Chapitre 257
La longue saison hivernale prit fin avec un printemps tardif.
Pourtant, les traces de l’hiver n’avaient pas encore complètement disparu. Des tas de neige n’avaient pas fondu sur les toits, et les bêtes démoniaques qui se réveillaient tard de leur hibernation descendaient souvent vers les plaines.
Une guerre gigantesque venait à peine de s’achever, mais le monde était toujours plongé dans le chaos.
En ces temps troublés, chevaliers et mages étaient précieux, y compris les élèves actuels de l’Académie.
Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Je me jurai de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour aider les gens qui souffraient encore terriblement.
« Alors… c’est ça, ton excuse pour fuir sans prendre de décision ? »
« Quel connard. »
Lark et Jaeger commentèrent en me regardant comme si j’étais une ordure.
« Vous êtes vraiment de mauvais amis. Arrêtez de me regarder comme ça ! » « J’y peux rien, je comprends juste pas ce type. »
Sérieusement, c’étaient les rares amis « masculins » que j’avais, alors j’espérais qu’ils se montreraient un peu plus gentils.
« Pff… Je devrais peut-être demander à d’autres personnes. »
« T’as d’autres amis à qui demander conseil, à part nous ? Peut-être Dorron et Kranel ? » demanda Lark, qui semblait vraiment curieux.
Eh bien, j’avais quand même pas mal d’amis.
« Je pourrais demander à la professeure Deina, à la professeure Lulara, à Marie, à Melina, à Jenna, mon aînée, à Jurie, à Liel, mon aînée, ou à Elza, mon aînée — tu sais, celle qui a été diplômée cette année. Elles pourraient m’aider. Hmm… Ou alors, puisque c’est une histoire de relations, Mielle ou Clara seraient peut-être plus à même de me conseiller… Il y a aussi madame McMillan — je l’ai aidée quand elle a eu un problème avec l’un de ses chats —, et Anna pourrait sans doute m’aider aussi, vu sa maturité. Enfin, je suppose qu’aller demander conseil à une fillette de dix ans pour mes histoires de cœur n’est pas l’idée du siècle. »
« … La liste s’allonge de plus en plus. »
« Je te jure, ce type est un sacré salaud. »
Tous deux me condamnèrent du regard, pleins de mépris. Il y avait visiblement un malentendu.
« C’est pas ce que vous croyez, bande d’idiots ! Ce sont juste des amies ! »
C’étaient des types comme eux qui racontaient toujours des absurdités, du genre que les hommes et les femmes ne pouvaient pas être de vrais amis.
Mais c’était faux, et j’en étais la preuve vivante.
J’avais des amies proches comme Younghee, Hanbyul, Seyoung, Misha et Fujiwara. On était vraiment très proches !
— Boum !
Soudain, la calèche s’arrêta. Nous étions arrivés à destination : un petit village non loin de l’Académie.
« Aigo, chers Gardiens ! Vous voilà enfin ! »
Le chef du village, que nous avions croisé çà et là, nous accueillit avec effusion.
« Hein ?! »
Dès qu’il me vit, le chef se mit à genoux et s’inclina.
« Ô, ô Soleil… ! »
Il ne fut pas le seul. Les villageois rassemblés près de l’entrée pour voir les visiteurs se mirent tous à genoux.
« Ô Grand Soleil… !! »
En les voyant ainsi, Jaeger esquissa un sourire en coin.
« T’as entendu ça, ô grand sauveur ? »
« Aigo… »
Rien que de voir ça me donnait mal à la tête. Les rumeurs lancées par Estelle y étaient pour beaucoup.
Alors qu’elle s’employait à contrer les prophéties de l’Apocalypse de la Vieille Foi, Estelle avait ajouté de son propre chef quelques vers à mon sujet.
Un nouveau Soleil se lèvera.
À elle seule, cette phrase aurait pu être interprétée comme l’annonce d’un héros qui sauverait le monde. Mais Estelle avait prêché des prophéties qui me donnaient une tout autre importance, comme si elle cherchait vraiment à faire de moi un dieu.
Et surtout…
« Franchement, quiconque aurait vu ça ne te prendrait pas pour un humain. »
« Honnêtement… moi non plus, je ne te vois pas comme un humain. »
Même Jaeger et Lark réagissaient ainsi, à cause du Soleil que j’avais manifesté pour ramener la lumière dans le monde et faire fondre l’hiver.
Les gens semblaient avoir vu, depuis les quatre coins du monde, le Soleil descendre et rendre sa chaleur à la terre. Des témoins racontaient même l’événement jusque dans les endroits les plus reculés du continent.
Était-il juste de considérer comme un être humain ordinaire quelqu’un capable d’accomplir pareille chose ? Même dans la capitale royale, le sujet semblait alimenter des débats sans fin.
« Eh bien, ça ne change rien », répondis-je. « Je reste un humain, juste un peu trop incroyable. »
« Et c’est reparti. »
« C’est dans ces moments-là que tu as l’air d’un humain normal. »
Ils continuèrent à marmonner jusqu’à ce que nous soyons prêts à accomplir notre mission d’aide civile militaire. Il s’agissait de déblayer la neige autour du village et de nous occuper des bêtes démoniaques ou des esprits qui pourraient apparaître dans les environs.
C’était une sorte de mission bénévole ; la seule compensation était le remboursement des frais de déplacement.
« Au fait, ça ne pose vraiment pas de problème que tu sois ici ? »
Jaeger posa la question en ramassant un tas de neige. Lark répondit à ma place.
« Il cherche juste à gagner du temps. Il n’arrive sans doute pas à se décider, alors il a choisi de s’enfuir. Cette mission d’aide civile n’est qu’un prétexte. »
« Argh… ! »
Lark me connaissait trop bien.
« Mais c’est si difficile que ça ? » demanda Jaeger. « Il n’y en a que cinq… Attends, ils étaient combien déjà ? »
« Marie, Alicia, Hua Ran, mademoiselle Lunia, puis Son Altesse Estelle et Miruam… Il faut aussi compter la Présidente Erin. Ça fait sept pour l’instant, je crois », répondit encore Lark.
Pourquoi ce « pour l’instant » ? Hein ? Lark ?!
« Ça fait beaucoup. Mais Hua Ran ne compte-t-elle pas pour deux ? »
« Pour Hua Ran, il n’a pas besoin de choisir entre elles, après tout. »
« Dans ce cas, Hua Ran serait le meilleur choix, non ? »
« Il n’a qu’à épouser tout le monde… ! » Jaeger débita ses sottises, mais Lark les interrompit d’un mouvement de tête.
« Dans ce cas, il faudrait aussi mettre ensemble les sœurs Arden et Leurs Altesses. »
Lark faisait allusion aux sœurs Arden, qui attendaient impatiemment l’occasion de se voler l’homme qu’elles aimaient, ainsi qu’aux deux princesses que le roi m’avait officiellement autorisé à épouser.
« Mais, mec, tu peux pas non plus renoncer à Marie. Tu sais combien d’argent elles ont ? Des dizaines de mines et deux millions d’hectares de terres agricoles. »
« C’est tellement énorme que j’arrive même pas à me représenter la chose. »
« Et elle a une poitrine immense ! »
« … C’est un honneur de l’avoir pour future patronne », déclara Lark Buhgman, futur employé tout désigné de la nouvelle Tour des Mages, la Tour de Dunareff, grâce à la force des relations.
« Mais ce serait dur de renoncer à Alicia aussi. Elle a tout de la bonne épouse, je trouve. Elle a un super caractère. »
« Elle est gentille et parfois adorable quand elle se montre maladroite. »
« Et surtout, je pense qu’elle accepterait que tu la trompes et accueillerait les autres comme ses épouses. »
« … Je suis d’accord. Elle serait l’épouse parfaite pour Korin. »
« Et Hua Ran aussi ! Quand on la voit chuchoter, on dirait un renard. »
« En plus, Hua est plutôt indifférente, mais elle est assez mignonne quand on commence à lui parler. »
« Et c’est un lot deux-en-un ! Deux saveurs ! »
Je les regardai sans la moindre retenue avec mépris, tandis qu’ils poursuivaient leur stupide conversation.
« … Sérieusement, vous avez une façon de penser horrible. »
Jaeger se retourna.
« Alors, qui tu préfères ? »
« … »
« À la fin, il faudra bien que tu choisisses quelqu’un, non ? Tu vas pas toutes les ignorer ? »
« Je ne peux pas… faire ça. »
Il fallait que je prenne une décision. Je le savais, mais il y avait… un problème…
〚Je ne fermerai pas les yeux sur le malheur des gens de bien.〛
[Respectez votre Précepte]
De Marie à la Maîtresse… Un message système s’affichait pour tout le monde, sauf Miruam.
Exactement : mon Précepte, « Je ne fermerai pas les yeux sur le malheur des gens de bien », s’appliquait aussi à ma vie amoureuse.
Si je choisissais quelqu’un, les autres auraient le cœur brisé, et mon Précepte ne me permettrait pas de laisser cela arriver !
Miruam était probablement exclue parce qu’à mes yeux, elle était loin d’être une personne de bien.
Mais je ne pouvais pas pour autant l’écarter de la liste de mes prétendantes, puisqu’elle aussi m’aimait.
« C’est les conséquences qui posent vraiment problème… Si j’en choisis une, les autres… »
Ce serait aller à l’encontre de mon Précepte, pour les autres. Je n’avais jamais subi de sanction de ce niveau en enfreignant le Précepte, puisque je ne l’avais jamais enfreint !
Et puis, il avait un degré de difficulté S. Je n’arrivais pas à imaginer quelle ampleur pourrait prendre la sanction.
Si je repense à ce qui était arrivé à Valtazar dans le jeu…
Dans le jeu original, Valtazar avait perdu une part considérable de ses pouvoirs, mais ma situation actuelle était encore pire.
Six personnes seraient malheureuses — six sanctions de rang S !
« C’est vrai… Je ne crois pas que les autres resteraient sans rien faire en te voyant en choisir une autre. »
Ils n’avaient aucune idée de ce qui m’inquiétait et semblaient avoir mal interprété mes paroles.
« Non, enfin… c’est pas le problème. »
J’imaginai ce qui se passerait si je n’en choisissais qu’une comme compagne.
« … Elles sont toutes gentilles, alors je ne pense pas que ça tournerait au drame. »
« … »
« … »
« Quoi… Qu’est-ce qui vous prend ? »
« … Rien. »
« Si tu le dis, Korin. »
C’était bizarre, mais dans tous les cas, je m’étais porté volontaire pour venir ici afin de repousser le problème et de gagner du temps.
J’avais postulé pour une mission de plusieurs jours, qui suffirait à elle seule à remplir les heures de service bénévole requises pour l’année.
[Une mission d’aide civile militaire d’une semaine… Hmm, je crois comprendre pourquoi, mais j’accepte.]
À voir la façon dont elle secouait la tête, dame Josephine semblait avoir deviné mes intentions.
Dans une semaine ou deux… j’aurai un peu plus de temps pour réfléchir, au moins.
Marie allait bientôt obtenir son diplôme, et Hua Ran ainsi qu’Estelle seraient occupées par des affaires liées à l’Ordre. Quant à Miruam, eh bien, elle était toujours occupée.
Elles avaient toutes des choses urgentes à régler. J’étais donc certain de gagner pas mal de temps en disparaissant pour quelque temps.
Mais est-ce que plus de temps me permettra de résoudre ce problème ?
Quelle que soit ma décision, tout le monde serait malheureux, sauf une seule personne, pas vrai ? Ce problème avait-il seulement une solution ?
Maudit Précepte. N’était-il pas trop tard pour m’en débarrasser ? Il m’avait aidé à surmonter bien des épreuves jusque-là, et voilà qu’il me frappait dans le dos au dernier moment !
Ce genre de problème aurait dû être discuté avec la Maîtresse, mais elle faisait elle aussi partie du problème.
« AAAAAH… ! MERDE… ! »
« Il recommence. Il est complètement fou, c’est sûr. »
« Laisse-le. Il se débat avec le dilemme le plus heureux de l’histoire des hommes. »
« Je l’avais vu venir de loin, pourtant. »
Ces deux-là ne m’étaient d’aucune aide. Ils se contentaient de me regarder avec mépris, comme si j’étais aux prises avec un dilemme de rêve, et de me traiter de sacré coureur de jupons.
« Pff… »
Inutile de me faire du souci, ça ne m’avancerait à rien. Puisque j’étais là, autant continuer à aider les gens. Je me dirigeai vers le chef du village.
« Monsieur le chef. »
« Aigo, Soleil vénéré. »
« Je vous en prie, ne soyez pas si formel. Traitez-moi comme d’habitude. »
« Comment pourrais-je manquer à ce point de respect au Champion du Soleil reconnu par la sainte femme ? »
« … »
Sérieusement, qu’est-ce qu’elle fabriquait, là-bas ?
« Quelle est la tâche la plus urgente ? Je dois faire fondre toute la neige ? »
Malheureusement, je ne pouvais pas utiliser le Soleil pour le moment. Je l’avais trop sollicité en faisant fondre l’hiver partout dans le monde ; il avait besoin de temps pour récupérer.
Je devais me concentrer sur la récupération de mon énergie divine, mais je pouvais toujours utiliser les Runes du Soleil pour faire fondre la neige accumulée autour du village.
« Il y a quelque chose de plus urgent que ça… » Le chef marqua une pause. « Ah oui, une mage est venue ici il y a quelques jours. »
« Une mage ? C’est étrange. J’ai vérifié les registres et aucun Gardien n’a été envoyé dans cette région. »
J’étais le Président de l’Association des Gardiens. Même si j’allais bientôt céder ma place à quelqu’un d’autre, j’avais fait mes recherches avant de venir et aucun Gardien n’avait été envoyé ici.
« C’était une mercenaire. Elle a fait halte dans notre village pendant son voyage et s’est gentiment proposée pour s’occuper des nids de bêtes démoniaques, pour un prix modique. »
« Vraiment ? »
Même les mages de bas rang coûtaient cher à engager. Pour qu’un village isolé comme celui-ci puisse se le permettre, il fallait que ce soit une mage de très bas rang ou une personne particulièrement généreuse.
« Elle est partie chercher les nids de bêtes démoniaques, mais ça fait deux jours qu’elle n’est pas revenue. Elle avait emporté du matériel de camping, mais… c’est une jeune femme, alors je m’inquiète un peu pour elle. »
Être partie deux jours ne me semblait pas anormal. Si le nid était assez grand, il fallait prendre plusieurs mesures pour s’assurer qu’aucune bête ne s’échappe vivante.
En outre, c’était particulièrement long pour les mages qui, contrairement aux chevaliers, ne pouvaient pas simplement foncer dans une foule de bêtes démoniaques pour toutes les massacrer.
« Elle est partie dans quelle direction ? Je vais aller l’aider. »
« Aigo ! Je suis sûr que le Soleil vénéré pourrait facilement s’occuper des bêtes, mais je crains que cela ne revienne à donner des ordres à une personne aussi éminente. »
« Traitez-moi normalement, je vous en prie. »
Je laissai le chef derrière moi et rejoignis Jaeger et Lark, qui déblayaient toujours les tas de neige.
« Je dois aller un moment à la montagne, là-bas. »
« Hein ? Pourquoi ? Il nous faut des runes pour faire fondre la neige. »
« Demande à Lark de s’occuper du feu. Il y a un nid de bêtes démoniaques là-bas. Je vais vite m’en charger et je reviens. »
« D’accord. On s’occupe du village, vas-y. Tu as besoin de rations ? »
« J’ai ce qu’il me faut. »
Je laissai les deux autres derrière moi et pris la direction qu’avait empruntée la mage.
Les montagnes étaient assez accidentées et dépourvues de routes, mais je n’eus aucun mal à trouver le nid des bêtes démoniaques.
Des monstres de type sanglier, hein ?
Ils excellaient dans l’escalade et vivaient en grandes meutes. Au mieux, ce n’étaient que des démons de rang 4, mais ils étaient nombreux et il fallait les éliminer tous en même temps.
Sinon, il fallait construire des pièges tout autour pour les empêcher de fuir et de former une nouvelle meute ailleurs.
Pas étonnant que la mage n’ait pas pu revenir tout de suite.
Les tuer à coups de sorts de feu à grande échelle était risqué : cela pouvait provoquer un incendie de forêt ou détruire la faune locale. Pour s’occuper d’un nid comme celui-ci, en pleine montagne, mieux valait envoyer un grand groupe de Gardiens ordinaires qu’un seul Gardien exceptionnellement puissant.
Commençons par trouver la mage.
Elle avait dû passer les deux derniers jours à préparer le terrain, alors la plupart de ses préparatifs devaient être achevés. En fait, elle n’aurait peut-être même pas besoin de beaucoup d’aide.
Je ne tardai pas à la trouver.
« Qui va là… ! »
Elle remarqua ma présence, se retourna aussitôt et pointa son bâton vers moi. Je levai rapidement les mains et lui expliquai ce que je faisais là.
« Du calme, du calme. Je viens du village ; le chef m’a demandé de venir vous aider. »
« … »
La mage semblait méfiante et gardait son bâton pointé sur moi. Elle était… d’une grande beauté.
Elle avait une silhouette en S, mince mais bien en chair, et des cheveux bruns qui lui donnaient un air frais. Pourtant, son visage — ou plutôt son aura — m’était étrangement familier.
« Pardonnez-moi, j’ai dû rester sur mes gardes ces deux derniers jours en observant le nid. Je vous prie de m’excuser, monsieur Korin. »
« Vous me connaissez ? »
À ma question, elle répondit par un sourire discret, comme si c’était idiot de demander.
« Qui ne reconnaîtrait pas le Soleil ? »
« Les rumeurs se sont vraiment trop répandues, pas vrai ? »
Je m’approchai et lui tendis la main.
« Je m’appelle Korin. Je suis en troisième année à l’Académie. »
« Vous oubliez quelques titres, non ? »
« J’en ai beaucoup. Collectionner les titres est l’un de mes passe-temps. »
Juge de paix de rang 1, chef de la guilde des Gardiens de Korin, baron du royaume, Président de l’Association des Gardiens, et j’en passais… Cela en disait long sur la vie trépidante que j’avais menée.
« Je n’ai pas entendu dire qu’une mage avait été envoyée dans cette région. Vous êtes une mercenaire ? » demandai-je.
« Je viens de me lancer. Je n’ai pas encore pu m’inscrire à l’Association. »
« Pas étonnant. J’aurais remarqué une aussi jolie femme si vous vous étiez inscrite. »
« … Vous pouvez répéter ? »
« Hmm… Pardonnez-moi si je vous ai vexée. »
« Non, non, non. Ce n’est pas ce que je voulais dire. J’ai juste pas compris ce que vous avez dit. »
Vraiment ? Les mages n’avaient-ils pas de bien meilleures capacités physiques que les gens ordinaires ? Enfin, puisqu’elle me le demandait, je répétai mes paroles.
« J’ai dit que j’aurais remarqué une aussi jolie femme si vous vous étiez inscrite. »
« Vraiment ? »
Son visage restait impassible, mais le coin de ses lèvres se releva légèrement et ses joues rosirent un peu. Elle semblait de bonne humeur.
Quelqu’un me faisait penser à elle… Qui était-ce déjà ?
« Ah oui, j’ai oublié de me présenter. »
La mage reprit la parole, tout en serrant étrangement fort la main que je lui avais tendue.
« Je m’appelle Park Sirin. »
Elle venait de l’Est, hein !