Chapitre 259
Je savais quel trésor Mademoiselle Sirin recherchait.
<Route de Mag Mell>
Mag Mell, l’Île aux trésors.
À l’origine, il s’agissait d’un lieu d’épreuves où l’on ne pouvait se rendre qu’une seule fois, après la mort d’Erin. Le Joueur et son Groupe devaient y surmonter des épreuves pour obtenir des trésors légendaires en récompense.
La Lance rouge, Gae Derg, que je possédais en était un exemple.
Il existait toutefois un moyen de retourner à Mag Mell : trouver la Route de Mag Mell.
Mais y entrer une deuxième fois ne signifiait pas qu’on pouvait obtenir un autre trésor. Si le Joueur avait déjà réussi les épreuves de Mag Mell, tout ce qu’il pouvait faire, c’était discuter avec les PNJ Danann.
[Vous avez vraiment réussi.]
[Félicitations, héros.][…]
Voilà tout ce qu’on pouvait se dire après la fin.
Le seul intérêt de cette quête de la carte au trésor, c’était qu’on pouvait entrer à Mag Mell et y passer les épreuves avant le moment prévu dans l’histoire principale, afin d’obtenir un trésor, si on tombait dessus assez tôt dans le jeu.
« Mais pour les gens ordinaires, ce serait une expérience précieuse et l’occasion d’obtenir des trésors uniques. »
Mademoiselle Sirin, Jaeger et Lark n’avaient encore jamais passé les épreuves de Mag Mell.
Même si l’entrée était différente, ils pourraient tout de même y tenter leur chance et, avec un peu de chance, mettre la main sur un trésor.
« Je vais juste passer leur dire bonjour. »
Je ne m’attendais pas à revoir les Danann, cela dit.
« Merci, jeune fille. Pour la glace. »
« Ne vous en faites pas », répondit Mademoiselle Sirin à la vieille dame en déposant un sac de glace sur le front d’un jeune enfant pour calmer sa fièvre brûlante.
Elle se tourna ensuite vers moi et me demanda en souriant :
« Quelque chose ne va pas ? »
Je devais la fixer depuis trop longtemps.
« Je me disais simplement que vous étiez très gentille, en plus de tout le reste. »
« Ce n’est rien de difficile. »
Bien que nous ne nous connaissions que depuis peu, Mademoiselle Sirin me semblait être une personne vraiment bien. Elle était venue chercher un trésor, et pourtant, elle se portait volontaire pour aider les villageois, pratiquement gratuitement.
Il lui arrivait de me lancer des regards étrangement froids… mais c’était probablement un malentendu.
Elle était gentille. Elle méritait donc une récompense à la hauteur.
« On va chercher le trésor, maintenant ? »
« Bien sûr. J’ai entendu dire que Monsieur Jaeger et Monsieur Lark avaient aussi terminé leurs préparatifs. »
Tant qu’à faire, je pourrais offrir un trésor à chacun de mes amis, pour les aider dans leur carrière.
« … »
Hein ? Cette sensation me reprenait.
Je sentais sur moi un regard étrange. Froid… glacial… et insistant…
« Mademoiselle Sirin ? »
Je me retournai, me demandant s’il y avait un problème, et la trouvai en train de me sourire de toutes ses dents.
« Qu’y a-t-il ? »
« Euh… non, rien. »
Je devais me faire des idées.
Une personne aussi gentille ne pouvait pas me regarder comme ça, si ?
………
……
…
« Il est très perspicace. Je vais devoir faire attention. »
Sirin observa Korin, qui avait remarqué ses regards, et étira les lèvres en un sourire.
En tant que mage, elle ne connaissait pas grand-chose aux « arts martiaux », au « karma » et à toutes ces choses-là. Pour être tout à fait honnête, elle n’était pas non plus très sûre de comprendre le « sixième sens ».
Pourtant, Korin avait toujours survécu grâce à ces choses.
Au départ, il n’était qu’un Personnage secondaire.
Un figurant de troisième ordre, à peine digne d’être considéré comme un personnage mineur, encore moins de jouer un rôle important.
Il ne connaissait que les Trois Paumes et une Maîtrise de la lance ordinaire, comme on en trouvait dans n’importe quelle bibliothèque.
Avec ce seul arsenal, Korin Lork avait pourtant survécu plus de deux ans. Il avait tué Fermack et joué un rôle majeur dans la défaite d’Eochaid Bres.
« Même Valtazar se souciait davantage de grand frère que de moi. »
Encore aujourd’hui, Sirin ne comprenait pas : elle ignorait comment elle avait pu perdre contre lui.
Elle avait exploité tous ses Préceptes et submergé Valtazar par la seule puissance de sa magie, et pourtant, d’une manière ou d’une autre, il avait réussi à l’atteindre.
La logique ne suffisait pas à l’expliquer, et sa raison ne parvenait pas à le comprendre.
Korin Lork était du même genre que ce Valtazar.
« Je ne baisserai pas ma garde. »
Voilà pourquoi elle devait être plus parfaite et plus minutieuse que jamais. Sirin avait élaboré ses plans avec soin, tandis qu’elle mettait en place le piège destiné à Korin Lork, commencé dès son arrivée dans ce monde.
[Vous allez échouer, c’est certain.]
« Hmph. »
Son plan ne pouvait pas échouer.
****
Dans la montagne derrière le village se cachait un passage menant à Mag Mell, l’Île aux trésors.
À vrai dire, il s’agissait plutôt d’une faille dimensionnelle reliée à Mag Mell.
Dans un passé lointain, alors que l’ère mythologique touchait à sa fin et que les Danann décidaient de quitter ces terres après avoir dissimulé le Paradis, ils ignoraient une chose : une faille dimensionnelle entre la réalité et Mag Mell s’était formée par pur hasard.
La carte au trésor indiquait que le passage menait à un endroit où une bande de voleurs avait caché tous ses trésors. Le créateur de la carte d’origine devait être sacrément doué : il avait réussi une épreuve des dieux et obtenu un trésor.
« Même si on peut trouver un peu d’or, ici… »
Ça ne représentait que quelques piécettes.
Bon, pas au point que quelqu’un d’ordinaire comme moi puisse vraiment parler de « piécettes », mais…
« J’ai Marie, mon aînée, avec moi. L’argent ne sera jamais un problème. »
Derrière moi se tenait Marie, la personne la plus riche du continent. Et question fortune, il y avait aussi Estelle, Miru, et même Lunia, qui était plutôt riche.
« Hein ? » Une idée me traversa soudain l’esprit.
« Qu’y a-t-il, grand frère Korin ? »
« Non… Attends… »
À bien y réfléchir…
« Si je n’épouse ni Marie ni Estelle, je ne posséderai pratiquement rien, pas vrai ? »
« … »
Crac !
J’entendis quelque chose se briser dans les mains de Mademoiselle Sirin. Elle avait l’air d’être du genre à ne pas savoir doser sa poigne.
« Tu viens seulement de t’en rendre compte ? »
Lark me regarda comme si j’étais un imbécile.
« Ne me dis pas que ce crétin pensait épouser quelqu’un d’autre et demander de l’argent à Marie ou à la Sainte », fit remarquer Jaeger.
« Hé ! Présenté comme ça, j’ai l’air d’une ordure ! »
« Euh… Korin ? » fit Lark. « Mais… euh… c’est exactement ce que tu es, non ? »
« Lark ! Tu y vas un peu fort ! »
« Allô, monsieur Ko ? Une personne normale ne se demande pas laquelle de sept filles fréquenter, d’accord ? »
Jaeger et Lark s’étaient ligués contre moi. Ces types… Ils devenaient toujours odieux dès qu’on parlait de relations amoureuses.
« Pas vrai, Mademoiselle Sirin ? »
Jaeger alla même jusqu’à demander à Mademoiselle Sirin de se joindre à eux pour me tomber dessus. Elle me lança un regard glacial.
« Oui. Un homme qui entretient des relations compliquées avec beaucoup de femmes est quelqu’un d’affreux. »
« Euh… Il y a une bonne raison à tout ça… » tentai-je de m’expliquer, mais Mademoiselle Sirin poursuivit :
« Flirter avec un tas de femmes sans même s’en rendre compte, en avoir des dizaines autour de soi et prétendre les aider parce qu’elles sont des “amies”… Vous imaginez à quel point c’est ridicule, vu de l’extérieur ? »
« C’est exactement ce qu’on dit ! »
« Vous en savez des choses, Mademoiselle Sirin ! »
Sa voix glaciale ne s’arrêta pas là.
« Entrer chez des filles qui vivent seules pour y manger, aller sans arrêt dans des restaurants chics, chaque fois avec une femme différente. Aller dans le même café avec des dizaines de filles et prétendre qu’elles sont toutes des amies et qu’on ne sort avec personne. »
« Oh… On dirait qu’il y a quelqu’un d’autre exactement comme Korin. »
« Ça sent le vécu… »
Mademoiselle Sirin… était très précise dans ses descriptions.
« Ça parle… de quelqu’un en particulier ? » demandai-je.
« Le grand frère qui vivait dans ma ville natale était exactement comme ça. C’était le plus grand coureur de jupons du siècle. Tous les trois jours, un nouveau nom de fille s’ajoutait à sa liste de connaissances, et cette ordure finie venait s’en vanter devant moi… »
Elle serra les dents, comme si elle ne tenait plus en place. Cette fille…
« On dirait que tu l’aimais bien. »
« … »
À ces mots, ses yeux s’arrondirent. Son visage n’avait jamais été aussi animé ni aussi plein de vie.
Et…
« Je préférerais ne pas entendre ça de votre bouche, grand frère Korin. »
Elle répondit d’un air accablé.
Qu’est-ce que j’avais fait ? Elle ne se plaignait pas parce que l’homme qu’elle aimait n’avait jamais remarqué ses sentiments et continuait à sortir avec d’autres filles ?
Mademoiselle Sirin ne dit plus rien pendant un long moment. De temps à autre, elle se contentait de me jeter un regard glacial.
****
Cette chasse au trésor comportait plusieurs quêtes. La méthode habituelle consistait à analyser certains indices obtenus à la fin de chacune, mais comme je connaissais déjà la réponse, j’« analysai » rapidement la carte et nous arrivâmes devant une grotte.
« On dirait que c’est ici. »
« Waouh. Tu avais raison. »
« Je croyais que tu ne savais que t’amuser avec les femmes, Korin, mais tu as l’air doué aussi pour chercher des trésors. »
« Tu n’étais pas obligé de commencer par ça. »
Dans cette grotte, il suffisait d’actionner un levier pour ouvrir une petite salle, où se trouvait la faille dimensionnelle menant à Mag Mell.
Je ne ferais probablement que revoir les Danann au lieu de passer les épreuves, mais c’était tout de même une bonne occasion d’aller leur dire bonjour.
– Grinc ! Grinc !
« Oh ! Ça s’ouvre ! »
« Des trésors ! Des trésors ! »
La grotte s’ouvrit comme l’entrée d’un coffre-fort dans un film fantastique. À l’intérieur…
« Oh~ Tu l’as vraiment amené. Je l’attendais. »
– Diling~
Un beau jeune homme aux cheveux blonds nous attendait en jouant de la harpe.
« Oengus ? »
Je ne m’attendais pas à ce qu’Oengus nous accueille. Il devait avoir beaucoup de temps libre.
« Jeune fille. »
Une fille ?
Il n’y avait qu’une seule fille ici… Attends, comment Oengus la connaissait-il ?
Quelque chose clochait.
Mon cœur se serra tandis que mon instinct… mes sens, se mettaient à sonner l’alarme.
« Mademoiselle Siri… ? »
C’est alors qu’une quantité gigantesque de mana fluctua dans mon dos.
<Sort suprême – Décollement dimensionnel>
<Sort suprême – Création d’une sous-dimension>
<Sort suprême – Déclaration du triangle magique>
Chacun de ces sorts… était la spécialité de « celui qu’elle était ». Ces sorts suprêmes étaient des sorts originaux créés par Park Sihu, capables de séparer une dimension entière de ce monde.
C’était exactement la même série de sorts qui m’avait englouti lorsque j’avais découvert la vérité à son sujet et que je l’avais condamné…
<Sort transcendant – Scellement>
« Attends, putain ?! »
Le monde bascula au milieu de ma confusion totale.
****
« Ah… »
La 99e Joueuse de <Heroic Legends of Arhan>, Park Sihu.
Son vrai nom était Park Sirin.
Étudiante dans une université renommée, où elle se spécialisait en mathématiques, elle avait passé trois ans dans un autre monde.
Là-bas, elle avait rencontré son premier amour, l’avait trahi et avait fini par être vaincue par le boss final.
[Le Sous-joueur, Korin Lork, va donc reprendre le rôle du Joueur.]
Elle avait été forcée de retourner dans le monde réel.
Son premier amour, lui, n’était pas revenu, alors qu’elle avait retrouvé la Terre après y être morte.
Pendant trois ans, il avait été son univers entier.
Ayant perdu son vrai corps et se retrouvant dans celui d’un homme, elle n’avait pas pu lui avouer ses sentiments avant la toute fin — et de la pire manière qui soit.
Il n’était pas revenu.
Le premier mois avait été celui du désespoir et de l’agonie. Enfermée dans la maison où il vivait seul, elle s’était abandonnée à son odeur.
Grand frère n’était nulle part dans ce monde. Il était toujours prisonnier de cet univers maudit.
Sous-joueur… Elle savait ce que ce stupide jeu cherchait à faire.
Comme elle avait échoué, il voulait que grand frère s’en charge à sa place.
Et comme il était trop bon, il allait probablement faire de son mieux.
« Putain d’idiot. Meurs, tout simplement. Meurs. Je t’en prie, meurs… »
S’il mourait aussi dans ce monde… il reviendrait ici, pas vrai ? Pas vrai ?
Qu’est-ce qu’il aimait tant dans ce faux monde, et pourquoi s’acharnait-il à sauver ces bouts de données ?
Quel idiot. Arrête de t’immerger autant dans ton rôle.
Ses sanglots résonnèrent en vain dans la pièce.
Deux mois passèrent.
Pendant ces deux mois, tout s’écroula autour de Sirin.
Elle n’allait plus à l’université. Inquiets de ne pas réussir à joindre leur fille, ses parents appelèrent la police, et elle fut portée disparue.
La police entra parfois dans la chambre de Korin, mais la barrière l’empêchait de voir Sirin, qui s’enroulait dans la couverture de Korin. Ils finissaient par repartir.
Ce ne fut qu’après avoir passé plusieurs mois sans rien manger que Sirin comprit qu’elle était toujours en vie.
« … »
Son corps et son mana… lui permettaient encore de survivre.
Elle était devenue un organisme parfait, qui n’avait même pas besoin de se nourrir. Son corps transformait l’air qui traversait ses poumons en mana, puis utilisait automatiquement ce mana pour produire les nutriments indispensables à sa survie.
Ce ne fut qu’en comprenant qu’elle ne pourrait pas mourir à moins de se donner la mort que Sirin sentit qu’il lui restait du mana à l’intérieur du corps.
Oui… Park Sirin possédait toujours le pouvoir, la magie et les connaissances qu’elle avait acquis dans <Heroic Legends of Arhan>.
Son esprit s’éclaircit lorsqu’elle comprit tout cela.
Et si…
Et si elle n’était pas entrée dans un jeu, mais avait été envoyée de force dans une autre dimension sous le nom de « Joueuse »… ?
« Rien ne peut m’empêcher de retourner de l’autre côté. »
Elle n’avait besoin d’aucune raison ni d’aucune preuve pour étayer son hypothèse : elle en était elle-même la preuve vivante. Même si cette possibilité n’était qu’infime, elle allait tout de même tenter sa chance.
Rien n’était impossible. Elle élabora rapidement un plan et se lança dans ses expériences.
Et une chose était indéniable… Park Sirin était un génie.
Envoyée de force dans un autre monde, régi par des normes et des lois totalement différentes, elle comprit la magie de fond en comble en seulement deux ans d’études, et parvint même à créer un sort original sans l’aide du système…
[Par la présente, je déclare… !!]
En tant que Joueuse, elle avait exploité ses connaissances pour s’approprier tous les Éléments cachés, mais ce n’était pas ce qui lui avait valu le titre de grande mage. Elle le devait à sa compréhension ingénieuse des mathématiques et de la magie.
[—Je jure de m’y conformer !]
Dieu de la Magie.
Ses seules capacités lui avaient valu d’être appelée une déesse.
[C’est une réussite ! Nous avons créé un portail interdimensionnel !]
[Félicitations, présidente… !]
[Vive l’Empire magique de Corée… !]
[Hourra ! Hourra ! Hourra !]
[Vive la présidente Park Sirin !]
Quinze ans.
Son obsession sans fin avait enfin porté ses fruits, et elle avait abandonné tous ses biens et son autorité pour retourner dans ce monde.
[Ça va, Sihu ?]
[Les mages, repliez-vous. Je vais vous protéger.]
[Bien joué. Tu es blessée quelque part ?]
Elle chercha les dieux, en remontant le fil de ses souvenirs vagues qu’elle ne parvenait qu’à peine à retrouver, tout en aspirant à revivre ces jours-là.
[Tu es… Quelle surprise que tu aies réussi à venir ici dans un corps humain.]
[Tu n’as pas ta place ici. Retourne dans ton monde.]
Les Danann refusèrent d’accueillir Park Sirin, mais l’un d’eux fit exception.
[J’aime ça, jeune fille ! Je suis Oengus, le Danann de l’Amour ! Je suis absolument fasciné par l’obsession de ton amour !]
Oengus, le Danann de l’Amour.
Avec son aide, elle commença à mettre son plan à exécution.
– Cling, cling !
En entendant le bruit des assiettes de la veille qu’on lavait, Sirin ouvrit les yeux.
« Je t’ai réveillée ? »
Dans la cuisine, de l’autre côté du séjour, se tenait un homme aux longs cheveux bleu nuit.
« …Pourquoi ne m’as-tu pas réveillée plus tôt ? »
« Je me suis dit que tu avais besoin de repos. Tu t’es trop dépensée, hier soir. »
« Qui crois-tu que ce soit la faute de… Aïe… »
Elle avait du mal à bouger : ses muscles endoloris protestaient à chaque mouvement.
Il était tout simplement trop fort.
Sirin resta sur le lit, se tortillant dans tous les sens, jusqu’à ce que Korin s’approche et lui tende un verre d’eau.
« Tiens. »
« …Merci, grand frère. »
Elle avait envie de vider le verre d’un trait, mais se retint. Jetant un coup d’œil à Korin, elle but l’eau avec élégance.
Même si elle détestait perdre du temps et faisait toujours tout à la hâte, elle voulait tout de même se montrer douce et réservée devant l’homme qu’elle aimait.
« Bon, alors… »
Korin lui prit le verre vide et le posa sur la table, puis revint derrière Sirin et la prit dans ses bras.
« Haa… ! Espèce de… Je t’ai dit de ne pas me toucher là sans prévenir. »
« Pourquoi donc~ ? Ça vous plaît aussi, non ? Vous ne vous souvenez pas de la nuit dernière ? »
Murmurant d’un ton malicieux, Korin lui pétrit la poitrine comme de la pâte de riz.
« Putain, ça fait mal quand tu me touches comme ça, sans prévenir. »
« Ça ne vous plaît pas ? Vous voulez que j’arrête ? »
« …Embrasse-moi d’abord. »
Elle avait enfin obtenu l’amour qu’elle désirait.
Après une longue obsession qui avait frôlé la folie, son amour avait traversé les mondes et porté ses fruits.
Mais avec lui était apparue une bombe à retardement, qui finirait forcément par exploser.