WeTried Translations
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◈ J’ai créé un classement dont les Transcendants raffolent ◈
Chapitre 27 : Procès
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Je retrouvai Geumbi bien plus vite que prévu.
Il ne m’avait fallu que trois jours. Au départ, j’avais prévu de m’y prendre avec plus de douceur.
Elle semblait travailler comme servante chez une famille de mages ; il devait donc y avoir une meilleure solution que de débarquer et de l’emmener de force.
« … C’est une fille. »
La surprise, c’était que, dans cette vie, la protagoniste était une fille.
Cela dit, impossible de savoir sous quelle forme une âme renaissait au cours du processus de régénération.
Bien sûr, les constitutions et les talents nés d’une énergie yang étaient souvent plus avantageux, et les Transcendants de sexe masculin étaient plus nombreux que ne le laisserait supposer cette proportion…
Mais son talent ne se mesurait pas à de telles considérations sans importance.
Elle était née à un tout autre niveau que les Transcendants ordinaires (?).
Quoi qu’il en soit, j’avais d’abord eu l’intention de régler ça à l’amiable.
Faire partir une seule servante n’aurait pas été difficile.
Mon statut de mage 4 étoiles régulier de la Tour des Mages de l’Arbre d’Hiver, une faction assez puissante pour être considérée comme une grande puissance, m’aurait aussi aidé.
Mais alors, je le vis.
Un misérable asticot, même pas digne de servir de nourriture à un chien, était en train de battre cette enfant.
Celle que j’avais observée au fil de dizaines de vies, partageant chacun de ses instants de joie, de colère, de tristesse et de bonheur.
Cette ordure insignifiante la maltraitait.
« Toi, toi… ! »
En face de moi, le père de cette ordure criait.
Ses yeux injectés de sang et ses cris pleins de rancœur exprimaient toute sa colère de voir son fils devenu infirme.
C’était sans doute naturel.
À mes yeux, ce n’était qu’un tas de merde, mais pour cet homme, il devait être un fils précieux.
Et alors, qu’est-ce que j’étais censé y faire ?
« Allons, allons… Calmez-vous. De toute façon, il faut régler cela devant un tribunal, n’est-ce pas ? Allons donc, pas de jurons, je vous prie. Cela pourrait vous désavantager par la suite, vous savez ? »
Un mage en robe noire s’interposa entre ce salaud et moi.
À Hyeondeok, seule comptait la loi du plus fort. Si j’avais été plus faible que lui, les choses ne seraient jamais allées aussi loin.
Mais, aux yeux du public, j’étais un mage 4 étoiles, tandis que lui n’était qu’un mage 3 étoiles.
Il lui était donc impossible de se venger directement de moi. Et j’appartenais, moi aussi, à une grande faction.
Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était porter plainte pour des motifs tels que violation de domicile, dégradation de biens, tentative de meurtre et vol.
C’est pourquoi…
Je me trouvais actuellement dans un palais de justice.
Après avoir emmené Judy dans ma chambre privée à la Tour des Mages, j’avais été « officiellement » placé en détention, puis libéré.
La cellule individuelle de ce centre de détention était presque aussi confortable que ma chambre privée. Je n’avais donc pas particulièrement eu l’impression d’être libéré.
« … On dirait qu’ils n’ont pas l’intention de trouver un accord. »
Le mage qui avait tenté de calmer les esprits depuis un moment s’approcha et me murmura ces mots.
« Qu’y pouvons-nous ? Il va falloir passer par un procès en bonne et due forme. »
« Haa… Quelle personne pénible. »
Le médiateur des conflits secoua la tête en parlant.
Le père qui me faisait face, témoin direct de toute la scène, ne trouva rien à répondre, malgré son visage écarlate.
Après tout, le mage en robe était un commissaire à la médiation des conflits, un individu d’une puissance écrasante qui avait maîtrisé le royaume de la Création en arts martiaux et atteint le rang de mage 5 étoiles.
« Le procès aura probablement lieu demain. Tenez encore un jour. »
« Merci pour votre considération. Puis-je partir, maintenant ? »
« Oui. Les gardes doivent vous attendre. »
Une étrange froideur se dissimulait sous son sourire bienveillant.
On voyait tout de suite que c’était un psychopathe. Curieusement, cela ne jouait pas en ma défaveur.
Après que le commissaire m’eut raccompagné, je sortis le premier.
Deux gardes qui attendaient près de la porte me saisirent chacun par un bras.
« … Allons-y. »
« Vous devez vraiment me tenir par les bras ? »
« Beaucoup de gens nous observent, alors nous n’avons pas le choix. Nous vous prions de comprendre. »
« Ce n’est pas grave. Ce n’est pas particulièrement inconfortable. »
Les gardes qui m’escortaient semblaient plus gênés que moi.
À ce stade, difficile de savoir qui était le criminel.
Après être retourné au centre de détention avec les gardes qui m’« escortaient », j’y passai la nuit…
« Affaire numéro 21995. Nous allons maintenant ouvrir le procès de l’accusé Jin, poursuivi pour quatre chefs d’accusation, dont tentative de meurtre et vol aggravé. »
Le procès commença.
* * *
Les procès publics au tribunal de Hyeondeok étaient rares.
Tout le monde savait que, d’ordinaire, la loi du plus fort décidait de tout.
Ainsi, parmi les spectateurs venus assister au procès…
La plupart étaient des « nobles » de Hyeondeok occupant des postes suffisamment prestigieux.
… Et ils devinaient à peu près ce qui allait suivre.
« L’accusé Jin s’est introduit dans la propriété de la famille Morrison et a attaqué Rohal Morrison à plusieurs reprises avec sa magie, alors que celui-ci corrigeait un domestique. »
Le procureur manquait visiblement d’entrain.
Après avoir récité les circonstances et le déroulement des faits, il acheva sommairement d’exposer les motifs de l’accusation, puis s’assit.
Vint ensuite la plaidoirie de la défense.
« Rohal Morrison a tenté de tuer une servante incapable de se défendre. »
Les juges hochèrent la tête à ces propos, qui, dans des circonstances ordinaires, n’auraient posé aucun problème.
« … Par la suite, Rohal Morrison a insulté et menacé à plusieurs reprises l’accusé, qui tentait de l’arrêter. Celui-ci s’est contenté de prendre les mesures défensives minimales. Le fait que l’affaire se soit soldée par de simples blessures malgré l’écart manifeste entre leurs niveaux en est la preuve. »
Les faits furent entièrement présentés sous un angle différent.
Bien sûr, les « blessures » de Rohal Morrison l’avaient condamné à vivre éternellement, conscient, les membres tordus de façon irréversible.
Mais un détail « mineur » de ce genre fut tout simplement passé sous silence.
« Vingt-deux pour cent des domestiques de la famille Morrison ont quitté leur emploi en raison d’invalidités permanentes ou de décès. Les autorités municipales doivent mener une enquête approfondie… »
Les manquements moraux que tout le monde tolérait et préférait ne pas voir furent transformés en atrocités propres à indigner le ciel et la terre.
Plusieurs cris de réprobation éclatèrent parmi les spectateurs. Tout cela avait déjà été prévu dans le scénario.
Et donc…
« … De plus, la victime a subi des séquelles physiques permanentes. Le crime n’est donc pas mineur. »
Ce fut le verdict final du juge.
« Toutefois, considérant que l’accusé a reconnu les faits et exprimé des remords, qu’une certaine justification peut être retenue au vu des circonstances et qu’il a déclaré vouloir indemniser les victimes, le tribunal prononce la sentence suivante. »
« Décision. L’accusé devra suivre quarante heures de cours de prévention de la récidive et verser une indemnité équivalente à celle d’un domestique inscrit sur la liste. La décision est rendue. »
Ce fut tout.
En plus d’être raillée, la famille Morrison ferait l’objet d’une enquête des autorités municipales, à la suite de signalements « anonymes ».
En échange de ce procès, elle subirait une autre forme de sanction juridique, autrement plus sévère.
« Pourquoi a-t-il fallu qu’ils s’entêtent… Un mage 4 étoiles de la Tour intérieure à cet âge-là pourrait devenir Mage en chef un jour, non ? Vous pensez que la Tour des Mages allait rester les bras croisés ? »
« Il n’a pas pu faire tout ça pour une simple servante. Ils ont forcément gravement offensé quelqu’un. »
« Et il est beau, en plus. Ça aurait été bien qu’il rejoigne notre société. »
« D’après ce que j’ai entendu, l’incident récent de l’usine abandonnée était aussi… »
L’issue du procès avait été si prévisible que personne n’y prêta grande attention.
À la place, tous ne parlèrent que de Jin tandis qu’il quittait la salle d’audience.
Un mage fraîchement arrivé de l’extérieur de la ville, qui avait rapidement atteint le rang de 4 étoiles.
La théorie dominante voulait que plusieurs rencontres fortuites aient contribué à cette ascension, au point qu’on le qualifiait d’étoile montante.
Des rumeurs prétendaient aussi que la Tour des Mages de l’Arbre d’Hiver le formait personnellement, pour une raison ou une autre.
Au milieu des murmures, mêlant vérités et absurdités dans les justes proportions, le jeune homme aux cheveux gris cendré, qui attirait tous les regards, marmonna en pensant à un sujet qui le préoccupait.
« … Je devrais peut-être changer le sujet du prochain classement ? L’autre pourrait être plus intéressant. »
Personne ici n’aurait pu comprendre ce qu’il voulait dire.
* * *
J’aimais l’œuvre originale de ce monde et sa protagoniste.
Comment aurais-je pu ne pas l’aimer ?
Le monde dessiné en lignes d’encre noire sur une page blanche m’avait entièrement appartenu.
… Bien sûr, une fois qu’il était vraiment devenu mon monde, je l’avais trouvé beaucoup moins agréable.
Malgré tout, je ne pouvais m’empêcher de m’attacher à l’enfant qui, dans cette vie, portait le nom de Judy.
Et cela m’aiderait, moi aussi.
Le périple auquel elle était destinée à l’origine.
Si je le parcourais à ses côtés, nous en tirerions tous les deux profit.
Si j’avais accepté de subir un procès que j’aurais pu éviter, c’était aussi pour Judy.
Il lui serait utile d’avoir une identité claire par la suite, qu’elle quitte Hyeondeok ou même Haedong.
« Je me demande ce qu’elle fait. »
En rentrant à la Tour des Mages, je l’avais confiée à Wendy après notre première rencontre.
En comptant ma détention, presque quatre jours s’étaient écoulés.
J’avais tellement envie de la revoir que j’en devenais fou.
Même si son apparence différait de celle de l’œuvre originale, son essence, elle, restait la même.
C’était l’enfant qu’elle était destinée à devenir.
[ Enfin, aujourd’hui, je vais revoir ma petite… ] — Oz
Je me sentais un peu déprimé de ne pas l’avoir vue depuis plusieurs jours, mais la simple idée de la retrouver me remontait le moral.
Une fois là-bas, je lui achèterais de bons petits plats, de jolis vêtements, tout ce qu’elle voudrait. Hé hé.
Je partageai cette joie et cet enthousiasme avec la Galerie des Transcendants.
À voir les commentaires et les votes positifs affluer aussitôt, les gens avaient visiblement beaucoup à dire…
Mais pour l’instant, c’était autre chose qui comptait.
Fwoom !
Après avoir quitté le palais de justice et atteint un endroit où je n’étais plus suivi du regard, j’utilisai le Déplacement spatial.
Devant ma chambre privée.
Je sentis deux auras à l’intérieur. C’étaient probablement Wendy et Judy.
« Hum. »
Wendy s’occupait-elle vraiment bien d’elle ?
Je souris chaleureusement et m’apprêtai à entrer, mais les voix qui venaient de l’intérieur m’arrêtèrent.
« Euh, alors… Je suis un peu comme une belle-mère, non ? »
« Oooh… Alors je ne peux plus t’appeler grande sœur ? »
« Ce n’est pas tout à fait ça, mais si tu devais absolument choisir, je serais plus proche d’une belle-mère que d’une grande sœur, non ? »
Mais qu’est-ce qu’elle racontait à cette enfant ?
Elle était folle ou quoi ?
Bam !
« Aah ! Maman ! »
Je forçai la porte automatique et entrai. Wendy me regarda, les yeux écarquillés, tremblant comme si elle savait qu’elle était coupable.
« Euh, hum… Tu es déjà rentré ? Je pensais que tu reviendrais plus tard… »
Ses yeux trahissaient ses pensées tandis qu’elle bredouillait.
Si je les déchiffrais bien, elle se demandait quelque chose comme : jusqu’où a-t-il entendu ?
« J’ai tout entendu. »
« Q-quoi ? Entendu quoi ? »
Je souris et m’approchai de la fillette, qui déglutissait nerveusement en guettant ma réaction.
Sentant peut-être mon intention meurtrière, Wendy recula lentement. Judy, qui se tenait près d’elle, avait déjà fui à l’autre bout de la pièce.
Comme prévu.
C’était vraiment une enfant intelligente.
« Non, non… Si on y réfléchit bien ? Enfin, c’est difficile de définir exactement notre relation, alors… Aïe ! »
« Silence ! »
Boum !
Wendy reçut un coup sur le sommet du crâne et s’effondra au sol, complètement inconsciente.
Judy, qui observait la scène de loin, croisa mon regard et demanda :
« … Elle est vivante, hein ? »
« Ouais, elle va parfaitement bien. »
Tressaute.
Je fis simplement semblant de ne pas voir Wendy convulser comme si elle contestait vigoureusement ma réponse.
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