Chapitre 2
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 2 : Kang Hangyeol (1)
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J’ouvris les yeux. Un plafond blanc quadrillé s’offrit à mon regard. Je promenai lentement les yeux autour de moi.
« Où… »
Un lit d’hôpital ordinaire, une construction moderne. Avais-je réussi à regagner mon monde d’origine ? Je n’en étais pas sûr.
« Un hôpital ? »
Je me souvenais vaguement de ce qui s’était passé, mais avant d’être projeté dans l’autre monde, j’avais été foudroyé. Qu’on m’ait transporté à l’hôpital aurait été tout à fait logique.
Derrière le rideau, j’entendis une porte coulissante s’ouvrir. L’homme qui entra et tira le rideau n’était ni médecin ni infirmier.
Il portait un costume.
Dès qu’il écarta le rideau, je compris que ce n’était pas un hôpital.
La pièce était trop minable pour être une chambre d’hôpital. On aurait plutôt dit l’infirmerie d’une école.
Bizarre. Une infirmerie ?
Quelque chose clochait.
Un homme qui avait l’air d’un employé de bureau dans la trentaine s’approcha de moi.
« C’est bien pour ça que les jeunes Éveillés sont pénibles. Toujours à se battre pour des broutilles. Comment va ton corps ? »
Il tira une chaise, s’assit en face de moi et desserra légèrement sa cravate.
Il avait l’air épuisé. Je le regardai et lui demandai d’un ton détaché, comme si de rien n’était :
« T’es qui ? »
« Pourquoi tu me tutoies ? »
Il acheva de défaire sa cravate, la fourra dans sa poche et se mit à retrousser ses manches, la tête penchée et un léger sourire aux lèvres. Il dégageait quelque chose qui ressemblait à une intention meurtrière.
Cette pression ne me gênait pas vraiment, mais, à bien y réfléchir, ce n’était pas le genre d’intention meurtrière qu’on s’attendait à sentir chez un type habillé comme un employé de bureau moderne.
Hum. Pas un employé de bureau. Un soldat, peut-être ?
« Excusez-moi, mais qui êtes-vous ? »
« Tu me tutoyais il y a deux secondes, et maintenant tu me vouvoies sans raison ? »
Sa réponse ne me permettait pas de savoir s’il me mettait à l’épreuve ou s’il plaisantait simplement.
Bon, même moi, je trouvais que j’y étais allé un peu fort.
La bonne nouvelle, c’était que ma question lui avait fait ravaler l’intention meurtrière qu’il dirigeait contre moi.
« Je ne crois pas qu’on m’ait dit que tu t’étais cogné la tête. »
À ces mots, je portai aussitôt la main à ma tête.
Heureusement, tout allait bien.
« Tu ne sais pas qui je suis ? »
À sa réponse, je restai bouche bée.
Comment je pourrais savoir qui tu es, bordel ?
Tu te prends pour une célébrité ?
Heureusement, il portait un badge autour du cou.
Je lus rapidement le nom inscrit dessus.
Division de formation des chasseurs, Choi Suhyun.
Il n’avait pas vraiment l’air d’une célébrité.
Choi Suhyun se leva et fouilla dans un réfrigérateur contre l’un des murs.
Il en sortit une boisson énergisante Bacchus et l’avala d’un trait. Pendant ce bref instant, je passai mes idées en revue à toute vitesse. La première question qui me vint à l’esprit fut :
C’est quoi, la Division de formation des chasseurs ?
Je parlais coréen sans problème et le nom était coréen, alors j’étais forcément en Corée. Mais un élément essentiel avait changé.
Choi Suhyun se rassit devant moi et marmonna quelque chose qui n’était pas tout à fait une plainte.
« Les jeunes d’aujourd’hui ne savent vraiment pas s’arrêter. Quand il faut laisser tomber, ils continuent. Tiens, ton téléphone et ton sac. L’écran est fendu, mais il faudra le faire remplacer. »
Il lança un sac à dos brun et un téléphone sur le lit.
Le smartphone n’était pas le dernier modèle, et une fissure traversait son écran en plein milieu.
Plus encore que le sac, revoir un smartphone après tout ce temps, c’était comme retrouver un vieil ami.
Si c’était bien le monde moderne dont je me souvenais, un smartphone suffirait à trouver facilement des informations.
À bien y réfléchir, je crois que j’ai pris possession du corps de quelqu’un d’autre.
Mon instinct me disait que ce corps n’était pas le mien. Et le monde moderne autour de moi était différent, beaucoup trop différent, de celui dont je me souvenais.
Peu importe le temps qui avait passé, je ne me rappelais rien, dans le monde réel, qui s’appelât « chasseurs » ou « Division de formation des chasseurs ».
Je mis le téléphone dans ma poche et inclinai légèrement la tête.
« Merci. »
Entre la « Division de formation des chasseurs », les grognements de Choi Suhyun et ma situation, il n’était pas difficile de deviner que j’avais eu un accident pendant un entraînement.
Bref, j’étais stagiaire ici, et lui s’occupait de moi.
Le mieux était de jouer le jeu sans faire d’histoires.
C’était préférable à lui demander des trucs absurdes du genre : « C’est quoi, déjà, mon nom ? » ou « Je crois que je me suis cogné assez fort pour perdre la mémoire », ou d’autres âneries du même acabit.
Que mon raisonnement soit juste ou non, Choi Suhyun garda les mains dans les poches de son pantalon et m’observa en silence.
Son regard, comme s’il surveillait un petit animal égaré dans la jungle, me dérangeait un peu.
Comme pour lui donner raison, le téléphone dans la poche de Choi Suhyun vibra.
Contrairement au mien, tout cabossé et l’écran fendu, le sien était le dernier modèle, avec une coque brillante.
« Allô ? Ouais, il vient de se réveiller. Son état ? Ça a l’air d’aller. Quoi ? Hé ! Je t’ai dit de ne pas faire de conneries. Bon sang, pourquoi il recommence encore ? J’arrive dans dix minutes, alors nettoyez autant que possible en attendant. Salut. »
Choi Suhyun raccrocha sans attendre.
J’entendis quelqu’un l’appeler au bout du fil, mais il n’y prêta même pas attention.
Après avoir raccroché, Choi Suhyun poussa un soupir bien sonore.
Les cernes sous ses yeux, ses cheveux qui avaient dû être coiffés le matin même et qui étaient déjà en bataille avant la tombée du soir… Tout chez lui évoquait un employé quelque part entre le rang de vétéran et celui de cadre intermédiaire.
Comme dans n’importe quelle organisation, c’était précisément le rang où l’on touchait le moins en travaillant le plus.
Enfin, peut-être pas.
Bref, peu importe.
« Désolé pour ça. Mais puisque c’est arrivé sous ma responsabilité, je voulais quand même m’occuper un peu plus de toi. Tiens, ma carte. Ne suis pas la formation aujourd’hui, rentre directement chez toi. Ce n’est pas un sujet important de toute façon, et même si ça l’était, rien ne rentrerait dans ta tête dans ton état, pas vrai ? »
« Ce n’est pas vraiment le genre de choses qu’un instructeur devrait dire. »
« À quoi ça te servirait de connaître l’histoire des donjons ? On ne l’enseigne que parce que les huiles le demandent, mais tu peux tout trouver en ligne. J’ai déjà passé un savon à ceux qui ont provoqué ça, mais appelle-moi s’il se passe quoi que ce soit. Et puis, tu as oublié de prendre ta carte d’identité la dernière fois. N’oublie pas de la récupérer cette fois. Prends soin de toi. »
Débitant tout ce qu’il avait à dire comme s’il rappait, Choi Suhyun me tourna le dos et passa aussitôt un appel.
Sa voix résonna dans le couloir tandis qu’il parlait.
Drôle de type.
Ayant tiré une conclusion satisfaisante au sujet de cet homme nommé Choi Suhyun, je pris mon sac et descendis du lit.
Quelques mots qu’il avait prononcés tournaient en boucle dans ma tête.
Un donjon. Il y avait donc des donjons ici ?
Contrairement au monde réel où j’avais vécu, le continent d’Arbelisia abritait des monstres, de la magie, des dieux et des mercenaires. Tous les éléments de fantasy que reconnaîtrait même quelqu’un n’ayant jamais ouvert de roman ni lu de récit populaire s’y trouvaient.
Naturellement, il y avait aussi quelque chose qu’on appelait un donjon. À supposer que le donjon que je connaissais et celui dont parlait Choi Suhyun soient la même chose.
En me dirigeant vers la porte, je remarquai un miroir fixé au mur. Je m’en approchai.
« Je m’en doutais. »
En parlant avec Choi Suhyun, j’avais déjà vaguement remarqué que ma voix était différente, alors ce ne fut pas une grande surprise.
Dans le miroir se reflétait un homme vêtu d’un sweat à capuche bleu marine et d’un pantalon de survêtement, un sac sur l’épaule.
Même en étant généreux, il avait tout au plus une vingtaine d’années, et son visage juvénile aurait pu passer pour celui d’un adolescent.
Ses vêtements étaient minables, mais il était grand et plutôt beau garçon.
Pas autant que mon vrai visage, évidemment.
« D’abord, la carte d’identité. »
Le temps d’admirer le visage du jeune homme dont j’avais pris possession était révolu.
En voyant que Choi Suhyun m’avait dit d’aller récupérer ma carte, je ressentis un discret soulagement.
Avoir une carte d’identité signifiait au moins que j’étais une personne dont l’identité était clairement vérifiable.
Je sortis dans le couloir et me fixai calmement un objectif.
Se fixer un objectif, même minuscule, puis agir.
C’était une méthode que j’avais utilisée pour étudier avant d’être invoqué dans l’autre monde, et elle m’avait également servi de règle de survie pour rester en vie là-bas.
Comprendre la situation.
Mon objectif ultime était de me venger des dieux qui avaient ruiné ma vie.
Ce serait pour bien plus tard. Pour l’instant, comme toujours, le seul but était de survivre.
En dehors de la dimension où j’avais vécu à l’origine et du monde où j’avais été invoqué, j’avais déjà vu de mes propres yeux, par l’intermédiaire des dieux, que de nombreuses autres dimensions existaient.
Parmi toutes ces dimensions innombrables, il n’était pas particulièrement étonnant que l’une d’elles soit un monde moderne où les donjons coexistaient avec la vie quotidienne.
Au bout du couloir se trouvait un grand hall.
Je devais aller récupérer ma carte d’identité ou je ne sais quoi, mais je n’avais aucune idée de l’endroit où me rendre.
« Excusez-moi. Vous sauriez où je peux récupérer ma carte d’identité ? »
J’interpellai quelqu’un qui avait l’air de travailler ici et lui posai la question.
La femme me dévisagea, puis indiqua le bout du couloir.
« Tournez à gauche et entrez, c’est là. »
« Ah, d’accord. »
En suivant ses indications, je tournai à gauche et trouvai une sorte de guichet de banque.
Mais qu’est-ce que c’était que cet endroit ?
Je pris un ticket et m’assis sur un canapé installé dans un coin.
Un peu plus tard, le numéro [073] s’afficha sur un grand écran.
« Que puis-je faire pour vous ? »
« Ma carte d’identité. »
« Veuillez poser votre doigt sur le lecteur, s’il vous plaît. »
Suivant les instructions de l’employé, je posai la paume sur l’écran de la tablette, au comptoir. Une fois les empreintes digitales et l’iris scannés, l’employé me tendit une carte d’identité et une feuille de papier.
Comme j’avais supposé que « carte d’identité » désignait quelque chose comme une carte d’enregistrement de résident, je regardai plutôt avec curiosité la carte bleue.
« Gardez-la sur vous autant que possible. Cette feuille comporte un code QR avec votre identifiant. Vous pourrez la jeter une fois votre inscription terminée. »
« Un code QR d’identification ? Un identifiant pour quoi ? »
« La carte de l’Association des chasseurs, évidemment. »
L’employé pencha légèrement la tête, comme surpris par une question aussi évidente.
Ma carte d’identité en main, je ressortis et vérifiai les informations.
Association coréenne des chasseurs
20981124-49926658
Kang Hangyeol
Rang D, Chasseur indépendant
Mon nom était imprimé à côté d’une photo.
Kang Hangyeol. Un nom qui n’avait rien à voir avec celui dont je me souvenais.
J’avais déjà remarqué que mon visage était différent en quittant cette pièce qui ressemblait à une infirmerie ; ce nom inconnu ne me surprit donc pas beaucoup non plus.
« Et ça veut dire quoi, “indépendant” ? »
Contrairement à ce que j’avais espéré, obtenir la carte d’identité ne réglait rien : il me restait encore une montagne de choses à apprendre.
Je sortis du bâtiment et sortis mon téléphone.
[Dernière minute] La guilde Raon vient à bout de son dixième « donjon de rang SS ».
Selon un rapport remis à l’Association par Kim Uitae, spécialiste des donjons, le taux d’apparition des donjons dans le monde a « augmenté chaque année » au cours de la dernière décennie. D’ici dix ans, leur nombre devrait dépasser celui des chasseurs.
Min Seokjun, Chasseur de rang S de la guilde Choehan, rejoint la guilde « Luce ».
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Le monde dont je me souvenais et les nouvelles sous mes yeux étaient différents. Beaucoup trop différents.
Notes de bas de page :
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