Chapitre 19
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Traducteur/réviseur : Bébé qui tousse
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Chapitre 19 : Raison de vivre (3)
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Je fis un rapide calcul de tête.
Un dollar valait un peu plus de mille wons.
Quatre-vingt mille dollars équivalaient à peu près à cent millions de wons.
Il avait dit huit millions et quelques, alors en faisant le calcul, ça revenait à un peu plus de dix milliards de wons.
Une fois le calcul terminé, je restai bouche bée.
Dix milliards.
Cette épée ?
« T-tu as perdu la tête ? »
« C’est toi qui as perdu la tête. Comment oses-tu me demander ça ? »
« N-non !! Comment ça, cette épée pourrie vaut dix milliards ?! »
Déconcerté, j’élevai la voix.
Choi Suhyun m’avait montré la liste de son coffre personnel et m’avait promis de me donner l’arme de mon choix.
Je m’étais contenté de prendre une épée qui avait l’air correcte. Je ne l’avais certainement pas choisie en connaissant son prix.
Il me l’avait tendue sans un mot, alors j’avais cru que c’était une arme dont il pouvait se séparer sans problème.
Qui donne une arme à dix milliards de wons comme si de rien n’était ? Et voilà qu’il jouait les suffisants pour des choses bien moins importantes !
S’il en avait au moins fait tout un plat devant moi, je n’aurais jamais donné l’épée à Yu Jihan sans réfléchir.
« Bon sang, je ne peux pas vraiment lui demander de me la rendre, maintenant… »
Je n’étais pas non plus entièrement fautif.
L’épée que Choi Suhyun m’avait donnée n’était pas mauvaise, mais à mon avis, elle ne valait pas du tout dix milliards de wons.
Mon jugement comportait deux erreurs.
Premièrement, je n’avais absolument aucune idée de la valeur réelle des objets. Deuxièmement, mes critères pour juger quelque chose « pas mal » étaient déjà anormalement élevés.
Un profond soupir me parvint de l’autre bout du fil.
« Alors, comment tu as fait pour la perdre, exactement ? »
« C’est une longue histoire que je ne peux pas vraiment raconter. Bref, je ne peux pas récupérer cette épée. »
Je ne savais même pas comment rendre un cadeau, et lui demander de me le reprendre aurait eu l’air ridicule, en plus.
« Va crever quelque part. Espèce de sale morveux. »
Je fis de mon mieux pour calmer Choi Suhyun, qui semblait vraiment furieux au téléphone.
Excédé, Choi Suhyun me coupa sèchement.
« On reparlera de l’épée plus tard. Si tu ne te ressaisis pas pour de bon, je ne laisserai pas passer ça. »
Sur ces mots, Choi Suhyun ne reparla plus de l’épée à huit millions et demi de dollars que j’avais prétendu avoir perdue.
Ce n’était pas qu’il s’en fichait et passait simplement à autre chose.
« Fais tes preuves. »
C’était une sorte de mise à l’épreuve.
Cela signifiait aussi que ce qu’il m’avait dit ce jour-là tenait toujours.
Autrement, il n’aurait pas agi ainsi après avoir dit qu’il se rallierait à ma cause.
« Il n’a pas l’air du genre à me poignarder dans le dos, cela dit. »
Si je considérais notre relation comme quelque chose où nous apprenions encore à nous faire confiance, ça ne me dérangeait pas tant que ça.
« Alors, qu’est-ce qui s’est passé avec la Guilde ? »
« Ils vont te prendre. Ils te contacteront. Quoi que tu fasses, ne leur cause pas d’ennuis. »
« Je ne suis pas un gamin que tu as abandonné au bord de la rivière. Allez, des ennuis ? À moins qu’ils ne frappent les premiers, je ne provoquerai personne. »
« Pff, laisse tomber. Bref, ils ont dit qu’ils te contacteraient la semaine prochaine. Je leur ai demandé de veiller sur toi autant que possible. »
« Merci. »
« Bon, je raccroche. Je te rappellerai. »
Après l’appel, je remuai distraitement mes ramyeon avec mes baguettes.
« Les nouilles sont complètement ramollies, maintenant. »
J’aurais dû finir de manger avant de répondre.
* * *
Gangnam, rue Teheran.
Dans mes souvenirs, Gangnam était un quartier animé, rempli d’innombrables instituts privés de préparation aux concours de la fonction publique, de cliniques de chirurgie esthétique, de sièges sociaux et de bureaux, sans oublier les bars cachés juste derrière.
Le Gangnam où j’arrivai ressemblait à celui de mes souvenirs, tout en étant différent, d’une certaine façon.
À la place des instituts privés et des cliniques, les rues étaient dominées par des prêteurs sur gages et des cabinets d’avocats de toutes tailles. Les bâtiments qui abritaient autrefois les sièges sociaux d’entreprises étaient devenus ceux des grandes Guildes.
Je cherchai le siège de la Guilde Aria sur mon téléphone, puis levai les yeux vers le grand bâtiment qui s’élevait au cœur de Gangnam.
« Je me souviens que ce bâtiment appartenait à une entreprise. »
Un immeuble qui avait autrefois abrité le siège d’une entreprise célèbre pour ses librairies servait désormais de siège à une Guilde de chasseurs dans ce monde.
C’était dans ces moments-là que je prenais vraiment conscience d’être dans un monde complètement différent.
J’entrai dans le hall et donnai mon nom à la personne à l’accueil.
« Puis-je voir votre pièce d’identité, s’il vous plaît ? »
« Ah, oui, bien sûr. »
Après avoir tendu ma carte de Chasseur enregistré, on m’indiqua le dixième étage.
L’intérieur du bâtiment était tout à fait banal. À première vue, on aurait pu croire à n’importe quelle entreprise.
La seule différence, c’était que certains des gens qui circulaient dans les couloirs étaient des chasseurs vêtus de tenues particulières ou portant des armes.
Plus une Guilde était grande, plus elle avait tendance à employer du personnel administratif ordinaire.
La concurrence pour obtenir un poste de bureau dans une grande Guilde n’avait rien à envier à celle des grandes entreprises.
« C’est impressionnant, à bien des égards. »
Je me frayai un chemin dans la foule entassée dans l’ascenseur et parvins de justesse à descendre au dixième étage.
« Vous êtes là pour un entretien d’adhésion à la Guilde, c’est bien cela ? Si vous allez dans la salle au fond, quelqu’un viendra vous voir sous peu. »
« Merci. »
Guidé une nouvelle fois depuis l’accueil, je pénétrai dans une petite salle de réunion, plus loin.
Des boissons et des en-cas étaient disposés sur la table blanche.
Je venais à peine de déballer un carré de chocolat et de le mettre dans ma bouche que la porte s’ouvrit.
Un homme d’apparence ordinaire, en costume, entra avec des documents à la main.
« Monsieur Kang Hangyeol ? »
« Oui. »
« Je suis Kim Jihoon, responsable des contrats à la Guilde Aria. »
Kim Jihoon tira une chaise et s’assit en face de moi.
Il fit glisser vers moi une tablette sur laquelle le contrat était affiché et m’expliqua les conditions d’adhésion à la Guilde.
La Guilde Aria ne servait aucun dieu en particulier.
Contrairement aux autres Guildes, elle jugeait les gens uniquement sur leurs compétences, ce qui lui avait permis de se développer à un rythme effréné.
Cela ne signifiait pas qu’elle n’avait aucun inconvénient.
« C’est la fusion de trois Guildes. Forcément, la cohésion en pâtit. »
Accueillir des chasseurs au service de toutes sortes de dieux signifiait aussi que les divergences d’opinions étaient plus fréquentes.
C’était peut-être pour cela que, malgré sa quatrième place parmi les Guildes de Corée, l’influence publique d’Aria restait relativement faible.
En parcourant le contrat, je ne vis rien qui semblât poser un problème majeur.
« Il vous suffit de signer aux endroits indiqués et ce sera réglé. »
J’attrapai docilement le stylo et signai avec application dans chacune des cases prévues à cet effet.
Juste avant d’apposer la dernière signature, je m’immobilisai, le stylo toujours à la main.
« J’ai une question. »
Je m’écartai de la tablette où figurait le contrat et fis tourner le stylo entre mes doigts.
Kim Jihoon me jeta un regard étrange.
Avec un léger temps de retard, il répondit :
« Y a-t-il un problème ? »
« Rien de grave. J’ai perdu mon arme à cause de circonstances personnelles, et je me demandais si vous proposiez une aide pour les armes ou l’équipement. »
« Pour les chasseurs de rang D, nous fournissons une aide de base. Bien sûr, comme indiqué dans le contrat, tout objet ou équipement fourni par la Guilde vous sera facturé par la suite, et les frais supplémentaires seront ajoutés à la facture après la fin d’un donjon. »
Il savait parler, comme on pouvait s’y attendre d’un responsable des contrats.
En y repensant, le coffre de Choi Suhyun était vraiment absurde.
J’avais pris une épée au hasard, et elle s’était révélée valoir huit millions et demi de dollars.
« Radin. Il aurait pu au moins me prêter une autre épée. »
Après coup, je l’avais supplié lamentablement de m’en prêter une autre, et il m’avait insulté de toutes les façons possibles.
Malheureusement, je ne pouvais pas tenter ma chance davantage.
Depuis que j’avais appris que l’épée donnée à la légère à Yu Jihan valait dix milliards de wons, j’avais passé un nombre incalculable de fois à marteler ma couverture du pied.
En gros, je venais d’investir dix milliards de wons en Yu Jihan, comme ça, sans raison.
« Si ce gamin entre dans la tour et y crève, je te jure… »
Pour l’instant, j’avais néanmoins mes propres problèmes à régler.
« En dehors de l’aide de base, vous proposez autre chose ? »
« Eh bien, je sais que vous êtes un Chasseur de rang D, monsieur Kang Hangyeol. La Guilde aide parfois les chasseurs de rang supérieur, mais en dehors du rang, la seule possibilité est d’acheter les objets séparément. Si vous le souhaitez, je peux vous attribuer un vendeur de la Guilde. »
Tout en écoutant les explications de Kim Jihoon, je relus attentivement les petites lignes du contrat.
Deux clauses attirèrent mon attention.
Prime à la signature : 10 000 000 wons.
Partage des gains entre la Guilde et le Chasseur : 5 pour 5.
Voilà, en gros, ce que cela donnait.
J’ouvris la canette de café posée sur la table et en bus une gorgée.
Kim Jihoon s’attendait manifestement à ce que le contrat soit signé rapidement, et il semblait décontenancé de me voir faire traîner les choses.
Et alors ?
« Les conditions d’admission de la Guilde Aria ne sont pas très exigeantes, à la base. »
Même sans l’introduction de Choi Suhyun, j’aurais probablement pu entrer sans trop de mal si je l’avais voulu.
S’ils avaient pris la peine de me faire recommander, c’était qu’ils comptaient me garder à l’œil.
Je n’avais pas spécialement envie d’en vouloir à Choi Suhyun. Comme je l’avais dit, il nous fallait à tous les deux le temps de nous jauger correctement.
Même si cela impliquait d’employer des méthodes un peu sournoises.
Quoi qu’il en soit, j’étais là grâce à la recommandation personnelle du représentant.
Si je ne pouvais pas obtenir une arme de Choi Suhyun, il ne me restait qu’à en obtenir une de ce côté-ci.
« Combien coûte généralement une arme convenable ? »
« Quand vous dites une arme convenable, vous pensez à quelle fourchette de prix ? Les armes de Chasseur sont souvent vendues au prix que le vendeur veut bien leur donner, et les tarifs varient énormément. »
« Je vois. Quel est le montant maximal de ma prime à la signature ? Et le partage à 5 pour 5, ce n’est pas un peu excessif ? »
« Nos conditions de base sont de dix millions de wons avec un partage à 5 pour 5. Elles tiennent également compte de votre rang de Chasseur D. »
« Vous n’auriez pas entendu parler de moi, par hasard ? »
« De quoi ? »
« Du fait que le représentant et moi sommes les meilleurs amis du monde. »
« Quand vous dites le représentant… duquel parlez-vous ? »
Ah, oui. Il y avait trois représentants ici.
En voyant Kim Jihoon devenir méfiant, je me raclai la gorge et répondis :
« Park Siyu. »
« Vous connaissez le représentant Park ? Je n’ai reçu aucune information de ce genre… »
Kim Jihoon sortit un mouchoir de sa poche et s’essuya le front, où perlaient des gouttes de sueur.
Il avait l’air si sincèrement surpris qu’il semblait évident que Park Siyu ne lui avait rien dit de particulier.
Il avait probablement cru qu’un Chasseur ordinaire venait signer son contrat et qu’on lui avait simplement demandé de suivre la procédure habituelle.
Puisque les choses en étaient arrivées là, autant faire en sorte de laisser une impression durable.
Je posai ma canette de café vide sur le bureau et souris.
« Je me demande bien pourquoi. »
« O-oui. Je me demande bien pourquoi. »
Quel type.
Ne me demande pas. Va découvrir ça toi-même.
Je gardai le silence, sans cesser de sourire, et Kim Jihoon bondit brusquement de sa chaise.
« Je vais passer un coup de fil. »
Oui, oui.
Voilà qui est mieux.
Une fois Kim Jihoon sorti, je déballai les en-cas restants l’un après l’autre et les engloutis.
Quand j’eus fini de manger jusqu’au dernier, Kim Jihoon revint après son appel.
« Je suis désolé. Je vais préparer un nouveau contrat. J’ignorais que vous connaissiez le représentant Park… Il m’a demandé de vous accorder autant de faveurs que possible. »
« Raisonnablement. »
« Raisonnablement ? »
« Disons une prime à la signature d’un milliard de wons et un partage à 7 pour 3 en faveur du Chasseur. Franchement, je suis très généreux. »
Notes :
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