Chapitre 52
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 52 : La sinistre grande maison dans le brouillard (4)
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Jihan entra dans la salle de classe et balaya les lieux du regard.
On aurait dit qu’il cherchait quelque chose de suspect.
Ce petit morveux ne me voit même pas.
Sous mes yeux, la scène de Jihan au moment où il avait terminé le troisième étage se rejouait avec une netteté parfaite.
Il avait échoué à assassiner Lia, et tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur s’étaient changés en infectés.
Inutile de regarder la suite.
La personne au cœur de toute cette histoire se tenait juste devant moi.
Peu importait comment les choses s’étaient déroulées, le type était vivant.
Je pouvais simplement lui demander la suite.
Quand j’arrêtai la vidéo, Jihan s’était déjà approché tout près.
« J’ai beau regarder, il y a quelque chose qui cloche ici. »
Il avait dû prendre l’habitude de parler tout seul : il marmonnait en me collant son visage sous le nez.
[Éloigne ton visage.]
J’étais de nouveau dans le corps de Kang Hangyeol.
Mon corps disparu s’était reconstitué après que j’avais terminé le quatrième étage et trafiqué le système.
Pourtant, j’avais beau fouiller les autorisations d’administrateur, je ne trouvais pas la moindre information sur Noden ou la demande centenaire.
« Aah ! »
Jihan ne s’attendait apparemment pas à me trouver là et recula en sursaut.
Même de retour dans mon corps d’origine, il ne me voyait toujours pas.
Jihan s’assit sur un bureau.
Pourquoi ce gamin s’assoit-il toujours sur le bureau au lieu d’utiliser la chaise, juste là ?
Cela dit, je n’étais pas bien placé pour parler, assis moi-même sur l’estrade.
Jihan jeta un coup d’œil à l’estrade et grommela.
« Hé, si tu étais là, tu aurais pu le dire tout de suite. »
[Et qui m’a collé son visage sous le nez sans prévenir ?]
« Comment j’étais censé savoir que tu étais là ? »
J’avais l’impression que ça faisait environ deux semaines que je ne l’avais pas vu.
Pourquoi avait-il tant changé en si peu de temps ?
Attends, ça faisait vraiment deux semaines ?
Ce n’était pas parce que deux semaines s’étaient écoulées pour moi qu’il en était de même pour lui.
Impossible de savoir combien de temps s’était réellement passé pour Yu Jihan.
[Qu’est-ce qui s’est passé pendant mon absence ?]
« Ben… »
Comme je m’y attendais, Jihan hésita et détourna le regard.
En attendant sa réponse, je consultai sa fenêtre de statut.
Force : A- (78 %)
Vitalité : B- (21 %)
Mana : C+ (11 %)
Récupération : B+ (6 %)
Points de mérite : 69 690
Objets détenus <Bombe de douche x32> <Boule d’eau (500 mL) x20> <Pain dur x5>
Quoi qu’il ait fait, sa récupération était passée de B à B+.
Je me souvenais lui avoir donné une bonne réserve d’objets, mais je n’avais aucune idée de ce qu’il en avait fait.
Le nombre de bombes de douche avait diminué ; il avait au moins réussi à en vendre quelques-unes.
Sans attendre sa réponse, je lui demandai ce qui s’était passé au troisième étage.
Au lieu de tout me raconter comme je m’y attendais, il fit exactement l’inverse et se mit à guetter ma réaction.
[Si tu ne veux pas en parler, ne le fais pas. Je peux découvrir ce que tu as fait de toute façon.]
Je le pris au dépourvu.
[Tu crois que je suis un dieu pour rien ? Crache le morceau tant que je te le demande gentiment.]
J’en profitai pour me la raconter un peu.
Lui laisser une première chance de s’expliquer, c’était déjà faire preuve d’une grande générosité.
Jihan soupira et me raconta tout ce qui s’était passé.
Je savais déjà qu’il n’avait pas réussi à assassiner Lia.
Je lui avais dit que si l’assassinat échouait, il devait tuer tous ceux qui restaient dans le train.
Et Jihan avait bel et bien tué jusqu’au dernier passager encore à bord.
Une fois Jihan disparu, le train vide avait foncé droit sur le quai et provoqué l’accident.
[Bon boulot.]
« Je pensais que tu serais furieux. Ça m’étonne, un peu. »
[Pourquoi le serais-je ?]
C’était déjà arrivé, non ?
S’il avait tué Lia comme je le lui avais ordonné, rien de tout ça ne serait arrivé. Mais quoi qu’il en soit, Jihan avait survécu.
Peu importait comment les choses s’étaient déroulées : seul le résultat comptait.
Et se mettre en colère pour quelque chose qui appartenait déjà au passé ne m’aurait apporté que des ennuis.
Jihan sembla ne plus rien trouver à répondre et se tut.
[Au fait, qu’est-ce que tu as fait des potions ?]
Je ne lui avais donné que dix potions de mana ; bon, il les avait bues. Mais je n’avais aucune idée de ce qu’était devenue toute cette réserve de potions.
« Je les ai bues. »
[Tu as tout bu ?]
« Évidemment ! Hé, si tu comptes me donner quelque chose, hein ? Donne-moi au moins un truc bien ! C’est quoi, cette potion qui ressemble à une barre chocolatée contrefaite ? Donne-moi au moins une potion qui remonte vraiment ma barre de vitalité. Un élixir ! Une potion légendaire ! T’as pas un truc comme ça ? »
Il avait dû accumuler pas mal de reproches sur les potions, car il se mit à râler sans s’arrêter dès que le sujet fut abordé.
Je me demandai un instant s’il ne s’était pas tout simplement trop habitué à moi.
Tout en écoutant ses jérémiades, j’ouvris la liste des cadeaux.
Objets pouvant être offerts : Petite potion de soin (12), Petite potion de mana (30), Antidouleur (5), Bombe de douche (2)
Objet spécial : Tablette de chocolat (1000)
[Hein ? Une tablette de chocolat ?]
[Non, attends…]
Je m’interrompis et vérifiai rapidement la fenêtre des cadeaux.
Par précaution, je fouillai ma poche.
J’en sortis une tablette de chocolat.
Je compris soudain. Juste avant d’entrer dans la tour, j’avais acheté un repas à la supérette et pris une tablette de chocolat en plus à la caisse.
J’avais prévu de la manger sur le chemin du retour, puis je l’avais oubliée au fond de ma poche.
« Hé, qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu fais cette tête ? Et cette tablette de chocolat, alors ? »
Le silence s’éternisa au point que Jihan finit par s’impatienter.
J’avais remarqué quelque chose après l’avoir vu plusieurs fois : pour son âge, ce gamin avait le sang chaud. On pourrait dire qu’il s’emportait facilement. Ce n’était pas vraiment le portrait d’un as des relations sociales.
Je n’avais pas trop mon mot à dire, vu qu’il n’avait que dix-neuf ans, mais il y avait une raison si l’on disait que les défauts se manifestent tôt.
[Tu aimes le chocolat ?]
« T’es vraiment bizarre. Je déteste les trucs sucrés. »
[Ah oui ? Alors, c’est réglé.]
Pas question de forcer un gamin à accepter quelque chose qu’il disait détester.
À ma réponse, le visage de Jihan changea à peine, mais le changement était indéniable.
« Attends, tu as vraiment une tablette de chocolat ? »
[Pourquoi je t’aurais posé la question, sinon ? Je comptais te la donner, mais tu as dit que tu détestais ça.]
« Tu m’as demandé si j’aimais ça, pas si je détestais ça ! »
[Tu as dit que tu détestais les trucs sucrés. Tu vas faire quoi d’un truc que tu détestes ?]
Jihan ne s’était clairement pas attendu à ce que j’aie réellement une tablette de chocolat sur moi.
Il tendit la main vers l’estrade où j’étais assis.
Ce gamin m’avait laissé quelque chose, ou quoi ?
Pourquoi se montrait-il aussi culotté ?
« Donne-la-moi. »
[Tu as dit que tu détestais ça.]
« Détester un truc et l’avoir dans la main, c’est pas pareil. »
[En quoi c’est différent ? Et puis, c’est juste une tablette de chocol…]
Je m’arrêtai net au milieu de ma phrase.
Je compris soudain que ma situation et celle de Jihan n’avaient rien à voir.
À l’heure actuelle, tous ceux qui se trouvaient dans le hall, Jihan compris, vivaient grâce aux objets que leurs dieux leur avaient transmis, plus ou moins comme je m’apprêtais à lui donner cette tablette.
Et cette différence comptait bien plus que je ne l’aurais cru.
[D’accord, je te la donne.]
Les yeux de Jihan s’illuminèrent à ma réponse.
En le voyant, je compris qu’il restait quelque part un gamin sous toute cette insolence.
[1 000 points de mérite dépensés pour offrir une « Tablette de chocolat (spéciale) » à « Yu Jihan ».]
[1 000 points de mérite obtenus.]
Jihan accepta le cadeau comme s’il n’attendait que ça.
La tablette de chocolat apparut dans sa main depuis ma fenêtre d’objets.
L’emballage, qui portait à l’origine des inscriptions en coréen, perdit toutes ses couleurs et ne fut plus qu’une feuille d’aluminium nue.
Je m’étais demandé si ça poserait problème que quelqu’un remarque qu’il s’agissait d’un produit d’une supérette du coin, mais cette inquiétude semblait inutile.
Jihan n’en regardait pas moins l’emballage en aluminium d’un air méfiant.
« Tu ne m’arnaques pas, au moins ? »
[Pourquoi je t’arnaquerais pour un truc pareil ? Tu vas finir par te méfier de tout, à ce rythme.]
« T’as juste l’air un peu louche, pour un dieu. »
[Tu ne rates vraiment aucune occasion. Si tu te méfies autant, ouvre-la et vérifie.]
À peine avais-je fini de parler que Jihan déchira l’emballage.
À l’intérieur, il n’y avait qu’une tablette de chocolat ordinaire, rien de plus.
Jihan la déballa et en prit une bouchée.
Pour quelqu’un qui prétendait détester les sucreries, il la mangeait plutôt tranquillement.
En le regardant manger, je me demandai comment les choses se passaient dans le hall.
[À propos, comment vous faites pour manger, là-bas ? Dis-moi que tu ne survis pas uniquement grâce aux potions.]
« Qu’est-ce que tu racontes ? Je t’ai dit que je les avais toutes finies au troisième étage ! Pour la nourriture… enfin, je pouvais avoir de la viande séchée, avant. Mais seulement dans le hall. »
Le visage de Jihan se crispa dès qu’il fut question de viande séchée.
Le tabou de Lia était le cannibalisme.
Elle m’avait déjà proposé de la viande séchée, elle aussi.
J’avais refusé pour une raison toute simple.
Je savais exactement de quoi elle était faite.
J’aurais peut-être dû le lui dire.
Cela dit, même un gamin sait qu’il ne faut pas manger ce qu’un inconnu lui tend sans poser de questions.
J’avais envie de lui faire la morale, mais son air écœuré me coupa vite l’envie.
Ça avait l’air de l’avoir profondément marqué.
La nourriture de base là-bas, c’était de la viande séchée, et voilà qu’il en était traumatisé. C’était presque pitoyable.
[Ça va ?]
« Ah, laisse tomber. »
Jihan répondit sèchement, manifestement décidé à ne plus y penser.
Comme il avait du pain dans sa fenêtre d’objets, il devait exister d’autres sources de nourriture que la viande séchée.
Tant qu’il n’était pas condamné à en manger jusqu’à la fin de ses jours, ce traumatisme finirait probablement par s’estomper.
« Laisse tomber, parlons du quatrième étage. »
Jihan finit sa tablette de chocolat et changea de sujet.
Cette histoire m’avait aussi appris que les conditions de réussite de Jihan se répercutaient sur l’étage suivant.
On aurait dit qu’il avait plus de choses à dire que moi.
Il se mit à parler sans même que j’aie besoin de le questionner.
« J’ai entendu des types dire qu’à partir du quatrième étage, on avait beaucoup plus de liberté. Ça veut dire quoi ? »
Je compris exactement ce qu’il voulait dire dès qu’il posa la question.
Certains étages, comme celui-ci, permettaient au joueur d’agir librement sans affecter l’histoire, tandis que d’autres ne le permettaient pas.
J’imagine que c’est pour ça que peu importait la façon dont j’avais accompli la demande.
J’aurais même pu terminer le quatrième étage en ramenant un chat errant du quartier.
Pour quelqu’un qui n’était pas fait pour se battre, il n’existait pas d’étage plus facile que celui-ci.
Si l’on voulait simplement se la couler douce, rien ne nous en empêchait.
[C’est exactement ça. Tant que tu obtiens un résultat, la manière importe peu. Au bout du compte, Lia est morte, non ?]
« Lia n’a pas été la seule. Des innocents sont morts aussi. »
[Je sais.]
Le visage de Jihan s’assombrit.
Il devait être là, à cet instant, à regretter de ne pas avoir tué Lia dès le début, écrasé par la culpabilité.
Avoir plus de liberté, autrement dit, signifiait qu’on ne pouvait pas garantir le déroulement des choses.
« Alors, rien ne garantit que ça ne se reproduira pas ? »
[Exact. Même mes conseils ne sont donc pas forcément la bonne solution.]
« Quel dieu tu fais. Tu n’es même pas omniscient. »
[L’omnipotence n’existe pas dans ce monde.]
« C’est bizarre, comme remarque, pour un dieu. »
Jihan marmonna en penchant la tête sur le côté.
Il se tut un moment après ça.
Il avait prétendu vouloir parler du quatrième étage, puis s’était perdu dans ses pensées.
[À quoi tu réfléchis autant ?]
Jihan se gratta la tête et poussa un profond soupir.
[Qu’est-ce qu’il y a ?]
« Rien, continue. »
[Tu as l’air incapable de te concentrer, et tu me dis que tout va bien ? On dirait que tu as appris quelque chose dans le hall. Les gens ont parlé du quatrième étage ?]
« Parlé de quoi ? »
Jihan affichait une expression sincèrement perplexe, comme s’il n’avait aucune idée de ce que je voulais dire.
Ah, je vois.
En le voyant aussi confus, je compris que les autres lui cachaient quelque chose.
On pouvait traverser le quatrième étage sans difficulté selon la façon dont on s’y prenait, mais pour certains, c’était aussi l’occasion de renverser leur situation.
J’imagine qu’ils ne sont pas si proches que ça, finalement.
Pas que ça ait beaucoup d’importance.
[Le quatrième étage n’est pas si difficile. Alors, dis-moi d’abord pourquoi tu n’arrives pas à te concentrer.]
« Je t’ai dit que ça allait… »
Jihan commença à hausser la voix, puis me regarda et se tut.
On aurait dit que ses émotions avaient pris le dessus malgré lui.
« Ça va… Non… »
Jihan sembla ne plus savoir quoi dire et se gratta la tête avec irritation.
Puis il marmonna pour lui-même d’une voix vide.
« Ha, je ne sais même plus ce que je fais. »
Il eut un rire amer, comme s’il se trouvait ridicule.
« Bon, je vais le dire. D’accord, je vais le dire. »
À vrai dire, j’avais déjà deviné à peu près ce qui n’allait pas avant même qu’il ouvre la bouche.
En dehors de la tour, il n’y avait qu’un seul endroit capable de causer ce genre de problèmes.
Comme je m’y attendais, ça concernait le hall.
Je savais déjà que Jihan ne s’entendait pas avec les gens là-bas.
S’il était entré seul au premier étage, c’était parce qu’il avait refusé de se joindre au groupe qui contrôlait le hall, la soi-disant Guilde centrale.
Jihan vida son sac.
Il me raconta tout ce que la Guilde centrale avait fait.
« Même si toute cette situation est complètement tordue, les gens ne peuvent pas juste… juste… Bon sang. Ce n’est pas comme si j’étais en position de juger qui que ce soit, maintenant. »
Jihan s’interrompit au beau milieu de sa tirade contre les agissements de la Guilde centrale.
Tout le monde ne voulait pas entrer dans la tour comme Jihan ou les types de la Guilde centrale.
On aurait dit que, pour lui, tuer les gens de cette façon ne valait pas mieux que ce qui s’était passé dans le train.
[Ce qui s’est passé dans le train, c’était…]
« Je ne parle pas du train. »
[Alors, de quoi tu parles ?]
« Après leur sortie du troisième étage, ces types sont venus me voir et m’ont dit qu’ils feraient comme si rien ne s’était passé, avant, si je me joignais à eux. Je ne comprends pas comment ils ont eu le culot de dire un truc pareil. »
[Et alors ?]
« Je les ai tués. Ils méritaient de mourir, oui, mais… »
[Ils méritaient de mourir, mais quoi ?]
« Je ne sais pas si ce que j’ai fait était juste. »
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