Chapitre 34
NOUS AVONS ESSAYÉ DE TRADUIRE
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 34 : Une nouvelle rencontre (1)
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Jihan posa une main sur son front.
Sa mauvaise humeur, déjà installée à cause de ce mauvais rêve, était sur le point d’atteindre son comble avec ce type, Ichan.
« Si ce n’est pas intéressant, je te tue. »
Sa voix était empreinte d’une réelle soif de sang.
« C’est, c’est Choi Suhyun qui a recommandé Kang Hangyeol à la Guilde Aria ! »
Intéressante ou non, l’information était pour le moins inattendue.
Choi Suhyun était le plus jeune Chasseur de rang S de Corée, pratiquement le visage de l’Association des chasseurs.
Depuis trois ou quatre ans, il travaillait comme indépendant et était connu pour son excentricité.
Même si ce n’était qu’un caprice passager, le lien entre Choi Suhyun et Kang Hangyeol paraissait suspect à n’importe qui.
Jihan ne savait pas grand-chose non plus sur Choi Suhyun.
« Pour les infos sur Kang Hangyeol, la sécurité est trop élevée, je n’arrive pas à entrer. Hé. »
Les seuls renseignements disponibles sur Kang Hangyeol provenaient de l’Association des chasseurs, et même ceux-là étaient étrangement irréprochables, comme si Choi Suhyun l’avait couvert dans l’ombre.
Ce type…
Jihan n’arrivait pas à oublier ce qui s’était passé dans le donjon.
Des histoires de géométrie et de vecteurs, mon œil.
C’était sans aucun doute le pouvoir du dieu Soter.
Même la technique utilisée par Kang Hangyeol était une technique que Jihan avait apprise directement du dieu Soter.
Il y avait beaucoup trop de choses suspectes. Vraiment beaucoup trop.
« Renseigne-toi sur Choi Suhyun. »
« Quoi ? T’es malade ? Tu sais seulement qui c’est, ce type ? J’ai pas envie de fouiner au mauvais endroit et de finir mort ! Si tu veux savoir, va voir sur WoodWiki ! Moi, je m’en mêle pas ! »
Ichan protesta avec véhémence, mais Yu Jihan ne lui répondit que par le silence.
Ce silence exerçait une pression presque tangible.
À mesure qu’il s’éternisait, Ichan s’inquiéta.
« Euh… Allô ? »
« … »
« Tu plaisantes, hein ? »
« Fais-le puisque je te le demande. »
Le ton de Jihan avait quelque chose d’un avertissement, et Ichan prit une grande inspiration pour se calmer.
« M, mais si jamais il m’arrive quelque chose, tu me sauveras, d’accord ? Et si ça tourne mal, ce sera pas ma faute. »
« Ouais. »
Jihan trouvait qu’Ichan en faisait beaucoup trop.
Il ne lui avait rien demandé d’extraordinaire, juste une petite enquête, et il ne comprenait pas pourquoi ça le rendait aussi nerveux.
De toute façon, il ne sortait même pas de sa chambre.
Après avoir rejeté la responsabilité sur Jihan à plusieurs reprises, Ichan finit par accepter de se renseigner.
Même si Ichan était un vrai ermite, il pouvait se rendre utile.
Jihan s’apprêtait à raccrocher quand Ichan hésita, comme s’il avait encore quelque chose à dire.
« Hé. »
« Quoi ? »
« Et cette histoire de dieu Soter, je suis censé continuer à chercher combien de temps ? Hein ? Je ne trouve absolument rien. »
La toute première faveur qu’Ichan avait demandée à Jihan après qu’ils eurent commencé à travailler ensemble, c’était de rechercher un dieu connu sous l’épithète de Soter.
Dès le départ, Ichan avait été perplexe.
Depuis que des donjons et des monstres étaient apparus partout dans le monde, des individus Éveillés dotés de capacités spéciales avaient fait leur apparition.
Les dieux accordaient des pouvoirs plus puissants à leurs fidèles.
Mais il existait un nombre absurde de dieux, de toutes sortes.
Les chasseurs plaisantaient entre eux : il devait y avoir autant de dieux que de chasseurs.
Il existait un système de classement appelé « Babylone », mais le dieu Soter n’y figurait même pas.
À moins qu’un dieu ne soit particulièrement célèbre, le chercher uniquement par son nom revenait à trouver une aiguille dans un désert.
Quand Ichan avait entendu parler du dieu Soter pour la première fois, il avait cru que Jihan avait inventé le nom d’une divinité inexistante.
Maintenant qu’il connaissait les talents et la personnalité de Jihan, il avait compris qu’il ne s’agissait pas d’une demande en l’air.
À la question d’Ichan, Jihan répondit comme si la réponse allait de soi.
« Continue. »
Jihan n’avait jusque-là poursuivi que le dieu Soter. Il s’était intéressé à quelqu’un d’autre, et Ichan s’était demandé si, cette fois, les choses seraient différentes. Eh bien non. Toujours pareil.
L’obsession de Jihan pour le dieu Soter frôlait le pathologique.
Parfois, elle faisait franchement un peu peur.
« Qu’est-ce que tu cherches à faire, au juste, en traquant un dieu de troisième ordre comme ça ? Vous aviez un contentieux dans une vie antérieure ou quoi ? »
« Tu as vu juste. »
« Pff, quoi ? Hé ! Je viens de recracher mon café à cause de toi ! »
« Pas la peine de me raconter chaque petit détail. »
« Vous êtes vraiment des ennemis jurés, tous les deux ? Sérieusement ? »
« Ça ne te regarde pas. »
À l’époque, le dieu Soter l’avait sauvé.
Il se souvenait encore de ce moment où, invoqué dans le hall de la tour, il avait été envoyé au premier étage sans rien posséder.
C’est là qu’il l’avait rencontré.
Pendant un bref instant, il avait cru qu’il pourrait vraiment changer le monde.
Jihan avait atteint le sommet de la tour, et le dieu Soter l’avait trahi.
Pratiquement chassé de la Tour des Épreuves, Jihan avait tenté d’empêcher la naissance du dieu Soter dans une tout autre dimension.
Il avait échoué.
Jihan, que tout le monde croyait mort, avait repris conscience dans une troisième dimension.
Dans ce monde, semblable au monde moderne mais légèrement différent, Jihan s’était rendu compte que les mêmes événements que ceux qu’il avait vécus dans la Tour des Épreuves se reproduisaient partout.
Jihan était certain d’une chose : ce type était bel et bien devenu un dieu.
Il était quelque part, là-dehors.
Il le sentait, tout simplement.
« La prochaine fois que je le croise, je le tue. »
Voilà tout ce que Jihan avait à dire sur le dieu Soter.
« Hum, hum. »
Sentant la soif de sang percer dans la voix, Ichan s’éclaircit la gorge, mal à l’aise, au téléphone.
Il l’avait déjà ressentie quelques fois, mais les sentiments de Jihan envers le dieu Soter étaient déformés d’une manière ou d’une autre.
« Au fait, ça a donné quoi, ton idée de déguisement ? »
« Ramène-moi encore une tenue comme ça et je t’enterre. »
« P, pourquoi ?! C’était mon chef-d’œuvre ! Surtout le chapeau en châtaigne grillée ! »
« Crève. »
Quand An Juhye l’avait reconnu immédiatement, Jihan avait sincèrement eu envie d’aller trouver Ichan pour le tuer.
Jihan soupira.
Estimant qu’il ne servait à rien de poursuivre la conversation, il raccrocha sans prévenir.
* * *
Le pharmacien en blouse blanche posa les médicaments sur le comptoir.
« Ça fera soixante-cinq mille deux cents wons. »
J’avais bien entendu ?
Des médicaments contre le rhume, ça coûtait soixante mille wons ?
Je clignai des yeux, stupéfait, et les écarquillai.
Ce matin-là, je m’étais senti mal, j’étais allé à la clinique près de chez moi, et j’étais venu ici chercher mes médicaments. Rien de plus.
Le médecin m’avait dit que ce n’était qu’un petit rhume.
Je ne me souvenais même plus de la dernière fois où j’en avais attrapé un.
Même un chasseur ne pouvait donc pas lutter contre un virus du rhume.
Quand même, c’était beaucoup trop cher.
La Corée n’était pas censée avoir une assurance maladie nationale ?
Ou bien tout le système d’assurance s’était-il effondré sans que je m’en aperçoive ?
« Vous êtes bien Kang Hangyeol-ssi, le chasseur ? Les chasseurs ne sont pas couverts par l’assurance maladie nationale. »
Le pharmacien m’expliqua que d’autres patients attendaient, puis me pressa de lui donner ma carte.
Ah. Voilà pourquoi.
Pas étonnant que la consultation à la clinique m’ait paru bizarrement chère aussi.
À contrecœur, je sortis ma carte et la lui tendis.
Je pris le reçu et le sac de médicaments, puis sortis.
Sur le chemin du retour, Choi Suhyun m’appela.
« Hé, Song Eunyoung s’est blessée ? »
« Qu’est-ce que tu racontes de si bon matin ? »
Ce type avait perdu la tête ou quoi ?
Song Eunyoung, mon œil.
Je ne l’avais même pas revue depuis ce jour-là.
« Ta carte vient d’être débitée pour une visite à l’hôpital. Je me suis dit qu’il avait dû se passer quelque chose. »
« Hé. Tu t’es jamais dit que c’était peut-être moi qui étais allé à l’hôpital ? »
Franchement, incroyable.
Tout en parlant au téléphone, je m’arrêtai à la supérette juste en face de chez moi et payai du jus d’orange, quelques en-cas et un plateau-repas pris dans le présentoir.
« Tu as encore acheté des trucs à la supérette ? »
« J’ai pris un plateau-repas. Il faut bien que je mange pour vivre, non ? »
« Espèce de petit con, je t’ai prêté cette carte pour que tu fasses venir Song Eunyoung, pas pour payer tes frais d’hôpital et tes courses ! Tu sais que c’est du détournement de fonds de la guilde ? Et pourquoi diable un type avec tous ses membres en état de marche irait à l’hôpital ?! »
« J’avais des courbatures, voilà pourquoi ! »
« Pourquoi ? Tu me réponds, maintenant ? »
« Je suis malade, j’ai le droit d’aller à l’hôpital si je veux. »
De retour chez moi, je m’affalai sur le sol de mon studio.
Même pas couvert par l’assurance maladie, et il faudrait que j’accepte ça sans broncher.
« Alors, qu’est-ce qu’il y a ? »
Il n’avait quand même pas appelé juste pour cette histoire d’hôpital.
J’ouvris le plateau-repas et le glissai dans le micro-ondes.
La voix de Choi Suhyun sortit du haut-parleur.
« Tu l’as toujours, pas vrai ? »
« Quoi ? »
« Tu sais. Le truc. »
« Mais c’est quoi, ce truc ! … monsieur. »
« Le truc qui ressemble à un éclat de verre. »
À la mention de l’éclat de verre, je compris de quoi il parlait.
Il aurait pu le dire dès le début.
Ce jour-là, au restaurant, j’avais raconté à Choi Suhyun dans les grandes lignes ce qui s’était passé dans le donjon.
Mais je ne me souvenais pas lui avoir parlé de l’éclat…
Je lui en avais raconté une partie, bien sûr, mais pas tout.
Comment l’avait-il appris ?
À peine avais-je posé le plateau-repas sur la table que la voix de Choi Suhyun retentit de nouveau.
« Je ne t’avais pas dit de ne rien me cacher ? »
« Comment tu l’as appris ? Ce Park Siyu avait l’air de tenir sa langue. »
« C’est vrai. Quel enfoiré. Hé, tu crois que c’est mon seul ami ? »
« T’en as d’autres ? »
À ma question, Choi Suhyun se tut, vraiment déstabilisé.
Quoi ? Il avait d’autres amis ?
Entre Yu Jihan et Choi Suhyun, je ne savais pas lequel des deux avait le plus de culot pour parler comme ça.
Aucun des deux n’avait d’amis.
Embarrassé, Choi Suhyun changea rapidement de sujet.
« Peu importe. Donne-le-moi. Je veux y jeter un œil, moi aussi. »
« Tu veux que je te le donne ou juste que je te le montre ? »
« Apporte-le-moi tant que je te le demande gentiment. C’est ton hyung qui te le dit. »
« Ouais, un hyung… plutôt un vulgaire voleur. Je te le dis, c’est vraiment dangereux. »
« Entre ce que tu gardes et ce que je garde, lequel est le plus dangereux, à ton avis ? »
Waouh, d’où lui venait toute cette confiance ?
Pour un type sans affiliation.
Cela dit, il était quand même chasseur de rang S.
Je mâchai lentement mon riz chaud et l’avalai.
Quand je lui avais raconté l’histoire pour la première fois, Choi Suhyun ne savait vraiment rien de ce qui s’était passé dans le donjon.
C’était en partie parce qu’il travaillait dans un autre service, mais il y avait aussi un problème de fond dans la façon dont les rapports circulaient entre l’Association des chasseurs et les guildes.
Au bout du compte, les guildes transmettaient leurs rapports de donjon à l’Association, mais celle-ci n’avait presque aucun moyen de repérer les informations manipulées en chemin.
À vrai dire, ce n’était même pas à l’Association de s’en charger.
Tout ce qui intéressait l’Association, c’était de savoir si un donjon avait été réussi ou non, ainsi que les ruptures de donjon, qu’on appelait des brèches.
Ce qui se passait réellement à l’intérieur d’un donjon ne relevait pas de ses compétences.
Comme elle ne s’en souciait pas vraiment, une pratique tacite s’était installée : on laissait les guildes dissimuler ce qu’elles voulaient.
Les guildes n’avaient donc aucune raison de signaler quelque chose comme « les monstres ont subi une étrange mutation », une information qui aurait déclenché toutes les alarmes possibles.
Du point de vue d’une guilde, plutôt que de s’embarrasser d’un problème survenu dans un donjon de bas rang, mieux valait écrire : « Il y a eu quelques blessés, mais nous avons terminé la mission sans problème », et passer à autre chose.
Une question compliquée à bien des égards.
« Très bien. Comment tu veux que je te le remette ? »
« Je te recontacterai, alors ne le perds pas et garde-le en lieu sûr. Ah, et j’ai entendu dire que le miel était bon contre le rhume. »
Après avoir dit ce qu’il avait à dire, Choi Suhyun raccrocha sans prévenir.
Je fixai l’écran de mon téléphone, hébété, pendant un moment après la fin de l’appel.
« Le miel, mon œil. »
Si ça t’intéresse tant, achète-m’en et après tu pourras le dire !
Une fois que je me sentis un peu mieux, je retournai à l’hôtel où travaillait Song Eunyoung.
Je descendis à la station de Gangnam et marchai dans la rue.
Quoi que j’en pense, ce type ressemblait vraiment à Yu Jihan.
Depuis que j’avais terminé le troisième étage, je n’arrivais pas à chasser Kim Yuhan de mes pensées.
Si j’avais su que ça finirait comme ça, j’aurais essayé de lui arracher son masque ou ses lunettes pendant la bagarre, quitte à faire passer ça pour un accident. Je regrettais de ne pas l’avoir fait.
Cela dit, ce n’était pas vraiment le moment de s’y attarder.
Quoi qu’il en soit, j’avais déjà tout expliqué à Yu Jihan sur le troisième étage.
La difficulté du troisième étage n’était pas si élevée.
Rencontrer le major Dechant, recevoir un poignard, monter dans la voiture de première classe et tuer la cible. C’était tout.
À vrai dire, c’était si facile que terminer le troisième étage ne m’avait même pas pris une journée entière.
Le problème, c’était s’il échouait.
S’il hésitait à cause de son apparence, ou si l’assassinat échouait pour une raison quelconque, les choses se compliqueraient.
Il se débrouillera.
Penser à Yu Jihan me donnait bizarrement l’impression d’être un joueur qui gérait un jeu inactif.
Je traversai le hall de l’hôtel et me dirigeai vers le buffet.
Même s’il n’était pas encore tout à fait l’heure du déjeuner, il y avait déjà pas mal de monde au buffet.
Je repérai facilement Song Eunyoung en plein travail.
Je lui fis signe d’un air amical.
Dès qu’elle m’aperçut, Song Eunyoung détourna vivement la tête.
Elle faisait vraiment exprès de m’ignorer, là ?
J’avais fait quelque chose de mal ?
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