Chapitre 15
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 15 : Je ne suis pas n'importe qui (3)
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« Hé, à propos de ce dieu que tu sers… »
« Ce n’est pas un délire de collégien, alors la ferme. »
Même si j’avais moi-même inventé ce nom, je ne pouvais pas vraiment nier que ça faisait un peu délire de collégien.
Avec le recul, c’était gênant, c’est sûr, mais une fois qu’on s’était choisi un titre divin, impossible d’en changer.
« Et puis, aucun autre titre divin ne me va aussi bien. »
Songsong, qui était assis sur les genoux de Choi Suhyun, sauta à terre et trottina tout naturellement vers la pièce du fond. En le regardant partir, je me dis que la vie d’un chien valait mieux que celle d’un humain.
« Le nom m’est égal, mais… Dieu de la Destruction Sombre ? Qu’est-ce que tu comptes détruire, au juste ? »
La plupart des titres divins reflétaient les penchants du dieu qui les portait. Choi Suhyun ne pouvait pas l’ignorer.
« Tout. »
« Quoi ? »
« Je le pense au sens littéral. Je vais tout détruire. »
« Espèce de taré. Ne sors pas des trucs pareils avec autant de sérieux. »
Choi Suhyun secoua la tête, visiblement mal à l’aise.
Même moi, je trouvais que ça faisait un peu beaucoup, mais ça n’en restait pas moins la vérité.
« Détends-toi. Je ne compte pas détruire le monde ou quoi que ce soit. »
« Rien qu’à t’entendre, on dirait un méchant. Je comprends mieux pourquoi ce truc ne t’a jamais révélé ses intentions jusqu’au bout. Alors, qu’est-ce que tu comptes vraiment faire ? »
« Pour être honnête, je ne sais pas trop ce que les autres dieux espéraient en rejoignant cette histoire. Mais le dieu que je sers m’a dit que son but, c’était la vengeance. »
« La vengeance ? Contre qui ? »
« Contre ces foutus dieux, évidemment. »
Je haussai les épaules, comme si c’était tellement évident qu’il n’y avait même pas besoin de le préciser.
J’avais abattu toutes mes cartes devant Choi Suhyun.
S’il décidait de se ranger de mon côté, rien ne me ferait plus plaisir, mais je ne pouvais pas simplement le forcer à le faire.
Après un long moment de réflexion, Choi Suhyun finit par prendre la parole.
« Jusqu’à quand ton offre tient-elle ? »
« Jusqu’à ce que tu décides de servir un autre dieu. Quelle que soit l’offre que je te fasse, si tu me rejoins maintenant, tu seras perdant au départ. Mais il y a une chose dont je peux être sûr. »
« Laquelle ? »
« Le dieu que je sers n’est pas du genre à te demander de te suicider pour prouver ta foi. »
À ma réponse, Choi Suhyun eut un rire amer et vida son verre de soju d’un trait.
* * *
Le bout de mes doigts était engourdi. Je ne sentais plus rien.
Le monde entier me paraissait flou. Du rouge éclaboussait une photographie en noir et blanc.
Ma respiration s’emballa. Ma poitrine me brûlait, comme si elle était en feu, comme si je devenais fou.
Je perdais pied avec la réalité et le temps semblait s’étirer.
« Ha, ha. »
Je baissai la tête et aperçus, dans l’étroite bande de vision qui me restait, un homme au visage familier.
Son état était tel que « mort les yeux ouverts » le décrivait mieux que « vivant ».
Le fracas d’un immense effondrement me tira de ma torpeur.
« Encore… »
C’était un rêve semblable à celui de la dernière fois.
Je me frottai les paupières lourdes et ouvris les yeux. Ma poitrine me faisait mal, comme si quelque chose l’écrasait.
Ouaf, ouaf.
Perché sur moi, Songsong aboya en me fixant.
Quand je me redressai, Songsong sauta naturellement à terre.
La lumière du matin inondait la pièce à travers la baie vitrée.
Ces derniers temps, je faisais souvent ce genre de rêves. J’avais la tête qui cognait.
La gueule de bois me retournait l’estomac. Je descendis du canapé en titubant.
Notre conversation s’étant achevée la veille, j’avais fini le reste du soju.
Apparemment, ma mémoire s’arrêtait là, car je ne me rappelais plus de rien.
Songsong, qui trottinait dans la pièce, fila vers l’escalier. Des pas résonnèrent, puis quelqu’un approcha.
Choi Suhyun descendit l’escalier en agitant une main, Songsong dans l’autre bras. Le chien avait bondi sur lui pour se faire porter.
« Tu es réveillé ? »
« Ouais, plus ou moins. Tu ne travailles pas aujourd’hui ? »
« J’ai pris un jour de congé. Je vais commander de quoi soigner la gueule de bois. Tu veux quoi ? »
« Tu vas cuisiner ? »
« Demande à ta copine de le faire. Je commande à manger. »
Choi Suhyun s’assit devant le canapé et se mit à tapoter sur son téléphone.
« Alors, une soupe anti-gueule de bois, s’il te plaît. »
« D’accord. J’ai un truc à régler à l’étage, alors préviens-moi quand la livraison arrive. »
« Compris. »
Choi Suhyun remonta. Je me traînai dans la pièce pour ramasser les bouteilles de soju de la veille.
J’allai prendre une douche et, en ressortant de la salle de bains, constatai que la livraison venait d’arriver, pile au bon moment.
Je posai les plats livrés sur la table en bois du salon, et Choi Suhyun descendit du deuxième étage.
Pendant que j’ouvrais les boîtes en plastique une à une, Choi Suhyun alla au réfrigérateur, en sortit une bouteille de soju et la posa sur la table.
« Waouh, sérieux, tu remets ça ? Tu ne viens pas de dire que c’était pour soigner la gueule de bois ? »
« Soigner la gueule de bois avec de l’alcool, c’est la méthode traditionnelle. »
« Dans ce cas, bois du baijiu. Pourquoi tu descends le soju comme si c’était de l’eau ? »
« Les Coréens boivent du soju, petit. »
« Ça te saoule, au moins ? »
Choi Suhyun ne répondit pas. Il mangea en buvant son soju. Alors que le repas touchait à sa fin, sa voix me parvint depuis la cuisine.
« Tu veux un café ? »
« Si tu en fais. »
Peu après ma réponse, Choi Suhyun m’apporta un café.
« Ah, au fait. Moi aussi, j’avais une question à te poser. »
« Park Siyu, de la Guilde Aria. »
Choi Suhyun répondit comme s’il lisait dans mes pensées au moment où il posa le café.
Ce type était vraiment un chasseur, et pas un médium ?
Heureusement, il ne semblait pas avoir réellement lu dans mes pensées. Est-ce que ça se voyait tant que ça sur mon visage ?
Alors que je restais là, décontenancé, Choi Suhyun ajouta :
« Tu avais besoin d’une guilde, non ? »
À ces mots, je hochai la tête.
La plupart des chasseurs choisissaient le dieu qu’ils serviraient peu après leur éveil.
La Corée avait une grande densité de chasseurs et un niveau élevé au regard de sa superficie. La plupart des dieux connus qui comptaient vraiment y possédaient donc au moins une guilde ou une succursale.
Les chasseurs qui servaient des dieux sans guilde principale n’avaient souvent nulle part où aller.
Dans ce cas, ils avaient deux possibilités.
Rejoindre une autre guilde et se préparer à y être traités comme des citoyens de seconde zone.
Ou s’affilier à un groupe indépendant.
Si la vie de minoritaire était injuste, les minorités pouvaient toujours se rassembler. C’est pourquoi les groupes indépendants ne faisaient généralement pas de discrimination selon le dieu que l’on servait.
Évidemment, comme je n’avais aucune intention de rejoindre une guilde au service d’un autre dieu, c’était exactement le genre de guilde qu’il me fallait.
L’expérience devait compter pour quelque chose, puisqu’il avait tout de suite compris.
« Park Siyu. Ce nom me dit quelque chose… »
« Le maître de guilde. Il est sacrément rigide, mène probablement la vie la plus ennuyeuse qui soit, mais il acceptera quelqu’un comme toi. »
Choi Suhyun posa sa tasse de café vide.
Je ne savais pas si je devais prendre ça pour un compliment, mais de mon point de vue, une recommandation ne pouvait pas faire de mal.
Il me dit qu’il faudrait environ une semaine pour le contacter, Park Siyu se trouvant en ce moment même dans un donjon.
Comme il n’y avait pas d’urgence particulière, attendre aussi longtemps ne me dérangeait pas.
« Ah, au fait. Tu n’aurais pas une arme en trop qui traîne ? De préférence une arme blanche. »
« Eh ben, dis donc. Tu ne vas pas te gêner, hein ? Quand est-ce que j’ai dit que je serais ton mécène ? »
« Tu te rappelles que je suis le représentant du dieu et que rien ne se fait sans mon autorisation, pas vrai ? »
« Vas-y, menace-moi. Pour voir ce que ça donne. »
Choi Suhyun ricana, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
Un homme qui pouvait aller où bon lui semblait n’avait aucune raison d’avoir peur d’un représentant au service d’un dieu de troisième ordre.
« Je veillerai à ce que tu aies une bonne place. »
« Pour qui tu te prends, à me sortir une évidence pareille comme si tu me rendais service ? »
Face à la réplique de Choi Suhyun, je me tus.
Je savais plutôt bien lire les gens.
J’aurais aimé qu’il calme un peu son ego, mais le pire, c’était que ce n’était même pas de l’arrogance : c’était simplement vrai. Je n’avais donc plus rien à ajouter. Choi Suhyun et moi échangeâmes un regard.
« Autre chose ? »
« Tu as deviné ? »
« S’il te faut autre chose, dis-le maintenant. Je n’aime pas devoir refaire le même boulot. »
« Recommande-moi quelqu’un. Un chasseur qui a du temps. »
« Le seul chasseur qui a du temps, c’est un inconnu comme toi. Espèce de minable sans rang. »
Je ne pris pas la peine de répondre.
Choi Suhyun serait peut-être vexé de m’entendre dire ça, mais je crois qu’on s’entend plutôt bien, tous les deux.
Il avait beau parler comme ça, impossible qu’il ne sache pas exactement ce que je voulais.
Choi Suhyun occupait un poste de responsable au sein de l’Association, où il supervisait les stagiaires.
Même s’il ne s’occupait pas lui-même de la formation, il avait accès à la base de données de l’Association.
« Quelqu’un sans affiliation. Un chasseur qui n’a pas renoncé malgré les changements de guilde, quelqu’un qu’on sous-estime par rapport à ses véritables capacités et qui doit quand même le supporter. Ah, et s’il a un peu de rancœur envers la société, ce serait encore mieux. »
À ma réponse, le visage de Choi Suhyun se tordit de dégoût.
* * *
[Entrée dans le hall de la Tour des Épreuves.]
Le hall était toujours aussi dégoûtant, rien qu’un tas d’ordures.
Les bâtiments en bois semblaient abandonnés depuis des décennies, au bas mot.
J’avais déjà visité un village où tout le monde était mort de la peste.
Un village où le temps s’était arrêté.
Le hall où je me tenais à présent me donnait exactement la même impression.
Je renonçai à faire le ménage et montai sur le portail.
[Voulez-vous tenter l’étage 2 ? Vous ne pourrez pas retourner dans le hall avant de l’avoir terminé.]
[Tentative de l’étage 2.]
[Protéger]
Étage : étage 2
Objectif : Protéger le Noyau de mana pendant 3 heures.
Récompense : autorité d’administrateur de l’étage 2
Cette fois encore, je repris connaissance dans une forêt.
Au milieu d’une clairière déserte flottait une gemme bleue, grande comme un homme adulte, qui brillait de mille feux.
Des bandes dorées l’enserraient.
N’importe qui aurait compris d’un coup d’œil qu’il fallait la protéger.
Je posai la main sur l’énorme Noyau de mana.
[Noyau de mana]
Une immense pierre de mana formée par la condensation d’énergie magique.
Je n’avais jamais vu d’objet aussi grand.
Un noyau contenant autant de mana pouvait probablement alimenter des sorts de zone à grande échelle.
Tout le monde le convoiterait, pas seulement les monstres.
Charge restante : 100 %
Au moment où ma main toucha le Noyau de mana, un chronomètre apparut devant mes yeux.
[Temps restant : 2:59:30]
Les feuilles frémirent dans le vent et des corbeaux s’envolèrent dans le ciel.
Le sol trembla comme lors d’un séisme.
Un arbre gigantesque s’abattit vers l’avant et des troupes de gobelins armés de haches apparurent.
Les gobelins venus s’emparer du Noyau de mana n’étaient pas deux ou trois.
Contrairement à ceux que j’avais affrontés à l’étage 1, ils étaient plutôt bien entraînés.
Ils ressemblaient même aux troupes de gobelins que j’avais vues juste après ma première arrivée dans la Tour des Épreuves.
Après avoir pris le contrôle de la Tour des Épreuves, j’avais essayé d’invoquer les gobelins aperçus à son entrée, mais malheureusement, il était impossible d’invoquer des monstres à cet endroit.
Et même si l’invocation réussissait, rien ne garantissait que le monstre invoqué serait le même que celui que j’avais vu à l’entrée.
« Si je suis déçu, je n’aurai qu’à faire avec. »
Je dégainai l’épée que j’avais empruntée à Choi Suhyun sous prétexte qu’il me soutenait.
Les gobelins sortirent un à un de la forêt.
À première vue, ils étaient plus de dix.
Un gobelin portant un collier d’os leur fit signe, et ils chargèrent tous ensemble.
Notes de bas de page :
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