WeTried Translations
Traducteur/éditeur : WeTried
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◈ J’ai créé un classement de puissance qui obsède les Transcendants ◈
Chapitre 13 : gérer ses soupirants
──────
À une heure quarante de l’après-midi, peu après le déjeuner, je me rendis au marché de rue dans le nord de Hyeondeok.
Crac !
Pas à pied, évidemment. J’utilisai la téléportation spatiale.
Quelques personnes me dévisagèrent lorsque je surgis de nulle part, puis détournèrent rapidement les yeux.
La téléportation spatiale à courte portée n’avait rien de particulièrement inhabituel, même à Hyeondeok.
« … Pas mal. »
Pourtant, je ne pus m’empêcher de contempler bizarrement la bague à mon doigt.
Il y avait une sacrée distance entre mon logement et ce marché. Je n’aurais pas pu la franchir par mes propres moyens.
Tout cela, je le devais donc à ce petit objet.
Même si l’autorité spatiale de son utilisateur n’avait pas atteint son apogée, l’objet lui permettait de manier ce pouvoir à la hauteur de ses capacités.
Autrement dit, j’avais atteint l’équivalent du sommet de la magie spatiale accessible à cinq étoiles.
À l’heure actuelle, l’efficacité de la magie de l’École de l’Étoile de verre pouvait être jusqu’à huit fois supérieure à celle des autres systèmes magiques.
Bref, c’était un objet complètement abusé.
… Le seul détail gênant, c’était que j’avais obtenu cet objet complètement abusé en faisant miroiter une histoire d’amour à un Transcendant vieux garçon.
« Non, putain, est-ce que je lui ai seulement demandé ? »
C’était lui qui me l’avait balancée tout à coup parce qu’il voulait me séduire.
Bien sûr, je passai commodément sous silence le fait que j’aurais pu lui dire la vérité ou refuser son cadeau.
C’était lui le fautif, à tenter la cupidité d’autrui…
Bref.
J’entrai dans le marché de rue.
Peut-être parce qu’ils m’avaient vu un peu plus tôt, la plupart des marchands ne prirent pas la peine de m’adresser la parole.
À vrai dire, ils semblaient m’éviter.
Ce qui était normal.
Un mage capable de se téléporter n’avait aucune raison de venir dans un marché rempli de bric-à-brac.
Je parvins donc sans encombre jusqu’au fond du marché.
C’était une ruelle où toute trace d’un marché de rue ordinaire avait depuis longtemps disparu.
« Ouvrez, maintenant. Je suis pressé. »
Je lançai ces mots du milieu de la ruelle.
Quiconque m’aurait vu m’aurait pris pour un fou, mais une réponse ne tarda pas à venir.
───Veuillez confirmer votre identité.
« La Tour des Mages de l’Arbre d’Hiver. Vous le savez déjà. »
───Veuillez patienter un instant.
Bzzzt.
Le grésillement fut suivi d’un silence.
Grrrriii !
Peu après, un bruit de raclement retentit dans un coin de la ruelle.
… Puisqu’ils allaient ouvrir de toute façon, ils n’auraient pas pu le faire plus tôt ?
Je pestai tout bas en entrant.
« Que nous vaut votre visite ? »
Une voix claire s’éleva dans les ténèbres, où je n’y voyais pas à trois pas.
« Je viens vendre quelque chose. »
« Continuez tout droit et entrez dans la salle portant une enseigne bleue. »
« … Merci pour les indications. »
Sans hésiter, je m’enfonçai dans l’obscurité.
Mes yeux ne distinguaient rien à l’intérieur, mais toute personne un tant soit peu compétente pouvait en percevoir la configuration grâce à sa perception spirituelle.
Ceux qui n’en étaient même pas capables étaient censés faire demi-tour.
« Hmm. »
Plusieurs salles apparurent à ma perception.
Des enseignes bleues et rouges.
Les bleues étaient destinées aux vendeurs, les rouges aux acheteurs.
Il y avait trois salles de chaque côté.
La raison de ces trois salles était simple.
Elles constituaient un deuxième filtre.
Les clients étaient classés selon la salle qu’ils parvenaient à percevoir.
Si j’étais venu ici avant d’élever mon royaume, j’aurais peut-être tout juste remarqué la deuxième salle.
Les gens des royaumes inférieurs ne pouvaient pas voir les trois salles.
Toc, toc, toc.
Quand je frappai à la porte de la troisième salle, l’assistant lapin chargé de guider les visiteurs écarquilla les yeux, ce qui n’avait rien d’étonnant.
Ses oreilles duveteuses frémirent.
Il envoya aussitôt un message quelque part.
C’était sûrement à mon sujet, mais je n’avais pas à m’en soucier.
Le véritable propriétaire de cet endroit suspect était un être distant. Tant que je ne cherchais pas les ennuis, il ne tenterait pas de me faire du mal.
Contrairement à l’extérieur, la salle m’accueillit sous un éclairage beaucoup trop vif.
Bien sûr, l’adaptation à l’obscurité ne me posait aucun problème, mais quel aménagement ridicule.
« Bienvenue. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas reçu de nouveau visiteur. »
« C’est peut-être pour ça que vous avez rendu toute la procédure aussi pénible. »
« C’est le règlement. Bien sûr, tout le monde est agacé en arrivant jusqu’ici. Et c’est moi qui en fais les frais. »
L’homme qui rit et m’invita à m’asseoir était à moitié une machine.
Deux canapés se faisaient face de part et d’autre d’une table.
Je pris place, puis il s’assit en face de moi.
« Alors, quel objet souhaitez-vous vendre ? »
Au lieu de perdre du temps en bavardages, il alla droit au but. Ça me plaisait.
Je sortis une bouteille en verre de ma bourse spatiale. La lui montrer serait plus rapide que de lui expliquer.
« Un élixir ? Il ne semble pas s’agir d’une substance naturelle. »
« Il a subi un traitement assez poussé. Je n’en connais pas les détails, cela dit. Ce n’est pas moi qui l’ai fabriqué. »
Le mensonge sortit sans que mon expression ne change. J’étais décidément devenu un vrai mage.
« Oh… Pourriez-vous patienter un instant ? »
Il tendit une main métallique, l’air intrigué.
Une lueur bleue en émana bientôt.
« Eh bien, voyons… Ha. »
Au fil du temps, la surprise envahit peu à peu son visage.
Son sourcil tressaillit avec un théâtralisme étonnant.
« … C’est remarquable. La question est peut-être indiscrète, mais en avez-vous d’autres ? »
« Il y en a trois en tout. Je suis disposé à en vendre jusqu’à deux. Leur pureté est pratiquement identique. »
« Jusqu’à deux bouteilles. Pourriez-vous patienter un instant ? »
Je hochai la tête et il demeura immobile un moment.
On aurait dit qu’il fixait le vide, mais il devait probablement contacter un supérieur.
… Environ deux minutes plus tard, il reprit la parole.
« Merci d’avoir patienté. Nous pouvons acheter deux bouteilles. Comment souhaitez-vous être payé ? »
« En pierres de bêtes démoniaques de qualité intermédiaire. Et cinq milliards de hwan par bouteille. »
« Trente pierres de bêtes démoniaques de qualité intermédiaire et cinq milliards de hwan par bouteille. Cela vous convient-il ? »
« Oui. Est-ce que je peux recevoir le paiement tout de suite ? »
« Bien sûr. »
Il acquiesça, les yeux brillants.
Trente pierres de bêtes démoniaques et cinq milliards de hwan.
Le prix était légèrement inférieur à sa valeur réelle, mais il y avait peu d’endroits à Hyeondeok où je pouvais obtenir une telle somme en toute sécurité.
« Je viens de vous transférer dix milliards de hwan. Veuillez vérifier. »
« … C’est confirmé. »
[ 10,000,385,420 ]
En contemplant mon solde exorbitant, je ne pus que rire sans joie.
Ce chef d’équipe Lee, Lee Yeonghyeon, gagnait environ un million de hwan par mois en pressurant les gens jusqu’à la dernière goutte.
Il était normal que j’aie du mal à m’habituer à un tel écart entre la pauvreté et la richesse.
* * *
Il existait apparemment des règles à suivre après avoir remporté le premier prix de la loterie.
Elles étaient classées en toutes sortes de catégories, mais se résumaient à : « Ne le faites pas savoir aux autres et ne dépensez pas votre argent n’importe comment. »
« Oh là là, ça vous va tellement bieeen ! »
« Ah oui ? »
Mais ces règles ne valaient que pour une chose aussi insignifiante que gagner à la loterie.
« Du râble de caille noire confit et du foie de bœuf-tonnerre céleste. En garniture, une purée de champignons au clair de lune, et la sauce est préparée avec du vin rouge de Galain réduit. »
« Mm. »
Dix milliards de hwan ne seraient même pas entamés par cette dépense.
Après avoir quitté Underveil, le marché noir caché dans ce marché de rue, je m’offris une brève séance de nouveau riche.
« … Ce n’est pas très amusant. »
Quiconque m’aurait entendu aurait cru que je m’étais bien amusé.
Des vêtements de créateur de la tête aux pieds, et une cigarette haut de gamme à soixante-dix mille hwan le paquet entre les lèvres.
Je baignais dans toutes les formes de luxe.
Pourtant, je ne m’amusais vraiment pas.
Impossible de trouver la moindre valeur à ce genre de choses.
Disons que c’était une façon d’évacuer le ressentiment accumulé.
J’avais toujours voulu voir à quoi je ressemblerais en nouveau riche, au moins une fois.
« Bon, ça suffit. »
J’écrasai mon mégot sous ma chaussure et soupirai.
Il était temps de m’occuper des raisons qui m’avaient poussé à venir à Hyeondeok avant d’aller ailleurs.
Il y en avait deux principales.
L’une concernait l’Arbre d’Hiver de la Tour des Mages, l’autre le protagoniste de l’œuvre originale.
… Il n’a probablement pas encore éclos.
Le protagoniste ne se manifesterait que bien plus tard.
Mais il se trouvait bel et bien quelque part à Haedong.
C’était un fait caché, révélé bien plus tard dans l’œuvre originale, mais je le connaissais déjà.
Le protagoniste n’était pas un orphelin comme les autres.
… Pour être honnête, cette révélation m’avait un peu agacé.
Si je m’étais autant investi dans le protagoniste, c’était en partie parce que nous avions un point commun : nous étions fauchés et sans parents.
Bref.
« Je pourrai bientôt élever mon royaume. »
Naturellement, j’avais fini par développer une certaine résistance à l’élixir préparé à partir du Fruit de Rosée de Jade. Il ne m’aiderait donc pas à progresser sans une augmentation drastique de sa pureté.
Et si j’en augmentais la pureté, mon corps ne pourrait pas encore le supporter.
Mais je n’avais aucune raison de faire une fixation sur le Fruit de Rosée de Jade.
J’allais bientôt pouvoir me procurer des élixirs ou d’autres moyens d’élever mon royaume.
Après tout, dans la Galerie, j’avais une quantité innombrable de…
[ Oui, tout s’est-il bien passé ? Ne m’en veuillez pas de vous contacter si souvent. Juste cette fois… ]
Moi > [Tout s’est bien passé.]
[ Tant mieux. Oz, je garderai mon cœur dévoué jusqu’au jour où nos sentiments se rejoindront. Quand je ne pourrai plus le supporter, je vous contacterai… ]
Les incurables romantiques.
Non… J’avais les Transcendants.
Ghk…
Je ne pus que me couvrir la bouche en contemplant le karma qui se dressait devant moi avec une netteté saisissante.
L’expéditeur de ce message inattendu était, bien sûr, le Transcendant qui m’avait offert cette bague.
Je fis semblant de ne pas voir tous les autres messages privés.
Mais puisque j’avais accepté quelque chose de celui-ci, je devais au moins répondre de temps à autre à ses messages. On pouvait appeler ça gérer ses soupirants.
… C’était le dernier lambeau de conscience qui me restait.
« La prochaine fois, gagne-le honnêtement. »
Autant que possible, je devais obtenir ce dont j’avais besoin avec des points gagnés en appâtant honnêtement les gens sur les classements de puissance.
C’était la seule leçon que je tirai de cette mésaventure.
Notes de bas de page :
« Gérer ses soupirants » traduit une expression coréenne d’argot Internet qui signifie littéralement « gérer le bouillon ». Elle désigne le fait d’entretenir l’attention et les dépenses d’admirateurs masculins épris.
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