WeTried Translations
Traducteur/éditeur : WeTried
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◈ J’ai créé un classement dont les Transcendants raffolent ◈
Chapitre 3 : Le tyran au fond du panier
──────
Dévoiler les secrets du Ciel.
C’est ainsi que les Transcendants de la Galerie qualifièrent ce que j’avais fait.
Mais, moi, je voyais les choses un peu différemment.
Au fond, je disais simplement quel type gagnerait s’il se battait contre telle connasse.
Qui était numéro un dans telle galaxie, qui était numéro deux dans telle faction… Voilà, c’était à peu près tout.
L’échelle était un peu plus grande, mais c’était comme débattre de qui l’emporterait entre Kim Bidule, le Poing du Pain vapeur, de Gangbuk, et Park Machin, la Paume du Pied de porc, de Songpa.
Bien sûr, quand les Transcendants s’y mettaient, ils se faisaient démolir par un truc appelé la causalité.
Mais moi, je n’étais qu’un pauvre type insignifiant et ordinaire, alors j’avais publié tout ça pour m’amuser.
[ Grimoire de l’Étoile de verre disparue ]
[ Points requis pour la lecture : 20 000 P ]
[ Voulez-vous accéder à ce document ? ]
[ Oui / Non ]
« … Oui. »
À mes yeux, cela ressemblait donc bien davantage à un véritable dévoilement des secrets du Ciel.
Quand j’appuyai sur la première option d’un doigt tremblant, la suite fut exactement celle à laquelle je m’attendais.
« Ah. »
J’étais devenu mage.
* * *
Si un aveugle qui n’avait jamais rien vu de sa vie ouvrait les yeux…
Si les oreilles d’un sourd qui n’avait jamais entendu le moindre son s’ouvraient…
C’était peut-être ce qu’on ressentait.
« … Ha. »
Bien sûr, j’avais tenté d’innombrables fois de devenir ce qu’on appelait un utilisateur de pouvoirs.
Toutes mes tentatives avaient échoué, et j’avais compris que je ne pourrais jamais le devenir par mes propres moyens.
C’était aussi naturel qu’un aveugle incapable de voir ou qu’un sourd incapable d’entendre.
J’avais donc renoncé à devenir un utilisateur de pouvoirs.
Mais ce simple choix avait fait de moi un mage.
Je sentais le mana.
Impossible de trouver les mots pour décrire cette sensation.
Qu’est-ce qu’un aveugle, découvrant le monde pour la première fois, pourrait bien répondre si on lui demandait ce que ça faisait de voir ?
Fchhh !
Boum !
Je projetai une bourrasque comprimée contre le mur.
Bien que j’en eusse contrôlé la puissance, le choc résonna dans la pièce et des fissures se propagèrent sur le mur.
« Ha. Hahahaha… »
Un rire creux m’échappa.
Si mon propriétaire voyait ça, il hurlerait pour que je paie les réparations, mais je pouvais tout simplement payer le double.
J’avais déjà dit adieu à ces futilités pour toujours.
Selon les critères de la magie ordinaire, j’étais à peu près un mage deux étoiles.
Je possédais désormais assez de pouvoir pour qu’on me qualifie sans hésiter d’utilisateur de pouvoirs.
Si je m’étais éveillé aussi facilement, au point de rendre dérisoires tous mes efforts passés, c’était parce que les lois de ce monde étaient ainsi faites.
« … C’était si facile. »
Clac !
Des flammes rouge vif s’élevèrent et réchauffèrent l’air autour de moi. Quand je claquai de nouveau des doigts, elles disparurent sans laisser de trace et se changèrent en éclairs bleus.
Clac !
Crépite !
La foudre s’agita entre mes doigts.
Clac !
Cette fois, il fit froid.
L’air, que les flammes venaient de réchauffer, se figea et blanchit, tandis que le givre recouvrait tout.
Conversion d’attribut.
Ironie du sort, je savais déjà comment m’y prendre.
Le roman original en avait décrit la méthode.
Je ne savais simplement pas utiliser le mana, alors j’avais été incapable de mettre ces connaissances en pratique.
Le savoir seul ne valait rien.
Seul un pouvoir véritable, capable de défier les lois du monde, avait de l’importance.
Et j’avais acquis ce pouvoir en lisant un seul message.
Ce que ce message m’avait donné, ce n’était pas du savoir.
C’était le pouvoir même de défier le Ciel.
« Quel monde de merde, quand même. »
C’était ainsi que les choses fonctionnaient dans les familles d’utilisateurs de pouvoirs.
On naissait avec du talent ou, si ce n’était pas le cas, on était éveillé de force comme ça.
Mais désormais, moi aussi, j’allais profiter de cette injustice.
Il restait plusieurs documents auxquels je pouvais accéder sur le tableau.
Cependant, à part le Grimoire de l’Étoile de verre disparue que je venais de lire, la plupart ne traitaient pas de connaissances particulièrement avancées.
Et pourtant, si l’on considérait que la Transcendance constituait le critère du haut niveau, c’était incroyable.
En maîtriser un seul me donnerait assez de pouvoir pour détruire une planète sans même y penser.
« … Plus tard. Pour l’instant… »
Je ne comptais pas apprendre n’importe quoi sous prétexte que c’était à ma portée.
Il me suffirait de ne choisir que ce dont j’avais besoin dans chaque école.
Le reste ne serait qu’un poison.
[ Échange ]
Ce qui m’intriguait maintenant, c’était la fonction d’échange.
J’ouvris aussitôt le tableau.
[ Fleur millénaire ]
[ Cœur de dragon ancien, bien conservé ]
[ Trois fragments de foudre ]
[ Faux rouge du bourreau, relique sacrée ]
[ Marteau du géant de foudre, relique quasi sacrée ]
[ 50 ml de sève d’Arbre-monde provenant de l’ancienne Deuxième Dimension ]
[ Droits de propriété sur un donjon de jade de sang inexploré, catégorie trésor secret ]
« … Waouh. »
Comme prévu, tous les objets étaient absurdes.
Évidemment, la plupart des prix étaient tout aussi hors de portée.
« Le moins cher coûte cinq cent mille. »
Il me restait un peu moins de quatre-vingt mille points, soit plus de six fois moins.
Bien sûr, j’avais gagné près de cent mille points avec un seul message, mais…
« … Attends. »
À bien y réfléchir, ce n’était pas une somme complètement délirante pour si peu d’efforts ?
Quelques clics pour publier un message sur la Galerie, et je pouvais obtenir une fleur millénaire entière ?
Une plante médicinale qui accordait mille ans de vie même à un simple mortel ?
J’avais l’impression que mon échelle de valeurs partait en morceaux.
Je parcourus rapidement les annonces, puis secouai la tête.
« … Ça aussi, ça peut attendre. »
De toute façon, je n’avais pas les moyens d’acheter quoi que ce soit pour le moment.
Je vérifiai également les autres fonctions.
Mais aucune ne m’était encore utile.
Le tableau des commissions n’était bel et bien qu’un tableau des commissions.
Le parrainage servait simplement à parrainer les autres.
Je n’avais aucune raison d’utiliser l’un ou l’autre.
Peut-être qu’un jour…
« Haaah. »
Dès que j’eus fini de tout examiner, je sentis mes forces m’abandonner.
J’ignorais si tout ce qui m’arrivait était un rêve ou la réalité.
J’avais l’impression qu’à mon réveil, tout pourrait disparaître sans laisser de trace.
Mais je n’avais plus besoin de recourir à une méthode barbare, comme me gifler les joues, pour vérifier que c’était bien réel.
Chaud.
Froid.
Le mana dans ma main passait rapidement d’un attribut opposé à l’autre.
Pourtant, ces sensations ne me faisaient pas mal.
J’étais simplement heureux.
* * *
Jeongmyeong, Haedong.
Si l’on superposait la géographie du monde d’origine, la ville se trouvait exactement là où se situaient Suwon et Ansan, dans la province de Gyeonggi.
Les citoyens de troisième classe et des classes inférieures étaient relativement nombreux dans la région, si bien qu’il était tout aussi difficile d’y trouver du travail.
La concurrence était rude, même pour les livraisons.
Les livreurs indépendants non enregistrés se faisaient généralement attraper par la police municipale et tabasser.
C’était pour cette raison que Lee Yeonghyeon, chef de l’équipe un chez Baedal Minjok, une entreprise de livraison de Jeongmyeong, disposait d’un certain pouvoir.
Il était chargé de soumettre les candidatures des nouveaux livreurs et d’évaluer le travail de ceux déjà en poste.
« … Vous trouvez pas que c’est abusé ? »
« Quoi ? »
Lee Yeonghyeon pencha la tête, intrigué par le mécontentement qu’il lisait dans le regard de l’homme face à lui.
Les yeux grands ouverts de l’homme étaient injectés de sang.
« Vous dites que je dois payer cinq cent mille hwan pour m’inscrire. Ça fait pas plus que ce que je pourrais gagner en trois mois complets de travail ? »
Sa plainte était tout à fait légitime.
Un livreur, aussi acharné soit-il, ne pouvait gagner qu’environ cent cinquante mille hwan par mois.
Et c’était à peine de quoi survivre.
Pourtant, on lui réclamait cinq cent mille hwan pour l’inscrire comme livreur.
Même en contractant tous les prêts possibles, il n’aurait pas réuni cette somme.
Personne ne prêterait autant à un citoyen de quatrième classe sans le sou, à part les prêteurs privés, et s’endetter auprès d’eux revenait à s’engager dans un enfer inimaginable.
« Ha. C’est quoi, cette ordure de mendiant, maintenant… »
Lee Yeonghyeon se contenta d’un rire creux en s’avançant vers lui.
L’homme, qui s’était jusque-là ouvertement emporté, tressaillit en voyant Lee Yeonghyeon approcher et recula d’un pas.
Lee Yeonghyeon s’était fait implanter des cyberprothèses de basse qualité.
Pour quelqu’un d’ordinaire, il était pratiquement un monstre.
« Hé, monsieur. Tu sais seulement combien je dois payer pour garder mon poste de chef d’équipe ? »
Tap. Tap.
Tout en maugréant, Lee Yeonghyeon tapota plusieurs fois la joue de l’homme.
« Je verse un million de hwan par mois à notre directeur d’agence. Même si je fais entrer deux types paumés comme toi, pas un seul hwan ne finit dans ma poche, espèce d’ordure. »
« … »
« Que ce soit trop cher ou pas, je m’en fous. Si ça te plaît pas, va voir ailleurs. Tu crois qu’ils te demanderont combien ? Sept cent mille hwan ? Un million ? »
« Guh… Aaaah ! »
Crac !
Une douleur fulgurante déchira l’épaule droite de l’homme, que Lee Yeonghyeon tenait à la main.
L’homme hurla et tomba à genoux.
« Dégage tant que je te le demande gentiment, espèce de connard. Y en a plein d’autres, des types comme toi. »
« Ouh… J’ai… j’ai compris. J’ai compris… »
L’homme s’enfuit de la ruelle.
Le regardant s’éloigner en titubant, comme s’il craignait que Lee Yeonghyeon ne le poursuive, celui-ci claqua la langue.
« Quel putain d’idiot. Tss, tss. »
En vérité, ce que Lee Yeonghyeon avait dit était à moitié vrai, à moitié faux.
Il versait bien un million de hwan au directeur d’agence, mais il en empochait presque autant.
Il prélevait une part raisonnable du salaire dû à chaque livreur.
Malgré tout, il n’était pas particulièrement cruel.
À Jeongmyeong comme dans n’importe quelle autre ville, seule l’ampleur du phénomène changeait.
Quiconque possédait ne serait-ce qu’un peu de pouvoir s’en servait pour exploiter ceux qui se trouvaient en dessous de lui.
C’était un monde où l’on mangeait ou se faisait manger.
Couic… couic…
« Il va pleuvoir ? »
Son poignet lui lançait douloureusement.
La prothèse de basse qualité qu’on lui avait installée pendant son service militaire.
Et pourtant, c’était grâce à elle que Lee Yeonghyeon pouvait au moins jouer les tyrans au fond du panier.
Il ne faisait pas le poids face aux véritables utilisateurs de pouvoirs, mais cette piètre force lui avait évité jusqu’ici de vivre tout en bas de l’échelle.
Malgré tout, sa vie ne finirait probablement pas paisiblement.
Ce genre de chose n’arrivait pas souvent, mais les vermines du fond du panier qu’il avait piétinées…
Si l’une d’elles tombait sur un miracle et acquérait du pouvoir…
« Je pourrais me faire poignarder. »
Bien sûr, c’était peu probable.
Vraiment…
« Chef Lee. »
« … ? »
Perdu dans ses pensées, Lee Yeonghyeon releva la tête en entendant soudain une voix.
Juste devant lui, quelqu’un flottait dans les airs.
« … Jin Sehun ? »
« Je trouve ton visage particulièrement agréable à regarder aujourd’hui. Je suis vraiment ravi de te voir. »
On aurait dit que l’improbable venait de se produire, finalement.
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