WeTried Translations
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◈ J’ai créé un classement qui obsède les Transcendants ◈
Chapitre 26 : Adoption
──────
« Je savais bien qu’il n’était pas simplement têtu. »
Clinton claqua la langue en baissant les yeux vers le jeune homme, dont le corps entier avait été réduit à l’état de charbon.
Ce n’était pas la première fois qu’un mage s’obstinait à supporter la chaleur, puis finissait à l’infirmerie.
Mais ils perdaient conscience à un moment ou à un autre et se faisaient simplement rôtir jusqu’à prendre une belle couleur dorée sous l’effet de la chaleur persistante qui les entourait.
Mais ce jeune mage du nom de Jin…
Il semblait avoir continué à absorber le mana de l’Arbre d’Hiver jusqu’au bout, accueillant cette chaleur dans tout son corps.
Autrement dit, il avait supporté la douleur de ses membres brûlés à vif grâce à sa seule volonté.
On ne considérait pas la brûlure comme la pire des douleurs sans raison.
En tant que responsable de l’Arbre d’Hiver, Clinton savait mieux que quiconque à quel point sa chaleur pouvait être impitoyable.
Pourrait-il supporter cette douleur lui-même ?
La réponse était sans appel : non.
« Enfin, c’est sans doute pour ça qu’il est mage quatre étoiles à son âge… »
Il secoua la tête devant Jin, emmailloté de la tête aux pieds comme une momie.
De toute façon, aucun mage n’était normal.
Tss, tss, tss…
Clinton s’éloigna en claquant la langue.
Dès que la porte se referma, un son s’éleva de la masse de bandages.
« Aïe… Aaaah… »
En gros, ça voulait dire : « Je n’avais pas prévu ça non plus, espèce d’enfoiré. »
* * *
« … Waouh. C’est pire que ce que je pensais. »
« Aïe… »
Bon sang, j’arrivais à peine à bouger la bouche.
Wendy m’observa, emmitouflé dans mes bandages, et laissa échapper un son admiratif.
Assise au bord du lit, elle me demanda d’un ton perplexe :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu m’as dit que tu allais chercher un gamin. »
« C’est pour ça que… Ah, merde. »
J’activai mon mana et traçai des lettres lumineuses dans l’air. C’était un énorme gaspillage, mais je n’avais pas le choix si je voulais communiquer.
[ Je me suis mis dans cet état pour ramener ce gamin à la maison, sale gosse. ]
« Ah, donc moi aussi, je suis une gamine ? »
Je soupirai devant les idioties de Wendy et me tournai de l’autre côté.
Sans se laisser démonter, Wendy contourna le lit et m’adressa un grand sourire.
« Ah ! Hé hé. Je vais prendre des photos~ »
Wendy n’arrêtait pas de me photographier avec le flash de sa montre. Elle semblait ravie, le visage illuminé par un grand sourire.
C’était censé être une visite à l’hôpital ?
« Mais sérieusement, qu’est-ce qui s’est passé ? »
Ce ne fut qu’après m’avoir taquiné un bon moment qu’elle manifesta un semblant d’inquiétude.
Comme tout à l’heure, j’écrivis dans les airs.
[ Regarde derrière toi. ]
« Derrière… ? »
Roooaaar !
« Aaaaaah ! »
Wendy fit un saut en hauteur digne des championnats nationaux et bondit au loin.
Elle fixa le lion, trois fois plus grand qu’elle, comme si elle n’en croyait pas ses yeux, puis s’effondra par terre.
« Aïe… Quoi… ? Pourquoi il y a un lion… ? »
[ J’ai fini comme ça pour l’avoir, lui. ]
Après avoir écrit cela, je le rappelai.
Le lion se transforma en un amas de lumière dorée et réintégra mon corps.
Wendy avait toujours l’air hébétée.
Elle semblait se demander sérieusement si ce qu’elle venait de voir était bien réel.
… C’était compréhensible.
Ce type n’aurait jamais dû se trouver dans le Royaume inférieur.
Si je l’élevais correctement, il pourrait devenir encore plus fort que dans l’œuvre originale.
À l’origine, le protagoniste aurait dû l’élever, mais ça ne changeait pas grand-chose si je l’absorbais à sa place.
Le protagoniste était assez puissant même sans une bête spirituelle d’âme divine comme celle-ci.
Et puis, j’avais besoin de son aide si je voulais atteindre mon objectif initial et retrouver le protagoniste.
Bien sûr, il faudrait d’abord le dresser.
« Le lion de tout à l’heure… Tu le maîtrises complètement, pas vrai ? »
[ Tu doutes de qui, là ? ]
« Non, ce n’est pas ça ! Je veux dire… Tu pourrais me le remontrer ? Juste une fois ? »
Les yeux bleus de Wendy étincelaient de curiosité.
« Hé hé, juste une fois. »
Elle s’approcha en levant un doigt.
Je soupirai, puis le fis réapparaître.
L’immense lion à la crinière dorée et flottante occupa tout l’espace libre de l’infirmerie.
« Ouaaaah… »
Wendy s’avança vers lui, un pas après l’autre, avec prudence.
Elle avait encore peur et déglutit avant de caresser sa crinière d’une main tremblante.
« Ooooh… »
Son expression s’adoucit, comme si le calme avec lequel il acceptait ses caresses l’avait touchée.
… Je devrais peut-être vraiment lui trouver un chat.
* * *
[ Notre minou est mignon, pas vrai ? T_T ] — Oz
(Photo d’un lion doré à la crinière flottante)
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Commentaires (233)
- MoonlitWalk) C’est censé être un chat, ça ? mdr
- Rassembleur de Soleil) C’est quoi, ça ? On dirait une bête spirituelle, mais je n’en ai jamais vu de pareille.
- WriggleWriggle) Ça frétille, ça frétille ?
- EatManaWhenBored) Il a quand même la classe, mdr
- TalentedOne) Oh, tu l’as trouvé où ? Il y en a d’autres ?
↳ Oz) Non, spécimen unique.
↳ TalentedOne) Dommage…
- Alors, tu t’es fait tatouer ?
↳ Oz) Ouais.
↳ Où ça ?
↳ Oz) Dans le cou.
↳ Putain, tu t’es fait poser une Empreinte d’Âme dans le cou ?
↳ Mes cornes me font tellement mal, Oz…
↳ Il l’a mise pile sur un point vital, mdr
↳ Enfin, ça ne doit pas changer grand-chose… Qui oserait s’en prendre à toi ?
Après le départ de Wendy, qui était elle aussi repartie s’entraîner, je n’avais pas grand-chose à faire pendant que mon corps se remettait, à part parcourir le forum.
Certains regardaient la photo que j’avais publiée et tentaient de deviner de quelle créature il s’agissait, mais, naturellement, personne ne trouvait la réponse.
C’était la seule bête spirituelle d’âme divine qui existait.
Dans l’œuvre originale, on l’appellerait plus tard le Lion doré qui met fin aux calamités, mais pour l’instant, il ne se distinguait en rien d’une bête spirituelle ordinaire.
Alors je lui donnai le nom qui me plaisait.
« Geumbi. »
Roaaar !
Dans un corps bien plus petit que sa taille d’origine, il courut vers moi.
Il n’avait pas encore grandi, mais il possédait toujours sa divinité.
« C’est toi qui m’as mis dans cet état. Tu feras ce que je te dis, hein ? »
Grrrr…
Il s’allongea à plat ventre sur le sol en grondant.
Il voulait probablement dire qu’il était désolé.
En réalité, j’étais déjà presque guéri.
Je n’étais pas vraiment un mage quatre étoiles et, même à mon niveau actuel, je pouvais facilement battre quelqu’un comme le Maître de la Tour sept étoiles de la Tour des Mages de l’Arbre d’Hiver.
Après m’être reposé encore une demi-journée environ, je pourrais bouger comme avant.
« Bon, maintenant, il faut trouver quelqu’un. La personne qui a le plus grand potentiel dans les environs. Peu importe sa force actuelle. »
Roaaar…
Naturellement, personne à Hyeondeok n’avait plus de talent que le protagoniste de l’œuvre originale.
Non, du moins dans le Grand Monde céleste actuel, tel qu’il était dépeint dans l’histoire, personne n’avait plus de talent que lui.
Bien sûr, il lui faudrait franchir plusieurs étapes difficiles pour en arriver là, mais… je pouvais rendre le processus plus facile et plus rapide.
« Peu importe si sa présence est faible. Il faut qu’il ait moins de quinze ans. Tu peux faire ça ? »
Grrrr…
Geumbi répondit d’un air assuré.
Outre son allure imposante, sa plus grande qualité de bête spirituelle était sa capacité à traquer et à chercher.
Une fois qu’il avait mémorisé une apparence, il pouvait suivre sa trace à coup sûr, sans restriction d’âme, sort de traçage ni malédiction.
… Bien sûr, il n’en était pas encore capable à ce point.
Mais, vu ce que j’en attendais, il devrait pouvoir trouver le protagoniste à son stade actuel.
D’ailleurs, je ne savais même pas à quoi ressemblait le protagoniste à cette époque.
Pour le découvrir avec certitude, il faudrait attendre environ soixante-dix ans.
Ce serait le moment où le protagoniste s’éveillerait pour la première fois au cours de ses nombreuses réincarnations, et où l’histoire originale commencerait.
Roaaar…
Geumbi sauta du lit et sortit en courant.
Il les trouverait sans doute bientôt.
« … J’ai hâte. »
On pouvait me qualifier de lecteur assidu de l’œuvre originale. Le protagoniste était probablement mon personnage préféré.
Le jour où je rencontrerais enfin cette personne à qui j’avais tant compatit et que j’avais tant encouragée au fil de dizaines de répétitions n’était plus très loin.
Mon cœur ne pouvait s’empêcher de s’emballer.
Cette personne m’était peut-être même plus familière que tous ceux que j’avais connus dans ma vie antérieure.
J’attendais cette rencontre avec impatience.
* * *
Elle avait beau y repenser encore et encore, Judy ne trouvait rien qu’elle eût fait de mal.
Elle n’avait donc aucune raison de subir ces souffrances.
« Espèce de petite garce de rat. Tu crois que ça va t’apporter quoi de cafter ? »
Patatras !
« Hein ? Et qu’est-ce que tu vas faire, à me regarder comme ça ? »
Rohal, le plus jeune héritier de la famille, s’emporta en voyant Judy le fixer de son regard clair et inébranlable.
Cette petite fille, qui lui arrivait à peine aux épaules, n’avait pas peur.
Elle le regardait droit dans les yeux, comme si elle le défiait de continuer à la battre jusqu’à ce qu’il se sente mieux. Cette attitude lui retournait les tripes.
« Ha, putain. Tu me rends dingue. »
Les choses avaient dégénéré parce que Judy avait dénoncé le vol de Rohal.
Elle avait dit la vérité : il avait pris de l’argent dans le portefeuille de son père et tenté d’en accuser un serviteur.
Bien sûr, elle savait que cela lui attirerait des ennuis.
Mais elle ne pouvait pas se taire.
Si elle avait étouffé la vérité à ce moment-là, il ne lui serait resté que la perte de sa propre intégrité.
Claque !
Son bras s’abattit et la jeta à terre.
L’intérieur de sa bouche s’était fendu. Le sang qui coulait de ses lèvres traça une ligne sur le sol.
« Tu sais, putain de salope ? Il y a deux sortes de gens que je déteste le plus. Les salopes qui se croient tout permis et la racaille de basse extraction. Compris ? »
Rohal ôta la montre de son poignet et s’approcha d’elle.
Il ne risquait rien à tabasser une domestique.
Sa famille était mage depuis des générations.
Et Rohal lui-même était un mage de Magie systémique de quatrième rang. Même s’il la tuait au lieu de se contenter de la battre, la ville n’ouvrirait même pas d’enquête.
Au pire, son père le réprimanderait et le forcerait à réfléchir pendant quelques mois.
« On va bien s’amuser aujourd’hui. »
Ses yeux brillaient d’un plaisir malsain.
Il n’avait jamais aimé l’étrange expression de ses yeux, de toute façon.
En fait, la situation était presque préférable ainsi.
« … Maman. Papa. »
Les pas de Rohal résonnaient à ses oreilles à mesure qu’il approchait.
Judy répéta ces noms dans son cœur, des noms que même ses souvenirs avaient commencé à brouiller.
Si elle mourait ainsi, pourrait-elle revoir leurs visages ? Elle l’ignorait.
La mort.
Elle avait l’impression que cet instant, auquel elle avait assisté encore et encore au fil de sa vie, était enfin venu pour elle.
Elle était encore trop jeune pour garder son calme dans un pareil moment.
« À l’aide… »
S’il vous plaît, aidez-moi.
Qui que ce soit, je vous en prie.
Ce souhait semblait voué à ne jamais se réaliser.
Le visage de Rohal se tordit de dérision lorsqu’il l’entendit.
Puis, juste au moment où sa botte allait s’abattre sur Judy…
« Hein… ? »
Vacillement…
Le corps de Rohal pencha brusquement sur le côté.
Il n’avait pas perdu l’équilibre. C’était comme si son corps s’était disloqué.
Crac !
« Aïe ! »
Le bas de son corps ne lui obéissait plus.
Emporté par son élan, Rohal s’écrasa le visage contre le sol et tenta instinctivement de bouger.
« Quoi, quoi ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Putain ! Qu’est-ce qui se passe ?! »
Mais le haut de son corps lui avait déjà échappé lui aussi.
La seule partie qu’il pouvait encore bouger se trouvait au-dessus de son cou.
Allongé là, incapable même de se débattre et crachant des injures, il entendit une voix s’élever de l’autre bout du couloir.
« … Vermine insignifiante. »
La voix était grave.
Ce murmure tranquille débordait de fureur.
« Tu sais seulement à qui tu t’en prends ? »
Des cheveux gris cendré et des yeux rouges.
À sa tenue, on voyait tout de suite que c’était un mage. L’homme traversa le couloir en un instant.
« Q-Qui… ? »
À sa seule présence, Rohal comprit que cet homme était d’un rang supérieur à son père.
Cette étrange paralysie devait également être son œuvre.
Rohal contint sa peur autant qu’il le put et ouvrit la bouche.
Mais c’était déjà une erreur.
Crrrraaaac !
… !
Les articulations de ses membres se tordirent toutes seules.
Incapable de supporter l’agonie, Rohal affichait une expression plus hideuse encore que son corps déformé.
Mais il ne pouvait même plus crier.
Rohal tremblait, ses membres tordus tressaillant tandis que des fluides suintaient de tout son corps.
Comme si ce spectacle pathétique ne méritait pas qu’on s’y attarde, l’homme détourna le regard.
« Ah… »
La petite fille avait suivi toute la scène comme dans un rêve.
L’homme la regarda et grimaça un instant.
« Espèce d’ordure, pire qu’un chien… Elle est si jeune… »
Puis il tendit la main et lui toucha la joue.
La douleur lancinante disparut sur-le-champ. Les yeux de Judy s’écarquillèrent devant ce changement.
« Vous êtes… un mage ? »
« On peut dire ça. Ça va ? »
« … Grâce à vous. »
Sa réponse sembla l’amuser. Le coin de la bouche de l’homme, jusque-là tordue en une grimace féroce, se releva en un sourire.
« … J’aurais dû venir te chercher plus tôt. »
« Vous êtes venu me chercher ? »
« Oui. Plus exactement, je suis venu t’emmener. »
« Vous pouvez faire ça ? On m’a vendue ici. »
« Tu n’es pas un objet. Qui vend ou achète des gens ? »
Hop !
L’homme souleva Judy, dont les jambes avaient cédé.
Dans ses bras, Judy ne put s’empêcher de lui poser la question qui lui était venue à l’esprit.
« Pourquoi vous m’emmenez ? Je ne suis même pas très douée pour travailler, et il y a plein d’enfants plus mignons que moi. »
« Je n’ai pas l’intention de te faire travailler, et tu es assez mignonne. Je t’emmène parce que tu comptes beaucoup pour moi. Même si tu l’ignores. »
À peine eut-il terminé sa phrase que l’homme croisa le regard de Judy, comme s’il venait de se souvenir de quelque chose.
« Ah, je ne t’ai pas demandé. Ton nom doit être différent, lui aussi… Comment tu t’appelles ? »
Il était un peu étrange qu’il lui demande ça après lui avoir dit qu’elle comptait beaucoup pour lui, mais Judy lui répondit docilement :
« Judy… »
Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas prononcé à voix haute qu’elle dut prendre un instant pour s’en souvenir.
« Judy Dorothy Murphy. »
« … C’est un joli nom. »
Elle ne l’avait jamais trouvé joli, mais elle se contenta de hocher la tête.
Tout lui paraissait irréel.
« … »
Longtemps, elle observa en silence l’homme qui l’avait sauvée.
Notes de bas de page :
« Jasik » peut signifier « enfant », mais peut aussi servir d’insulte, d’où la plaisanterie de Wendy.
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