WeTried Translations
Traducteur/éditeur : WeTried
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◈ J’ai créé un classement qui obsède les Transcendants ◈
Chapitre 35 : Soyez maudite !
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Tout être a sa propre histoire.
Ces histoires individuelles prennent de l’ampleur lorsqu’elles s’entremêlent, et, quand ces récits plus vastes se rassemblent, ils deviennent un Récit.
Je savais à quel point le pouvoir obtenu au terme de ce processus pouvait être immense.
Dans l’œuvre originale, le protagoniste avait écrit lui-même tous ces Récits.
Dans cette vie, je comptais également laisser Judy et Wendy écrire leurs propres Récits.
Mon rôle consisterait à leur faciliter un peu le chemin qu’elles étaient censées emprunter.
Alors, que devais-je faire ?
« Hum, c’est dégueulasse… »
Je n’avais ni le courage ni les capacités nécessaires pour écrire une épopée héroïque.
Quoi qu’on en dise, je n’étais qu’un être humain ordinaire.
J’étais simplement une personne banale qui connaissait un peu ce monde pour avoir relu l’œuvre originale d’innombrables fois et sans cesse interrogé ses zones d’ombre dans des messages et des commentaires.
C’était pourquoi je n’avais aucune intention d’interférer avec les Récits qu’elles écriraient.
De même, je ne comptais pas m’impliquer davantage dans la guerre des étoiles qui se déroulait actuellement dans la Galerie.
Pourtant, mon propre récit devait lui aussi s’étoffer peu à peu, même à cet instant.
J’ignorais quel genre de vêtement d’héritage je finirais par recevoir, mais il ne serait certainement pas négligeable.
« Beurk. »
C’était pourquoi j’avais l’intention d’user d’un petit stratagème.
En cultivant sans relâche et en ingurgitant toutes sortes de trésors spirituels et de remèdes, atteindre les huit étoiles ne présentait aucune difficulté.
[ Un Art véritable : une vie, une naissance, une mue ]
[ Points requis pour consulter : 50 000 P ]
[ Voulez-vous consulter ce document ? ]
[ Oui / Non ]
Je n’avais aucune raison d’hésiter.
J’avais déjà dépassé les six millions de points au total.
À ce stade, les points de la Galerie suffisaient à me procurer une quantité non négligeable de pouvoir karmique.
Une douleur fulgurante, comme si une alène m’avait transpercé le crâne, me frappa un instant après que j’eus accepté. Puis elle s’estompa.
Ce qui me submergea pendant ce bref processus, ce fut un savoir qui me suffisait à évoquer pour que chaque circulation de l’art de cultivation se déroule naturellement.
… Même en y réfléchissant, c’était un avantage absurde.
« Une quinzaine de jours, donc. »
Je pouvais atteindre les huit étoiles en trois jours environ.
Si ce cycle était en réalité plus court que le passage de six à sept étoiles, c’était parce que j’avais poussé un peu plus loin mon royaume, cette fois-ci.
Après avoir cultivé moi-même, je pouvais en juger : à ce rythme, ma cultivation ne pâtirait pas de quoi que ce soit, même sans rechercher une stabilité parfaite.
Autrement dit, la prochaine fois, je pourrais cultiver un peu plus vite.
« … Même si j’ignore combien de fois je pourrai faire ça. »
Un Art véritable : une vie, une naissance, une mue.
… Dans l’œuvre originale, cet art de cultivation avait été développé par un cultivateur qu’on aurait pu qualifier de monstre.
Il était probablement toujours en vie, mais, pour diverses raisons, il n’avait pas joué de rôle majeur dans l’œuvre originale.
Quoi qu’il en soit, cet art avait une particularité extrêmement inhabituelle.
Pour les mages, il existait plusieurs grands royaumes : la Magie systémique, la Magie conceptuelle, la voie de la magie, la Magie transcendante, la Magie hiérarchique et l’Empereur de la magie.
Lorsqu’on était prêt à franchir la frontière entre ces grands royaumes, on pouvait accroître son propre potentiel en perdant tous les petits royaumes accumulés jusque-là.
Ainsi, si j’atteignais les huit étoiles avant d’utiliser cet art pour devenir un Mage de concept à une étoile, je serais plus puissant qu’avant, même à une étoile.
Le même principe s’appliquait à l’ascension d’un petit royaume.
Bien sûr, le gain de potentiel était ridiculement faible comparé à la perte de royaume, alors la plupart des gens n’y prêtaient même pas attention.
Quelques races nées avec une espérance de vie démesurément longue l’apprenaient tôt dans leur cultivation.
Mais cet art de cultivation me convenait parfaitement.
Pour le dire franchement, il me suffisait de continuer à faire progresser mon royaume pour transcender en un rien de temps.
En effet, les Archives contenaient des documents abordant tous les domaines de connaissance accessibles avant la transcendance.
Il me suffisait d’ingurgiter des remèdes spirituels de qualité appropriée au bon moment pour faire progresser mon royaume sans rencontrer le moindre obstacle.
Malheureusement, je ne pouvais apparemment pas appliquer cette méthode à d’autres personnes.
Judy et Wendy se débrouilleraient très bien toutes seules, alors je n’en étais pas trop déçu.
« De toute façon, je n’irai dans le Grand Monde céleste que le plus tard possible. »
Il n’y avait absolument aucun avantage à franchir la frontière dimensionnelle pour monter tout de suite dans le Royaume supérieur ou dans un Grand Monde céleste.
Je comptais donc transcender en même temps que Judy ou Wendy, ou plus tard.
Il me suffisait de synchroniser mon arrivée avec l’intrigue principale.
D’ici là, je pourrais faire progresser mon royaume à répétition, sans fin.
J’enverrais Wendy et Judy aux événements majeurs, tandis que je resterais à la maison, à manger des remèdes spirituels et à parcourir la Galerie.
« On dirait que je suis une vraie ordure… »
Si quelqu’un voulait me coller une étiquette péjorative, je ne pourrais pas protester contre celle de « cultivateur en pause », mais je ne pouvais nier que c’était la méthode la plus efficace à ma disposition.
J’espérais que tout le monde travaillerait dur…
* * *
Peut-être son essence n’avait-elle pas changé, car Judy n’avait toujours aucun talent pour fabriquer quoi que ce soit, comme dans l’œuvre originale.
On pouvait trouver cela touchant, cette imperfection humaine, mais recevoir en pleine figure quelque chose censé l’illustrer n’avait rien d’agréable.
« C’est bon ? »
« … Ouais. »
Je souris en mangeant des pâtes à la tomate qui tenaient davantage du sucré-acide que de l’aigre-doux.
Ce n’était pas immangeable, mais ces pâtes à la tomate, qui avaient sûrement suivi une recette occidentale tout à fait classique, avaient malgré tout un goût de napolitan fade.
Elles avaient traversé la treizième dimension pour me servir une cuisine occidentale fusion inspirée d’un pays voisin de ma vie précédente.
Voilà qui était digne d’une Autorité de protagoniste…
« Youpi, j’adore les pâtes ! C’est Judy qui les a faites ? »
« Oui ! Grande sœur ! »
« Voyons voir quel goût ça a… Beurk. »
Heureusement, Wendy m’épargna de souffrir davantage en révélant elle-même que les pâtes avaient un problème fondamental.
Je n’eus pas le cœur de dire à ma fille adoptive adorée : « Tu n’as aucun talent pour la cuisine. »
« … Pourquoi vous êtes-vous forcé à en manger ? »
« Non, je les trouvais vraiment bonnes. »
« Vous mentez… On dirait des tomates piétinées… »
Bon sang, Judy.
Tu étais aussi un génie pour juger la nourriture ?
Après avoir goûté de nouveau à son plat, Judy résuma en une phrase toutes les impressions que j’avais éprouvées.
Je hochai la tête lorsqu’elle déclara qu’elle renonçait à cuisiner. Elle avait bien d’autres qualités, alors ce n’était pas grave.
Voilà la voie du bonheur utilitaire…
Quoi qu’il en soit, après le tumulte matinal provoqué par les « pâtes à la tomate piétinées par des chaussures en cuir », Judy, Wendy et moi nous préparâmes à quitter ensemble la Tour des Mages.
« Alors, on sort de Hyeondeok ? »
« Ouais, autant y aller. C’est la première fois que tu quittes la ville, Judy ? »
« Oui. Je ne suis jamais partie. À moins que ce soit arrivé quand j’étais si petite que je ne m’en souvienne pas… »
Rien n’était plus drôle qu’un enfant qui disait : « Quand j’étais petit. »
« Je suis un peu nerveuse. Une mission… »
« Tu étais déjà venue la dernière fois. Qu’est-ce qui t’inquiète ? »
« La dernière fois, tu as tout fait exploser toute seule dès qu’on est arrivées. »
« Si ça a l’air dangereux cette fois aussi, je ferai pareil. »
C’était tout naturel.
Je n’avais aucunement l’intention de les mettre en danger.
C’était pourquoi j’avais délibérément choisi une mission plus facile.
« Allez, prenez-moi la main. »
Judy et Wendy me prirent chacune une main.
Puis, aussitôt après, j’utilisai le pouvoir spatial de la bague.
Le paysage devant nous se transforma.
Nous arrivâmes tous les trois au bord d’une route solidement pavée.
« … C’est Gangju ? »
« Ouais. Probablement. »
Des carrosses à quatre roues, propulsés par le mana plutôt que par des chevaux, circulaient en tous sens.
Les gens portaient des vêtements quelque peu démodés et l’atmosphère était plus morose qu’à Hyeondeok.
Une odeur métallique âcre me parvint aux narines.
La ville ressemblait tant à celle de Gangju décrite dans l’œuvre originale que nous étions probablement au bon endroit.
Franchement, quel objet surpuissant.
Il suffisait de connaître un lieu pour pouvoir utiliser la Téléportation spatiale ; je n’avais donc jamais à m’inquiéter du temps de trajet.
Bien sûr, cela avait consommé soixante pour cent de mon mana total. Mais il n’y avait aucune chance qu’on se fasse attaquer à Gangju, une ville de rang inférieur à Hyeondeok.
« Là-bas. Ce ne serait pas l’endroit qu’on a vu tout à l’heure ? »
« Je crois que si, grande sœur. »
Wendy désigna un toit noir au-delà du pont qui enjambait la route pavée.
Je hochai la tête et m’apprêtai à leur reprendre la main, mais je changeai d’avis en voyant le visage de Judy.
« … Waouh. »
La ville était plus délabrée que Hyeondeok, mais elle avait son propre charme.
Ses routes bien tracées et le ruisseau limpide qui coulait sous le pont étaient plutôt jolis.
Judy était captivée par le paysage.
« On n’est pas pressés. Tu veux faire un petit tour en ville ? »
« On peut ? »
« Bien sûr ! »
« … Pourquoi tu réponds à sa place ? »
« J’ai tort ? »
« Non. »
Sur ce, Wendy prit Judy par la main et s’éloigna en courant.
Où était passée celle qui disait être nerveuse ?
Je ne pus que les regarder, légèrement incrédule.
* * *
Celestial Wind Daoist, ancien chef de la Cour des Préceptes, éprouva la plus grande fureur de sa vie.
Une grande entreprise qui aurait dû s’accomplir en quelques dizaines de millions d’années tout au plus avait été détruite par une chose inconnue.
« Oz… Oz… Espèce de salope maudite… !!! »
Grrrk.
Celestial Wind eut beau grincer des dents et laisser éclater sa fureur, rien ne changea à la situation.
Cette réalité lui était insupportable.
Avait-il jamais connu une situation pareille ?
Né presque en même temps que la treizième dimension, il avait accompli tout ce qu’il désirait en tant que Vénérable reconnu de tous.
Comment aurait-il pu imaginer qu’il deviendrait un misérable errant dans la Faille chaotique, tel un fantôme ?
Striiii !
Wouuu…
Dans cet endroit où ne régnaient que des bruits étranges et l’énergie yin chaotique, il n’avait d’autre choix que de supporter la douleur qui s’abattait sans cesse sur son âme.
Face à cette douleur grotesque, comme si tout son corps gelait sur place, sa haine ne faisait que grandir.
« Espèce de salope maudite… ! Je ne te laisserai pas t’en tirer comme ça !!! »
Combien de temps devrait-il encore endurer cette faille ?
Lui-même n’en connaissait pas la réponse.
S’il retournait dans un Grand Monde céleste appartenant à la treizième dimension, toutes sortes de vermines viendraient sûrement lui trancher la gorge.
Alors, même consumé par la rage, il ne pouvait que se laisser mourir à petit feu.
Chaque fois que la douleur s’insinuait dans son âme véritable, une colère insupportable bouillonnait en lui.
« … Toi aussi, tu devrais le ressentir. »
Celestial Wind finit par accomplir la plus grande vengeance à sa portée dans ces circonstances.
Il décida de sacrifier une bonne partie de sa réalisation du Dao accumulée ainsi qu’une partie de la vitalité de son âme véritable pour lancer une force maléfique.
Le résultat serait sûrement décevant au vu du prix exorbitant qu’il payait, mais Celestial Wind, aveuglé par la vengeance, ne calcula pas les autres gains et pertes.
Du moment qu’il pouvait lui faire ressentir ne serait-ce qu’un peu de cette douleur, rien d’autre ne comptait.
Malédiction funeste du destin céleste.
Il lança une malédiction féroce qui ferait s’abattre une catastrophe capable d’ébranler le destin de sa cible.
Peu importait à quel point son adversaire était extraordinaire, elle subirait forcément un certain préjudice !
« Kouahahahaha ! »
… Cette pensée, tout comme le rire dément de Celestial Wind, ne mena à rien.
La technique de malédiction n’avait pas correctement identifié sa cible ; plus de la moitié de sa puissance s’effondra donc lorsque l’hypothèse selon laquelle celle-ci était une divinité absolue féminine se révéla fausse.
Après avoir traversé la Faille chaotique, franchi les dimensions et perdu encore de sa puissance en passant la frontière entre le Royaume supérieur et le Royaume inférieur, la malédiction s’évanouit, pitoyablement affaiblie.
« Ah, putain. Si t’as marché dans une merde de chien, nettoie-la. »
Tout se termina donc par une semelle de chaussure coûteuse salie une seule fois.
« Kouahahahahaha ! »
Bien sûr, Celestial Wind n’avait aucun moyen de le savoir.
Notes de bas de page :
- Le napolitan est un plat japonais de pâtes au ketchup.
- « Cultivateur en pause » reprend un mème coréen fondé sur la catégorie officielle « en pause », qui désigne les personnes ni en emploi ni en recherche d’emploi.
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