Chapitre 23
ON A TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 23 : Song Eunyoung (3)
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Qui que tu sois, je devais remercier le dieu Soter.
Juhye repoussa Kim Yuhan.
Elle n’avait pas peur le moins du monde.
Heureusement, Kim Yuhan ne semblait pas non plus avoir l’intention de faire du mal à Juhye.
Kim Yuhan jeta mon épée par terre.
J’attrapai la main de Juhye et me relevai péniblement.
Je regardai autour de moi la grotte dévastée.
[Le donjon a été nettoyé.]
[Le règlement va commencer.]
Ce qui aurait dû être une expédition ordinaire dans la Caverne des fourmis géantes avait tourné au désastre absolu.
* * *
Incapable de bouger, je restai assis pendant que les autres chasseurs partaient à la recherche de la sortie.
Dès que Min Seongtaek et Kang Hyeonseung se relevèrent, Kim Yuhan se comporta comme si de rien n’était.
À force de traîner depuis longtemps au rang D, Juhye avait développé un instinct aiguisé.
Elle avait l’air de vouloir laisser couler, comme si elle n’avait rien remarqué.
Quant à moi, j’avais beau tourner la chose dans tous les sens, j’avais l’impression de m’être fait avoir.
J’avais été roué de coups, presque à mort, sans même comprendre pourquoi Kim Yuhan m’avait posé cette question au départ.
J’ouvris la bouche pour protester, mais Kim Yuhan me lança un regard à vous tuer.
Pff… Bon, j’allais laisser tomber. J’avais encore mal partout.
« Je vais y aller le premier, alors. »
« D’accord. Vas-y. »
Kang Hyeonseung, qui n’avait rien remarqué, annonça qu’il reviendrait bientôt et nous salua d’un petit geste poli.
Une fois les autres partis, je restai avachi contre le mur, le regard dans le vide.
La grotte portait encore les traces du combat.
Une entité de l’Intrusion désignait une forme d’énergie impure.
Les dieux n’avaient pas de corps physique.
La forme n’était qu’une enveloppe temporaire.
On disait qu’ils étaient des volontés collectives, des consciences capables d’exercer un pouvoir transcendant.
La plupart des dieux restaient fidèles à leur nature, car elle était la raison même de leur existence.
Une conscience qui s’écartait de sa raison d’être, voilà ce qu’était une entité de l’Intrusion.
À proprement parler, cependant, ce qui avait possédé la reine des fourmis tenait davantage de l’intrusion que d’une véritable entité de l’Intrusion.
Il fallait que je découvre ce qui s’était réellement passé ici.
Quand j’eus récupéré un peu de forces, je regardai autour de moi.
« C’est… »
Quelque chose brilla là où l’entité de l’Intrusion avait disparu.
L’objet reposait dans une flaque d’eau boueuse, ce qui expliquait sans doute pourquoi personne ne l’avait remarqué.
Je chassai l’eau stagnante du bout du pied, et sa forme apparut clairement.
Un petit éclat de verre.
Je sortis un mouchoir de ma poche.
J’y déposai l’éclat de verre.
« Je m’en doutais. »
Quelqu’un avait utilisé un support pour manipuler artificiellement la reine des fourmis.
J’entendis les autres approcher.
J’enveloppai l’éclat dans le mouchoir et le fourrai dans ma poche.
Comme prévu, Min Seongtaek et les autres revinrent après avoir trouvé la sortie.
« Pff, on est perdants sur toute la ligne, cette fois. »
« Au moins, on est vivants. »
« Ça doit être sympa d’être aussi détendu. »
« Détendu, mon œil. J’essaie juste de me remonter le moral. »
Kang Hyeonseung et Min Seongtaek se chamaillaient devant la sortie.
Tous deux déclarèrent qu’ils en avaient assez des grottes et s’y précipitèrent sans attendre.
Je jetai un coup d’œil à Juhye, qui se tenait à côté de moi.
Le combat contre la reine des fourmis s’était déroulé sans accroc, c’était indéniable.
Une volonté impure pouvait invoquer une entité de l’Intrusion, certes, mais un monstre aussi faible qu’une reine des fourmis n’aurait jamais dû suffire à en attirer une.
J’allais demander quelque chose à Juhye quand je croisai le regard de Kim Yuhan. Il n’était toujours pas parti.
« Vas-y, toi. »
Agacé, Kim Yuhan laissa échapper un léger soupir.
Je ravalai l’envie de lui reprocher d’oser soupirer.
Sa réponse fut encore plus absurde.
« Vas-y, toi. »
« Non. »
La situation avait fini par tourner à la dispute puérile.
Coincée entre Kim Yuhan et moi, Juhye franchit la sortie la première.
J’essayai de la retenir, mais c’était trop tard.
Maintenant que j’y pensais, la reine des fourmis avait commencé à se comporter bizarrement juste après que Juhye avait lancé son poignard.
Je n’avais aucune preuve concrète, mais ça ne coûtait rien de lui poser la question.
J’avais raté le meilleur moment.
Ne voulant pas chercher querelle pour rien, je franchis discrètement la sortie.
« Pff, ça m’éblouit. »
Après avoir passé plus de deux jours dans une grotte plongée dans le noir absolu, la lumière me piquait les yeux.
Il n’y avait personne près du portail de donjon, à part nous.
Sauf pour les expéditions particulières, le personnel de l’Association ne contrôlait les chasseurs qu’avant leur entrée dans un donjon.
Une fois sortis, il leur suffisait de se connecter au Réseau des chasseurs ou au site de leur guilde pour remplir un bref rapport. Voilà tout le système.
Bien sûr, si une équipe dépassait le délai prévu, les gens finissaient par remarquer qu’il y avait un problème.
Quoi qu’il en soit, nous étions sortis du donjon dans les temps.
Mais le problème était tout autre.
Une sirène retentit si fort que mes oreilles en bourdonnèrent, résonnant à travers Jeong-balsan et les complexes d’immeubles alentour.
« C’est une Rupture de donjon. »
« J’ai l’impression qu’il y en a souvent, ces derniers temps, non ? »
Kang Hyeonseung et Juhye échangèrent ces mots avec désinvolture.
Une Rupture de donjon. C’était bien le phénomène où les monstres déboulaient dans le monde réel ?
Ce n’était pas censé être dangereux ?
Pourtant, aucun des trois ne réagit comme si c’était le cas. Ils semblaient un peu tendus, certes, mais aussi presque impatients.
À l’extérieur du donjon, tous nos sacs étaient entassés au même endroit.
Kim Yuhan était introuvable.
« Hé, il est où, Kim Yuhan ? »
« Je ne l’ai pas vu. »
« Il est peut-être parti dès que le donjon a été nettoyé ? »
« Y en a qui font ça. Il est bizarre, ce type, quoi qu’on en dise. »
Avait-il vraiment disparu à la seconde où le donjon avait été nettoyé ?
Pourtant, il n’avait laissé aucune trace derrière lui.
La sirène continuait de hurler.
Presque au même instant, nos quatre téléphones vibrèrent pour signaler une notification.
[Notification]
Rupture de donjon en cours au Temple du Chêne Noir (C)
Près de Jeong-balsan, Madu-dong, Ilsan-dong-gu, Goyang, Gyeonggi
Environ 100 monstres
Je levai les yeux. Un immense cercle s’était formé au-dessus de Jeong-balsan et des environs.
Comme j’étais près du sommet, j’en distinguais toute la forme.
C’était donc le fameux effet de zone, dont j’avais seulement entendu parler.
En gros, une zone de monstres se formait chaque fois qu’une Rupture de donjon se produisait.
[Éliminez les Orcs noirs !]
Rang : C
Participants : 37
Récompenses
1) Premier à tuer un Orc noir [1000 points de mérite]
2) Par orc éliminé [30 points de mérite]
Plus les monstres se dispersaient, plus la zone s’étendait.
Toute personne Éveillée qui y mettait les pieds était automatiquement inscrite.
Comme la Caverne des fourmis géantes avait fait perdre des points au groupe, cette Rupture de donjon représentait, pour les autres, une occasion en or de se rattraper.
« Désolé, je file le premier. »
« Pareil. »
Min Seongtaek et Juhye descendirent d’abord la montagne.
Kang Hyeonseung, comprenant la situation, nous salua de la main en disant qu’il nous reverrait plus tard, puis prit un autre chemin pour descendre.
Enfin, la sirène dont j’avais jusque-là les oreilles rebattues s’arrêta.
Je descendis péniblement Jeong-balsan.
Les rues touchées par la Rupture étaient désertes.
Quand l’alerte à la Rupture avait été diffusée, tout le monde s’était barricadé chez soi ou dans les commerces du coin.
J’avais quitté Jeong-balsan, mais je me trouvais encore techniquement dans la zone.
Un membre du personnel de l’Association, vêtu d’un coupe-vent noir, s’approcha en soufflant dans un sifflet.
« Accès interdit au-delà de ce point. »
« Je suis chasseur. »
« Vous permettez que je vérifie votre carte d’identité ? »
J’acquiesçai et sortis mon téléphone pour ouvrir l’application.
J’affichai les informations de mon compte, qui faisaient office de pièce d’identité, et les lui montrai.
« Merci pour votre coopération. »
Après avoir vérifié mon identité, l’employé s’inclina et poursuivit son chemin.
Je regardai autour de moi et activai Détection du mana.
Des orcs étaient dispersés un peu partout dans la zone, mais il semblait y avoir presque autant de chasseurs que d’orcs.
La distance me parut trop grande pour que ça en vaille la peine. J’allais rebrousser chemin quand je sentis quelque chose d’étrange.
Cette énergie…
Bien plus faible que celle de la reine des fourmis, mais c’était sans aucun doute l’énergie d’une entité de l’Intrusion.
L’éclat que j’avais enveloppé dans mon mouchoir frémit légèrement, comme s’il entrait en résonance avec elle.
« Ce n’est même pas un éclat de volonté profane. »
Quoi qu’il en soit, il se passait clairement quelque chose ici.
Aller voir ne me coûterait rien, et ça m’aiderait peut-être à comprendre ce qui se tramait.
Je mis mon sac sur l’épaule et bondis dans les airs.
Je mémorisai le terrain alentour et fonçai vers un petit parc en empruntant le chemin le plus court.
« Je me suis trompé d’endroit ? »
Ça avait l’air d’être le bon coin, mais il n’y avait rien. Je ferais mieux de chercher un peu plus loin.
Un orc apparut au bout d’une ruelle.
Voir un monstre déambuler près d’un immeuble moderne avait quelque chose d’étrangement inédit.
« Aaaah, au secours ! Quelqu’un, aidez-moi ! »
Un homme en survêtement reculait devant un orc qui s’approchait, la hache levée.
Il y en a toujours un. Quelqu’un à qui on a dit de rester chez lui, mais qui sort quand même et finit par s’attirer des ennuis.
J’allais intervenir quand quelqu’un d’autre se précipita avant moi.
« Hein ? »
Une femme en tailleur noir asséna un coup de genou au visage de l’orc.
Le coup lui fit mal, mais pas assez pour le tuer.
L’orc brandit sa hache contre elle.
Elle posa une main au sol et bondit en arrière pour esquiver le coup.
Tandis que l’orc se concentrait sur elle, je m’approchai de l’homme qui était toujours assis par terre.
« Tu peux te relever ? File par là. »
« Merci infiniment ! »
L’homme prit appui contre le mur et se releva.
Je lui indiquai la rue principale, et il détala comme si sa vie en dépendait.
La femme se redressa en époussetant ses mains et ses vêtements.
Elle était peut-être en repos ?
Tous les chasseurs ne se promenaient pas avec une arme.
Certains aimaient bien afficher leur statut de chasseur, mais la plupart, quand ils ne travaillaient pas, portaient des vêtements ordinaires et vaquaient à leurs occupations comme tout le monde.
L’orc, qui venait seulement de remarquer la fuite de l’homme, abattit sa hache sur la femme.
La hache entailla le béton. Elle bondit.
Elle s’éleva juste un peu au-dessus de la tête de l’orc, puis décocha un coup de pied latéral.
Dans un craquement sinistre, le cou de l’orc pivota de quatre-vingt-dix degrés et il s’effondra.
Son corps s’écrasa contre le mur.
Il se tortilla, tentant encore de s’accrocher à la vie.
Ses nerfs étaient sectionnés ; il ne pouvait plus que tressaillir par à-coups.
La femme atterrit et gémit.
« Aïe. »
Elle n’avait sans doute pas vu le caillou près de l’endroit où elle avait atterri, car sa cheville semblait s’être tordue.
Franchement, qui fait un coup de pied sauté avec des chaussures de ville ?
Avec ou sans caillou, elle aurait forcément fini par se tordre la cheville.
Les chasseurs Éveillés guérissaient plus vite que les gens ordinaires, alors ce n’était probablement pas bien grave.
L’orc était encore vivant.
Laissé là, il finirait par mourir, mais il valait clairement mieux l’achever tout de suite.
« Tu ne vas pas l’achever ? »
« Pardon ? »
« Il est encore en vie. »
Je désignai l’orc et l’interrogeai.
Elle cligna des yeux, regardant tour à tour l’orc et moi.
Ma présence semblait la surprendre davantage que l’orc.
« Ça fait longtemps que tu es là ? »
« Depuis le début ? Enfin, pas tout à fait. Depuis que tu lui as mis un coup de genou au visage. »
« Ah. »
Elle rougit, embarrassée, et détourna le regard.
« Je ne cherche pas à te voler ta victime. Vas-y, achève-le. »
« C’est bon. »
« Pardon ? »
« De toute façon, je ne gagne pas de points de mérite en tuant des orcs. Prends-les. »
« Comment ça… »
« Et je dois aller travailler ! Bonne chance ! Aïe ! »
Avant même que je puisse poser une question, elle partit en courant vers la station.
Sa cheville lui faisait visiblement encore mal, car elle boitait un peu.
Travailler ? Pas de points de mérite ? Attends une seconde…
Je pouvais laisser tomber la question du travail, mais le sens de « pas de points de mérite » ne faisait aucun doute.
Ne pas pouvoir gagner de points de mérite signifiait qu’elle ne servait aucun dieu.
La femme qui venait de s’éloigner était une chasseuse sans affiliation.
J’allais lui courir après, mais je me retournai plutôt.
Dans la direction exactement opposée à celle où elle était partie.
L’énergie de l’entité de l’Intrusion que je suivais depuis le début venait soudain de disparaître.
Au même moment, une énorme explosion déchira le parc au pied de Jeong-balsan.
Quelques arbres s’élevèrent dans les airs avant de retomber lourdement.
« On dirait que je n’ai pas le choix. »
Je pourrais toujours retrouver cette femme plus tard.
Je courus vers le parc où l’explosion avait eu lieu.
Le parc était dans un état lamentable.
À part les arbres qui avaient été projetés dans les airs, tout le reste était en ruines.
Je n’avais encore jamais affronté d’Orc noir. Je me demandais si un simple boss de rang C pouvait vraiment causer de tels dégâts.
Plusieurs cadavres d’orcs jonchaient le sol, dont celui de l’Orc noir.
Quelqu’un m’avait devancé.
À vrai dire, j’avais une assez bonne idée de qui il s’agissait.
J’ignorais s’il y avait un chasseur dans les parages capable d’un tel exploit, mais mon instinct me disait que c’était l’œuvre de Kim Yuhan.
C’était quoi, au juste, ce type ?
« Je ferais mieux de me tirer. »
Je n’avais vraiment pas envie qu’on me trouve ici et qu’on me mette ça sur le dos.
Je me retournai pour filer, et c’est alors que l’effet de zone prit fin et qu’une fenêtre de statut apparut.
Pff, quelle poisse.
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