Chapitre 193
Chapitre 193
『Traducteur : RainTL』
༺ Miruam Elizabeth El Rath (5) ༻
« C’est quoi cette proposition ? »
La vice-ministre de l’Administration, Barohk, pencha la tête en découvrant l’un des documents qui nécessitaient sa validation.
« Qui a envoyé ça ? »
C’est par pur hasard que Barohk tomba sur ce document, en pleine période de rush pour le recrutement d’une armée contre les demi-humains.
« Dites-leur de revoir leur copie. Qui diable a cru que c’était une bonne idée de faire passer un truc pareil à notre époque ? Hein ? Vous voulez mourir ? »
Membre de la faction aristocratique et fervente adepte de la Vieille Foi, elle réprimanda sévèrement le « comte Manoska » pour avoir soumis un tel projet de loi. Après cela, le comte Manoska…
« Alors euh… je n’ai pas réussi à le faire passer. »
Il transmit rapidement la nouvelle à Renya et Josephine, qui attendaient dans la capitale royale que le texte soit validé.
« Ça pose un léger problème. »
« J-j’ai fait de mon mieux ! Alors s’il vous plaît, ne révélez pas mes passe-temps ! »
Sans se soucier du comte, inquiet à l’idée que son penchant pour le travestissement ne soit dévoilé au grand jour, Josephine se tourna vers Korin.
« Qui pose problème ? »
Et elle revint avec Marie Dunareff.
………
……
…
Celle qui avait rejeté le projet de loi que le comte Manoska tentait de faire passer était la vice-ministre de l’Administration, Barohk.
« C’est une sang-bleu pure jusqu’au bout des ongles. »
« Et une fidèle pratiquante de la Vieille Foi. »
À peine une heure après l’arrivée de Marie Dunareff dans la capitale, elle avait déjà rassemblé toutes sortes de professionnels de la compagnie Dunareff.
Il n’y avait qu’un seul objectif en tête.
Faire passer le projet de loi que Korin voulait valider.
« Est-il possible de la persuader ? »
À la question de Marie, Toroppo, le directeur de la branche des Fournitures Dunareff de la capitale royale, répondit :
« C’est possible, mais tout dépend du niveau de pression que vous êtes prête à exercer. »
« Niveau ? »
« Je parle du degré de pression. Nous pourrions soudoyer le domestique qui accompagne Barohk jusqu’à son manoir pour découvrir ses secrets. C’est une stratégie que nous avons souvent utilisée par le passé pour lever des restrictions sur le commerce des produits agricoles et maritimes, et ça fonctionne plutôt bien… »
« C’est trop agressif ! Et nous n’avons pas le temps ! Il faut régler ça d’ici demain ! »
« Hmm… Nous sommes donc très limités par le temps. »
« Ne serait-il pas plus rapide d’aller directement voir le Ministre ? Je crois savoir que c’est un homme qui réfléchit vite. »
« Le Ministre est actuellement en inspection dans l’Est. Les deux autorités les plus puissantes de l’Administration en ce moment sont les deux vice-ministres. »
Le groupe de travail réfléchit intensément pour trouver le moyen le plus rapide de faire passer la loi, en incluant le temps nécessaire pour renvoyer le dossier pour un réexamen.
C’est alors que Renya, de la Guilde du Renseignement, ajouta :
« Ah~. Au fait, la vice-ministre Barohk est allergique aux pommes de terre. »
« Haht… ! »
« Hmm ! »
« Oh là là… ! »
Il semblait qu’elle n’avait pas été bénie par Mère Nature. La famille Dunareff déplora l’existence d’une personne aussi malchanceuse sur cette terre.
Ce soir-là, en rentrant du travail, Barohk sortit dîner et fit une réaction allergique soudaine après avoir consommé du pain à base de fécule de pomme de terre.
Le fait que ce restaurant appartienne aux Marchands Dunareff, et qu’un ticket de repas gratuit valable un jour ait été envoyé à Barohk « par coïncidence », resta un secret bien gardé.
***
Gorgol, le vice-ministre de l’Administration, se rendit au Département de l’Administration après la pause déjeuner.
C’était censé être son jour de repos, mais il avait dû venir travailler car l’autre vice-ministre, Barohk, avait été soudainement hospitalisée pour une réaction allergique.
« Hah~. Si seulement elle avait été un peu plus prudente… »
Grâce à cela, il devait travailler pendant son jour de congé.
-Toc toc !
-Vice-ministre. Le comte Manoska attend dehors.
Le comte Manoska — un noble transféré des régions occidentales du Royaume, immédiatement propulsé à un poste relativement élevé au sein du département en raison de son titre de comte.
Il était étrange qu’un comte s’abaisse à travailler comme fonctionnaire au Département de l’Administration. Normalement, les nobles suivaient un parcours d’élite leur permettant de devenir Ministre ou vice-ministre, plutôt que de devenir simple fonctionnaire.
« Dites-lui d’entrer. »
Cependant, le vice-ministre Gorgol était lui-même noble et ne se laissait pas impressionner par le statut de son interlocuteur. Il redressa son col et autorisa son entrée.
« Vice-ministre Gorgol. Je suis le chef d’équipe Manoska. »
« Hmm~. Qu’est-ce qui vous amène, comte Manoska ? »
« J-je vous en prie, parlez-moi plus familièrement, Monsieur. »
Le comte Manoska était un homme plutôt fragile, au visage fin et aux traits délicats. Son corps était si svelte qu’on aurait pu le prendre pour une femme de loin.
« E-en fait, je suis venu pour obtenir votre autorisation concernant ce projet de loi. C’est urgent, alors j’espérais que vous pourriez le tamponner dès que possible… »
« Toute chose a ses procédures pour une bonne raison, mais… Laissez-moi lire ça. »
Le vice-ministre Gorgol lut le document, son visage se raidissant peu à peu. Après l’avoir terminé, il jeta le papier au comte et éleva la voix.
« Qu’est-ce que vous essayez de faire, bon sang ?! »
« Uhkk… ! J-je suis un comte… »
« Peu importe que vous soyez comte ou non ! Vous ne savez pas ce que cet ordre du jour implique ?! La cour royale est déterminée à envoyer cette armée de soumission. Vous savez ce qui arrivera si on laisse passer ça ?! »
-Vice-ministre ? Vous avez un autre visiteur.
« Qui est-ce encore… ?! Dites-leur d’attendre— »
-C’est Lady Marie, du duché Dunareff.
« Quoi ?! Dunareff ?! »
Était-ce *la* Dunareff du Sud ? Gorgol bondit immédiatement de son siège.
« Sortez ! Non, attendez ! Débarrassez-moi de ce document ! Vite ! Je vais vous aider ! »
Après une scène étrange où le vice-ministre ramassa lui-même tous les papiers qu’il venait de jeter, il ordonna rapidement à son secrétaire :
« D-dites-lui d’entrer, je vous prie ! »
Marie Dunareff entra dans la pièce après avoir entendu cela, et le vice-ministre Gorgol déglutit nerveusement avant de s’incliner rapidement.
« Lady Dunareff. C’est un immense honneur de vous voir. Je suis le comte Gorgol Lucard. »
« Ah… ! Bonjour, comte Gorgol. Vous étiez là aussi, comte Manoska ? »
« Ah, vous connaissez le “Lord” Manoska ? » demanda Gorgol.
« Oui. Il a quelques relations avec notre duché. »
Maudit soit-il. Si Gorgol avait su qu’il avait des liens avec les Dunareff, il n’aurait certainement pas jeté les papiers sur lui.
« Le Duc se porte-t-il bien ? J’adorerais le saluer un jour, mais… »
« Ah, c’est bon. Papa est très occupé, après tout. »
Cela semblait être une réponse banale, mais Gorgol l’interpréta autrement : il était impossible qu’un homme comme le Duc Marde prenne le temps de rencontrer quelqu’un comme lui. Ce duc au sang-froid, véritable empereur de son propre empire, ne prendrait jamais la peine de voir un simple vice-ministre.
Il y avait eu une époque où le Département de l’Administration avait demandé l’aide du Duc de Dunareff pour faire passer une nouvelle loi sur les cultures. Le Ministre avait dû supplier le Sud pendant trois mois entiers pour faire passer le projet de justesse.
« P-puis-je demander… pourquoi la Jeune Dame a visité ce modeste bureau ? »
« Ah~ ce n’est rien de spécial, mais notre famille gère une petite ferme, vous voyez ? »
Une petite ferme ? Deux millions d’hectares, c’était petit ?
La superficie des terres agricoles sous l’influence de la famille Dunareff était d’environ 5,7 millions d’hectares. C’était la bouée de sauvetage non seulement du Royaume, mais du continent tout entier.
Gérer la plus grande ferme du continent et la qualifier de « petite » était… pour le moins très modeste de sa part.
« Mon père est très inquiet ces derniers temps. À cause du dépeuplement(?), beaucoup de jeunes partent dans les grandes villes. »
« Haha. Je vois. »
C’était la première fois qu’il entendait une chose pareille.
N’y avait-il pas assez de monde dans le Sud ? Les terres n’étaient-elles pas si riches que quelques graines de pommes de terre suffisaient à subvenir aux besoins d’un enfant, expliquant ainsi leur population massive ?
« Donc c’est difficile de trouver des gens pour travailler ces jours-ci… Wahh~ Regardez ça ! »
Elle parlait comme une machine lisant un manuel. Ce que Marie montra en disant cela était le document apporté par le comte Manoska.
« Wow ! Je vois que c’est un ordre du jour très important ! »
« Pardon ? Ça fait moins de trois secondes que vous avez commencé à lire… »
« Cela résoudra toutes les inquiétudes de mon père ! »
« Vraiment ? Je ne pense pas… »
« Vice-ministre Gorgol. »
Marie le fixa droit dans les yeux avec ses prunelles dorées.
« Pouvez-vous traiter ce projet de loi immédiatement ? »
À ce stade, Gorgol comprit parfaitement ce qu’elle demandait. Elle lui ordonnait de faire passer la loi sur-le-champ, à cet instant précis.
« M-mais… »
Cependant, il ne pouvait pas le faire facilement, car cela équivalait à un suicide politique. Cela pourrait avoir des conséquences négatives sur l’armée de soumission formée directement par la cour royale.
Jeter l’opprobre sur le plan de la cour royale était quelque chose qu’il n’osait pas faire, lui qui espérait devenir le prochain Ministre dans une dizaine d’années et travailler au palais royal.
« Vice-ministre. Connaissez-vous le secrétaire à la Loi, Wolpe Schacht ? »
« B-bien sûr. N’est-ce pas le gentleman largement respecté du palais ? Ah… ! »
Comme on pouvait s’y attendre d’un haut fonctionnaire, Gorgol comprit immédiatement ce qu’elle sous-entendait.
La vicomté Schacht — une branche collatérale du duché Dunareff.
Wolpe Schacht, le chef de famille et directeur du ministère de la Justice et des Affaires publiques, était un poids lourd du gouvernement central. Et ce n’était pas tout.
Le secrétaire Tocqueville, le ministre Lamartine, le directeur Darlan… De nombreux grands noms de la politique centrale étaient originaires du Sud.
Bien que les Sudistes aient tendance à rester dans leur région sans trop se mêler des affaires centrales, ils avaient besoin de représentants pour faire entendre leur voix au sein du gouvernement, et ceux mentionnés ci-dessus étaient les porte-paroles du Sud.
« Le mois prochain, il y aura une petite réception chez nous pour célébrer la récolte. »
Marie lui tendit une bague — c’était une bague en or ornée d’une fleur de pomme de terre.
« C’est une réception où seuls les très, très proches “amis du Sud” sont invités. Si vous venez avec cette bague, mon père vous traitera comme un ami. »
« Ohh… »
C’était le ticket d’entrée du club royal — un laissez-passer dédié aux véritables hautes sphères de la société.
Les Dunareff jouaient dans une ligue totalement différente de celle de Manoska ou de la sienne, qui n’avaient que leur titre de noblesse et rien d’autre.
Les Dunareff étaient de vrais nobles.
Contrairement aux aristocrates d’aujourd’hui, qui perdaient leur pouvoir, et aux nobles centraux qui devaient acheter les faveurs de la famille royale en tant que fonctionnaires plutôt qu’en tant que seigneurs féodaux, les Dunareff étaient une véritable famille noble avec leurs terres et leurs soldats privés.
Les conservateurs du Sud possédaient encore une grande quantité de terres et soutenaient massivement les industries primaires du Royaume ; même la cour royale n’osait pas les toucher facilement.
C’était le genre de famille que représentaient les Dunareff.
Un duché véritablement intouchable, possédant tout : histoire, coutumes, autorité et finances.
Et maintenant, il avait une chance d’entrer dans le cercle des Dunareff.
À condition de faire passer ce « projet de loi ».
« E-est-ce vraiment… la seule chose que je dois faire ? »
« Oui, et vous deviendrez une “voix du Sud”, vice-ministre. Pourquoi ne pas travailler comme Ministre l’année prochaine ? Et après votre retraite, peut-être devriez-vous devenir l’un des présidents de nos compagnies. »
Devenir ministre en seulement un an, au lieu des dix ans qu’il envisageait ? Et une mesure de fin de carrière sans précédent en prime ?
Ça, c’était une connexion ; ça, c’était du piston !
Les parcours d’élite ne signifiaient rien ! C’était comme une tige, alors que ceci était comme une racine connectée directement à Marie, future chef du duché !
« … »
Son esprit était totalement confus par ce soudain retournement de situation. C’était une affaire tellement avantageuse pour lui qu’il commença à s’inquiéter.
Que se passerait-il s’il acceptait ce marché ?
Malheureusement, la Jeune Dame de la famille Dunareff ne l’attendit pas pour terminer ce raisonnement naturel.
« Hmm~. Je suppose que vous n’êtes pas intéressé. Je vais devoir rendre visite à la vice-ministre Barohk, alors. »
La vice-ministre Barohk, sa rivale pour le poste de ministre. L’entendre dire qu’elle allait rendre visite à sa rivale pressa Gorgol.
« A-attendez… ! J-je vais le tamponner tout de suite ! »
« Vous êtes sûr~ ? Ne devriez-vous pas le relire une fois de plus ? »
« Pas besoin ! Si cela peut aider le Duc Marde, pourquoi aurais-je besoin de le réviser ? Laissez-moi le tamponner immédiatement ! »
-Bang !
Le projet de loi était adopté.
………
……
…
« Oh, au fait. Comte Gorgol ? »
« Oui, qu’y a-t-il, Lady Marie ? »
Marie tritura ses doigts en rougissant et parvint à peine à ajouter quelques mots.
« C’est… hum, une question très… personnelle. »
« Oui, oui. Posez-moi n’importe quelle question. »
Maintenant qu’il était officiellement devenu une voix du Sud, Gorgol était si soumis et respectueux qu’il aurait pu lui lécher les bottes si elle le lui avait demandé.
« Si je dépose… une demande de mariage sans la permission du conjoint, pouvez-vous quand même la faire passer ? »
« Pardon ? »
C’était une question plutôt mesquine à poser à un vice-ministre de l’Administration. Avant même que Gorgol ne puisse traiter la question, Marie cligna des yeux et fit un pas en arrière.
« J-je plaisante ! Oubliez ça ! Ahah~ »
C’était vraiment une blague, cela dit… ?
***
Miruam fit avancer l’armée dès que le contrat forgé par les mages fut réduit en cendres.
Je voulais réactiver le Soleil pour les arrêter dans leur élan, mais… il disparut avant même que je puisse le matérialiser complètement, et je finis par gaspiller mon mana pour rien. Le combat contre Bres m’avait totalement vidé de mon mana.
Tout ce que nous pouvions faire était de détruire les parois du canyon avec l’aide de nos mages pour gagner du temps.
« Chunsik. Combien de temps penses-tu qu’on puisse gagner ? »
« Si on les bombarde avec de la magie… alors on peut tenir quelques jours de plus. »
« Quelque chose qui ne tue pas les gens, idiot. »
Quand je giflai le vieux goule sur la tête, il répondit en gémissant de douleur.
« Uhkk… ! Si on se concentre sur les affaiblissements, alors peut-être quelques heures… »
« J’imagine que c’est la limite, puisqu’ils ont aussi des mages. »
Le plus gros problème, cependant, restait les chevaliers. Des centaines de chevaliers seraient certainement capables de charger à travers le canyon tant qu’il restait un petit passage disponible.
« Tu… tu ne vas pas lancer de sorts ? »
Une voix nous parvint de derrière — c’était Ku Shee, le loup-garou.
« Des gens mourront si on le fait. »
« …C’est une guerre. »
« Exact. Tant de lignes et de frontières sont franchies dans une guerre comme si elles ne signifiaient rien. Mais pas encore. »
« … »
Ku Shee me fixa sans expression, comme il le faisait souvent chaque fois que je faisais une pause après des duels. Il avait toujours l’air confus.
« Pourquoi… te pousses-tu à ce point ? » demanda-t-il.
« Je ne te l’ai pas dit au début ? »
-Moins il y a de morts, meilleure est l’option.
« …Je vois. »
« Hé. Ce n’est pas le moment de devenir sentimental. Dis à tes hommes et aux vampires de faire s’écrouler certaines parties de ce canyon. On pourrait gagner quelques heures de plus. »
« Si on utilise notre énergie à détruire ce canyon… nous n’aurons plus assez de mana pour la guerre. »
« Comme je l’ai dit, il n’y aura pas de guerre. Et je suis votre chef, Finvarra, non ? Écoutez-moi. »
« …Très bien. Je te fais confiance. »
Il semblait un peu différent après m’avoir vu arrêter une armée pendant plusieurs jours par divers moyens. Sans soulever d’objections, Ku Shee et ses hommes-bêtes suivirent mes ordres et nous pûmes gagner quelques heures supplémentaires.
Cependant, les milliers de soldats du Royaume furent rapides à déblayer les débris du canyon. Juste au moment où ils étaient sur le point de nous rattraper et que nous commencions à entendre le bruit de leurs pioches…
« Étudiant Korin ! »
« Korin… ! »
Les dimensions s’ouvrirent alors que Josephine et Marie surgirent.
« On a réussi… ! Le projet de loi a été adopté ! »
« Uwaaaht ! »
Marie apparut comme la déesse de la fortune descendant des cieux. J’étais si heureux que je lui déposai quelques baisers sur les joues.
« K, Korin ? ! »
« C’était vraiment rapide ! Merci infiniment ! »
« H, hmm… ! V, vrai !? J’ai dû faire de mon mieux ! »
« Ça aurait été impossible sans votre aide, Senior ! Vous êtes vraiment la déesse de la fortune pour moi. »
« V, vraiment ? Umm… N’hésite pas à me donner plus de récompenses. »
-Thud !
C’est alors que des cailloux tombèrent du plafond. Une route fut creusée à travers les débris du canyon, et derrière les brèches se trouvaient les soldats du Royaume.
Après avoir reçu le document de Marie, je me tins devant eux.
« Vous tous. Arrêtez-vous là… ! »
L’armée cessa son mouvement après avoir entendu mon cri. Ils étaient impressionnés et effrayés par tout ce que je leur avais montré.
« Maintenant. Regardez ça ! »
« Korin… Lork ? »
Je pouvais voir Miruam me fixer au loin, tandis que je secouais le projet de loi qui venait d’être adopté par l’Administration.
« C’est un document officiel du département de l’Administration qui stipule comment les “2 895 personnes des cinq Dana Shees” ont été acceptées comme citoyens du Royaume… ! »
-Citoyens ?
-Qu’est-ce que ça veut dire ?
-Les demi-humains sont des citoyens maintenant ?
Le document que j’essayais de faire passer par le comte Manoska était l’enregistrement de résidence de tous les demi-humains de Dana Shee. Maintenant que cela était confirmé, les 2 895 demi-humains de Dana Shee étaient devenus des citoyens à part entière du Royaume.
Et qu’est-ce que cela signifiait, demanderez-vous ?
« Les citoyens du Royaume ont le droit d’entreprendre des procédures légales avant d’être déclarés coupables ! »
Désormais, ces personnes étaient des citoyens du Royaume ayant le droit de demander un procès et de se défendre.
« Vous… Ne me dites pas ! »
Nous avions une victime et un suspect. Quant à un avocat ? Il n’y en avait pas besoin, ils pouvaient simplement se défendre eux-mêmes.
Les personnes les plus importantes dans un procès sont le juge et le procureur, mais qui suis-je ?
« Moi, Korin Lork ! En tant que juge de paix de rang 1 certifié par la famille royale… ! Je vais maintenant commencer le procès de la tentative d’assassinat de la 2e Princesse, Miruam Elizabeth El Rath !! »
Un juge et un procureur ayant le droit de mener un procès d’urgence dans des « régions extérieures » éloignées de toute action légale.
C’était moi.
Vous ne vous attendiez pas à ça, n’est-ce pas ?