WeTried Translations
Traducteur/éditeur : WeTried
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◈ J’ai créé un classement dont les Transcendants raffolent ◈
Chapitre 25 : Tatouages, clopes, (piercings) et orphelinat
──────
Depuis la dernière publication de classement, l’opinion publique avait peu à peu fait d’Oz un être intouchable.
-Pardon d’avoir déconnéPardonPardonPardonPardonPardon
-Je… putain… qu’est-ce que… j’ai fait… ?
-J’ai le hoquet depuis une semaine. Comment l’arrêter ?
-Huitième jour à genoux pour implorer le pardon d’Oz.
La loi de causalité à laquelle nul être du Grand Monde céleste ne pouvait échapper.
Celui qui l’ignorait et parlait librement d’êtres oubliés, ainsi que de leur véritable nature.
La peur de cet individu dont personne ne pouvait même deviner l’identité s’était répandue dans toute la Galerie.
Les rumeurs sur Oz, devant qui même un Ancêtre du Dao tremblait et un Empereur de la Magie implorait sa clémence, devenaient chaque jour plus extravagantes.
Au fil du temps, toutes sortes d’histoires délirantes et de rumeurs folles étaient venues s’y ajouter, jusqu’à ce que tout cela prenne des allures de légende urbaine.
-Si Oz vous demande si vous préférez un vote positif rouge ou un vote négatif bleu, prenez la fuite...... Si vous choisissez le rouge, il vous coupe la tête. Si vous choisissez le bleu, il vous étrangle......
ㄴOkiyaaaah !!!
-Paraît que si vous écrivez Oz en rouge sur un bout de papier, Oz en rouge débarque pour vous arracher le cœur......
ㄴOkiyaaaah !!!
-Paraît qu’Oz se rend en douce, chaque nuit à minuit, chez les utilisateurs inscrits qu’il n’aime pas......
ㄴOkiyaaaah !!!
ㄴPas mal, celle-là, non ?
ㄴ???
Bien sûr, peu de gens le considéraient vraiment comme un être tabou.
Il était tout de même évident qu’une certaine distance s’était désormais installée entre eux, contrairement à avant.
Peu importe son audace, il était difficile de se sentir à l’aise avec quelqu’un quand on savait qu’un fossé séparait clairement vos statuts.
Surtout quand la réputation d’Oz reposait sur son omniscience apparente.
Mais son message de retour arriva plus tôt que prévu.
En découvrant son contenu, les Transcendants de la Galerie ne purent que oublier toutes ces histoires de fantômes dont ils discutaient.
-Mais putain, ça veut dire quoi, se faire tatouer ?
— Il fait exploser la Galerie, revient six mois plus tard, et la première chose qu’il annonce, c’est qu’il va se faire tatouer ? Mdr
-Une grande sœur tatouée, putain de badass… ahhh, mdr
ㄴDifficile de résister à ça, quand même.
ㄴUn fétichisme bien glauque, merde.
-Mais un tatouage, ça veut dire quoi ? Ne me dites pas qu’il va se faire graver l’âme ?
ㄴQuelqu’un du niveau d’Oz va se faire graver l’âme, maintenant… ?
ㄴJe pige pas ce que « forcé » veut dire, putain.
ㄴTatouage… forcé… j’ai compris ! C’est un de ces scénarios de corruption en femme !
-Mes cornes me font mal, Oz…
-Quand il a dit qu’il prenait un an de congé, ça voulait dire… ?
ㄴAh……………………
ㄴTout s’explique, maintenant.
On m’avait forcé à me faire tatouer.
Cette seule phrase était si absurde que tout le monde ne pouvait que rester bouche bée.
Un tatouage ? Quel genre de tatouage ?
Forcé ? Par qui ?
À cette question que tout le monde se posait, personne n’apporta de réponse.
Une chose était sûre, cependant : ce seul message avait dissipé le moindre malaise qui persistait.
* * *
Il existait en coréen une expression : « mundampigoa ».
Je me souvenais qu’elle venait de mon ancien monde et qu’elle signifiait qu’il fallait éviter les gens tatoués, les fumeurs, les personnes percées, celles qui avaient un chat ou un iPhone.
Alors, n’étais-je pas moi-même en train de m’en rapprocher ?
J’avais toujours fumé, et maintenant, j’allais me faire tatouer.
Et comme j’étais doublement orphelin, si l’on comptait ma vie passée et celle-ci, j’avais complété le mundamgoa.
Il ne me manquait plus que la dernière pièce du puzzle, un piercing, et j’atteindrais le grand chelem glorieux…
« …Je ne peux que dire que vous avez eu une chance exceptionnelle. »
« Ah, oui. C’est vrai. »
Un instant, je crus avoir répondu à mes propres pensées.
Les paroles du mage chevronné me tirèrent de ce fil de pensées absurdes. Il étudiait les documents depuis un bon moment.
Il s’appelait Clinton. Mage chevronné six étoiles, il était chargé de garder l’Arbre d’Hiver originel.
Il continuait de me regarder d’un air dubitatif.
À vrai dire, on ne progressait pas d’un royaume en six mois par la seule chance ; son scepticisme était donc compréhensible.
Mais j’avais déjà préparé toutes les preuves nécessaires.
Tout reposait sur le médicament spirituel que j’avais mis aux enchères à Underveil, le marché noir.
J’avais remis de faux documents à la tour des mages, affirmant que j’avais acquis, grâce à un coup de chance incroyable, le médicament spirituel qui avait autrefois fait grand bruit dans les bas-fonds de Hyeondeok.
Si je prétendais avoir progressé grâce à lui, il n’y avait rien à ajouter. Il était vraiment aussi efficace.
Bien sûr, comme Underveil gardait confidentiels les détails des achats et des ventes, les documents que tenait le mage chevronné n’étaient rien de plus que ma déclaration écrite.
Si la tour n’avait eu d’autre choix que de me croire, c’était grâce au flacon de médicament spirituel que j’avais joint à mon dossier, en prétendant qu’il m’en restait après en avoir utilisé une partie.
Ça m’avait valu un laissez-passer.
Mon royaume avait été ajusté de manière à apparaître comme celui d’un mage quatre étoiles à chaque examen ; la tour des mages n’avait donc pas insisté auprès d’un mage « digne d’éloges » qui avait offert une partie de ses biens personnels pour favoriser son développement.
« Bien sûr, la chance n’a pas pu tout faire, mais ne prenez pas mal ce que je vais dire. Même pour quelqu’un d’exceptionnellement doué, atteindre ce niveau à votre âge relève véritablement d’une faveur du Ciel. C’est pour cela que je l’ai dit. »
« Je comprends. Comme me l’a autrefois dit mon maître, je m’efforce de rester humble. »
« …Oui. Excellent. »
Un léger sourire se dessina sur le visage raide du mage chevronné.
Était-il, lui aussi, un homme bien, ce qui était plutôt rare chez les mages ?
Si je devais évaluer la moralité moyenne des mages, je la situerais probablement au niveau d’Ireine.
Vrrrmmm… !
Un ascenseur alimenté par le mana se trouvait dans le quatrième bâtiment de la Tour intérieure.
Clinton et moi l’empruntions pour descendre profondément sous terre.
« Vous connaissez sans doute déjà la procédure, puisque vous avez posé votre candidature dès que vous avez atteint le rang quatre étoiles… mais je vais tout de même vous l’expliquer à nouveau. »
Il parlait tout en tressaillant plusieurs fois du sourcil droit. Cela semblait être une habitude chez lui.
« L’Arbre d’Hiver doit son nom au fait que, quelle que soit la saison, à l’exception de l’hiver, nul ne peut supporter la chaleur qui l’entoure. Il dégage sans cesse une chaleur semblable à celle d’une fournaise. »
« Je vois. J’avais cru que c’était le contraire. »
Bien sûr, je mentais. Impossible que je l’ignore.
Mais Clinton se contenta d’acquiescer légèrement.
« Beaucoup se trompent. C’est pour cela que nous plaçons ici des pierres de bête démoniaque d’affinité glaciale. Elles atténuent la chaleur. »
Ding… !
L’ascenseur sonna au moment où il terminait sa phrase.
Ses portes s’ouvrirent, et un froid mordant nous enveloppa.
« …Il fait plutôt froid. »
« Quelle agitation pour rien. Vous pourriez facilement lancer un sort de réchauffement. »
Il ricana et prit les devants. Je le suivis, calant mon pas sur le sien.
« Eh bien, ce n’est pas faux de dire qu’il fait froid. Mais nous maintenons la température aussi basse pour une raison. La chaleur de l’Arbre d’Hiver ne peut être bloquée par la magie. »
Fchhhhh…
Une immense cavité s’étendait devant nous.
À un moment donné, le froid ambiant s’estompa peu à peu.
Un arbre se dressait là, identique à ceux que j’avais vus en entrant dans la tour des mages, puis dans la Tour intérieure.
…À ceci près qu’il était plusieurs fois plus grand.
Et qu’il dégageait réellement, de toutes parts, une chaleur brûlante.
« À part ce petit secret, la méthode d’entraînement avec l’Arbre d’Hiver est bien connue. La pureté et l’affinité du mana qu’il dégage sont incomparables ; il vous suffit donc de l’absorber directement dans votre corps. Si vous tenez pendant les six heures qui vous sont accordées, vous pourrez vraiment atteindre le rang cinq étoiles d’ici peu. »
« …Ce n’est pas presque impossible ? »
« Ce n’est pas parce que vous avez progressé rapidement que vous devez croire que tout est facile. Bien sûr que c’est difficile. Je vous féliciterais si vous teniez deux heures. Même vous arrêter à ce moment-là vous serait très bénéfique. »
Quand je le regardai en fronçant légèrement les sourcils, Clinton me tapota l’épaule d’un air calme, comme s’il ne l’avait pas remarqué.
« C’est votre première fois, alors ne soyez pas trop gourmand. C’est rare, mais il arrive que certains s’obstinent à tenir bon et aient un accident. »
Tout en parlant, il me mit dans la main une pierre de bête démoniaque grise de qualité inférieure.
En l’examinant de près, je vis qu’un motif quelconque y était gravé.
« Quand vous sentirez que vous ne pouvez plus tenir, insufflez du mana dans la pierre. Je descendrai aussitôt. »
Sur ces mots, il retourna rapidement vers l’ascenseur.
J’imaginais que les mages qui venaient ici pour la première fois paniquaient et se plaignaient souvent.
« Comme si ça m’intéressait. »
Pourtant, dès que son dos eut complètement disparu, je souris.
Il croyait vraiment que j’étais venu ici sans connaître tout ça ?
Je pointai l’arbre et balayai l’air de la main.
Riiip !
Dans un bruit de cuir qu’on déchirait de force, la chaleur qui se déversait vers moi fut réduite de moitié.
Le yuri coréen de l’École de l’Étoile de verre n’avait rien à voir avec le matériau des vitres.
Il s’agissait de yuri (遊離), qui signifiait « séparation ».
Le sort avait à l’origine été conçu pour séparer des régions entre les étoiles. Même si mon niveau actuel ne me permettait de libérer qu’une fraction de sa puissance…
« …Je peux supporter ça. »
Cette chaleur-là était bel et bien supportable, même avec si peu de puissance.
Le protagoniste avait pris possession de l’Arbre d’Hiver dans des circonstances bien pires. Je n’allais pas me plaindre pour une épreuve aussi insignifiante.
Crépite, crépite.
Sans tenir compte de la douleur, comme si ma peau brûlait, j’avançai.
La chaleur s’intensifiait à chaque pas, mais je serrai les dents et la supportai.
Réponds-moi.
Ma volonté, chargée de mon âme, se dirigea vers le Vrai Corps de l’Arbre d’Hiver.
En réponse, l’arbre poussa un cri.
Grrrr… !
Une pulsation incomparable à celle que j’avais ressentie dans la Tour extérieure.
Mais ce n’était toujours pas la réponse que je voulais.
Réponds-moi !
À ce deuxième cri, la chaleur furieuse de l’Arbre d’Hiver commença enfin à s’apaiser.
Boum. Boum. Boum.
Au rythme de ces battements, comme ceux d’un cœur, une chaleur familière remonta le long de mon bras.
« …Putain. »
Une douleur pareille à celle de tout mon sang remontant à contre-courant me traversa, tandis que la chaleur commençait à se mettre en place.
Le noyau caché à l’intérieur de cet arbre ancien qu’on appelait l’Arbre d’Hiver.
Cette âme originelle possédait une volonté propre et cherchait un endroit où s’installer.
Crac !
Espèce d’enfoiré.
Ça n’allait pas un peu trop loin ?
La douleur dans le haut de mon corps était si intense que je ne cessais de marmonner « Putain, putain » en ruisselant de sueur.
Dans l’œuvre originale, il s’était aussitôt installé dans l’épaule du bras droit tendu du protagoniste.
« Uuugh… »
Même l’anesthésiant que j’avais pris à l’avance pour atténuer la douleur ne faisait plus effet.
La sensation de mes entrailles déchiquetées par une perceuse électrique se prolongea, et ma conscience s’effaça peu à peu.
« Enfoiré de bât… »
Au terme de cette douleur, après m’être tordu sur le sol, je vis où la chose s’était installée et ne pus m’empêcher de jurer.
Le côté droit de mon cou.
Si elle était allée là dès le début, elle aurait pu y arriver en moins de trois secondes.
« …… »
Alors que ma conscience s’effaçait et que ma vue se brouillait, j’aperçus une crinière dorée.
Rooaaar !
Le rugissement d’un lion résonna dans l’immense cavité.
Notes de bas de page :
« Mundampigoa » est un raccourci utilisé sur Internet en coréen, formé à partir des premières syllabes de « tatouage », « cigarette », « piercing », « chat » et « iPhone » : une liste humoristique de personnes à éviter. Jin a omis la syllabe correspondant au piercing, puisqu’il ne s’en est pas encore fait faire, tandis que « goa » signifie aussi « orphelin ».
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