WeTried Translations
Traducteur/éditeur : WeTried
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ J’ai créé un classement qui obsède les Transcendants ◈
Chapitre 14 : Victoire un-deux-trois !
──────
Nirvakh, le chef de facto du Vide.
Et Epin, la divinité la plus indépendante parmi les puissants êtres de la Cinquième Dimension.
Leur relation tenait davantage de celle de faux amis que de vrais amis.
Bien sûr, avec le temps, la distinction entre les deux s’était estompée.
Mais c’était ainsi que tout avait commencé.
Epin avait rencontré Nirvakh pour la première fois alors qu’elle chassait les serpents.
Elle avait traqué Nirvakh afin de capturer un serpent aberrant doté de divinité.
Mais Nirvakh ne l’avait pas laissée faire.
Après tout, leur véritable nature n’avait jamais été celle d’un simple serpent.
Avec le temps, Nirvakh était devenu l’une des anomalies de classe transcendante les plus puissantes de la Cinquième Dimension et avait retrouvé Epin, qui avait depuis longtemps renoncé à chasser les serpents.
Les vieilles rancunes étaient vouées à s’effacer.
Ce qui avait commencé par une relation hostile était devenu une amitié qui avait traversé d’innombrables âges.
Même leurs chamailleries occasionnelles étaient, au fond, une forme de divertissement.
« … Hé. Hé, tu vas vraiment bien ? »
Alors, même s’ils se traitaient de faux amis, il était inévitable de s’inquiéter quand l’un d’eux se retrouvait dans un état aussi pitoyable.
Pour Epin, ce moment était arrivé.
« Si tu comptais finir dans cet état, tu aurais au moins pu garder ta vraie forme. »
Nirvakh fixait le ciel d’un regard vide, presque réduit à la peau et aux os.
Son corps d’avatar s’était complètement desséché.
Bien sûr, cette apparence ne reflétait que son état d’esprit.
L’apparence d’un corps d’avatar dépendait entièrement de son propriétaire ; son véritable corps n’avait donc pas été endommagé.
… Mais cela ne faisait que rendre la situation plus inquiétante.
« Hé. Réponds-moi. »
« Ah… tu es là… ? »
Seule une réponse creuse, dénuée de la moindre âme, lui parvint.
Epin pensait deviner à peu près pourquoi.
« Ne me dis pas que tu trembles encore à cause de ça ? »
« … »
« Quelle blague. Il ne fallait pas l’ouvrir, alors. »
Il s’agissait évidemment de la série de révélations faites dans la Galerie, peu de temps auparavant.
Bien sûr, Nirvakh n’en avait subi aucun préjudice concret.
Ces quelques publications n’auraient jamais pu révéler la vérité sur cette affaire.
Mais Oz, leur auteur, connaissait la vérité.
Et cela tourmentait Nirvakh.
Ce n’était pas l’effacement total qui lui faisait peur.
En réalité, même une ancienne divinité d’un monde précédent ne pouvait pas effacer facilement une divinité de tout premier plan.
Et même si c’était possible, les conséquences seraient terribles. Nirvakh ne pensait pas subir un tel sort pour une dispute aussi futile.
… Mais cette vérité-là.
Son seul effroi venait de la possibilité que l’origine de son existence, enfouie dans les ténèbres, soit exposée au grand jour.
« Cette personne n’en a pas l’air. Elle n’a rien dit depuis. »
« C’est pour ça que je me cache ici… »
« D’accord, tu te caches, soit. Mais tu es obligé de rester là avec ta tête de mourant ? Ça me met de mauvaise humeur, rien que de te voir. »
Quel loser il était devenu.
Même sous les insultes d’Epin, Nirvakh ne faisait que baisser la tête.
Ses cheveux bleu nuit, presque noirs, s’effritaient tout seuls. On ne pouvait pas prendre la situation à la légère.
Epin poussa un profond soupir.
« Pff… Si tu comptes rester comme ça, présente au moins tes excuses. À mon avis, cette personne les accepterait. »
« … Tu crois ? »
« Ce serait toujours mieux que de rester là à trembler, espèce de connard. »
Un dieu, passe encore, mais celui-là était vraiment un abruti fini.
Epin secoua la tête ; Nirvakh la releva prudemment.
Peut-être que ce serait effectivement mieux.
Il y avait pensé plusieurs fois, mais la peur l’avait empêché de passer à l’acte.
Et si la réponse était catégoriquement négative ?
Malgré tout, il y avait du vrai dans l’idée qu’il valait mieux agir que ne rien faire.
[ Euh, grande sœur Oz… tu es là ? ] — Non-Existence
[ J’ai vraiment eu tort pour ce qui s’est passé la dernière fois… ] — Non-Existence
[ Je ferai tout ce que je peux, alors pardonne-moi, s’il te plaît… ] — Non-Existence
Nirvakh envoya donc le premier un message pour tâter le terrain.
En espérant que sa sincérité toucherait Oz.
En espérant recevoir en retour un pardon accordé de bon cœur.
« … Qu’est-ce que c’est que ça ? »
La personne qui reçut ce message si sincère ne put que manifester son incrédulité.
« Non, c’était si grave que ça ? »
Je ne t’en veux pas.
* * *
« Pourquoi est-ce qu’il en fait tout un plat, maintenant ? »
Fchhh !
La déferlante d’excuses de Non-Existence me laissa un peu perplexe.
Bon, j’avais été un peu à cran quand cette personne avait soudain dévoilé nos messages privés et que la situation avait dégénéré.
Mais était-ce vraiment nécessaire ?
« Hum. »
Au moins, cette question m’obligeait à me mettre à sa place.
Tout était parti de notre marché concernant le fruit spirituel.
Avant la Transcendance, le Fruit de Rosée de Jade n’était même pas un fruit spirituel de premier ordre. Nirvakh, qui me croyait Transcendant, avait donc supposé que je l’utilisais pour prendre soin de ma peau.
Il était rare, ne poussait naturellement que dans quelques endroits, et de nombreux êtres puissants ne l’utilisaient que pour leurs soins de beauté.
Voilà pourquoi Nirvakh m’avait pris pour quelqu’un doté d’une forme féminine.
Ensuite, en apprenant que son classement était élevé, Nirvakh s’était emballé et avait tout déballé.
« Quel drôle de connard. »
Mis à part son comportement complètement absurde, j’avais eu quelques ennuis à cause de ça ; j’avais donc laissé mes préjugés personnels influencer un peu mon évaluation, dans le bas du classement.
… Et nous en étions là.
« C’est quoi ce bordel ? »
Je n’y comprenais rien.
Pourquoi en faisait-il tout un plat ?
Il semblait s’être monté un sacré film, mais j’ignorais pourquoi.
… Bien sûr, ça ne me faisait aucun tort.
Mais le voir ramper et trembler comme ça me mettait un peu mal à l’aise.
[ Je ferai tout ce que je peux, alors tu pourrais me pardonner, s’il te plaît… ? ] — Non-Existence
Le problème, c’était que je n’étais pas en position de décider s’il méritait d’être pardonné.
Aussi bien dans la Galerie que dans la vraie vie, je prenais délibérément de grands airs et jouais les connards, ou les types qui faisaient trop d’efforts pour avoir l’air cool.
Mais ça n’avait rien à voir avec ma vraie nature.
À y regarder de plus près, j’avais plutôt tiré profit de la situation : je lui avais révélé à l’avance les résultats du classement et j’avais reçu des biens matériels en échange.
Et ses excès dans la Galerie semblaient se calmer ; au final, le tort qu’il m’avait causé n’était pas si grand.
« … Attends. »
Au départ, je comptais répondre simplement : « C’est rien. »
Mais je me rendis compte que les occasions de ce genre étaient rares.
Certes, mes messages privés débordaient déjà de Transcendants au statut remarquable.
À les lire, ils étaient prêts à me donner leurs foies, leurs vésicules biliaires, tout ce que je voulais.
En un sens, c’était normal. La plupart des Transcendantes à forme féminine avaient un partenaire ou avaient juré de rester célibataires pour toujours.
Le désespoir des vieux célibataires qui avaient laissé passer l’âge du mariage depuis des milliards, voire des dizaines de milliards d’années, n’avait rien de comparable.
Si je les faisais patienter assez longtemps, je pourrais peut-être leur soutirer toutes sortes de choses.
Mais si je faisais ça…
« Je risque vraiment d’y passer. »
Ma conscience mise à part, je ne devais pas jouer avec les sentiments sincères d’un homme.
Le résultat ne serait pas une simple bagarre au couteau, mais l’anéantissement d’une galaxie aux mains d’une divinité supérieure furieuse.
Les occasions de plumer quelqu’un de cette façon, en toute légitimité (?), étaient donc rares.
Et à en juger par ses messages, recevoir quelque chose mettrait sans doute Nirvakh plus à l’aise, lui aussi.
Qu’est-ce que je pourrais lui demander ?
« Des armes ou des trucs du genre, ce serait un peu trop. »
Naturellement, Nirvakh devait posséder plus de trésors extraordinaires qu’il ne pourrait jamais en utiliser.
Mais la plupart des objets de rang suffisamment élevé étaient soumis à des restrictions liées au niveau de civilisation.
Je ne pouvais même pas recevoir des objets de rang du Royaume supérieur, encore moins ceux qu’on utilisait dans le Grand Monde céleste.
Cette bague était une exception extraordinaire, en raison de sa nature particulière. Voilà pourquoi j’avais cédé à ma cupidité.
Mais en prendre une d’un rang bien inférieur ?
Ça n’avait pas de sens non plus. Je pouvais tout simplement dépenser les points que j’avais mis de côté pour en obtenir.
Alors que je réfléchissais aux détails d’une transaction équitable, raisonnable et avantageuse pour nous deux…
… Je me rappelai soudain quelque chose du roman.
« Ah. Voilà. »
J’envoyai aussitôt un message.
Moi > [ ■■■. ]
« Qu’est-ce que c’est ? »
La censure dans la fenêtre de messages privés me prit au dépourvu.
« C’est censuré, ça aussi ? »
Je n’avais jamais rencontré ce cas de figure, alors j’ignorais que la Galerie avait un filtre de censure.
En même temps, ça n’apparaissait que très tard dans l’histoire originale.
[ Oui, grande sœur Oz. ] — Non-Existence
Pourtant, une réponse me parvint comme si de rien n’était.
Il avait probablement deviné ce qui se cachait derrière la censure.
J’étais content d’avoir un peu joué le jeu de la grande sœur.
Moi > [ Arrête avec tes « grande sœur ». Et tu ne dévoileras plus nos conversations, à partir de maintenant ? ]
[ Oui, je ne le ferai absolument plus ! ] — Non-Existence
Moi > [ Arrête aussi de me parler avec autant de formalités. Je n’étais pas si en colère que ça, au départ. Bien sûr que je peux passer l’éponge. ]
[ Vraiment ? ] — Non-Existence
Moi > [ J’ai dit d’arrêter avec les formules de politesse… Mais rends-moi plutôt un service. ]
[ Dis-moi ce que tu veux ! ] — Non-Existence
… Apparemment, il lui faudrait un peu plus de temps pour abandonner les marques de respect.
Moi > [ Donne-moi un peu de ta mort. Pas besoin d’en mettre beaucoup. Deux écailles devraient suffire. ]
[ Ça suffira ? ] — Non-Existence
Moi > [ Je t’ai dit que je n’étais pas si en colère. C’est pour un gamin que je connais, alors ça suffira. ]
[ Ah, je vois. Je te l’envoie tout de suite ! Et je suis vraiment désolé ! ] — Non-Existence
La joie et le soulagement que je pouvais sentir à travers le texte étaient un peu ridicules.
J’avais présenté ça comme si ce n’était rien, mais il y aurait forcément une petite perte de son côté.
« … Qu’est-ce qu’il croyait que j’allais lui demander ? »
Il devait s’être préparé à payer un prix bien plus élevé.
C’était ça, l’arnaque ultime ? Une arnaque où même la victime était contente.
« J’espère que ça ne va pas m’attirer du karma. »
J’avais peur de devenir un dieu maléfique une fois Transcendant ; je devais sans doute apprendre à vivre avec un peu plus de bonté.
* * *
Les braises encore rougeoyantes du classement de la Cinquième Dimension et les spéculations sur mon genre persistaient dans la Galerie des Transcendants.
Après le tumulte, il ne restait que des shitposts et des discussions sur les disputes qu’il avait provoquées.
Profitant de l’atmosphère paisible, je rédigeai une publication.
En partie pour lancer un hameçon en vue du prochain sujet, et en partie pour tromper l’ennui en attendant l’Échange général.
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— Victoire un-deux-trois !
— C’est quoi ce bordel ? Pourquoi tous ces connards de héros débarquent ? MDR
— Oz, tu viens de l’Empire ?
« Ah, merde. Qu’est-ce qui se passe encore ? »
Apparemment, la Galerie n’avait été paisible que pendant mon absence.
Alors que je maudissais cette catastrophe de section commentaires, d’innombrables regards se braquèrent sur moi.
Notes de bas de page :
« Victoire un-deux-trois ! » adapte 필123승, une version volontairement modifiée du salut militaire coréen 필승, qui signifie « victoire assurée ». C’est cette allusion au salut qui suscite les réactions au sujet des héros et de l’Empire.
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>