Chapitre 122
TRADUCTIONS, ON A ESSAYÉ
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 122 : Résurrection (2)
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Les chaînes suspendues à la faux de Seo Jihoon s’étirèrent à perte de vue.
Elles s’enroulèrent autour de moi en un enchevêtrement inextricable.
Pfwaaang.
Une force puissante repoussa toutes les chaînes de Seo Jihoon.
« Pourquoi… Pourquoi tu t’en mêles ?! »
La faux et l’épée s’entrechoquèrent sans relâche, fendant l’air encore et encore.
Eunyoung-noona intercepta une chaîne qui fonçait dans mon dos.
Je pouvais lui faire confiance. Je pouvais m’en remettre à elle.
Je gardai les yeux rivés devant moi et fonçai droit sur Seo Jihoon.
« Tu crois que ressusciter Yu Chaeyoung va la rendre reconnaissante ? »
« Ne parle pas comme si tu savais tout d’elle. »
« Tu refuses juste de l’admettre ! »
Je pivotai et repoussai d’un coup de pied la faux de Seo Jihoon.
L’Épée du Ciel s’illumina d’un éclat bleu et entailla l’épaule de Seo Jihoon.
L’extrémité d’une chaîne qu’Eunyoung-noona avait manquée frôla mon bras.
Je n’avais aperçu Yu Chaeyoung qu’un instant.
Je ne savais même pas si la Yu Chaeyoung liée à Eunyoung-noona était vraiment la même personne que de son vivant.
« Tu ne la connais pas. Moi non plus. Alors ramener Yu Chaeyoung à la vie, ce n’est rien d’autre que ta satisfaction personnelle ! »
« Et alors ? Si j’avais été juste un peu plus fort, elle ne serait jamais morte ! Je vais tout remettre comme avant ! »
« Qu’est-ce que tu entends par “comme avant” ? »
« À l’endroit où elle avait sa place. »
« Tu crois que ça rendrait Yu Chaeyoung heureuse ? »
« Même si Chaeyoung m’en veut, je m’en fiche. Elle n’aurait pas dû mourir comme ça ! Si tu te mets en travers de mon chemin, je te tuerai, toi aussi, avec tous ceux qui sont ici ! »
Eunyoung-noona écarta les chaînes, posa une main au sol et recula.
L’ombre autour de Seo Jihoon ondula.
Elle enfla et se rua en avant comme une vague.
Quelque chose d’indéfinissable se tordait et s’entremêlait dans les ténèbres.
Derrière moi, les flammes invoquées par Eunyoung-noona s’étirèrent vers la vague.
« Non ! Noona ! »
Je courus et la saisis par le corps.
Une main surgie de la vague noire frôla les flammes d’Ishtar.
Les yeux d’Eunyoung-noona tremblèrent.
Les filaments d’incursion créés autrefois par Rizu représentaient la volonté corrompue des âmes qu’elle avait dévorées.
Ce que je voyais à présent y ressemblait étrangement.
« Noona ! Ça va ? »
Je la secouai, mais elle ne réagit pas.
Bon, pas le choix.
Je levai la main bien au-dessus d’elle.
Paf.
« Aïe ! Ça fait mal ! »
Quelque chose de rapide frappa l’arrière du crâne d’Eunyoung-noona.
Au même moment, la voix de Choi Suhyun me parvint dans un murmure.
« Tu te rends compte que tu étais sur le point de faire un truc dangereux, là ? »
« Je n’avais pas le choix. »
« Ne cherche pas d’excuses. »
Sérieusement, c’est la vérité.
Eunyoung-noona ramassa la gemme bleue qui l’avait frappée.
« C’est quoi, ça ? Bref, à l’instant… »
On voyait bien que mille pensées lui traversaient l’esprit.
Je regardai Choi Suhyun et pris la parole.
« T’as fini là-bas, alors tu viens nous aider ? »
« Non. »
« Tu m’as envoyé balader en disant que tu étais occupé, et maintenant tu débarques ? »
« Ça me tracassait. Et puis, à y réfléchir, ce n’est pas le moment de s’inquiéter pour cet idiot de Siyu. Hé, si tu racontes ça à Song Eunyoung, t’es mort. »
Choi Suhyun me lança fermement de ne rien dire à Eunyoung-noona.
Donc, ce n’était pas pour moi qu’il s’inquiétait. Ça me piqua un peu.
« Contente-toi de nous couvrir. »
Eunyoung-noona se releva en titubant.
Elle fixa silencieusement la vague noire, puis baissa la tête.
« Ne regarde pas trop ça. »
« Des âmes. »
Plus précisément, celles qui avaient autrefois suivi le dieu Beritaas, et celles des chasseurs dévorés par des monstres corrompus.
Eunyoung-noona cligna des yeux, comme si elle avait mal entendu.
« A-alors, ce sont des gens ? Tous ? »
« Oui. Alors essaie d’éviter les attaques de zone, si possible. »
Même si la Flamme d’Ishtar avait l’air différente, elle restait alimentée par le mana d’Eunyoung-noona.
Le mieux serait de ne rien toucher du tout, mais si le contact était inévitable, mieux valait réduire la zone autant que possible.
« Compris. Et… »
Eunyoung-noona serra le poing et la gemme bleue qu’elle tenait s’effrita.
« Choi Suhyun. T’es mort quand tout ça sera fini. »
« Hé, attends, pourquoi tu me mets ça sur le dos ? Hé ! Kang Hangyeol allait te gifler, tu sais ? »
« Hangyeol ne ferait jamais ça. N’essaie pas de le faire passer pour le coupable, idiot ! »
« Hé, waouh… Ah… laisse tomber, j’abandonne. »
Choi Suhyun bredouilla un moment avant de renoncer à se défendre.
Tu vois ? Voilà ce qui arrive quand on la traite comme tu le fais d’habitude.
Les balles de mana tirées par Choi Suhyun tombèrent devant Eunyoung-noona et moi.
Je me plaçai face à la vague noire qui déferlait.
[Utilisation de « Descente ».]
Je dressai l’Épée du Ciel contre la vague qui s’abattait sur moi.
Pas besoin que ce soit parfait.
Pour l’instant, il me suffisait de pouvoir fendre cette vague.
Je saisis l’épée à deux mains et l’abattis.
La vague se divisa sur le passage de la lame.
« Non, non, je ne veux pas mourir, pourquoi… »
« Aaaaaah ! »
Les âmes touchées par la lame s’effritèrent et disparurent.
Leurs réactions différaient, mais ça n’avait aucune importance.
À travers la vague d’âmes fendue, j’aperçus Seo Jihoon.
Eunyoung-noona vint se placer à côté de moi et utilisa le Poing initial du Souverain.
Le mana jaillit de son poing dans toutes les directions et repoussa la vague.
Elle ne pourrait probablement pas tenir longtemps.
Elle m’indiqua d’un mouvement du menton d’avancer.
Les balles de mana de Choi Suhyun s’abattirent comme une pluie de météores.
Je fonçai droit dans le passage qu’ils avaient ouvert tous les deux.
Une partie de l’énergie noire s’infiltra dans la blessure que Seo Jihoon m’avait infligée.
[Toi… Toi, celui de l’autre fois.]
Lors de l’expédition dans la Caverne des fourmis géantes, j’avais déjà utilisé la Descente pour abattre la reine corrompue.
Je courus encore et encore sur un chemin invisible.
Je ne percevais aucune distance.
[Qu’est-ce qui peut bien te pousser à une telle désespération ?]
[Insensé.]
[Ce n’est pas la réponse.]
D’innombrables fragments des pensées du dieu Beritaas s’insinuèrent dans mon esprit.
Je frappai de mon épée les entités d’incursion qui se rapprochaient. Plus irritante que les innombrables voix des morts, il y avait cette chose qui me murmurait à l’oreille.
« Je… »
Sur le continent d’Arbelisia, j’avais tué plus de gens que je ne pouvais en compter, tout ça au nom du salut du monde.
[Petit dieu, laisse-moi te montrer la vérité.]
« Ngh… »
Le pouvoir du dieu Beritaas remonta par la blessure de mon épaule.
Une pièce somptueuse apparut devant moi.
Une voix s’éleva dans une salle au sol couvert d’un tapis rouge.
« Tu vas vraiment suivre l’ordre ? »
« Oui. »
« Tu trouves vraiment que cette situation a du sens ? Exterminer jusqu’au dernier habitant de la ville parce qu’on n’arrive pas à découvrir qui collabore avec le seigneur démon ? Cent mille personnes. Cent mille ! »
« Il n’y a pas d’autre solution. »
Le jeune homme aux cheveux bleus se mordit la lèvre.
Du sang coula entre ses doigts crispés.
« J’ai entendu dire que tu étais très lié à Luso. Tu ne connais personne là-bas ? »
« Et alors, on laisse le rituel d’invocation aller jusqu’au bout ? Celui qu’ils invoquent, c’est le seigneur démon. »
« On les trouvera avant la fin du rituel. »
« Trop tard. À ce stade, toute la ville pourrait être de mèche. »
C’était un fragment de mon propre passé.
Maudite chose.
La dispute entre elle et moi se prolongea un moment.
Finalement, une voix grave et lourde résonna dans la salle.
« C’est pour sauver le monde. »
Cette nuit-là, tous les habitants de la ville moururent, sans exception : hommes, femmes, enfants et vieillards.
Celui qui s’était opposé jusqu’au bout à la destruction de la ville avait fait sortir en secret un jeune garçon au-delà des remparts. Ses parents avaient été assassinés.
Quand je l’avais appris et m’étais lancé à sa poursuite, j’avais découvert le corps de cet homme, sauvagement massacré.
L’enfant qu’il avait risqué sa vie pour sauver était le réceptacle du seigneur démon.
Je sortis Angervadir et me l’enfonçai dans l’épaule.
La pointe de la lame me fit l’effet d’une brûlure, et la force qui s’écoulait de la dague chassa de mon corps le pouvoir du dieu Beritaas.
[L’odeur du sang te va bien.]
[La ferme.]
[Qu’est-ce que tu pourrais bien changer, toi qui ne connais que la destruction ?]
[Putain, j’ai dit la ferme !]
J’avais prétendu agir pour sauver le monde, mais peut-être n’était-ce qu’un prétexte.
Peut-être que c’était mon égoïsme, mon désir de retrouver ma vie d’avant, qui m’avait transformé en ça.
Je n’avais rien ressenti pour cet homme, pas plus que pour l’enfant qui avait servi de réceptacle au seigneur démon quand je l’avais tué.
Peut-être était-ce parce qu’au fond, je m’étais persuadé que tout irait bien une fois de retour dans mon monde.
Quand le sang des autres coula dans mes veines en plus grande quantité que le mien, je finis par comprendre quelque chose.
Pour quoi avais-je survécu, au juste ?
Ça avait peut-être commencé à cette époque.
On ne pouvait pas récupérer l’eau renversée. J’avais commencé à comprendre, petit à petit, que je ne rentrerais jamais chez moi.
Après avoir fui auprès de Lachesis, j’avais continué à dériver, perdu.
Au bout du compte, ce monde ne différait pas du continent d’Arbelisia.
Chacun de nous luttait pour ses propres raisons.
Pourquoi avait-il fallu en arriver là ? Se battre ainsi, saigner ainsi.
Je l’avais dit moi-même : l’Orbe du Dragon qui exauçait les vœux n’existait pas.
Mais si le « Pouvoir du Souverain dimensionnel » se rapprochait vraiment de l’omnipotence…
Cette fois, pour de bon.
« C’est moi qui vais changer le monde ! »
[Tu ne peux pas !]
« Peu importe ce que tu crois avoir compris, ça ne compte pas ! »
Pas pour sauver le monde, mais pour le changer. C’est pour ça que je continuerai à me battre !
Je pris une posture de la Technique de l'Épée qui abat le Soleil.
Les ténèbres autour de nous se dissipèrent, révélant Seo Jihoon et sa faux.
Ma lame fusa en ligne droite et heurta la faux.
La ramener à la vie ?
Ne me fais pas rire.
Seo Jihoon, Yu Seyeon… Au bout du compte, aucun des deux n’était jamais parvenu à sortir de l’ombre de Yu Chaeyoung.
« Qu’est-ce que… ! »
La faux de Seo Jihoon ne résista pas à l’impact et commença à se briser.
La rage de Seo Jihoon avait toujours visé la mauvaise cible.
S’il voulait vraiment venger Yu Chaeyoung,
il ne devait pas s’en prendre à ceux qui l’avaient tuée, mais à ceux qui l’avaient poussée à mourir.
« Regarde bien ! »
Je resserrai ma prise sur l’épée et lançai l’Épée de la Fleur aux Pétales Tombants.
Si le dieu Beritaas tenait vraiment à Yu Chaeyoung, il n’aurait jamais dû agir ainsi.
« Qui l’a poussée à sa perte ? Qui est le véritable idiot, ici ? »
La Frappe météorique transperça la faux de Seo Jihoon, puis son corps.
Le sang goutta et s’écrasa au sol.
Seo Jihoon s’effondra à genoux, une flaque de sang se formant sous lui.
« Si ce que tu dis est vrai, alors qui… a poussé Chaeyoung à sa perte ? »
« À ton avis ? »
Le Tabou de Yu Chaeyoung était l’autodestruction.
Le dieu Beritaas connaissait mieux que quiconque la nature de Chaeyoung.
Si Park Siyu n’avait pas tué Yu Chaeyoung, elle aurait fini par se suicider, incapable de supporter le poids de ses actes.
En entendant mon ton, qui désignait clairement le dieu Beritaas, Seo Jihoon vacilla.
« M-menteur ! Les autres dieux en seraient capables, mais lui, jamais ! »
« Tu sais bien que Beritaas n’a pas toute sa tête, non ? »
« Je vais te poser une question. Si Yu Chaeyoung revenait vraiment à la vie comme ça, quelles seraient les chances qu’elle soit encore la Yu Chaeyoung que tu connaissais ? Qu’est-ce qui te garantit qu’elle n’a pas été façonnée par l’influence du dieu Beritaas ? »
Le sang rouge de Seo Jihoon ruissela le long de la lame de l’Épée du Ciel.
J’avançai lentement.
Seo Jihoon tenta de se relever, puis s’effondra de nouveau.
Il n’était encore en vie que parce qu’il était Éveillé. Une personne ordinaire serait morte de choc depuis longtemps.
« Je voulais juste… la revoir, c’est tout ! Mais… pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Si seulement je pouvais voir le regard que j’avais en ce moment.
« Je me suis juste remémoré le passé, un instant. »
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