Chapitre 48
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 48 : L’histoire d’étrangers (4)
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Après avoir quitté le donjon, je pris soin de glisser exprès le nom de Yu Seyeon à Choi Suhyun.
Coincer Choi Suhyun pour lui déballer une plainte à la noix, c’était juste un bonus.
Je m’étais dit que Choi Suhyun ne pouvait pas passer à côté de mes intentions, et c’était précisément ce qui rendait le tout efficace.
Ma protestation au sujet de Park Siyu avait l’air d’avoir fait mouche, mais je ne m’attendais pas à une réponse pareille.
Alors que j’hésitais sur ce que j’allais répondre, un autre message apparut.
« Elle dit qu’elle n’avait pas l’intention de vous faire du mal. »
On aurait dit que Park Siyu avait passé un savon à Yu Seyeon.
« Le paiement pour la corne de Bicorne a été envoyé, va vérifier. »
Les messages s’accumulaient sans arrêt, alors j’ouvris l’application bancaire de mon téléphone.
Le paiement pour la corne que j’avais remise était déjà arrivé au moment où j’avais quitté le donjon.
Je répondis que je leur communiquerais mon choix d’objet d’ici le lendemain.
Voyons voir.
Je fis défiler la liste d’objets que Park Siyu m’avait envoyée.
Je pensais qu’il me proposerait un objet convenable et qu’on n’en parlerait plus, mais le choix était bien plus impressionnant que prévu.
N’en choisir qu’un, c’était du gâchis. Quelqu’un s’était manifestement donné du mal pour préparer cette sélection.
Qu’est-ce que j’avais fait, au juste ? Pourquoi se donnait-il tant de peine ?
Enfin, il devait avoir les moyens de céder un objet pareil sans même sourciller, sinon il ne l’aurait pas mis sur la liste.
Après un moment de réflexion, je choisis un objet.
La liste de Yu Seyeon, elle, ne demandait pas la moindre réflexion : le choix était évident.
À Park Siyu, je pris l’Anneau de Haejoo. À Yu Seyeon, Angervadir.
L’Anneau de Haejoo, un objet sans rang, était doté d’une compétence capable d’annuler la magie.
Je n’avais pas vraiment de parade contre les compétences de type entrave, comme le poison ou l’étourdissement. Avoir un objet pareil sous la main ne ferait donc pas de mal.
Quant à Angervadir, l’objet de Yu Seyeon, c’était le poignard de secours idéal.
Tout bien considéré, j’avais fait une belle affaire.
Quelques heures après l’envoi de ma liste, Park Siyu me répondit qu’il avait bien noté mon choix.
Bon, qu’est-ce qu’il me restait… Une expédition commune dans un donjon avec la Guilde Raon. Et Seo Jihoon ?
Je me souvenais qu’il était le troisième représentant de guilde encore présent à la Guilde Aria.
Quelque chose me tracassait, sans que je parvienne à m’en débarrasser.
Il faudrait que je repose la question à Choi Suhyun. Mais avant ça…
J’avais quelque chose à faire.
Le hall était toujours en ruines. Plusieurs anciennes structures provisoires s’étaient effondrées.
Le problème, c’était qu’il n’y en avait pas qu’un ou deux.
Les dégâts dépassaient largement ce que je pouvais nettoyer seul, alors je ne m’en donnai même pas la peine.
Sans prêter attention aux tas de gravats, j’entrai dans la tour.
[??]
Étage : 4
Après avoir atteint la capitale sain et sauf, vous allez rencontrer le vice-maître de guilde comme prévu. Là-bas, vous…
Récompense : points de mérite [10,000]
Là-bas, quoi ?
La tour avait beau être complètement détraquée, ce n’était pas une raison pour qu’elle le soit aussi.
J’allais devenir fou.
J’ouvris lentement les yeux. Le brouhaha d’une foule emplissait le vaste bâtiment qui m’entourait.
Les premier et deuxième étages faisaient à la fois office de hall et de réfectoire.
Les gens étaient serrés les uns contre les autres, mangeant ou bavardant ; il ne restait pas un centimètre de libre.
On aurait dit que j’étais arrivé dans la capitale, je ne savais trop comment.
Au début, j’avais cru que cette tour ne consistait qu’à accomplir des missions.
Ça ressemblait à…
Comme si je suivais le fil d’une vieille histoire écrite par quelqu’un d’autre.
C’était juste l’impression que j’avais. Devant moi, il y avait une omelette roulée, des saucisses et une bière.
Seul à ma table, je me dis que je pouvais bien manger.
J’accompagnai les saucisses de bière. Ça avait le goût d’une bière brune, douce mais avec une effervescence bien marquée. Pas mauvais du tout.
Mais quel genre de bière était-ce ? Une saveur qu’on ne trouverait jamais en Corée.
Parler de repas était généreux. C’était plutôt une façon de combler le vide dans mon estomac.
Derrière moi, des mercenaires discutaient à voix haute.
« Hé, t’as entendu ? Ils n’ont jamais attrapé le terroriste du train. »
« J’ai entendu dire que c’était un demi-muel qui avait fait le coup. »
« Il aurait enfreint un tabou, paraît-il. Le plus bizarre, c’est qu’il n’y avait pas un seul survivant dans le train. »
« Le sang-mêlé s’est enfui ? »
« Non, on a retrouvé son corps dans les plaines, près de la capitale. Quelqu’un a tué le demi-muel et les infectés du train, mais personne ne sait qui. »
« Au final, ça s’est bien terminé, non ? Si tous les infectés du train avaient réussi à sortir, ça aurait été un désastre. »
Les mercenaires continuèrent à parler de l’attentat du train.
Pour une raison ou une autre, le mot « train » me vrillait les oreilles.
Mais quelque chose clochait.
Un attentat dans un train et des infectés…
Il y avait quelque chose qui n’allait pas.
Un homme bien habillé s’approcha de ma table.
« Le vice-maître de guilde souhaite vous voir. »
Je me levai et le suivis à l’étage.
Il m’ouvrit la porte du bureau.
Derrière une immense baie vitrée, une femme aux cheveux roux était assise à un bureau en bois luxueux.
Elle agita la main ; l’homme s’inclina et sortit.
Dès que nous fûmes seuls dans le vaste bureau, elle haussa la voix.
« T’as perdu la tête ? Qu’est-ce que t’as foutu, bon sang ? »
« Je sais que tu es derrière l’incident du train. »
J’avais pourtant réussi mon assassinat, sans aucun doute.
Alors, cette histoire d’incident dans un train, c’était quoi ?
Entre les propos des mercenaires en bas et ce que cette femme venait de dire, rien ne concordait.
« À cause de toi, je ne peux plus vivre tranquille. Qu’est-ce qui t’a pris de faire un truc pareil ? »
« Non, attends… »
« Ne cherche pas d’excuses. Je ne t’écouterai même pas. Et moi qui pensais enfin pouvoir te revoir après tout ce temps… »
Elle posa une main sur son front et soupira.
Impossible de nier, pas avec elle dans cet état.
Qu’est-ce qui se passait ?
C’était normal, tout ça ?
Ou bien quelque chose avait mal tourné ?
Rien n’avait de sens.
Un silence gêné s’installa entre nous.
J’avais l’impression de devoir dire quelque chose.
D’après le scénario, ce personnage était un mercenaire membre d’une troupe assez importante, venu dans la capitale pour accepter « un certain travail ».
L’incident du train n’était qu’un événement survenu en chemin vers la capitale, rien de plus.
J’observai attentivement l’expression de la femme, puis demandai :
« Euh… Alors, qu’est-ce que je fais, maintenant ? »
La femme, assise sur sa chaise, soupira.
Elle avait l’air d’avoir compris qu’il ne servait à rien de continuer à parler du train.
« Peu importe. »
« Comment tu peux être aussi indifférente ? Je suis venu jusqu’ici depuis la province, j’ai traversé l’enfer, tout ça pour un seul boulot. »
Puisque je jouais un rôle, autant m’y tenir jusqu’au bout.
Même si, techniquement, ce que je disais était vrai.
En voyant mon attitude, la femme eut un bref rire.
Elle ne se moquait pas de moi ; elle trouvait plutôt la situation absurde.
Heureusement, son expression s’adoucit vite.
Elle prit un ton plus conciliant.
« Attends quelques jours. Tu viens tout juste d’arriver dans la capitale, non ? »
« C’est vrai, ouais. »
« Je t’ai fait venir aujourd’hui juste pour te voir. J’avais peur que tu te fasses prendre. Mais d’après ce que j’entends, je n’ai pas besoin de m’inquiéter. »
Son ton s’était considérablement adouci. En réponse, je haussai simplement les épaules.
Je ne l’avais pas fait, mais ça aurait pris une éternité de le lui expliquer en détail.
Elle posa le coude sur le bureau et appuya le menton dans sa main.
« Je te rappellerai. En attendant, pourquoi tu ne t’occupes pas d’un boulot dans le coin ? Tu n’es pas à court d’argent, si ? »
Je gardai le silence.
Depuis que j’avais terminé les étages inférieurs, j’avais appris pas mal de choses en fouinant à droite et à gauche.
Ce monde ressemblait au continent où j’avais été envoyé la première fois. C’était peut-être pour ça que je m’y étais adapté assez facilement.
J’ouvris ma fenêtre de statut.
À peine eut-elle fini de parler que la fenêtre de statut avait déjà changé.
[Débrouillez-vous comme vous voulez.]
Arrivé sain et sauf dans la capitale, vous allez rencontrer le vice-maître de guilde comme prévu. Vous y rencontrez le vice-maître de guilde, « Erel Von Irfillia ». Après vous être fait copieusement réprimander par elle, vous comprenez que vous avez environ une semaine devant vous avant votre mission. Dans ce cas, pourquoi s’être dépêché de venir jusqu’ici ? Bref, sur les conseils d’Erel et comme vos finances ne sont pas au beau fixe, vous décidez d’accepter une mission de la guilde en attendant.
Objectif : Accomplir l’une des requêtes affichées dans le hall de la guilde.
+) Des points de mérite supplémentaires peuvent être obtenus selon la requête.
Quel genre de titre, « débrouillez-vous comme vous voulez » ?
Ce n’était pas vraiment un titre qui me plaisait, mais le résultat était assez satisfaisant.
Alors que je m’apprêtais à partir, Erel me lança quelque chose.
Une petite plaque dorée, un peu plus petite qu’une carte à jouer.
Elle m’expliqua à quoi elle servait.
« C’est une plaque spéciale réservée aux maîtres de guilde. Tu peux dépenser jusqu’à dix mille pièces d’or à titre personnel avec ça ; au-delà, il te faudra une autorisation. »
« Si j’ai ça, pourquoi est-ce que je devrais accepter une requête ? »
Je ne savais pas exactement ce que valaient dix mille pièces d’or, mais c’était clairement une somme considérable.
« Pff, fais ce que tu veux. Ça ne me regarde pas. »
Elle semblait trop épuisée pour continuer à discuter et me fit signe de déguerpir.
Le bureau d’Erel croulait sous les documents.
Elle avait tout l’air d’une pauvre responsable surmenée, ensevelie sous le travail.
Et même ensevelie de la sorte, elle n’offrait pas la moindre ouverture.
Son épée était appuyée en biais contre le mur, derrière sa chaise noire.
Pendant toute notre conversation, j’avais senti qu’elle était une épéiste exceptionnelle.
Même ses gestes les plus petits et les plus insignifiants étaient empreints de discipline ; elle ne laissait pas la moindre ouverture.
Elle devait être sacrément douée à l’épée.
Rien d’étonnant, au fond ; c’était sans doute ainsi qu’elle était devenue vice-maître de guilde.
Même si je ne connaissais pas grand-chose à ce monde, je comprenais bien que le vice-maître d’une guilde assez puissante pour bâtir son quartier général en plein cœur de la capitale ne pouvait pas être un personnage ordinaire.
« Qu’est-ce que tu fais ? Tu ne t’en vas pas ? »
Un stylo à la main, Erel me désigna la porte du menton pour me presser de partir.
Elle baissa la tête, comme si elle avait déjà oublié notre conversation, et se remit à examiner ses documents.
Quelle concentration.
Je n’avais plus rien à ajouter, et je me dis que je ne gagnerais rien à la déranger davantage. Je sortis donc du bureau.
En bas, c’était toujours aussi bruyant et agité. Je descendis au rez-de-chaussée par l’escalier du quatrième étage.
Trouver une place semblait impossible.
Je reportai plutôt mon attention sur le mur.
Le hall du rez-de-chaussée, qui servait à la fois de réfectoire et de bureau des requêtes, faisait office de grande place où se retrouver.
Un mur entier était couvert de fiches de requêtes.
C’était tout le contraire de l’acharnement à appuyer sur F5 sur le tableau de la guilde pour dénicher le donjon qui nous intéressait, puis à se dépêcher de rédiger un commentaire avant que quelqu’un d’autre ne nous devance.
On pouvait appeler ça le charme de l’analogique, j’imagine.
Mais peu m’importait.
Le mur était divisé en six sections.
Chacune regroupait des requêtes de difficulté différente.
Il y en avait pour tous les goûts et tous les niveaux, de la requête une étoile « retrouver le chat perdu » à celle trois étoiles « escorter une caravane marchande ».
Je tripotai dans ma poche la plaque dorée qu’Erel m’avait donnée.
Si elle avait été fabriquée spécialement pour un maître de guilde, il y avait de bonnes chances qu’elle ne soit pas soumise aux restrictions de difficulté.
Si les requêtes rapportaient des points de mérite supplémentaires…
Évidemment, le choix le plus malin consistait à prendre la meilleure disponible.
Sans hésiter, je me dirigeai droit vers l’extrémité du mur.
Contrairement aux sections bondées de requêtes, le coin tout au bout n’en comptait qu’une poignée.
Plus de la moitié étaient des fiches anciennes et décolorées, des requêtes restées si longtemps sans réponse que personne ne les avait jamais choisies.
Cinq étoiles.
Parmi elles, une fiche rouge attira mon regard.
Je m’approchai.
« Celle-là a l’air pas mal. »
Une requête à 800,000 pièces d’or. Au moment où j’arrachai la fiche, une autre fenêtre de statut apparut devant mes yeux.
[Maison dans la Brume (Requête)]
Difficulté : inconnue
Récompense : points de mérite [300,000]
Notes de bas de page :
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