Chapitre 104
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 104 : Park Siyu (1)
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Kim Gangwoo répondit sur le canal 1.
Le premier salon créé était devenu le canal noir, le canal 1, tandis que le salon général était devenu le canal 2.
Tous les chasseurs participant au raid s’entassaient dans le canal 2, alors que le canal 1 ne comptait qu’une poignée de personnes.
Même si Choi Jaebyung était un cas à part au sein de la Guilde Raon, l’inviter dans un salon de discussion secret, c’était quand même lui faire beaucoup trop d’honneur.
« Hé, t’as vraiment honte de rien ? »
« Hangyeol-ssi, à qui vous êtes encore en train de parler, au juste ? »[1]
« À qui d’autre ? À Choi Jaebyung. Si t’es le dernier arrivé, au moins, dis bonjour ! C’est toi le maknae, ici, non ? Hein ? »
« Vous êtes sérieusement un vieux croûton ? »
Kim Gangwoo, qui gérait un autre salon de communication, ne put s’empêcher d’intervenir.
Choi Jaebyung était actuellement avec les chasseurs de la Guilde Raon.
Cas à part ou non, il était logique qu’un membre de la Guilde Raon soit avec les chasseurs de sa propre guilde.
J’ignorais combien d’entre eux étaient réellement du côté de Choi Jaebyung, mais ils n’étaient pas assez idiots pour ne pas remarquer que quelque chose clochait si des bouches remuaient sans qu’aucun son n’en sorte.
Choi Jaebyung me tournait le dos, mais nos regards se croisèrent malgré tout.
Je lui tirai la langue et lui lançai une framboise, ce qui lui fit rougir le visage.
Ha ! Si ça te dérange tant que ça, dis quelque chose toi-même !
Je comprenais pourquoi Choi Jaebyung, malgré son invitation, n’arrivait pas à prononcer un seul mot.
« Quand même, on va forcément parler de choses sensibles. Ça ne vous gêne pas qu’il entende tout ? Et s’il rapportait tout à ce type, Kang Moonkook ? »
J’eus l’impression d’entendre au loin une voix insister sur le fait que ça n’arriverait jamais, mais ça devait être mon imagination.
Oui, évidemment.
« Peu importe. »
« Peu importe… Vous comptez vous allier à la Guilde Raon ou quoi ? »
« Au moins, le représentant Kang n’est pas un idiot borné incapable de tenir une conversation, contrairement à une certaine personne. »
Waouh.
Un idiot borné. Je voyais assez bien à qui elle faisait allusion, mais elle n’y allait pas un peu fort ?
Je quittai le canal et ouvris le dernier Choco Emong avant de le fourrer dans ma bouche.
Debout à côté de Park Siyu, Kim Gangwoo avait l’air au bord de la crise de nerfs.
Cette histoire de « salon de communication », c’était entièrement son idée.
« Ça commence », dit Choa à côté de moi.
Le ciel s’assombrit tandis que des nuages d’orage approchaient à toute vitesse.
Flash.
Boum, crac.
La foudre frappa le grand pavillon central.
L’un des bâtiments s’effondra, réduit en ruines.
Sans un mot, les près de trente chasseurs dégainèrent leurs armes et se mirent en position.
L’ambiance n’avait rien à voir avec celle du Donjon des cockatrices.
« Vous n’avez pas l’air très nerveux, Hangyeol-ssi. »
« Je suis nerveux. »
« Ça ne se voit pas vraiment, quand on vous regarde boire du lait au chocolat. »
« Le Choco Emong n’a rien fait de mal. »
S’il avait un tort, c’était seulement d’être dans ma poche.
J’écrasai la brique vide d’une main.
« Je suis vraiment nerveux. On dit qu’en plein combat, on ne fait que ce qu’on a appris à faire. »
« C’est votre premier raid, pourtant, Hangyeol-ssi. Vous ne vous êtes même jamais entraîné. »
« Ah, c’est vrai. »
Je me grattai la tête et Choa laissa échapper un petit rire.
Pas nerveux, hein.
C’était vrai, je n’étais pas très tendu, mais entendre ça de Choa, justement, me semblait bizarre.
À voir la situation, Choa semblait encore moins nerveuse que moi.
Elle ne portait pas de robe comme lorsqu’elle s’apprêtait à partir pour Trollwood, mais sa tenue était tout aussi décontractée.
Les mains jointes derrière le dos, sans arme apparente, elle avait l’air d’être sortie se promener plutôt que de participer à un raid.
« Comment compte-t-on s’y prendre ? »
Une voix grave retentit sur le canal 2.
C’était Jin Sangbyeok, le vice-représentant de la Guilde Raon.
Il n’existait pas de stratégie toute faite pour les boss lors d’un Raid de boss.
Il s’agissait au minimum de boss de rang S ; or, les donjons de rang S étaient rarement vaincus et, même quand ils l’étaient, il n’était pas courant d’échanger des informations comme pour les autres donjons.
Un seul petit renseignement pouvait décider de la réussite ou de l’échec d’une exploration.
C’était là toute la différence entre un donjon de rang A et un donjon de rang S.
Pour les gens de l’extérieur, ça pouvait sembler n’être qu’un échelon de plus, mais cette marche était bien plus haute que ce que les chasseurs ordinaires pouvaient imaginer.
Voilà pourquoi le rôle du chef de raid était si important.
Contrairement à un jeu, tous les chasseurs du monde réel avaient des caractéristiques et des statistiques différentes. Et, par-dessus le marché, personne ne divulguait toutes ses informations, ce qui posait déjà problème en soi.
Le chef de raid devait tenir compte de toutes ces variables incertaines et donner ses ordres en conséquence.
« On va d’abord observer la situation. »
Les épais nuages d’orage engloutirent complètement le soleil et un vent glacial se leva.
Les feuilles arrachées par le vent s’éparpillèrent dans toutes les directions.
La foudre frappa simultanément les quatre pavillons entourant celui qui s’était déjà effondré.
Le sol se fendit et quelque chose d’immense surgit de la brèche.
La créature continua de s’élever, sans fin, assez gigantesque pour avaler la moitié du ciel à l’ouest.
C’était une façon de parler, bien sûr. Elle ne donnait pas vraiment l’impression de voler.
Une partie de son corps, dissimulée derrière les pavillons, touchait toujours le sol.
Des milliers d’écailles de toutes les couleurs recouvraient son corps.
La seule vraie différence avec un dragon tenait à son museau et à son visage, d’une longueur absurde, ainsi qu’à ses yeux étroits et fendus.
Le vent, qui avait tout malmené sans relâche, s’arrêta brusquement.
Les feuilles qui tournoyaient dans les airs en bruissant retombèrent toutes à terre d’un seul coup, comme au signal.
« Un son de flûte ? »
Pas vraiment mélodieux, en tout cas.
La note de la flûte semblait servir de signal, car le dallage de pierre, soigneusement posé, se fendit.
Si les démons avaient jamais rampé hors de l’enfer, j’imaginais que le spectacle devait ressembler à ça.
Le problème n’était pas le monstre qui venait d’apparaître.
Même un chasseur tout juste Éveillé aurait pu deviner que des gardiens apparaîtraient en même temps que le boss.
Notre position était mauvaise.
Vu sa taille, nous étions largement à portée d’attaque de Yeongno.
En revanche, il y avait peu de chasseurs dans nos rangs capables de frapper une cible à une telle distance.
S’il balayait les environs de sa queue, grimper sur son corps pourrait être une option, mais…
« Cette chose ne va pas bouger, hein ? »
Je me grattai la joue en observant la réaction de Choa.
« Probablement pas. »
Avec des gardiens sur place, le roi n’avait aucune raison de bouger le premier.
« On va mettre une éternité à arriver jusque-là. »
J’aurais préféré que le boss nous tombe directement dessus. C’est quoi, cette histoire de raid ? Pourquoi nous compliquer la vie comme ça ?
Les bâtiments bas autour de nous m’avaient faussé les distances, mais cette chose se trouvait vraiment loin.
Nous étions censés être des chasseurs d’élite, alors foncer tout droit n’était pas impossible si nous nous y mettions tous, mais mieux valait éviter de gaspiller nos forces avant même d’avoir atteint le boss.
J’alignai le bout de mon doigt sur Yeongno pour estimer la distance.
« Ce terrain est vraiment pourri. »
Des tours de bois assez hautes se dressaient çà et là entre les pavillons.
Et ce n’était pas tout. Des monstres serpentiformes s’enroulaient autour des tours et nous barraient la route.
Tout droit, mon cul, oui.
« On fonce tout droit. »
J’avais mal entendu ?
À cet instant, le canal 2 était coupé pour tout le monde, à l’exception de la poignée de personnes autorisées par Park Siyu.
Je repassai donc sur le canal 1 et m’en pris à Park Siyu.
« Hé, t’es aveugle ou quoi ? En quoi ça ressemble de près ou de loin à une ligne droite ? »
Park Siyu ignora complètement mes récriminations.
Une voix retentit de nouveau sur le canal 2. Celle de Yu Seyeon, cette fois.
« Comment allez-vous vous occuper du chemin ? »
« Je vais en ouvrir un. »
« Alors, aucun problème. »
Aucun problème, vraiment ?
Même elle était d’accord, et, sans que je sache pourquoi, j’avais l’impression d’être le seul à ne pas avoir été mis au courant.
Kwaaaaang.
Le rugissement de Yeongno fit trembler l’air derrière nous.
On aurait dit qu’il était furieux contre ceux qui l’avaient réveillé.
Alors, cette bande, ce ne sont pas des débutants, hein.
Le rugissement de Yeongno n’était pas un simple cri.
Pour une personne ordinaire ou un chasseur de niveau moyen, il aurait pu saper le moral, provoquer un évanouissement, voire des vomissements.
À première vue, personne ici ne semblait affecté.
Comme si c’était le signal, des monstres à l’allure de gobelins, tout près, se ruèrent sur nous.
Ils étaient encore assez peu nombreux pour que les chasseurs de première ligne s’en occupent sans difficulté.
Je posai une main sur la poignée de l’Épée du Ciel et me retournai vers Park Siyu, qui se tenait tout au fond.
En y réfléchissant bien…
« Je n’ai jamais vu Park Siyu se battre. »
Entre son image publique et tout le reste, on ne savait presque rien des donjons que Park Siyu avait vaincus.
Même pas sur le wiki.
Sérieusement, rien non plus sur le wiki ?
Une fois de plus, je me rendis compte à quel point Park Siyu était un mirage.
Il ne pouvait quand même pas diriger la guilde en n’étant qu’une figure de proue.
À côté des autres chasseurs, couverts d’équipements lourds et leurs armes bien en évidence, Siyu avait l’air fidèle à lui-même.
Une chemise grise, un pantalon de costume et un manteau bleu marine qui lui descendait sous les genoux. Rien de plus.
Si je devais vraiment chercher une différence, ses bagues étaient peut-être un peu plus voyantes, et il portait des boucles d’oreilles ainsi qu’un collier qu’il n’avait pas d’habitude.
Mais beaucoup d’autres chasseurs avaient fait pareil, alors ce n’était pas si inhabituel.
J’avais entendu dire qu’il utilisait une épée.
Je l’observai sous tous les angles, mais ne repérai rien qui ressemblât à une épée.
« Siyu utilise un sabre laser », dit Choa.
« Un sabre quoi ? »
« Un sabre laser. Gwang-geom. »[2]
« Attendez, il utilise une épée de dingue ? »
« Pas une épée de dingue dans ce sens-là. »
C’était juste une plaisanterie.
À mesure que les gobelins se multipliaient, Siyu sortit quelque chose de sa poche.
Une tige grise, un peu plus grande que sa paume.
« Il utilise le sabre laser de septième génération fabriqué par ACKO. Il n’y en a que cinq dans le monde. »
« Attendez, ACKO ? Vous m’avez dit que c’était une entreprise d’ingénierie magitech super célèbre, non ? »
ACKO, la multinationale spécialisée dans la fabrication de technologies magiques.
Il me semblait avoir entendu dire qu’une seule grenade de mana de leur marque coûtait plus de dix millions de wons.
Une sabre laser fabriqué par eux, dont il n’existait que cinq exemplaires dans le monde, ce n’était pas seulement cher : c’était un objet si prestigieux qu’on ne pouvait pas l’acheter, même avec tout l’argent du monde.
À force d’étaler son équipement, on finit par mettre les autres mal à l’aise, vous savez. Au-delà d’un certain point, ça ne fait que leur donner un complexe d’infériorité.
« Comment Park Siyu a-t-il pu se retrouver avec une épée pareille ? »
« Siyu est un gros actionnaire d’ACKO. »
Choa baissa la voix et me lança un regard entendu, comme si elle me confiait un secret.
Voilà pourquoi il m’avait donné une grenade de mana sans sourciller.
« Park Siyu a sauvé le pays dans une vie antérieure ou quoi ? »
Bon sang, il y a de quoi être jaloux, là !
Si je devais être réincarné dans le corps de quelqu’un d’autre pour un isekai, j’aurais vraiment aimé atterrir dans celui d’un héritier à la cuillère de diamant comme Park Siyu.
Cette vie est fichue, alors autant rester dans les bonnes grâces de Park Siyu.
Siyu appuya sur un bouton et une douce lueur s’éleva.
La lumière grandit peu à peu et prit la forme d’une véritable lame.
Joli.
Sans même tenir compte de sa puissance, c’était le genre d’arme qu’on avait envie de faire tournoyer au moins une fois.
Siyu saisit le sabre laser à deux mains.
Tous les chasseurs, y compris ceux qui avaient déjà éliminé les gobelins des environs, retinrent leur souffle et le regardèrent.
La lame, qui lui arrivait sous les genoux, se dressa au-dessus de sa tête.
Il pivota légèrement et prit position.
L’espace d’un instant, Yeongno sembla sentir quelque chose d’anormal, puis ses yeux croisèrent ceux de Park Siyu.
La main de Siyu, crispée sur l’arme, fendit l’air.
On aurait dit qu’un unique trait de lumière laser venait d’être tiré à même le sol.
La lumière fila sans hésiter et s’arrêta juste devant Yeongno.
Je ne savais pas si Park Siyu s’était retenu exprès ou s’il avait atteint la limite de ses capacités.
Siyu fit tournoyer dans les airs la poignée du sabre laser, dont la lame avait disparu.
Sa voix retentit distinctement sur le canal 2.
« Que la chasse commence. »
[1] Maknae : le plus jeune membre d’un groupe, qui est généralement censé respecter ses aînés ; la plaisanterie consiste à taquiner Choi Jaebyung parce qu’il a omis la politesse attendue, alors qu’il occupe techniquement cette place ici.
[2] Jeu de mots sur « gwang-geom », le terme coréen pour « sabre laser », qui se prononce comme « épée de dingue », d’où la feinte incompréhension de Hangyeol.
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