Chapitre 101
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Je suis revenu en dieu ◈
Chapitre 101 : Le Point du monde (2)
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Qu’un inconnu prenne possession de mon corps, c’était déjà assez pénible comme ça. Mais qu’en plus, cette chose me démolisse le corps avant de se barrer, ça me mettait hors de moi.
Je brandis l’Épée du Ciel, toujours furieux.
[Tu étais déjà dans un sale état au départ.]
« Tu me blesses et tu remues le couteau dans la plaie ! Hum, hum… Argh… J’ai l’impression d’avoir les côtes cassées… Bon sang, je meurs ! »
[Arrête de geindre.]
« J’ai plein de questions à te poser. Pas sûr que j’en aie l’occasion, cela dit. Hum, argh… Ça fait mal ! Un mal de chien ! »
Je n’eus même pas besoin de la chasser volontairement. Je sentais la présence à l’intérieur de mon corps s’estomper d’elle-même.
[À la prochaine.]
« Quoi ? Tu comptes encore me voler mon corps ? »
[Prends bien soin de mon monde.]
« Elle se permet de dire ce qu’elle veut et… Ah, ça devient vraiment dangereux… »
Mon esprit se vida, puis le film de ma conscience s’interrompit.
Le ciel est écœuramment dégagé, aujourd’hui.
La douce lumière du matin imprégnait ma peau.
Une ombre me couvrit la tête et le visage de Lee Eunyheui apparut.
Elle se tenait au-dessus de moi, les bras croisés, et me regardait de haut.
« Ne me bouche pas la vue. »
« Si tu as les yeux ouverts, lève-toi ! »
Je me remis debout en titubant sous ses remontrances.
« Normalement, c’est le moment où quelqu’un te fait un oreiller avec ses genoux, non ? »
« Pardon ? Quelle femme complètement cinglée te ferait un oreiller avec ses genoux ? »
« Ça m’est déjà arrivé, tu sais. »
« Alors sors avec elle ! »
« C’est… compliqué. Je risquerais de me faire tuer par un autre type, mais pas dans le même sens. »
Je ne savais pas pour Choa, mais je n’avais vraiment pas envie de m’attirer les foudres de Park Siyu pour une histoire pareille.
Pas que ça m’importât tant que ça.
Je restai là, l’air absent, à me gratter les cheveux en bataille.
Même quand cette chose s’était promenée dans mon corps, j’avais attrapé çà et là des bribes de la conversation entre eux.
Le Bibliothécaire ? Cette chose était le maître de ce monde ?
Je ramassai l’Épée du Ciel par terre.
Un autre problème me tracassait.
La technique ultime que cette chose avait utilisée en portant mon corps ressemblait étrangement à quelque chose que je connaissais déjà.
Ressemblait… ou devrais-je dire…
Je n’en sais rien. J’ignore comment cette histoire se termine.
Ce qu’elle avait montré ressemblait à ce que Luciel m’avait montré un jour, mais c’était d’un tout autre niveau.
Si l’on me demandait laquelle des deux était la vraie, ironiquement, celle que cette chose avait exécutée avec mon corps me paraissait plus réelle.
Je ne peux pas faire ça.
Je savais au moins faire la différence entre ce que je pouvais accomplir et ce qui m’était impossible.
Les questions auxquelles je ne savais pas répondre s’accumulaient, tandis que Lee Eunyheui me dévisageait attentivement.
« Tu me poses la question comme si tu ne le savais pas déjà. Qu’est-ce qui t’est arrivé ? »
« Qu’est-ce qui m’est arrivé… Ah. Attends, à quoi je ressemble, là ? »
« En tout cas, ce n’est pas le visage dont je me souviens. »
« Ce sale enfoiré !! »
Il ne m’avait pas seulement laissé dans un état lamentable. J’avais l’impression qu’il avait consumé jusqu’à la dernière de mes capacités sans me demander la permission.
« Je ne comprends pas vraiment, mais c’est ton vrai visage, non ? »
« On peut dire ça. »
« C’était bizarre, franchement. »
Lee Eunyheui marmonna pour elle-même, une main posée sur la hanche.
« Que tu ne saches pas ce qui s’est passé dans le hall, ça n’a aucun sens. Et il faut au moins trois personnes pour entrer au onzième étage, alors que tu y sois allé tout seul, c’était bizarre aussi. »
« Ah, ha ha ha. »
« Au moins, je sais que tu ne viens pas du même serveur que moi. »
« Du même serveur ? »
Je penchai la tête, et Lee Eunyheui plissa de nouveau les yeux.
Puis elle soupira, comme si elle renonçait à ses soupçons.
« J’en ai entendu parler par quelqu’un d’autre, alors je ne peux pas en être sûre, mais il paraît qu’il existe quelques autres serveurs comme celui-ci. Je pensais que tu venais d’un autre serveur, mais vu ta réaction, ce n’est pas ça non plus. »
J’avais l’impression d’avoir laissé échapper quelque chose, à ma façon.
« C’est un peu compliqué à expliquer. »
« Pas besoin de me le dire. »
« Attends, vraiment ? Tu ne veux pas savoir ? »
« En fait, ça m’intrigue. »
Elle m’avait déjà tourné le dos, mais ses yeux brillèrent un instant de curiosité.
« Si je te dis que ça m’intrigue, tu me raconteras ? »
« D’accord, alors. Dis-moi juste une chose. »
« Si je peux te répondre, je le ferai. »
« Secret. »
Le visage de Lee Eunyheui se crispa.
« Tu as dit que tu répondrais si tu le pouvais. »
« Te demander qui tu es vraiment, ça ne dépasse pas cette limite ! »
Elle éleva la voix, visiblement pas convaincue.
Désolé, mais ça dépassait bel et bien la limite.
Je ne savais même pas comment j’avais rencontré Lee Eunyheui au départ. Hors de question de lui révéler des informations sur moi.
Elle gonfla les joues comme un ballon.
« Désolé, mais c’est vrai. Je ne peux pas te révéler mon identité. »
Heureusement, elle laissa tomber sans insister.
Je crus que la conversation était terminée, mais elle hésita, comme si elle avait encore quelque chose à dire.
« Quoi ? Pourquoi tu fais cette tête ? Si tu as quelque chose à dire, dis-le. »
« C’est que… euh… mon dieu… a dit… merci ! »
Elle rougit jusqu’aux oreilles.
J’aurais parié tout ce que je possédais qu’elle venait de se servir de son dieu comme prétexte pour se raconter un mensonge.
Plus je la regardais, plus je la trouvais mignonne.
« Pfft, ha ha ha ha ! »
« Ne ris pas ! Je n’ai pas dit merci, d’accord ? »
En riant, je tendis la main pour lui ébouriffer les cheveux.
Elle écarta ma main d’une tape, les lèvres pincées.
« C’est tellement agaçant que tu aies grandi ! »
« J’ai toujours été aussi grand. »
« Cette version te va mieux. »
« Dis juste que les deux te conviennent. »
« Pas question. »
« Pourquoi ?! »
« C’est… une question de goût, je suppose… Hum. »
Qu’était-elle censée vouloir dire par là ?
Une de mes poches était lourde.
C’est…
Lee Eunyheui et moi tournâmes la tête en même temps vers le bruit de pas qui approchait.
Un Point du monde n’était, au sens propre, rien de plus qu’un fragment isolé de l’histoire d’un instant donné.
Pour qu’un point devienne une ligne, il en fallait d’innombrables autres.
C’était une étape du processus qui consistait à poser ce point.
C’était Hiss, celui qui avait monté la garde avec moi auprès de Rizu.
Lee Eunyheui sortit son arc, sur ses gardes.
« Ça va. »
Je me plaçai devant elle et sortis quelque chose de ma poche.
Le sceau officiel de la Maison Faillia, qui n’avait normalement rien à faire entre mes mains.
Les Muel qui n’étaient pas choisis par une famille noble pendant leur enfance finissaient à son service, sous sa protection.
Il n’y avait qu’une seule raison pour laquelle quelqu’un se plaçait sous la tutelle d’un noble.
« Tu veux devenir noble, pas vrai ? »
Hiss avança, l’épée à la main.
Ce qui comptait pour lui, ce n’était ni Rizu, l’employeuse qu’il avait servie, ni le duc de Cadiel.
Si le défunt Ifeseph avait servi la Maison Faillia, Hiss, lui, convoitait le nom noble de « Faillia ».
Après tout, ce monde n’avait jamais été fondé sur les liens du sang.
« Tu n’avais pas l’air de t’intéresser à la noblesse. Quand as-tu volé le sceau ? »
« Je ne l’ai pas volé. Je l’ai juste récupéré auprès d’un fouineur qui ne savait pas se mêler de ses affaires. »
« Prends-le. »
Je lançai le sceau officiel de la Maison Faillia à Hiss.
Il rengaina son épée, vérifia l’authenticité du sceau, puis me regarda comme s’il n’en croyait pas ses yeux.
« Le sceau est à toi, maintenant. Tu peux bien fabriquer un ou deux testaments, non ? »
« Tu vas avoir du pain sur la planche si tu veux maintenir à flot une maison en ruines comme celle-ci. Mais maintenant, tu es noble, alors essaie d’avoir de l’allure. »
Il était toujours plus difficile de conserver le pouvoir que de l’acquérir.
N’importe qui, pas seulement Hiss, aurait convoité le sceau de la Maison Faillia.
Personne ne pouvait dire s’il parviendrait à reconstruire le duché déchu et à perpétuer le nom de Faillia, ou s’il finirait par périr sous les coups d’un rival.
Hiss glissa le sceau dans sa poche et s’éloigna sans un mot.
[Grâce à l’intervention du Bibliothécaire, le onzième étage a été terminé.]
Cette chose me poussait presque vers la sortie, comme pour me dire de me dépêcher de partir.
« Je pars devant. »
« A-attends un peu ! »
Surprise, Lee Eunyheui m’attrapa la main.
« Tout à l’heure, ce n’était pas mon dieu qui te remerciait. C’était moi. »
« Est-ce que… je te reverrai ? »
« Probablement. »
Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais le sentiment que je recroiserais Lee Eunyheui un jour.
« Ah, au fait. »
« Tu n’as toujours pas disparu ? »
« Laisse-moi finir ! Quand tu seras de retour dans le hall, prends bien soin de Yu Jihan pour moi. »
« Qui demande à quelqu’un de prendre soin de lui-même, enfin… Attends, qui es-tu au juste ?! »
Malheureusement, je n’entendis pas la suite des paroles de Lee Eunyheui.
Cela dit, je ne lui aurais rien dit, même si je les avais entendues.
Une énorme explosion balaya tous les monstres du champ de bataille en un instant.
La vue depuis le bas des remparts était tout simplement spectaculaire.
Les acclamations éclatèrent et le moral de l’armée remonta aussitôt.
Un homme impeccablement vêtu s’approcha derrière elle.
« Je le dis à chaque fois, mais la Pluie de météores de la cheffe est vraiment incroyable. Si tu avais été touchée, je ne pense pas qu’il serait resté un seul os à ramasser. »
« N’exagère pas. »
« Je n’exagère pas. Je le pense vraiment. »
Lee Eunyheui contempla en silence le paysage au-delà des remparts.
Du onzième au vingt-septième étage.
Il lui avait fallu trois ans pour gravir tous ces étages.
« C’était encore plus impressionnant, à l’époque. Ça… ça n’en est qu’une pâle imitation. »
Non.
Enfoiré.
Comment quelqu’un pouvait-il faire une chose pareille ?
Lee Eunyheui regrettait encore de ne pas l’avoir attrapé par le col, ce jour-là, et forcé à lui révéler la vérité, coûte que coûte.
À peine avait-elle remis les pieds dans le hall que ses traits s’étaient brouillés dans sa mémoire, comme si elle avait été ensorcelée.
Il ne lui était resté qu’un seul nom : Yu Jihan.
Quand tu seras de retour dans le hall, prends bien soin de Yu Jihan pour moi.
En entendant ces mots pour la première fois, elle avait vaguement soupçonné quelque chose.
Quand elle avait compris qu’ils ne lui étaient pas destinés, mais à quelqu’un d’autre, une colère brûlante s’était emparée d’elle.
Pire encore, ce Yu Jihan n’était même pas un challenger du hall.
Du moins, pas avant quelques mois.
Alors que l’influence de la Guilde centrale dans le hall ne cessait de croître, une rumeur s’était répandue : un challenger solitaire, qui avait réussi à atteindre le quatrième étage sans aide, avait tué l’un des membres de la Guilde centrale.
Ce fou, celui qu’on traitait de psychopathe, s’appelait Yu Jihan.
Ce n’est pas le Yu Jihan que je connais.
Un challenger qui venait d’arriver n’avait aucun moyen de connaître l’histoire du onzième étage.
C’était peut-être aussi quelqu’un d’autre qui portait le même nom.
Pourtant, Lee Eunyheui n’arrivait pas à oublier cette expression lumineuse et détendue, ni la façon dont il lui avait demandé de prendre soin de Yu Jihan, ce jour-là.
À présent, son séjour au onzième étage lui semblait n’avoir été qu’un mirage.
Depuis qu’on l’avait forcée à quitter cet étage contre son gré, Lee Eunyheui n’hésitait plus à utiliser ses pouvoirs.
Elle avait décidé d’accepter sa force et de la reconnaître pleinement.
Elle pouvait lancer des dizaines, voire des centaines de Pluies de météores, jamais elle ne parviendrait à recréer ce qu’elle avait vu ce jour-là au onzième étage : cette magnifique cascade de flèches déferlant du ciel par milliers.
L’homme derrière elle marmonna, l’air embarrassé.
« Je ne sais pas si je devrais profiter comme ça de la renommée de la cheffe. »
« Quand ai-je dit que je te porterais ? »
« Descends là-bas. »
« Attends… Cheffe ?! »
« Va récupérer l’artefact divin, bon sang ! »
Lee Eunyheui l’attrapa par le col et le jeta par-dessus le mur, dans le champ de bataille en contrebas.
« Je te couvre. »
Elle décocha une flèche, et le cri d’un jeune homme retentit en contrebas.
« C’est un tir allié ! En quoi est-ce que ça me couvre ?! »
En grommelant, il dégaina son épée et s’élança.
Une fois la bataille terminée, Lee Eunyheui regagna le hall avec son compagnon.
« Pfiou, ha… Tu es impitoyable, cheffe. »
Deux hommes qui attendaient leur retour s’approchèrent.
L’un d’eux se pencha vers elle et lui murmura quelque chose.
« Ils sont dans la zone C-19. On les fait venir ? »
« Inutile. Je vais y aller moi-même. »
Elle se tourna vers l’homme qui était sorti du donjon avec elle.
« Je reviens vite, alors débrouille-toi en attendant. »
« Oui, chef ! »
« Ne raconte pas n’importe quoi. »
« Bonne chance !! »
Lee Eunyheui disparut en un instant.
Elle réapparut dans une autre zone et s’approcha d’une petite cabane faite de planches.
Les hommes qui traînaient dans les environs l’aperçurent et inclinèrent légèrement la tête.
Elle ouvrit la porte et entra.
Sentant sa présence, Jihan se retourna.
« Hé, champignon Choco. C’est toi, la cheffe de l’Armée de libération ? »
« Qui est-ce que tu traites de champignon Choco ?! »
Ce jour-là, le temps d’un autre monde se remit à s’écouler.
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