir vécu à peu près tout ce qu’il était possible de vivre, faillis reculer d’un pas.
La tour, dont il était impossible d’évaluer la hauteur, avait quelque chose d’écrasant.
Nous ne pouvions pas rester plantés là.
Nous avions déjà tout fait sur le pont et fouillé tout ce qu’il y avait à fouiller.
Il ne restait que la tour.
La question était de savoir qui ouvrirait la porte de cette tour dont personne ne comprenait la nature.
Tout le monde avait déjà senti que cette tour n’avait rien d’ordinaire.
« Hé, l’Impuissant. Vas-y, toi. »
Choi Minhyeok m’attrapa par l’épaule et me poussa en avant.
« Je ne sais pas ce qu’en pensent les autres, mais je soupçonne que c’est à cause de toi qu’on s’est retrouvés dans ce pétrin. Franchement, c’est toi le plus bizarre ici. »
« Même dans ce cas, ce n’est pas juste. D’accord, il n’a pas de dieu protecteur, mais Kang Hangyeol reste un chasseur. »
« Qu’est-ce qui n’est pas juste ? C’est toi qui as commencé à le soupçonner, Kim Taewoon. Enfin, peu importe. Même en mettant de côté cette histoire de fenêtre de statut, c’est lui le plus faible d’entre nous. Soyons réalistes : si ça tourne mal, c’est celui qui ne sait pas se battre qui devrait mourir. »
Choi Minhyeok venait de dire quelque chose d’une froideur sans nom.
Vu la situation, tout le monde était trop occupé à peser ses paroles pour protester.
« D’accord. J’y vais. »
« Ne t’inquiète pas. Au moins, je ne t’abandonnerai pas s’il arrive quelque chose. À moins que tu ne meures avant, évidemment. »
Quelle offre d’une générosité tout à fait superflue.
Sans prêter attention à Choi Minhyeok, je descendis les marches et m’arrêtai devant l’immense porte.
« C’est vraiment une porte ? »
On aurait plutôt dit une énorme plaque de fer.
Aucune jointure visible, rien qui ressemble à un mécanisme d’ouverture.
Je jetai un coup d’œil aux autres derrière moi, soupirai, puis posai la main contre l’immense plaque de fer.
Rien ne se passa.
La main toujours posée sur la porte, mille pensées se bousculèrent dans ma tête, jusqu’à ce qu’une idée perce le brouhaha.
Et si…
Le mana faisait lui aussi partie de la fenêtre de statut.
Le mana existait sur le continent d’Arbelisia, où j’avais passé tout ce temps.
Dans le monde des chasseurs, le mana semblait être considéré comme une simple jauge d’énergie servant à utiliser des compétences. Mais en réalité, c’était la force propre à l’âme, une chose que possédait chaque être vivant.
Si l’endurance était la force du corps, le mana tirait sa source de la puissance de l’âme qui résidait en lui.
Je n’avais encore jamais utilisé de mana, puisque je n’avais pas de compétence, mais si cette théorie était juste, alors la fenêtre de statut et l’utilisation du mana n’avaient aucun lien.
Après tout, la fenêtre de statut n’était qu’un affichage pratique de l’état actuel d’un chasseur. Le fait qu’elle ne s’affiche pas ne signifiait pas que le mana lui-même avait disparu.
Je pris une inspiration et libérai par ma main le mana qui se trouvait dans mon corps.
« Hein ? »
Un sceau bleu commença lentement à apparaître sur l’immense muraille.
Je ne savais pas si ce corps en était capable, mais…
Je déversai dans la porte jusqu’à la dernière goutte de mana que je pouvais mobiliser.
Je me sentis un peu vidé ensuite, mais, heureusement, la porte n’avait pas absorbé autant de mana que je le craignais.
Au même instant, le sceau bleu s’acheva.
[La Tour des Épreuves reconnaît le maître de la tour.]
[Erreur :: Impossible d’identifier le numéro d’étage.]
[Anéantissez le peloton de gobelins]
[Gobelins restants : 50]
[Erreur :: Impossible de confirmer la récompense.]
Un éclair de lumière jaillit derrière nous.
Plus de cinquante gobelins apparurent au sommet d’un immense cercle magique.
Encore une montagne à gravir, hein.
À ce stade, rien que suivre le cours des événements devenait déjà un vrai défi.
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