Chapitre 44
NOUS AVONS ESSAYÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 44 : Guilde Raon (4)
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Eunyoung noona fit un saut périlleux arrière et atterrit derrière la bête à une corne.
La bête à une corne sentit sa présence et se figea.
Elle hésitait visiblement : devait-elle attaquer l’un de nous, moi juste devant elle ou noona dans son dos ?
Après un bref instant de réflexion, elle se rua sur noona, qui n’avait pas d’arme.
Eunyoung noona esquiva l’attaque de la bête et grimpa sur son dos.
Attends… elle n’allait quand même pas la chevaucher ?
Certes, techniquement, cette chose était un cheval, mais ce n’était vraiment pas un cheval ordinaire.
Juste au moment où je commençais à paniquer pour de bon, j’entendis un craquement de nuque.
Accompagné d’un cri à vous vriller les tympans, le cou de la bête à une corne se tordit et elle s’effondra.
Eunyoung noona sauta à terre et me fit un signe de la main, l’air détendu.
À vrai dire, quand j’avais appris que le donjon de qualification était Skyfield, j’avais un peu craint le pire.
Les bêtes à une corne n’étaient pas nombreuses, mais elles étaient rapides et agiles, et une seule erreur pouvait facilement être fatale.
En plus, elles préféraient s’en prendre aux cibles isolées ou prises au dépourvu plutôt que d’attaquer plusieurs personnes à la fois.
La stratégie habituelle consistait à envoyer un Chasseur les attirer jusqu’à un endroit convenu, puis à les encercler pour les attaquer tous ensemble.
Enfin, ce n’était plus vraiment un problème.
À voir comment noona s’en était tirée, elle ne risquait pas de se faire surprendre.
Eunyoung noona s’accroupit devant la bête à une corne morte.
Je rengainai mon épée et m’approchai d’elle.
« Noona, qu’est-ce que tu fais ? »
« On ne devrait pas récupérer du butin ou quelque chose comme ça ? »
Les donjons abritaient des créatures et des plantes étranges qui n’existaient pas à l’extérieur.
Même les monstres dont il fallait s’occuper sans tarder représentaient, aux yeux des humains, des sujets d’étude.
Pendant un temps, on s’était beaucoup intéressé aux plantes et aux monstres des donjons, mais cet engouement avait fini par retomber, comparé à la période qui avait suivi leur apparition.
Pourquoi ? C’était simple : la plupart n’avaient aucune utilité réelle.
Prenons par exemple la Caverne des fourmis géantes, où nous venions d’aller.
Les œufs de reine fourmi géante se vendaient comme matériau de recherche pour la mise au point de substances de pointe, certes, mais les autres fourmis géantes ne servaient pratiquement à rien.
Leur carapace, dure comme l’acier ?
Il fallait se donner un mal fou pour séparer la chair de la carapace, puis la traiter ensuite était une vraie plaie.
Autant utiliser de l’acier ordinaire.
La science moderne était plus impressionnante qu’on ne le croyait.
En réalité, à quelques exceptions près, tout ce qui provenait des donjons de rang D ou C était considéré comme des déchets.
Alors, ça voulait dire qu’il n’y avait aucun butin ?
Pas tout à fait. Certains objets provenant de donjons de rang supérieur pouvaient valoir le prix qu’on voulait bien en demander.
En gros, la rareté et la valeur déterminaient si quelque chose pouvait être considéré comme du butin.
Bon, si noona voulait emporter la corne de la bête à une corne, puisque c’était sa première victime, je n’allais pas l’en empêcher.
« Ça ne vaut pas grand-chose, cela dit. »
« J’ai entendu dire que les cornes de bête à une corne se vendaient cher. C’est faux ? »
« Arrête de consulter le wiki. »
« Toi aussi, tu y es tout le temps ! »
Eunyoung noona épousseta ses vêtements et se releva.
Les cornes de bête à une corne se vendaient effectivement cher.
Sauf qu’à vrai dire, cette corne n’était pas celle d’une bête à une corne.
« Ce n’est pas une bête à une corne. C’est la corne d’un Bicorne. »
Le Bicorne, le boss du donjon, était un cheval noir doté de deux cornes.
On l’appelait aussi « deux-cornes », par opposition à la « une-corne » de la bête à une corne. Parmi les Bicorne, il arrivait avec une certaine probabilité qu’apparaisse une variante de boss caché, reconnaissable à sa corne rouge.
Cette corne rouge était l’ingrédient principal des potions contre les altérations d’état.
La corne dont parlait noona était celle du Bicorne rouge.
Noona acquiesça à mon explication.
« Donc, la corne d’une bête à une corne ordinaire ne sert à rien ? »
« Pas complètement. Une fois réduite en poudre, elle est bonne à manger. »
« Bonne pour quoi ? »
« L’endurance. Tu sais, là-dessous. »
Déçue, Eunyoung noona se redressa en s’époussetant.
Je savais que certaines personnes en achetaient et en mangeaient après avoir entendu ces rumeurs.
Avec plus de monde, en ramasser quelques-unes en passant n’aurait pas fait de mal, mais à deux, nous n’avions pas de temps à perdre à récolter des cornes.
Si nous devions récupérer quelque chose, ce serait tout au plus la corne rouge du Bicorne.
« Je croyais que tout le monde récupérait du butin en entrant dans un donjon. »
Tu as dit que tu lisais le wiki !
Tout ça était écrit noir sur blanc ; tu n’avais juste pas bien lu.
Ne te contente pas de faire défiler les pages.
Tu sais combien ces gens ont trimé dans leur chambre pour rédiger tout ça ?
« Peut-être dans les donjons de rang B ou A, mais pas ici. »
Même dans ces donjons, sauf quelques cas particuliers, la collecte du butin revenait surtout à ceux qui arrivaient en deuxième.
Nous dépassâmes l’endroit où la première bête à une corne était tombée et arrivâmes au pied d’une colline, qui ressemblait plutôt à une butte.
Des bêtes à une corne étaient réparties à intervalles réguliers sur la pente.
Elles étaient plutôt solitaires, d’où leur habitude de respecter l’espace de leurs congénères.
Cet habitat rendait la chasse bien plus commode.
Une vieille stèle de pierre se dressait au sommet de la butte.
Nous décidâmes d’établir notre camp de base près d’une rivière, à quelque distance de la butte.
Enfin, « camp de base » était un bien grand mot. Nous nous contentâmes de hisser nos sacs dans un arbre qui avait l’air solide.
En général, il fallait prévoir une nuitée dans les donjons de rang D ou C.
Certains donjons particuliers en exigeaient deux, mais ils étaient rares.
Une journée suffisait largement pour un donjon.
Vu le niveau de noona, nous n’aurions sans doute même pas besoin d’y passer la nuit.
« Comment ça se fait que tu sois aussi nulle avec les armes, mais aussi douée pour te battre comme ça ? »
Il suffisait de voir comment elle avait esquivé l’embuscade de la bête à une corne.
Je n’étais pas sûr que « se battre comme ça » soit la bonne façon de le dire.
Pour le formuler plus élégamment, on pouvait parler de techniques de combat à mains nues sans que ça sonne bizarre.
En général, les Éveillés comptaient d’abord sur les armes.
Attaquer avec une arme était beaucoup plus facile, et se défendre aussi.
On n’était pas obligé d’en utiliser une, mais s’en passer signifiait que le corps devait encaisser davantage, ce qui comportait de vrais risques.
Dans le cas de noona, elle n’avait aucun talent pour les armes, mais elle maîtrisait vraiment bien le combat à mains nues.
« C’est mon père qui m’a appris. C’était un Chasseur qui se battait à mains nues. Ah, et il a commencé à m’entraîner quand j’étais à l’école primaire. »
Apprendre des techniques de combat à une écolière ?
Eunyoung noona lut la stupeur sur mon visage et s’expliqua.
« Mon père, comment dire… c’était un drôle de type. Un jour, je suis rentrée après m’être fait tabasser pendant une bagarre avec des amis. Il est devenu fou, et il m’a dit que la prochaine fois, je devais les frapper au lieu de rentrer en ayant perdu. »
« On ne dit pas ça à une gamine. »
« Pas vrai ? Rien que d’y repenser, ça me fait rire. Mais bon… »
Eunyoung noona serra le poing.
Pour les armes, elle n’avait aucun talent ; et après avoir passé si longtemps sans affiliation, tout ce qu’elle pouvait vraiment faire, c’était perfectionner le style de combat que son père lui avait enseigné.
Pas besoin qu’elle me le dise pour comprendre à quel point elle avait dû travailler dur.
« Allez, on y va ! »
Je me dirigeai vers la butte avec noona.
Nous grimpâmes dans un arbre pour observer les bêtes à une corne.
Eunyoung noona vint se placer à côté de moi.
« Alors, comment on récupère cet orbe scellé ? »
« Il tombe quand on abat une bête à une corne. Celle-là, là-bas, a l’air bien. »
Certaines missions étaient compliquées, mais c’était un donjon de rang C+. Pas la peine de s’attendre à une mécanique tordue.
Noona et moi établîmes un plan simple pour nous occuper des bêtes à une corne.
À vrai dire, appeler ça un plan était généreux, tellement c’était simple.
« Un : j’attire son attention. Deux : noona frappe par-derrière. Voilà, c’est tout. »
Eunyoung noona tuait les monstres en leur grimpant dessus et en leur tordant le cou.
C’était la même méthode que celle qu’elle avait utilisée pour tuer l’orc, la dernière fois.
C’était parce qu’elle manquait encore d’expérience réelle contre les monstres.
Je devrais probablement demander à Choi Suhyun de l’aider là-dessus.
Pour l’instant, la statistique de Force de noona était de rang A.
Choi Suhyun était le seul à pouvoir encaisser la force de noona tout en lui tenant tête avec un niveau correct de combat à mains nues.
Vu les coups qu’il avait encaissés sans broncher, il semblait aussi plutôt résistant.
« Il y a un problème ? »
« Désolé, je réfléchissais. Je ne crois pas que tu devrais grimper sur les bêtes à une corne et les attaquer comme tout à l’heure. »
Ce genre d’attaque ne marchait que sur les orcs.
Face à des monstres plus puissants, rien ne garantissait qu’une simple torsion du cou suffirait à les tuer.
Si la bête à une corne était morte d’un seul coup tout à l’heure, c’était uniquement parce que la force de noona était proprement absurde.
Miser sur la force brute n’était pas une mauvaise chose en soi, mais le moindre faux pas pouvait facilement provoquer une grave blessure.
À la place, nous décidâmes de viser les points faibles des bêtes à une corne.
Quand nous eûmes fini d’en discuter, nous nous mîmes en chasse.
Je dégainai mon épée et m’avançai dans le rayon d’action de la bête à une corne. Sur ses gardes, elle chargea droit sur moi.
Je bloquai sa charge avec mon épée.
Sa corne frôla le côté de mon cou.
La corne de la bête à une corne s’illumina.
La première que nous avions rencontrée avait été tuée par noona avant même d’avoir le temps d’utiliser sa magie, mais ces créatures étaient fondamentalement des monstres capables de lancer des sorts.
Je retirai mon épée et m’éloignai un peu.
La foudre frappa l’endroit où je me tenais.
Après avoir lancé un sort, une bête à une corne était brièvement étourdie.
« Noona, maintenant ! »
À mon signal, noona, qui se tenait dans l’angle mort de la bête à une corne, passa à l’attaque.
Elle s’approcha à toute vitesse, pied droit, pied gauche, puis fit un petit saut et lança un coup de poing. Elle frappa exactement à l’endroit où je lui avais dit que se trouvait le cœur.
Je lui avais seulement montré vaguement « par là », et elle avait visé juste au millimètre. Ça en disait long sur son instinct.
La bête à une corne poussa un cri et cracha du sang. Je me ruai sur elle tandis qu’elle tentait de fuir, pris appui et lui décochai un coup de poing.
Le corps de la bête, qui dépassait les deux mètres, vacilla puis s’écroula sur le côté.
Elle n’était pas encore morte ?
Le corps de la bête à une corne, à terre, tressaillit.
Je me demandais si je devais l’achever lorsque noona grimpa sur son corps et lui écrasa la colonne vertébrale d’un coup de pied.
« C’est bon ! »
En la voyant si fière d’elle, je sentis une sueur froide me couler dans le dos.
L’espace d’un instant, je me demandai sérieusement si un dieu ne s’était pas trompé en la créant.
Quoi qu’il en soit, je ferais mieux de ne pas chercher d’ennuis à Eunyoung noona à l’avenir.
Parmi le sang noir que la bête à une corne avait craché, je repérai un orbe blanc. Pendant une seconde, je paniquai, croyant qu’il s’agissait d’un fragment en train de former une entité d’intrusion.
Eunyoung noona ramassa l’orbe.
« C’est un objet, non ? »
« On dirait un objet de quête. »
« L’orbe scellé, c’est ça ? Il en faut un seul ? »
« Je ne sais pas. Débarrassons-nous-en d’autant que possible, puis on ira voir là-haut. »
Rien ne nous obligeait à nous dépêcher de nettoyer le donjon.
Noona et moi attirâmes les bêtes à une corne des environs et les abattîmes.
Je pensais qu’elle s’épuiserait après quelques victimes, mais noona tenait mieux que prévu.
Certes, mon expérience passée m’avait donné une longueur d’avance dans ma progression, mais Eunyoung noona n’était qu’une humaine ordinaire.
Même en tenant compte de ça, ses instincts et ses capacités étaient vraiment impressionnants.
Elle avait beau être très déterminée, je me demandais à nouveau pourquoi aucun des autres dieux ne l’avait choisie.
Au fil des combats, elle prit le coup de main et élimina les bêtes à une corne de plus en plus vite.
Réussir à prendre par surprise des bêtes à une corne, dont la spécialité était justement de surprendre les autres, en disait long sur la confiance qu’elle avait acquise.
J’appelai noona, qui venait de tuer une bête à une corne et ramassait son orbe scellé.
« Eunyoung noona ! On se replie. »
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