Chapitre 40
TRADUCTIONS À L’ESSAI
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 40 : Drame à l’eau de rose (4)
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Après avoir terminé mon appel avec Park Siyu, je sortis dans le séjour.
J’avais mal au dos à force d’avoir dormi par terre.
À peine dehors, l’odeur du riz tout juste cuit me parvint.
Je tournai la tête et aperçus, par la fenêtre de la véranda, l’immeuble d’appartements d’en face.
Pas chez moi. Chez noona Eunyoung.
Après mon départ précipité, elle s’était rendu compte que mon appartement était trop loin et m’avait proposé de dormir chez elle.
Le siège de la Guilde Aria était à moins de dix minutes d’ici, mais j’avais quand même un peu menti exprès.
Il y a une certaine étiquette à respecter : il faut au moins une fois se faire désirer !
« Viens prendre le petit-déjeuner. »
« Je peux vraiment ? »
« Évidemment. »
Noona Eunyoung répondit comme si elle n’en croyait pas ses oreilles.
Je m’assis à la petite table du séjour.
Omelette roulée, kimchi, pousses de soja assaisonnées, porc sauté. Et même de la soupe au doenjang. Un vrai petit-déjeuner.
Je m’étais dit que la plupart des gens qui vivaient seuls, de nos jours, se nourrissaient surtout de plats livrés ou de repas de supérette. Ça me prit donc un peu au dépourvu.
Nous nous installâmes l’un en face de l’autre et mangeâmes, seuls quelques cliquetis de cuillères et de baguettes contre les assiettes venant rompre le silence.
Quand j’eus fini, je bus un peu d’eau pour faire passer le tout.
« Noona. »
« C’est salé. »
Je m’étais tu pendant tout le repas, car me plaindre m’aurait semblé impoli, mais, franchement, c’était vraiment salé.
Elle savait cuisiner, mais n’avait apparemment aucun talent pour doser les assaisonnements.
À mon aveu, le visage de noona Eunyoung vira au rouge vif.
« Hein ? Vraiment ? C’est si salé que ça ? Maintenant que j’y pense, Min Wook… Non, mon ex… Ce salaud m’avait dit un truc du genre, lui aussi, je crois. »
À en juger par sa réaction, ce n’était pas la première fois qu’elle entendait ça.
J’avais craint d’avoir les papilles bizarres, mais je n’avais apparemment pas à m’inquiéter.
« C’est parce que je vis seule ! J’ai toujours vécu seule ! »
« Aïe, noona. D’accord, d’accord, mais ne me tape pas ! »
Incapable de supporter sa gêne, noona Eunyoung me donna quelques tapes sur l’épaule.
Peut-être parce que je savais maintenant qu’elle était Chasseuse, mais sa main me fit vraiment mal.
Je compris enfin pourquoi Choi Suhyun se plaignait sans arrêt que ça faisait mal.
« Cela dit, merci. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le petit-déjeuner avec quelqu’un. »
J’étais incapable de me rappeler la dernière fois où je m’étais assis en face de quelqu’un pour manger.
C’était peut-être pour ça que son invitation à venir manger m’avait tant touché.
Ça faisait tout simplement du bien.
Même si les accompagnements étaient un peu salés.
Correction : très salés.
« Tu m’as dit que tu avais quel âge ? »
« Vingt-deux ans. »
D’après la carte d’identité de Kang Hangyeol, c’était bien mon âge, en tout cas.
« Tes parents ? »
« Morts, je crois. »
Par précaution, j’avais consulté le registre familial et il indiquait bien que mes parents étaient décédés.
« Et de la famille ? »
« Je ne sais pas non plus. »
Je ne semblais pas avoir de famille à proprement parler et n’avais aucune envie d’en chercher.
Pourquoi avais-je soudain l’impression de passer un interrogatoire ?
« Hangyeol… »
Mes réponses sans détour semblaient l’avoir bouleversée, car les yeux de noona Eunyoung rougirent.
J’avais maintenant l’air d’un pauvre orphelin !
Sa propre situation familiale n’avait pas l’air très réjouissante non plus. Pourquoi me regardait-elle comme ça ?
« Noona te fera à manger de temps en temps. »
« Non, ça ira. »
Je secouai la tête et reculai aussitôt.
Une fois, ça suffisait. Ma langue ne survivrait pas à une deuxième fois.
Comme j’avais du temps avant de partir à la guilde, je proposai de faire la vaisselle.
« Au fait, tu ne travailles pas aujourd’hui ? »
C’était un jour de semaine.
N’importe quel employé de bureau ordinaire était déjà à son poste ou en route pour y aller.
Noona Eunyoung, installée sur sa chaise à siroter son café, avait l’air parfaitement détendue.
« Je travaille l’après-midi, donc ça va. Et puis, je vais démissionner de toute façon. »
Elle avait l’air ravie en disant ça. J’ouvris le robinet et rinçai les assiettes.
Noona Eunyoung s’assit à table et consulta sa fenêtre de statut.
J’y jetai un coup d’œil. Elle avait ouvert le forum communautaire.
Je n’y étais pas allé une seule fois depuis que je l’avais créé.
- Communauté (1)
Rien de particulièrement intéressant.
Je n’avais pas pour habitude de publier des trucs sur ce genre de sites. Je terminai la vaisselle et me lavai les mains.
[01. ??? — De : Inconnu]
Publié par : Inconnu.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
« Noona, ne fais pas n’importe quoi sur le forum. »
En si peu de temps, quelqu’un avait déjà publié quelque chose.
Et pourquoi y avait-il autant d’« Inconnu » ?
C’était un site anonyme ou quoi ?
Noona Eunyoung rinça sa tasse de café et s’installa sur le canapé.
« J’ai juste jeté un coup d’œil. »
Assise sur le canapé, noona consulta d’autres choses que le forum.
« Il a combien de fidèles, le dieu Soter ? »
« Deux ? »
Comme je faisais aussi office de mandataire de Soter, ma fenêtre de statut était différente de celle que pouvait voir une fidèle comme noona Eunyoung.
Elle était justement en train de consulter la fenêtre de statut de Soter.
Nom divin : *****
Position : fidèle ordinaire
Niveau : 1
Attribut : Ténèbres
Classement : n° 15486
[Votre classement actuel en matière de parrainage est n° 2.]
Points de mérite de parrainage : 0
« Seulement deux… »
« Trois si on compte Choi Suhyun. »
« Choi Suhyun est lui aussi un dieu ? »
« Pas encore. C’est un membre provisoire. »
À ma réponse, noona Eunyoung se laissa tomber en arrière sur le petit canapé.
Elle fixa sa fenêtre de statut, au plafond, et poussa un bref soupir.
« Donc, au bout du compte, il n’y a que toi et moi… Je me sens un peu lésée, d’une certaine façon. Il va vraiment nous rejoindre, ce type ? »
« Je t’ai dit que oui. »
« Tu as dit qu’il était membre provisoire. Tu ne comprends vraiment pas ? Ce type est insupportable et ne pense qu’à sa propre grandeur, mais il est incroyablement, incroyablement populaire. »
« Avec une tête pareille, normal qu’il soit populaire. »
Il avait ce petit air de beau gosse de paroisse, le genre à sembler sympathique avec tout le monde tant qu’il gardait la bouche fermée.
Grand, riche, et s’il avait un seul défaut, c’était son sale caractère.
À ma réponse, noona Eunyoung se hérissa.
« Je ne parle pas de sa tête ! Je parle des dieux ! Je me fiche que ce crétin soit populaire auprès des autres ! Tu es beaucoup trop détendu. Imaginons que nos fidèles soient toi, moi et, bon, Choi Suhyun comme membre provisoire : ça fait trois en tout. Qu’est-ce que tu comptes faire, maintenant ? »
« Qu’est-ce que tu penses de tout ce jeu, noona ? »
« Un jeu ? De quoi tu parles ? »
C’était un système où le joueur intervenait le moins possible auprès du héros, ou du PNJ, et laissait les personnages du jeu se débrouiller seuls pour tout le reste.
Plus le héros, le personnage, progressait de lui-même, plus l’utilisateur, à l’extérieur du jeu, en tirait profit.
Et si un héros qui me rapportait beaucoup de points mourait ? Ça me ferait perdre du temps et ce serait pénible, bien sûr, mais je pourrais toujours en faire progresser un autre.
Pour ceux qui se trouvaient à l’extérieur, les gens à l’intérieur n’étaient que des pions de jeu, remplaçables à tout moment.
Mais nous étions humains.
Des êtres irremplaçables, qu’on ne pouvait remplacer par rien ni personne.
« C’est à peu près notre situation. »
Nous n’étions pas des êtres que l’on usait dans un jeu, que l’on jugeait à l’aune de leur utilité pour quelqu’un à l’extérieur, puis que l’on jetait sans qu’ils sachent jamais pourquoi ils s’étaient donné tant de mal.
Pour l’instant, nous n’étions que trois, mais le nombre n’avait aucune importance.
« Tu verras. »
L’effet papillon commençait par le plus petit mouvement.
Pour l’instant, ce n’était qu’un petit pas, mais il avait un vrai poids.
« On découvrira peut-être pourquoi personne ne t’a choisie, même après ton éveil. »
« Je n’ai plus besoin de le savoir. »
« Tu ne voulais pas savoir ? »
« C’est toi qui m’as choisie. »
Noona Eunyoung détourna le regard et tourna la tête sur le côté.
Peut-être à court de choses à dire, elle sortit son téléphone et ouvrit un site de vidéos.
Un instant plus tard, elle sembla repérer quelque chose et me tendit son téléphone.
« Hangyeol, regarde ça. »
Je me penchai pour regarder la vidéo et les informations affichées à l’écran.
Vidéo tendance n° 1
« Un Chasseur abat un Mosman d’un coup à Gangnam »
33 k commentaires (+)
└ Le Mosman, c’est pas un boss de donjon de rang B ? Bon sang, ils l’ont abattu comme ça. La Guilde Raon n’avait pas installé une barrière ou un truc du genre ?
└ Si tu regardes vraiment la vidéo, ce n’est pas tout à fait un seul coup : il a utilisé deux compétences. Il a d’abord brûlé la barrière avec une compétence de feu, puis il a tué le Mosman. Mais franchement, bien joué.
└ Il l’a quand même abattu d’un coup, ce Mosman. Mais il avait le droit de faire ça ? La barrière appartenait à la Guilde Raon et servait à coincer le Mosman. Techniquement, c’est une attaque contre ses coéquipiers.
└ Haha, une attaque contre ses coéquipiers, mon cul. Ils ne sont même pas dans la même équipe. Celui qui le tue le plus vite le récupère. C’est celui qui a traîné qui est en tort. Ce type est de rang A ou quoi ? Il est sacrément fort. Quelqu’un sait qui c’est ?
└ Tout ce que je sais, c’est qu’il vient de la Guilde Aria.
└ Aria ? Celle qui est remplie de dieux inconnus ?
└ N’empêche, Park Siyu est un Chasseur de rang S.
La vidéo était une chose, mais la section des commentaires, c’était le chaos.
La plupart des commentaires se résumaient à « c’est dingue » ou parlaient de la Guilde Raon et de Park Siyu.
Je parcourus les commentaires sans y penser, puis tombai sur quelque chose d’inattendu.
Je m’arrêtai et le lus attentivement.
└ Hé, mon pote est Chasseur et il dit que cette bague pourrait être l’Anneau d’Ishtar. Vous en pensez quoi ?
└ Les guerriers du clavier enfermés dans leur chambre ont toujours un pote de rang S ou SS, haha. Mon pote, c’est le numéro un mondial du harcèlement, espèce de malade.
└ Pourquoi tu cherches les embrouilles -_- ? J’ai dit quoi, au juste ? Comment tu fais pour vivre en étant aussi tordu ?
└ Si cette bague, c’est l’Anneau d’Ishtar, alors la mienne, c’est une bague Ganada, pauvre taré. Haha, tu sais combien ça coûte, l’Anneau d’Ishtar ?
└ Même avec de l’argent, tu ne pourrais pas mettre la main dessus. Et puis, aucune chance que Choi Suhyun le vende.
En dehors des commentaires, la vidéo avait déjà dépassé les cinq millions de vues.
Il était interdit de partager des informations ou des images prises à l’intérieur d’un donjon, mais les monstres et les combats d’une faille de Rupture étaient généralement accessibles au public.
Pour un donjon ordinaire, il suffisait que la guilde et les Chasseurs gardent le silence, et cela ne concernait de toute façon pas les civils. Mais une faille, c’était différent.
En fait, le meilleur moyen de se faire connaître n’était pas de terminer un donjon de haut rang, mais de gérer une faille et de passer sous les yeux du public.
Certains Chasseurs s’étaient ainsi constitué un public, avant de finir par devenir des célébrités.
Dans mon cas, ce n’était pas du tout ce que j’avais voulu.
Je m’étais douté que ça ferait parler, mais je n’aurais jamais imaginé que ça prendrait de telles proportions.
J’aurais au moins pu y aller un peu moins fort.
Les images de faille étaient plus librement accessibles que les informations sur les donjons, certes, mais l’Association pouvait toujours bloquer les informations susceptibles de semer la panique à propos des failles et des monstres.
Je comptais sur Choi Suhyun, l’homme de l’ombre de l’Association, pour arranger les choses. Mais ce n’était pas de la gestion de crise, ça. Il laissait simplement faire.
Qu’est-ce qu’il avait en tête, au juste ?
Ah oui, j’étais censé lui remettre le fragment et j’avais oublié.
Comment aurais-je pu savoir qu’en arrivant ici, je tomberais directement dans un drama à l’eau de rose ?
« Qu’est-ce qu’on devrait faire ? »
Noona Eunyoung posa son téléphone et me demanda, inquiète.
Je balayai l’air de la main pour lui faire comprendre que tout allait bien.
« Ce n’est pas grave. »
« Vraiment ? »
« Je vais m’en occuper. »
« Choi Suhyun ? »
« Non, pas lui. Il y a quelqu’un d’autre qui peut régler ça. À mon avis, c’est probablement déjà fait. »
Je le saurais bientôt, une fois arrivé à la guilde.
Je rassurai noona Eunyoung.
Il était temps de partir à la guilde.
« Je t’appellerai. »
« D’accord. »
Je quittai l’appartement de noona Eunyoung et me dirigeai vers le siège de la guilde.
J’étais assis sur le canapé du bureau quand Park Siyu entra peu après.
« Tu peux être reconnaissant que ça ne soit pas encore passé aux infos. »
Je savais exactement de quoi il parlait.
La vidéo avait été mise en ligne peu après que j’avais quitté les lieux.
Il se trouvait que le compte qui l’avait publiée appartenait à une chaîne de trois millions d’abonnés, ce qui avait encore accéléré les choses.
Je désignai l’écran de mon téléphone.
« Mais ces types se font de l’argent avec la vidéo. C’est moi qui me suis battu comme un forcené, et eux qui encaissent. Ça ne s’apparente pas à une violation du droit d’auteur, ou quelque chose comme ça ? »
« J’ai trois choses à te dire. Un problème agaçant, un ordre, et des excuses que tu me dois. Tu veux commencer par quoi ? »
Park Siyu ignora complètement ma remarque.
« Noona » (누나) n’est pas traduit, conformément aux consignes de la maison : c’est un terme affectueux qu’un homme plus jeune emploie pour s’adresser à une amie proche plus âgée ; « grande sœur » ou son prénom ne rendraient pas tout à fait la chaleur du terme. Les abréviations des réactions coréennes sur Internet, comme « ㅇㅇ » (une réponse affirmative familière, à peu près « ouais ») et « ㅡㅡ » (une émoticône impassible et désapprobatrice), ont été rendues par leurs équivalents naturels en anglais plutôt que transcrites, conformément aux usages de la maison pour l’argot en ligne.
Notes de bas de page :
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